DS COS ES NE UIN
Pour montrer comment chacun de ces délires se comporte dans son psychisme respectif il serait nécessaire de donner sommairement la synthèse des autres symptômes.
Dans notre premier cas (P....) c'est une symptomatologie rappelant celle d’une folie-maniaque dépressive, mais au fond :il:s’agit d’une paraphrénie à forme expansive.
Dans notre deuxième cas (M....) nous retrouvons aussi quelques traits d’une folie intermittente, voir la polygraphie (ses deux gros volumes) et la prédication, les gestes de l’orateur religieux, presque professionnels, mais il s'y ajoute des symptômes moteurs catatoniques.
Dans notre troisième cas (K....) c’est une simple dissociation, de l'autisme, de la perte d’affectivité: de la catatonie, bref des signes caractéristiques de la schizophrénie.
L'observation première avec le Grec (P....) nous montre une accentuation affective des idées religieuses courantes, autrement dit une hypertro-
A, ee
phie de l’idée religieuse. Le contenu en lui-même, n'est pas délirant, mais l’hypertrophie du moi avec l'interprétation malveillante des actes d’autrui, la fausseté du jugement, le système hallucinatoire constituent les éléments du délire.
Une production motrice catatonique franche illustre notre seconde psychose, dont les idées religieuses ne sont aucunement altérées. L’allure étrange du malade provient de l’exécution de gestes stéréotypés et du jeu de sa mimique.
Dans notre troisième observation, nous assistons à des «troubles délirants polymorphes» idée de grandeur religieuse surtout, idée de persécution, hallucinations visuelles et olfactives. Le psychisme présente les traits caractéristiques de la schizophrénie.
Les éléments religieux en eux-mêmes n’ont rien de pathologique, ni dans la première observation, ni dans la seconde. Aucun de ces deux délirants ne se propose de créer une religion nouvelle. Ce qui est pathologique c’est la mise en rapport des éléments expansifs de la religion avec la propre personnalité du malade. Chez K.... dans la 3° observation cette mise en rapport est bien plus accentuée avec son idée de grandeur, qui le fait prétendre à la papauté. Mais au fond quant au contenu du délire ces trois délirants religieux se rangent dans le même groupe, ils ont tous les trois le même genre d'idées
LENS PF: Ne
de grandeur. Il ne faut point croire que K...., dans notre troisième observation, soit plus psychotique que les deux autres délirants, parce que son idée de grandeur nous paraît plus absurde Ce n’est pas le contenu du délire, qui décide de la gravité d’une psychose en général, mais la façon dont le contenu est proféré, c'est-à-dire sans activité, et avec des symptômes de dissociation comme le négativisme.
Ce qui distingue ces trois cas et qui pose le diagnostic c’est la nature des troubles affectifs. La première psychose avec son euphorie est un état maniaque chronique à forme expansive.
La deuxième psychose à prédominance euphorique avec excitation plutôt motrice survenant par paroxysme est une schizophrénie.
La troisième avec sa démence affective, autisme, négativisme, sera également classée dans la schizophrénie.
Donc nous avons montré que c’est en somme la présentation de l’idée religieuse, qui décide en psychiatrie et non son contenu (de l’idée délirante religieuse dans notre cas).
Il en sera de même du pronostic, nous en déduirons que dans la paraphrénie dont souffre le Grec P.... l’évolution sera fort longue, et c’est après de longues années qu'il présentera un aille de l’affectivité.