ACTE OUATRII'ME. lOo
(ju'une aflection toulc fratornolle, la seule qu'elle puisse coniinîlre à son àire.
MADAME AUBRAY
Et la personne que tu aimes, je la connais sans doute?
Oui.
MADAME AlBr»AY.
Et tu l'aimes depuis?...
CAMILLE
Depuis un an.
MADAME AUBRAY
Alors, tu sais bien ce que tu fais ?
CAMILLE
Oui.
MADAME AUBRAY-
Permets-moi de te demander, mon cher enfant, comment, dans les termes où nous en sommes ensemble, tu ne m'as pas fait la confidence avant la confession.
CAMILLE
Je croyais cette personne mariée.
MADAME AUBRAY'
Et aujourd'hui ?
CAMILLE
Je sais qu'elle est veuve.
MADAME AUBRAY
C'est une veuve que tu veux épouser ?
Oui.
MADAME AUBRAY
Cela est grave, mon enfant.
CAMILLE
Quel homme n'eût été heureux et fier ào devenir l'époux d'une veuve comme toi !
MADAME A un RAY.
Mais, moi, j'étais de ces veuves qui ne se remarieal pas.
CAMILLE
Tout le monde n'a pas ta force.
MADAME AUBRAY
Et puis, à ton âge!
CAMILLE
Elle est plus jeune que moi. Elle a l'air d'une enfant.
MADAME AUnUAY.
Et el!e t'aime?
CAMILLE
Oui.
MADAME AUBRAY
Comment le sais-tu ?
CAMILLE
Elle m'a autorisé à te demander ton consentement. Ce.a
suffit.
MADAME AUBRAY
Ce consentement, tu l'auras; car tu es un homme déjà trop sérieux pour ne pas bien savoir ce que tu veux et ce que tu fais. Le nom de cette dame?
CAMILLE
Tu la connais depuis longtemps. C'est cette dame que tu m'as fait si souvent remarquer sur la plage, que tu n'avais pu voir sans t'intéresser à elle et que lu as si bien accueillie.
MADAME AUBRAY
La mère du petit Gaston ?
CAMILLE
Oui.
MADAME AUBRAY
C'est celle ue tu veux épouser?