FIGARO
FiG. 96.— Pilastre
de la clôture Détail incrusté du chœur FiG. 09.— Cathédrale de Lucques : de l’ambon
du dôme de Barga. Incrustation de ciment autour de la grande porte de la façade. de Barga.
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Fig. 100. — Cathédrale de Pise : incrustations de la façade.
sculptés, l'Annonciation, la Nativité, le bain de l'Enfant Jésus (fig. 94), l’Adoration des Mages (fig. 95), semblent plutôt refléter les traditions romaines que l’art byzantin, à la
veille de disparaître pour faire place à l'influence française qui tend à s'étendre de plus en plus en Italie. Toutefois, le décor oriental se manifeste encore, et de façon somp-
tueuse, dans l’ornementation gravée et incrustée de mastics brun rouge et noir qui s'étale partout, sur les pilastres d'angle (fig. 97), les fonds et les colonnettes des arcatures, les couronnes des rois mages, les frises hautes et basses, etc. Les pru-
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FiG. 101. — Cathédrale de Lucques, incrustations de la façade.
nelles des yeux elles-mêmes sont incrustées de petites boules de mastic noir. Le chancel qui ferme le chœur est richement incrusté sur les encadrements des panneaux et surtout sur les pilastres où des motifs variés sont tracés avec la plus grande liberté
fig. 06).
La cathédrale de Pise, terminée en 1 100, fut le prototype des églises de la région,
Fic. 102.— Détail de la façade
de San-Michel à Lucques,
incrustées. « Les terreurs qui pesaient sur ces générations, partagées entre la barbarie
qui, pour la plupart, reproduisirent l'ordonnance et la décoration de sa façade, avec plus ou moins de richesse. Sur les quatre étages d’arcatures de cette façade, il n’est pas une surface qui n’ait été incrustée de marbres et deciments multicolores, dessinant des arabesques, des fleurons, des animaux fantastiques et même des scènes comme la traduction du Psaume XXI, 22, représentant le chrétien entre deux licornes : DE
ORE LEONIS LIBERA ME, DOMINE, ET A CORNIBUS UNICORNIVM HVMILITATEM MEAM; au-dessus de ce dernier sujet, surmontant la porte centrale, une inscription également incrustée rappelle le nom
du maître Rainaldo (fig. 100). La plus grande partie de ces incrustations a été refaite, et, les originaux ayant été transportés au musée civique de Pise, l'étude de la technique en est facile.
Mais c'est surtout sur les façades de deux édifices de Lucques que ce décor d'incrustations de marbres et de mastics fortement colorés s’est
développé avec une exceptionnelle somptuosité.
Les trois étages d’arcatures de la façade de la cathédrale, ainsi que les colonnettes qui la soutiennent, sont recouverts d’arabesques incrustées d'une telle délicatesse qu’elles produisent l'effet d'un point de Venise (fig. 101). Sous le porche des frises, des médaillons, représentant des
lions, des aigles, des têtes de guerriers, apportent discrètement, par place, leur note colorée. L'un d'eux surmonte une inscription qui rappelle les noms des architectes ou des décorateurs Abelenato et Aldibrando, ainsi que la date McCxxxIM (fig. 98).
Une frise formée d'arabesques incrustées de ciment gris mélangé de menus fragments de marbre noir, entoure la porte principale (fig. 99).
Sur la façade de San-Michel, œuvre des premières années du xu1° siècle, attribuée à Guidetto, architecte de la façade du dôme, ce parti décoratif produit un effet incomparable (pl. X). Sur les quatre rangs d’arcatures de la façade les incrustations de marbre et de ciment dessinent la faune la plus étrange, la plus inattendue qu’on
puisse rêver. Tous ces animaux des Bestiaires et des Jolucraires, si répandus dans la littérature du moyen âge, s'y trouvent mélangés à des scènes de chasse et à d'élégantes végétations s'enlevant par le ton blanc du marbre réservé sur le fond sombre des matières