‹ Les idées de Rabelais & de Montaigne sur l'éducationChapitre 263 sur 307 · Asturc et asteure, à celte heure · texte numérisé non relu

Asturc et asteure, à celte heure

9. Les Italiens ont toujours aimé le ■ beau langage. » De là sans doute les

foible qui n'escliuuffe poiut' : là où la conférence apprend, cl exerce, en un coup. Si je confère avecques une ame forte et un roide jousteur, il nie presse les flancs, inc picque à f:;aucl)c et à dextre; ses imaginations eslancent les miennes : la jalousie, la gloire, la contention 2, me poulsent et rcliaulsent au dessus de nioy mcsme; et l'unisson ^ est qualité du tout ennuyeuse en la conférence. .Mais comme nostre esprit se fortifie par la communication des esprits vigoreux et réglez, il ne se pcultdiie combien il perd et s'abasiardit par le continuel commerce et fréquentation que nous avons avcccjues les esprits bas et maladifs : il n'est contagion qui s'espande comme celle là; je sçais par assez d'expérience* combien en vault l'aulne. J'aime à contester et a discourir; mais c'est avecques peu d'hommes, et pour nioy : car de servir de spectacle aux grands, cl faire à l'envy parade de son esprit et de son cacquet, je Ireuve que c'est un mestier trcsmcsscant à un homme d'honneur.

I.a sotlise est une mauvaise (pialilé; mais de ne la pouvoir supporter, et s'en dcspitcr et ronger, comme il m'advieni, c'est une aultre sorte de maladie (pii ne doibt gueres^ à la sottise en importunité; et est ce qu'à iiresent je veulx accuser du mien. J'entre en conférence et en dispute avecques grande liberlé et

iiiiKiiiihialilcs ni'ailc'iniL's qu'ils oui fondci's, cl ilont la plus célèbre est oellc (le la Criiscn. CcUo fondation provo- <iaa dans toute l'Italie le (ilus sot esprit d'imitation, on vit se former et s'enfler de leur vaine im]iortance les Académies des liUccén, dcn Lucides, des Obscurs, des l'ransforniés. des Imiiiobilrs, des (ri'h'-s. des Enftamiurs. des A/li'ras, des Eiin/iitincs, des Faiitasi/iirs, «les Inseiist^s, des Etourdis, des Etlivrcs, des Oisifs... Nous en omettons et des plus bizarres. La singularité même des noms dont s'alTublaient l'os eoml)agnies l'ait deviner la puérilité de leurs occupations. La littérature et la langue, riches déjà de chefs-d'œuvre dès le quatorzième siècle, payaient après deux cents ans leur tribut de décadence pour cette floraison prématurée. Montaigne, bien qu'il eût visité l'Italie, n'avait sans doute pas été initié à celte lièvre de iièdantcsque érudition, à cette désastreuse fécondité du mal ac(idf>nif/ui'. Son robuste bon sens ncùl pas loué de semblables fondalions; il n'eût lias écrit : « De notre temjjs les Italiens en retiennent quelques vestiges, à leur grand profit. « Toutefois, quand Montaigne ajoute :

i< (^)mnlc il se vcoid \mr la com)>araison de nos enlcndcnicnts aux leurs, > il nous donne à comprendre qu'il |)réfère. à la grossièreté j/anloisc et périgourdinc, la ))olitesse de la race italienne et cet afiincment d'esprit qu'avaient développé toutes ces acadén\ies.

1. Montaigne qui vivait dans sa librairie, qui a loué si fréquemment le plaisir qu'il goûtait à la lecture, à la coiiiyrsatio)! de sou Plutaripie et de son Sénè(pie, oublie un peu ici ce qu'il nous en a rlit aillenr?.

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