Edit. Schelle, t. IL. p
Cependant il ne négligeait pas la propagande, indispensable à toute doctrine, nécessaire aux entreprises qu'il préparait. Président de la Société d’Agriculture de Limoges, il lui fitmettre au concours la grave question du meilleur impôt ; deux mémoires furent retenus : l’un, de M. de Saint-Péravy, poète léger, était un exposé des idées de Quesnay, presque une copie de la Philosophie rurale; autre, de M. Graslin, financier assez compétent, était une réfutation de la thèse physiocratique. Turgot ne put empêcher que ce dernier ne reçût une distinction, mais fit décerner au premier la plus belle ; les observations qu'il présenta sur ces deux ouvrages sont des documents précieux de sa propre pensée (1). Il entretint également une correspondance active sur le même sujet avec les contrôleurs généraux ; ses rapports, ses projets d’arrêts, ses comptes rendus annuels sont pleins de la théorie fiscale et économique que nous connaissons.— Enfin, il fit appel à la collaboration de tous ses administrés ; il les consultait, il provoquait leurs observations ; il se servit notamment beaucoup de l'autorité des curés pour répandre ses idées et ses bienfaits, pour ranimer autant que possible l'esprit public.
Mais une intendance était un domaine trop restreint pour uu homme qui, possédant tout un sys-