SCENE IV
M. et m^^ DURAND.
Voilà notre comédie qui marche.
M*"^ DURAND
Oui ; mais le mariage de notre fille ne marche pas.
DURAND
Tu sais bien que c'est une chose arrêtée , notre cousin Benjamin des Orties est un excellent parti.
M'»^ DURAND
Mais il est dans son département , et nous n'avons pas de ses nouvelles.
DURAND
Son père devait m'écrire.
M""^ DURAND
C'est singulier.
DURAND
Sa chambre est prête : il ne faut pas tant de cérémonies pour recevoir un garçon.
M"'^ DURAND
Un provincial.
DURAND
Qui ne sait peut-être seulement pas jouer la comédie.
^ime DURAND.
Ce qui m'inquiète bien plus , c'est de ne pas voir arriver le jeune premier qu'on nous a promis.
(^rois-tu qu'il sache bien tout le répertoire moderne ?
M™^ DURAND
Il en est tellement fanatique qu'il s'est asphyxié deux fois en apprenant ses rôles.
DURAND
Allons, je vais, en l'attendant, étudier mon Barabbas ; j'ai une passion pour ce rôle-là.
M"^« DURAND
Moi, je vais étudier ma Camargo et repasser ma Mère et ma Fille ^ c'est une pièce que j'aime beaucoup. Cette femme qui trompe son mari et qui aime son gendre, c'est bien actuel ! ( Elle appelle. ) Madeleine.