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| William Peppereli, petit marchand dont l'en- 4 seigne se trouvait à Kittery Point, un des na) bourgs ignorés de la Nouvelle Angleterre. Puis, ‘1040 pendant que de braves diplomates s’occupaient una à rendre ia Cap-Breton à la France, en retour VA de Madras prise par de la Bourdonnaye, l'or- M | pe du vieux sang gaulois me montait à la ni gure, en songeant que nous n'avions pas tou- À
j jours été les vaincus de ces parages, et que long- ll j temps avant la chute de Louisbourg, longtemps “ns ÿ avant le traité d’Aix-la-Chapelle, un capitaine De ’
du port de Dieppe avait, avec une poignée de
matelots, forcé lord James Stuart de se rendre
prisonnier, et de remettre entre les mains du
capitaine Claude le fort du Port-arx-Baleines,
| où cet aventureux seigneur écossais était venu planter l’étendard du roi d'Angleterre (1).
À mesure que ces rêves de jadis passaient devant moi, pour aller se perdre au milieu des spirales bleuâtres de la fumée de mon cigare, ces fanfares de guerre, ces bruits devenaient de
moins en moins distincts, Bientôt ils s'évanouirent. Seule, je n’entendis plus que la
grande voix de la mer qui, à son tour, venait
me raconter les mystérieux épisodes qui se sont
; j déroulés au pied des falaises du Cap-Breton.
Devant mes yeux épouvantés passa alors comme l'éclair, un navire démâté, pourchassé par un ouragan du sud-est. Sur son tillac, je distin-
gueis les mâles figures des jésuites Lallemand, 1 Noyrot et de Vieuxpont, et j'entendais l’équipage consterné chanter d’une voix tremblante le Salve Regina, pendant que le vaisseau affolé
(t) Stuart fut amené en France au mois de décembre 1629, et remis entre les mains de Richelieu,
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courait toujours sur l'aile de la tourmente.
Tout-à-coup un craquement terrible se fait entendre ; ces malheureux—à l'exception de dix— viennent de s'abîmer sur les îles Canso, et hientôt mon oreille navrée n’est plus frappée que par la voix forte du P. Noyrot qui, entraîné par un énorme paquet de mer, psalmodie fermement :
—In manus tuas, Domine, commendo spiritum meEum.
Puis la vague suivante me montre à la hauteur de Louisbourz, le Chameau, ‘ grande et belle flûte du roi, commandée par M. de Voutron.” Naguère partie joyeuse des côtes de France, elle se trouvait maintenant en pleine perdition. Des ecclésiastiques, de brillants offciers, des dames, un gouverneur des Trois- Rivières, M. de Louvigny, un intendant habile, M. de Chazel, venu pour remplacer M. Bégon, des soldats, des marin: des paysans se trouvent à bord. Mais que sont le rang, la puissance, la jeurssse, la beauté, l'aabileté, là scisace, la force et je conrage. der «ut le moindre des sauvages caprices de l'océan ? Un simple soulèvement de sa vase poitrins, & sul. pour précipiter corps et biens la frégate da roi au fond de l’abime.
Chaque flot qui passait ainsi devant moi, avait sa lugubre histoire. L'un, engloutissait la fréga'e anglaise, le Nassau ; démâtait et dispersait la flotte de l'amiral Holburn. L'autre, roulait des cadavres inconnus, des épaves onbliées, des navires sans noms. Un troisième plus aristocratique, ne voulait servi: de suaire qu'aux naufragés de l’Augrste, Ii courait norter sur la grève désolée les dépousies Ge messeigneurs de Varennes, de Porineut, de la Ve-