‹ Les impostures de LenoirChapitre 31 sur 32 · Il n'est pas certain que cet ouvrage soit de lui · texte numérisé non relu

Il n'est pas certain que cet ouvrage soit de lui

sur la prétendue collaboration de Pilon au tombeau de François P^. M. de Mély n'accepte pas la critique que j'ai faite de Lenoir sur ce sujet. Elle est pourtant solide et parfaitement incontestable. J'avais écrit que M. de Mély s'était trompé sur la parole de Lenoir. M. de Mély déclare qu'il a parlé de son chef : c'est donc de son chef qu'il se trompa.

En effet, quoique les figures dites de fortune^ commandées à Pilon pour le tombeau de François P^, aient été des figures de petits enfants, cependant, parce que dans un des textes qui les concernent ces figures sont mentionnées de bosse ronde^ il est impossible de les reconnaître dans les enfants de bas-relief qui décorent la voûte du tombeau. Lenoir a cité ce texte et passé outre, expliquant, dans les termes, bosse ronde par basrelief. C'est ce que j'appelle imposture, parce qu'un pareil contresens ne pouvant échapper à celui qui le commet, il ne saurait jamais le consommer qu'en prenant son parti d'imposer au public. M. de Mély n'a point considéré cela, et, parce qu'il ren-

APPENDICE

contre un texte où la commande de Pilon est mentionnée comme de huit petits enfants, il se croit suffisamment armé pour y reconnaître les huit enfants de la voûte. « Voilà, dit-il, le pauvre Lenoir disculpé. » Je réponds que le pauvre Lenoir, bien loin d'être disculpé, compte au contraire à sa charge, du fait de l'article de M. de Mély, une polémique inutile de plus. Aussi longtemps en effet que bosse ronde signifiera le contraire de bas-relief, encore que des petits enfants aient été commandés à Pilon pour le tombeau de François P^, encore que ces petits enfants soient mentionnés au nombre de huit^ les huit enfants de la voûte du mausolée ne seront pas l'effet de cette commande, parce que cette commande fut de bosse ronde et que la voûte est de basrelief.

Le texte que M. de Mély produit ne change rien du tout à cela. Il ne contredit pas davantage un seul mot de ce que j'ai avancé. Je n'ai pas dit que les figures de fortune n'étaient pas des figures d'enfants ; au contraire, je me suis assuré depuis assez

longtemps qu'elles en étaient, et par le texte que cite M. de Mély, et par un autre inscrit t. II, p. 4, des Comptes des Bâtiments. La même commande de Pilon est encore mentionnée t. II, p. 70, et t. II, p. 129, ce qui, joint le texte barbouillé par Lenoir, fait cinq textes préparés pour ceux qui voudront étudier cette matière.

Ils n'y découvriront jamais de quoi passer outre à mes remarques. En revanche, ils y pourront trouver le commencement d'une €urieuse histoire, celle de seize petits enfants •de marbre blanc (huit de Ponce étaient joints aux huit de Pilon), abandonnés sans gîte pendant trente ans, et disparaissant sans gloire entre les mains de maîtres de hasard. La commande de Pilon fut exécutée en effet, mais on ne l'appliqua point à la sépulture, et ses aventures postérieures sont attestées par quelques pièces que je veux bien produire ici\ si M. de Mély le désire.

Quant au mot de figures de fortune, que

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