RETOUR DE CHAMPLAIN EN CANADA
La compagnie des Cent-Associés allait prendre la direction de toute la colonie ; elle ne crut pouvoir choisir une personne plus capable de la gouverner que Champlain. Sur sa présentation, le cardinal de Richelieu le nomma, en date du 1er mars 1633, son lieutenant ‘ en toute l'étendue du fleuve Saint-Laurent et autres.”
Le 23 mars 1633, Champlain à la tête de trois vaisseaux bien équipés : le Saint-Pierre, le Saint- Jean et le Don-de-Dieu quittait Diepne. Il amenait avec lui deux cents personnes : marins ou colons, et les pères jésuites Ennemond Massé et Jean de Brébeuf. Une violente tempête ne permit à Champlain d'arriver à Québec que le 23 mai.
Ce fut une grande joie pour tous les habitants que le retour de cet homme d’une sagesse et d'une expérience si consommées, de ce chef
d'un dévouement et d’une bravoure incon-
testables. Aussi le P. Lejeune, jésuite qui était retourné l’année précédente en Canada, dit-il dans la Relation de 1638: “ Ce jour nous a été l'un des bons jours de l'année, nous sommes entrés dans de fortes espérances qu’enfin, après tant de bourrasques, Dieu voulait regarder nos
pauvres sauvages de l’œil de sa bonté et de sa miséricorde.” Le premier soin de Champlain, après avoir pris possession de son gouvernement, fut d'em- )38. | pêcher des Algonquins qui, montés sur dix-huit | canots, venaient d'arriver à Québec, d'aller trouver les Anglais à Tadoussac. Par ses con-
allait ; nr .
seils, par ses sages et fermes explications, il y elle ne FRE | ue réussit, et le chef Algonquin lui promit d’emapable : :
ré pêcher ses hommes de $’y rendre.
a pré- j : ; ai: :
P L'année suivante, Champlain fit bâtir le fort ma, en x | : Le Mr Has Richelieu qui, par sa position, commandait l’un a
r le des chenaux du Saint-Laurent, tant pour em-
res. à pue pêcher les Sauvages d'en haut de descendre | trouver les Anglais, que pour servir de magasin » Saint- : : : | | ae aux objets nécessaires à la traite. Enfin, en Fa 1634, il entreprit la fondation d’une nouvelle ; habitation et d’un nouveau fort aux Trois-Ri- Massé A , us | Pr vières, lieu où les missionnaires devaient faire )] 1 . . ‘ , à Z RATE un grand bien ; dès que l’habitation fut en état, { les PP. Legendre et Buteux furent s’y installer. bitants M esse et D XI e chef incon- DERNIERS MOMENTS ET MORT DE OHAMPLAIN, n1 était ji 1635.
, dit-il saété : ; re Le 25 décembre 1635, jour de Notre-Sauveur, après disent les Relations de 1635, M. de Champlain, , Le
notre gouverneur, prit une nouvelle connais-
ler nos
sance au Ciel.” Il mourut ce jour-là, aimé et respecté de tous; et sa mort causa un deuil universel dans cette colonie à laquelle il s'était dévoué corps et âme.
“ Sa mort, ajoutent les mêmes Relations, a €té remplie de bénédictions. Je crois que Dieu lui a fait cette faveur en considération des biens qu'il a procurés à la Nouvelle-France.”
Viennent ensuite des détails fort édifiants sur les derniers moments de Champlain : “ A sa mort, il perfectionna ses vertus, avec des sentiments de piété si grands qu’il nous étonna tous. Que ses yeux jetèrent de larmes! que ses affections pour le service de Dieu s’échauffèrent, quel amour n’avait-il pour les familles d'ici! Il ne fut pas surpris dans les comptes qu'il devait rendre à Dieu: il avait préparé de longue main une confession générale de toute sa vie qu'il fit avec une grande douleur au P.
Lallemant. Le père le secourut dans toute sa maladie qui fut de deux mois et demi, ne l’abandonnant point jusques à la mort. On lui fit un convoi fort honorable, tant de la part du peuple que des soldats, des capitaines, et des gens d'Eglise. Le P. Lallemant officia, et on me pria (P. Lejeune) de faire l’oraison funèbre où je ne manquais pas de sujet. Ceux qu'il a laissés après lui ont occasion de se louer, que, s’il est mort hors de France, son nom n’en sera pas moins glorieux à la postérité.”
Tout en donnant ses soins les plus assidus au
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bien-être matériel et au progrès de la colonie, Champlain ne négligeait nullement l'honneur du culte et l'intérêt des missions. Grande était sa piété.
Il prit une part active à l’arrivée en Canada des récollets et des pères jésuites pour lesquels il fut toujours “ fort affectionné ” et parmi lesquels il prit, en 1626, le P. Chs Lallemant “ pour directeur de sa conscience.” I] allait très fréquemment entendre la messe chez les pères, et le dernier jour de la fète de saint Ignace, nous le voyons avec les capitaines de vaisseaux, alors à Québec, aller gagner les indulgences dans la petite chapelle des jésuites. Il s’employa activement à décider les Hurons à emmener chez eux quelques-uns des pères qui avaient commencé leur instruction.
Pour accomplir un vœu qu’il avait fait depuis la prise de Québec, Champlain fit élever, tout près de l’esplanade du fort, à l'endroit où est aujourd’hui le maître-autel de Notre-Dame, une chapelle, sous le vocable de Notre-Dame-de- Kecouvrance.
Sa piété était édifiante, et la vie comme il l'avait réglée dans le fort, était pour tous l'exemple le plus salutaire. “ M. de Champlain, disent les Relations de 1684, faisait faire lecture à sa table, le matin, de quelque bon historien, et le soir, de la vie des saints ; le soir se fait l'examen de conscience en sa chambre, et les prières ensuite qui se récitent à genoux. Il fait
sonner la salutation angélique au commencement, au milieu et à la fin du jour, suivant la coutume de l'Eglise.”
Samuel de Champlain fut enterré à Québec, “ dans un sépulchre particulier, érigé exprès pour honorer la mémoire de ce signalé personnage qui a tant obligé la Nouvelle-France.”
Le K. P. Jean ne BRegeur, JESUITE
son martyre avec le R. P. Gabriel Lalemant, en 1649