SCENE YI
Les Mêmes, CAMILLE. BARANTIN, puis LUCIE NNk".
Monsieur Camille, devant votre mère et devant vos amis, je veux vous donner une explication deventte indispensable. Madame Aubray vient de me dire que, malgré les révélations qu'elle vous a faites sur moi, vous m'aimez encore et que vous êtes encore prêt à me donner votre nom, sans reproches, sans regrets, sans honte. Est-ce vrai?
C'est vrai.
11 faut donc que vous connaissiez toute la vérité; elle vous permettra de me mépriser, ou de m'oublier simplement, si vous avez encore un peu de pitié pour moi. La faute que vous me pardonnez, parce que vous la croyez unique dans ma vie, n'est pas la seule que j'aie commise.
MADAME AUBRAY
Que dit-elle ?
J E A X N I N E , à madame Aubray.
Du courage! (Haut.: A côté de cette faute qui a une excuse dans la misère, il y en a d'autres qui n'ont pour cause que la fantaisie et le désordre. Certaines femmes en arrivent à ne plus rougir
des faits et à ne plus se souvenir des noms. J'ai été une de ces femmes. Je vous l'avoue et je vous quitte. Soyez sans regrets, monsieur Camille, je ne vous^ai même pas aimé!
MADAME AUBRAY, ne pouvant plus retenir le cri de sa conscience.
Elle ment?..,
JEANNINE
Madame!.
MADAME AUBRAY
Épouse-la !
TE ANNINE, se jetant dans les bras de madame Aubray, avec un cri déchirant.
Ak!
MADAME AUBRAY, la tenant dans ses bras.
Me faire complice du mensonge, même pour sauver mon fils! était-ce possible ! Quel châtiment de mes hosiîalions Dieu m'a infligé là! — Vous êtes ma fille !
LUCIENNE, entrant sur ces derniers mots.
Je vous aimerai bien.
MADAME AUBRAY, à Barantin.
Eh bien, elle est venue, la lutte. Je l'ai accompli, le sacrifice, et je suis fière d'avoir été choisie pour tenter la réhabilitation de la femme. J'aurai la joie d'avoir été la première.
BARANTIN.
Et le chagrin d'avoir été la seu^e.
MADAME AUBRAY
Homme de peu de foi !
ACTH Q['ATRII:mF. 4PJ
VA L.MORE AU, ù Baronlin.
Co que vient de faire madame Aubray est adminihlo.
BARANTIX.
Oui!... mais, comme vous dites, vous autres, c'est raido î
riN.