SCÈNE XVII
BENJAMIN , caché , ALFRED , jouant Macaire , ADOLPHE , jouant Bertrand et costumé, sort de la coulisse en se traînant sur ses genoux,
Qu'est-ce que j'aperçois blotti dans ce coin? est-ce que c'est un singe ?
BENJAMIN
Cachons ma tête.
ALFRED
Non : c'est une espèce d'homme, voyons s'il n'y a pas quelque chose à faire avec lui.
ADOLPHE
Je viens de voir un individu qui rôde dé ce côté ; voyons s'il n'y aurait pas un coup à tenter.
( Il arme son pistolet.) BENJAMIN.
Ils vont causer.
ALFRED , armant son pistolet.
Préparons mon discours. (// avance.) Monsieur...
ADOLPHE
Monsieur... la bourse ou lavie?
ALFRED
J'allais vous faire la même question.
ADOLPHE
Plaît-il?
ALFRED
ADOLPHE
Quoi?
Qu'est-ce ?
C'est toi?
Toujours grincheur ?
ALFRED
Toujours boulinant les gonzes sur le grand trimar.
BENJAMIN, // part.
Quelle singulière conversation I
ADOLPHE, //// tendant les bras.
Macaire!..
ALFRED
Bertrand! viens dans mes bras.
ADOLPHE
Veux-tu me reprendre pour collaborateur .f'
ALFRED
Vous étiez autrefois bien lâche , polisson !
ADOLPHE
C'est égal ; quand on n'est pas brave , on est traître.
ALFRED
Tu es à la hauteur du siècle.
Ainsi, nous nous racommodons.
ALFRED , regardant ses habits.
Nous en avons besoin.
RENJAMIN, à part.
Ce sont deux vrais saligots.
ADOLPHE
Tu es pas mal nippé : un frac , un pantalon garance ! et deux bottes, sont-elles pareilles.-'
ALFRED
Tu vois !
Air : Bouton de rose.
Pau'e de bottes , Sur la tige on te voit pencher!
Que de misères tu de'notes !
Ici quels revers à cacher!
Paire de bottes!
ADOLPHE
Allons, tirons nos guêtres.