Dictionnaire des Sculpteuj^s de VEcole française^ p
tion conjointe de Pilon et du tombeau de François I^^. Seulement c'est un fait très certain que ce que cette pièce rapporte, ne s'accorde pas du tout avec ce qu'on assure. La voici, telle que Lenoir l'a prise des registres de la Chambre des Comptes, et telle qu'elle se trouve encore aux Comptes des Bâtiments du Roi :
Germain Pilon, sculpteur demeurant à Paris, confesse avoir fait marché et convenu avec noble personne, M® Philibert Delorme, etc., de faire et parfaire etc., huit figures de fortune en bosse ronde sur marbre blanc, pour appliquer à la sépulture et tombeau du feu roi, chacune de ces figures de trois pieds ou environ, accompagnées et armées suivant leur ordre K
Telle est la mention originale de l'ouvrage que chacun des auteurs ci-dessus a pensé reconnaître dans les enfants en bas-relief qui figurent à la voûte du tombeau. Or il est •d'abord évident que cette reconnaissance et identification souffre deux difficultés, l'une
1. Musée des Monuments français, t. III, p. 77. Comptes des Bâtiments, t. I, p. 352.
LE TOMBEAU DE FRANÇOIS 31
provisoire, l'autre définitive. La première, c'est l'expression bizarre de a figures de fortune » employée pour désigner l'ouvrage.
Comment assimiler des figures de fortune k des enfants qui tiennent des torches éteintes^ ainsi que font ceux dont il s'agit? Il est vrai que cela peut être résolu, car figure de fortune est un terme dont il est sûr que nous ne connaissons pas le sens. Mais quant à Tautre difficulté, elle doit suffire à décider sans échappatoire ni appel que les figures nommées aux Comptes des Bâtiments ne sont pas les enfants de la voûte du mausolée. L'impossibilité est évidente. En effet, ces enfants sont sculptés en bas-relief, et le texte cité présente des figures faites (( en bosse ronde ».
Or on doit tenir pour certain que jamais les excellents auteurs que j'ai cités, n'eussent voulu passer outre ^ à une pareille difficulté, si un homme avant eux ne l'eût tenue pour négligeable : c'est Lenoir, qui ici encore a su se faire croire sur parole.