‹ Les idées de Rabelais & de Montaigne sur l'éducationChapitre 234 sur 307 · Autorités · texte numérisé non relu

Autorités

1 1 . C'est-à-dire reconnaître à la beauté des passages qu'ils sont un emprunt de Montaigne.

12. Montaigne ampliûe ici d'une façon un peu prolixe le mot de Socrate : " Ce que je sais, c'est que je ne sais rien. ).

13. Bande, troupe, compagnie. Le serf/ent de bataille était jadis un officier chargé de la disposition des troupes, du plan de la bataille avant l'engagement.

tune: à mesme • que mes resverics se présentent, je les entasse; tantost elles se pressent en foule, tanlost elles se traisnent à la lilç. Je veulx qu'on veoyc mon pas naturel et ordinaire, ainsi destracqué qu'il est; je me laisse aller comme je me treuve : aussi ne sont ce point ici malieres qu'il ne soit pas permis d'ignorer, et d'en parler casuellemenL- et temeraircmenl. Je souliaiterois avoir plus parfaicte intelligence des choses ; mais je ne la veulx pas acheter si cher qu'elle couste. Mon desseing est de passer doulcement, el non laborieuscmenl, ce qui me reste de vie : il n'est rien pour quoyje me veuille rompre la teste, non pas' pour la science, de quelque grand prix qu'elle soit.

Je ne cherche aux livres qu'à m'y donner du plaisir par un honneste amusement : ou si j'esludie, je n'y cherche que la science (|ui traicte de la cognoissance de moy mesme, et qui m'instruise à bien mourir et à bien vivre :

lias meus ad meta? siidet oporlet equus '•.

Les difficultez, si j'en rencontre en lisant, j(> n'en ronge pas mes ongles; je les laisse là, aprez leur avoir faict une charge ou deux. Si je m'y plantois^, je m'y perdrois, et le temps''; carj'ay un esprit primsaultier^;ce que je ne veoisde la première charge, je le veois moins en m'y obstinant. Je ne loys rien sans gayeté ; et la continuation et contention trop ferme esbiouit mon jugement, l'attriste et le lasse. Ma veue s'y confond et s'y dissipe; il fault que je la retire, et que je l'y remette à secousses* : tout ainsi que pour juger du lustre de l'cscarlatte, on nous ordonne de passer les yeulx par dessus, en la parcourant à diverses veues, soubdaines reprinses, et réitérées. Si ce livre me fasclie, j'en prends un aullre; et ne m'y addonne qu'aux heures où l'ennuy de rien " faire commence à me saisir. Je ne me prends gueres aux nouveaux, pource que les anciens me semblent plus pleins et plus roides'" : ny aux grecs, parce que mon jugement ne sçnit

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