acte
M""^ DURAND , arrive un tambour de basque à la main et en dansant.
Je suis Camargo ,
Et mon verti^o Est de danser tout d'go Menuet, fandançjo!
Je l' dis sans fagot,
Je bois à gogo , Beaune , Château-Margot ,
A tirlari^o !
(Elle danse.)
BENJAMrV.
Allons , voilà une aiitie farce I est-ce que nous sommes dans le cainaval , qu'est-ce que c'est que ce costume-là ?
M"'^ DLRAND.
Costume de bacchante I
^iens, que le chatnpagne Fasse en s échappant Panpan 1
( Appelant.) ^Madeleine , ime bouteille et deux verres... [Madeleine apporte la bouteille et les verres.^ ^ ous allez voir comme je verse avec grâce , comme je me livre à l'orgie.
BENJAMIN
Lne orgie I
M°^^ DURAND
Certainement î
1^ Elle fait sauter le bouchon.)
A IR : Verse , verse.
Voyez de ce nectar si bon Comme je débouche un flacon , Et , lorsque saute le bouchon ,
Comme cette mousse
Pétillante et doute
Gaîmeut e'claboussc
Mon front rubicon !
\ erse , verse \
Le vin qui berce ( /»• x r-. / ibis.)
h.\. renverse I ^ •'
Notre raison! ;
( Elle boit. ) Il est charmant ce petit Champagne , encore un verre. . . Buvez donc , monsieiu" le duc.
ac COUPLET.
Kii ilcmolscir (le l'Opéra, Un petit souper me verra Chanter, danser, et caetera!
D'amour haletante , D'ivresse tremblante.
En folle bacchante, Je dis sans façon :
Verse , verse Le vin qui berce
Et renverse Notre raison !
BENJAMIIV.
Prenez garde... ça va vous porter à la tête.
M™^ DURAND
C'est ce qu'il faut. Une double ivresse doit m'inspirer celle des arts , et celle du vin mousseux.
Je crois qu'elle chancelle.
M^fi DURAND , sur le canapé.
Air : Voulant par ses œuvres complètes.
De ce joli vin qui pctllle Quand on a bu le petit coup , Le teint se colore et l'œil brille !
BENJAMIN
Pour une femm' quel drôl' de goût!
Je vais de surprise en surprises , Et chez ces dam's , en fait de mœurs, J'en ai vu de trent'six couleurs :
Cell'— ci veut m'en fair' voir des grises !
M*"^ DURAND
Certainement!... Didier, mon ami, que je vous aime! tant de dévouement, tant d'intérêt!... voyez mon émotion! mes larmes couler sur votre main !
BENJAMIN
Elle pleure... Elle a le vin tendre.
M°*^ DURAND , lui passant le bras autour du cou. A toi , mon Didier , à toi pour la vie !
BENJAMIN
Vous me chatouillez! Voulez-vous me lâcher ! Pouah!
Elle sent la boisson.
( Elle sort en dansant, et chantant.)
BENJAMIN
J'allais entrer dans une jolie famille ! mais , mais , mais que d'immoralités ; c'est donc ici la maison Bancal ! il n'y manque plus que le vol et l'assassinat... Ah! mon Dieu ! qu'est-ce que je
( 24 ) vois! quelle horrible figure I. .. Eh ben ! je crois qu'il n'y manquera plus rien.
(11 se cache dans la bergère.)