CHAPITRE VIII
d'hommes aiUlonnés à la poésie, qui ne se gratifiassent ^ plus d'cstrc pères do l'Aeneïde, que du plus beau garson de Rome, et qui ne souffrissent plus ayseenienl une perte que l'aultre : car, selon Aristole -, de touls ouvriers, le poëte est nommeemont * le plus amoureux de son ouvrage. 11 est malaysé à croire qu'Epamiuondas, qui se vantoil de laisser pour toute postérité des lilles qui t'eroieut un jour honneur à leur père (c'estoient les deux nobles victoires* qu'il avait gaigné sur les Lacedemoniensi, eust volontiers consenti d'esclianger celles là aux plus gorgiases-^ île toute la Grèce: ou qu'Alexandre et C;esar ayent jauiais souhaité d'estre privez de la grandeur de leurs glorieux faicts de guerre, pour la commodilé *^ d'avoir des enfants et lieritirTs, quelque parfaicts et accomplis qu'ils poussent estre. \'oire" je fais grand double que Phidias, ou aultre excellent statuaire, aymast autant la conservation et la durée de ses enfants naturels, comme il feroit d'une image excellente qu'avecques long travail ef eslude il auroit parfaicte selon l'art. Et quant à ces passions vicieuses et furieuses qui ont cschauffé quelquesfois les pores à l'amour de leurs lilles, ou les mères envers leurs lils. encores s'en trouve il de pareilles en cette aultre sorte de parenté ; tosmoing ce que l'on recite de Pygmalion, qu'ayant basiy une statue de femme, de beaullé singulière, il deveint si esperduement esprins de l'amour forcené de ce sien ouvrage, qu'il fallut qu'en faveur de sa rage les dii'ux la luy vivifiassent^.
Tentatiim mollescit cbur. positofpie rigore Subsidit (liïitis^.