I. — FORMES ATYPIQUES DE COLITE AMIBIENNE GÉNÉRALISÉE
19 ENTÉRITES CHRONIQUES AMIBIENNES :
C’est à MouriQuanD et DEcLros que nous devons l'étude la plus détaillée de ces formes. Selon ces auteurs : ( [] faut penser à l’entérite chronique d’origine amibienne, en présence de selles diarrhéiques
persistantes, quand ces diarrhées ne sont pas améliorées par une diététique et une thérapeutique appropriées ; quand les antécédents du malade peuvent faire pencher vers le diagnostie et imposer le contrôle du laboratoire et des examens répétés des selles. »
Ces formes diarrhéiques, ou entéritiques pures, sont assez fréquentes et passent souvent inaperçues sous les étiquettes communes et imprécises : d’entérite, de gastro-entérite, où d’entéro-côlite.
Les malades se plaignent essentiellement d’une diarrhée rebelle. MAuTÉ insiste sur le fait que «Parnibiase intestinale revêt souvent le masque de la diarrhée la plus banale ».
Parfois aussi ce sont des alternatives de constipation ét de diarrhée.
Enfin, les selles peuvent présenter lPaspect dés selles de côlite.
Mouriquanp et Decros distinguent trois variétés :
10 La forme diarrhéique pure, qui paraît témoigner surtout d’une atteinte toxi-infectieuse de l'intestin grêle. Elle peut ne pas varier, mais d'ordinaire n’est que transitoire, annonçant la deuxièmé variété.
20 La forme avec selles pâteuses, qui correspond à l’atteinte de tout le tractus intestinal, mais témoigne surtout de l’altération du côlon. Cette forme peut persister une longue période, pendant laquelle on n’observe pas de selles moulées, mais deux à quatre
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évacuations par jour, de consistance homogène, en « crême plus ou moins épaisse ; pâte plus ou moins consistante ; purée plus ou moins compacte ». La surface en est brillante, luisante, comme glacée, par l'abondance du mucus, et l’on y trouve par l'examen microscopique: soit l’amibe, soit des kystes.
30 La forme avec selles en tas, caractérisant la côlite muqueuse. Marmieu, a, le premier, décrit cette forme clinique, dans laquelle il a montré le rôle prépondérant du gros intestin et l'effacement des phénomènes attribuables au grêle.
Parmi les nombreuses observations de notre Maître R. BENsAUDE, nous avons relevé une assez grande quantité de syndrômes diarrhéiques, mais il nous a semblé superflu de les publier à nouveau. Elles ont déjà fait l’objet d’une étude attentive, à laquelle nous nous contentons de renvoyer (1).
De même, nous avons rencontré plusieurs observations, dans lesquelles lallure diarrhéique était entrecoupée de périodes de constipation. Et ces cas prenaient fréquemment, par l'existence de glaires, de peaux et de membranes dans les selles, l'aspect de l’entéro-côlite muco-membraneuse. Dans le service du D' Bexsaupe, l'examen systématique des selles évitait de passer à côté du diagnostic d’amibiase ; mais, dans la pratique courante, les erreurs de diagnostic sont la règle. À moins que quel-
(1) Archives des Maladies de l’Appareil digestif, t. XX, n° 3, mars
ques indices minimes ne viennent mettre sur la voie un praticien déjà averti : l'abondance des glaires, parfois striées de sang ; ou la présence de mucus enrobant les matières.
Mais, la plupart du temps, dans les formes réellement primitives, sans aucun passé amibien ou même seulement côlitique, il faut bien reconnaître que le diagnostic est un diagnostic d'élimination. Si l’examen coprologique reste négatif, on conçoit dans quelle incertitude on sera amené à prescrire le traitement d’épreuve.
20 CONSTIPATION CHRONIQUE ET AMIBIASE INTES- TINALE :
La côlite amibienne peut se manifester, dans certains cas, uniquement par une constipation chronique résistant à tout traitement. Ce sont les « formes coprostatiques » de Ravaur et Cnarpin. Elles semblent moins fréquentes que les formes diarrhéiques pures, peut-être parce qu’elles sont d’un diagnostic beaucoup plus difficile, surtout parce que lon y pense moins. Même dans un diagnostic d'élimination, on rapproche plus volontiers à priori une diarrhée de la notion « dysenterie », qu’une constipation opiniâtre. C’est pourquoi nous n’insisterons pas sur les formes alternées, que nous avons déjà signalées, et dans lesquelles l’existence de poussées diarrhéiques intermittentes, précédées et suivies de périodes de constipation, permet de penser à faire examiner les selles. |
Il est par contre des formes où une constipation traînante, persistante et rebelle est le seul symptôme.
Parfois, après un temps souvent long, à l’occasion d’un excès alimentaire ou d’une purgation intempestive, survient une débâcle de selles diarrhéiques ou sanguinolentes, qui fait pratiquer une rectoscopie et l'examen coprologique révélateurs. Dans certains cas, le malade, habituellement constipé, vient parce qu'il souffre, présente une tension abdominale douloureuse et des coliques sèches. [1 faudra, là encore, une crise de fausse diarrhée pour faire explorer le rectum et les selles. Dans d’autres cas, enfin, la notion d’une constipation opimiâtre avec météorisme abdominal, survenant par périodes de deux à quatre jours pour aboutir à une débâcle de selles moulées, évoque un syndrome de pseudo-dolichocôlon.
Nous avons eu l’occasion de suivre plusieurs cas de ce genre. Voici le résumé de deux observations :