‹ Les ImmoralitésChapitre 17 sur 28 · acte · texte numérisé non relu

acte

M""^ DURAND , arrive un tambour de basque à la main et en dansant.

Je suis Camargo ,

Et mon verti^o Est de danser tout d'go Menuet, fandançjo!

Je l' dis sans fagot,

Je bois à gogo , Beaune , Château-Margot ,

A tirlari^o !

(Elle danse.)

BENJAMrV.

Allons , voilà une aiitie farce I est-ce que nous sommes dans le cainaval , qu'est-ce que c'est que ce costume-là ?

M"'^ DLRAND.

Costume de bacchante I

^iens, que le chatnpagne Fasse en s échappant Panpan 1

( Appelant.) ^Madeleine , ime bouteille et deux verres... [Madeleine apporte la bouteille et les verres.^ ^ ous allez voir comme je verse avec grâce , comme je me livre à l'orgie.

BENJAMIN

Lne orgie I

M°^^ DURAND

Certainement î

1^ Elle fait sauter le bouchon.)

A IR : Verse , verse.

Voyez de ce nectar si bon Comme je débouche un flacon , Et , lorsque saute le bouchon ,

Comme cette mousse

Pétillante et doute

Gaîmeut e'claboussc

Mon front rubicon !

\ erse , verse \

Le vin qui berce ( /»• x r-. / ibis.)

h.\. renverse I ^ •'

Notre raison! ;

( Elle boit. ) Il est charmant ce petit Champagne , encore un verre. . . Buvez donc , monsieiu" le duc.

ac COUPLET.

Kii ilcmolscir (le l'Opéra, Un petit souper me verra Chanter, danser, et caetera!

D'amour haletante , D'ivresse tremblante.

En folle bacchante, Je dis sans façon :

Verse , verse Le vin qui berce

Et renverse Notre raison !

BENJAMIIV.

Prenez garde... ça va vous porter à la tête.

M™^ DURAND

C'est ce qu'il faut. Une double ivresse doit m'inspirer celle des arts , et celle du vin mousseux.

Je crois qu'elle chancelle.

M^fi DURAND , sur le canapé.

Air : Voulant par ses œuvres complètes.

De ce joli vin qui pctllle Quand on a bu le petit coup , Le teint se colore et l'œil brille !

BENJAMIN

Pour une femm' quel drôl' de goût!

Je vais de surprise en surprises , Et chez ces dam's , en fait de mœurs, J'en ai vu de trent'six couleurs :

Cell'— ci veut m'en fair' voir des grises !

M*"^ DURAND

Certainement!... Didier, mon ami, que je vous aime! tant de dévouement, tant d'intérêt!... voyez mon émotion! mes larmes couler sur votre main !

BENJAMIN

Elle pleure... Elle a le vin tendre.

M°*^ DURAND , lui passant le bras autour du cou. A toi , mon Didier , à toi pour la vie !

BENJAMIN

Vous me chatouillez! Voulez-vous me lâcher ! Pouah!

Elle sent la boisson.

( Elle sort en dansant, et chantant.)

BENJAMIN

J'allais entrer dans une jolie famille ! mais , mais , mais que d'immoralités ; c'est donc ici la maison Bancal ! il n'y manque plus que le vol et l'assassinat... Ah! mon Dieu ! qu'est-ce que je

( 24 ) vois! quelle horrible figure I. .. Eh ben ! je crois qu'il n'y manquera plus rien.

(11 se cache dans la bergère.)

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