VOLCAN KILAUEA
Ce fameux Kilauea, le plus grand des 360 volcans du globe, est situé dans l'Ile Hawaii, à une distance de 200 milles de Honolulu, Une ligne de bateaux fait le service de cette île trois fois par semaine, touchant aussi à différents endroits de l'Ile Maui.
Les îles de l'archipel hawaïien, vues sur la carte, paraissent se toucher, elles sont cependant à des distances relativement considérables les unes des autres ; la plus grande, l'Ile de Hawaii, est séparée de Mani, par un chenal de 26 milles: a distance est encore plus grande entre Kauai et sa voisine Oahu.
En partant de Honoiulu on erd la terre de vue
pour queiques heures puis l'Ile Maui apparaît dans je lointain avec ses hautes montagnes dont jes pics per-
cent les nuages; graduellement on entre dans le groupe des Iles Molokai, Lanai, Maui et Kahoolawe, Le chenal qui les sépare est assez Ctroit pour
de voir le paysage de chaque côté.
En cours de ronte la curiosité pousse le touriste à visiter le bateau en détail: la partie du pont réservée aux passagers de deuxième classe est particulièrement intéressante, Dans un espace très limité, sont entassés, couchés sur leurs bagages et serrés les uns contre les autres, un assez grand nombre de voyageurs: hommes, femmes, enfants, échantillons de toutes les races, des japonais, des portugais, des canaques, etc... voya-
geant les uns pour leur plaisir, allant visiter un ami,
no
un parent dans une île voisine, les autres allant chercher de l'ouvrage dans les plantations. Le son du traditionnel} ukulele, que les jeunes hawaïiennes ne manquent pas d'apporter avec elles pour l'agrément du voyage, ajoute une note particulière
à cette agglomération pittoresque.
On jette l'ancre à plusieurs endroits, des chaloupes amènent les voyageurs à bord; la vague rend souvent le transbordement pénible. A un certain moment l’affluence des voyageurs est telle qu’il faut leur trouver place sur le pont des Passagers de première classe. On étend des matelas par terre et tout ce monde couche dehors exposé aux regards des touristes, l'étiquette n'a rien à Y voir, c'est le sans facon poussé à ses extrêmes limites, Après vingt-quatre heures de : marche le bateau arrive le matin à Hilo, ville située | du côté est de l'Ile Hawaii.
Hilo, la seconde ville en importance des Iles, a une pop'lation d'environ 10,000 âmes. Comme il! pleut presque toute l'année et que le soleil n'abandonne pas ses droits, la vévétation x est plus belle et les teintes plus vertes, plus riches que dans les autres parties de j'Ile. La pauvreté semble Y être inconnue, { les maisons, les chalets de bois sont bien construits bien peints. Comme dans le reste de l'archipel, l'amé | ricain jouit de tous les avantages du conquérant. C'est lui qui est dépositaire de l'autorité, qui forme la €la se riche; les boutiques sont tenues par des chine
et des japonais, les plus grands Magasina
par des : américains; les travailleurs sont en majorité jaf
porn
et portugais.
La distance à parcourir pour atteindre le volcan est de 30 milles, une montée graduelle jusqu'à l'hôtel Volcano qui est à 4000 pieds d'altitude, et à une distance de trois milles de la partie active du cratère. C’est un hôtel américain assez confortable, trois salons, salle de billard, vingt-cinq chambres. Dans une de ces pièces il y a trois gros régistres qui contiennent les signatures et les observations des touristes passés par le volcan Kilauea depuis le 2 février 1865. On en voit de Mark Twain écrites en 1886. Toutes sont laudatives, des épithètes aussi grosses, aussi sonores que possible; quelques-unes sont assez originales.
La température est très humide et désagréable au volcan; les nuages planent presque à la surface de ter-
re, il pleut souvent et il fait froid, aussi le feu de chen: ée do l'hôtel, chose rar ssime à Hawaii, est très
apprée 6 des voyageurs.
> est situé dans lateau sur distance e sommet est eouatère alemaumau,
perpétuel”, I]
ertain
il a assé sur laquelle on à jeté un
pont. Quand elle se p oduisit, il y avait au cratère prement dit un groupe important de touristes qui waient passé la journée, Quand vint la nuit ils se
mirent en route vers l'hôtel en passant sur la couche
de lave refroidie, quand tout à coup,
ils se trouvèrent en face d'une large crevasse qui
leur barrait la route:
fusion avait fait son apparition dans le fond. Se rendant compte qu'ils se trouvaient emlongèrent l'ouverture sur un assez grand
déjà la lave en
prisonnés PATeOUrS. .orsque, arrivés à un certain endroit, ils
nt ie sol ouvert de forme irrégulière, et à la fa-
veur d » projeetion, ils purent sauter de l’autre côté. L'idée de tomber dans !a crevasse, où de se trouver submergés pur la lave en fusion qui montait, leur don-
na la chair de poule pendant un certain temps; ils en
furent heureusement quittes pour la peur.
Une partie seulement qu cratère appelée le lac est en activité. C’est un gouffre de mille pieds de diamètre dans lequel le niveau de la lave est à 250 pds. de profondeur; depuis une couple d'années il est surgi einq îles qui flottent sur cette masse de feu.
Dans toute l'étendue du lac a lave de surface, partiellement refroidie, est noire, mais elle est sillonnée un peu partout de fis
es où apparaît la lave en fusion, d’un rouge très vif. A certains moments, il se produit un gonflement à l'intérieur, la croute se brise et il en sort une quantité considérable de lave
en fusion qui se répand sur la surface.
M. G. Sauvin, touriste français, qui visita le volcan en 1892, publia à cette époque ses impressions dans le “Correspondant” de Paris. “Pour une fois, écritil,
réalité dépasse l'imagination, les yeux du corps voient plus que ne peuvent deviner les yeux du rêve,
incandescentes, est
L'Halemaumau remp de laves
EE EE Teen
tite 4e
toujours en mouvement dans un bruit sourd, un bouillonnement de feu avec des jets de feu hants de sieurs mètres, produisant des vusnes de f
se briser sur les bords. I ya
pluqui vont
u k «“i Une vie, une intensi- € qui défie toute desc iption. Le merveillenx
t agit sur les nerfs, il] est impossible de se défendre d'un moment
d'effroi, on sent un danger qui menace. L'impress
que donne cette force humaine fait
iprendre
pourquoi l'ignorance et Ja « Stition des indigènes
Out toujours mis le feu remier # de leurs divi uités.”
ES ut ent, et le contraste de sor ibre et de lu-
mière rend plus grandiose et plus terrifiant encore l'Ha-
lemaumau: sur n: têtes, le nuage roue, à nos pieds,
la fournaise d'une couleur plus vive: jes détails se pré
cisent : chaque jet, cl äque vague s'individual Nous
ant cette
sommes sons l'empire d'une ém on vraie dev exagération de violence.”
Li se dégage de ce cratère une fumée intense mé-
lée de vapeurs sulphureuses, il en est de Hême un peu Jusqu'à une distance de l'hôtel, il y a un bane de émanations continuelles de ces apeurs qui sortent de crevasses dans le sol, a une température qui ne permet pas d'en approcher trop.
Partout dans les alentours trois milles. Ainsi, près de
souffre formé par des
Le niveau de la lave varie constamment, ji] s'est déjà tenu à 2000 pds. de profondeur. Par
Y a quelques années le souffre
contre il s'est empii et Ja matière volcanique a débordé en quantité, rections. Sur un côté
dans différentes dielle s'est fait récemment un au
he
tre chemin et coule actuellement sur le versant de la montagne; c’est une espèce de régulateur qui déverse le trop plein, sans quoi la lave gouflerait et déborderait le cratère comme la chose est déjà arrivée.
Dans les alentours du volcan, jusqu’à trois milles et plus, il y a de nombreuses crevasses dans le sol, la végétation les recouvre, et un touriste qui s'aventurerait sans l’aide d'un guide courrait de grands risques de s'y engouffrer. Comme elles contiennent de la vapeur vive, on se figure le sort du malheureux qui auaurait la mauvaise fortune de faire cette chûte; des animaux y ont déjà péri.
Ce terrain volcanique offre plusieurs curiosités. Ainsi à un endroit non loin du cratère, la lave a coulé ‘ un tube d'une dizaine de pieds de ètre et d'une longueur de plusieurs milles, on en
sous terre et a lai di
parcourt quelques cents pieds à la lumière de torches,
puis on remonte à la surface au moyen d’une échelle,
par une ouverture pratiquée au sommet.
A une distance relativement courte du cratère Kijauea, il en ex
ste un autre appelé WMokuaweoweo qui devient actif de temps à autre: ce cratère a 800 pds. de profondeur. En 1880, il y avait un homme sur le bord qui passait la nuit sous sa tente, lorsque tout à coup il fut éveillé par une lueur éblouissante. Quelle ne fut pas sa surprise en sortant, de voir un jet de lave montant à près de 1000 pieds de hauteur; ce feu fut vu à de grandes distances.
Dans la dernière partie de l’anmée 1919, ce volcan
devint en éruption et vomit de grandes quantités de Ï |
Vie
lave qui atteignirent la mer. Le contact de cette matière volcanique incandescente avec l’eau produisit un fracas épouvantable. Ces éruptions sont ordinairement les prélimiriaires d'une poussée quelque part sur le flanc de la montague. On se rend facilement comp-
te de ‘à pression formidable que produit sur les parois de cette cheminée volcanique, la lave qui monte jusqu'à une hauteur de 14000 pieds audessus du niveau de ja mer, sous Ja pression intérieure,
Depuis cent ans, il Y eut treize éruptions, à trois reprises différentes la lave vint jusqu'à un mille de la ville de Hilo. A Ja sortie du cratère elle est très liquide, mais se refroidit vite et s’accumule sans parcourir de très grandes distances,
Le volcan était autrefois le lieu de pélérinage préféré des canaques. Tel que dit précédemment, la tradition enseione que la déesse Pelé avait fixé Jà sa demeure et les indigènes s'y rendaient de toutes les Iles. Ils portaient avec eux une offrande, les plus pauvres une guirlande de fleurs rares: les riches un petit cochon ou un foulard de soie destiné à être jeté dans le feu. Tout je temps du voyage ils devaient penser à l'acte religieux qu'ils aecomplissaient, ne pas manger, ne pas cueillir de fleurs; ils chantaient à voix lente des mélopées consacrées par la tradition. Ces vieilles coutumes sont, en Hawaï, empreintes de poésie. Le canaque est avant tout un coeur: i] veut plaire, faire le bonheur autour de lui: il donnait autrefois à ses dieux, à ses chefs, à ses hôtes et les parents, les plus beeux joyaux que produit la nature.
Malgré le progrès de la civilisation qui a fait disparaître les croyances aux dieux, il est resté chez les anciens un fonds de superstition, et c’est avec une certaine répugnance, mêlée de crainte, qu’ils voient les touristes jeter quel: fois des pierres dans le lac de feu; ils ont encorr ur de déchaîner la fureur de la déesse Pelé.
Géographie des Le
Climat — Formation Arbres — Fruits — Fleurs
Origine des indigènes # Moeurs des anciens et traditions , Découverte des Iles Hawaii
Fondation de ja monarchie
Avèrement de Liliuokalani — Révolntion — Chu-
te du trône ,
Mission du Colonel B'ount
Comité du Sénat . . deu Uonspiration contre la république Instruction — Santé publique .
Industrie
Evangélisation
Intervention de la France Population — ( aractère des indigènes — nes coutumes —— Gouvernement
Honolulu
Volcan Kilauea
Ancien-