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LE SOUS-SOL DU R.OYAUME-UM

chée qui porte son nom. xVu contre, s'exploitent les bassins des comtés d'York, de Lancastre, de Derhy, de StafTord, moins productifs, mais d'un rendement considérable encore. Enfin, dans cette portion de l'Ecosse située entre Édimbdurg et Glasgow, entre ces deux mers qui l'échancrent si profondément,'' se développe l'un des plus vastes gisements houillers du Royaume-Uni. L'ensemble de ces divers bassins ne comprend pas moins de seize cent mille hectares, et produit annuellement jusqu'à cent millions de tonnes du noir combustible.

Mais qu'importe! La consommation deviendra telle, pour les besoins de l'industrie et du commerce, que ces richesses s'épuiseront. Le troisième millénaire de l'ère chrétienne ne sera pas achevé, que la main du mineur aura vidé, en Europe, ces magasins dans lesquels, suivant une juste image, s'est concentrée la chaleur solaire des premiers jours (I).

Or, précisément à l'époque où se passe cette histoire, l'une des plus importantes houillères du bassin écossais avait été épuisée par une exploitation trop rapide. En effet, c'était dans ce territoire, qui se développe entre Edimbourg et Glasgow, sur une largeur moyenne de dix à douze milles, que se creusait la houillère d'Aberfoyle, dont l'ingénieur James Starr avait si longtemps dirigé les travaux.

Or, depuis dix ans, ces mines avaient dû être abandonnées. On n'avait pu découvrir de nouveaux gisements, bien que les sondages eussent été portés jusqu'à la profondeur de quinze cents et même de deux mille pieds, et lorsque James Starr s'était retiré, c'était avec la certitude que le plus mince fdon avait été exploité jusqu'à complet épuisement. '

Il était donc plus qu'évident que, en de telles conditions, la découverte d'un nouveau bassin houiller dans les profondeurs du sous-sol anglais aurait été un événement considérable. La communication aimoncée ])ar Simon Ford se rapportait-elle à un fait de cette nature? c'est ce que se demandait James Starr, c'est ce qu'il voulait espérer.

(I) Voici, en tenant compte de la progression de la consoninialion de la houille, ce que les derniers calculs assignent, en Europe, à Itipuisement des combusliMes minéraux :

France. . . . d.ins l.UO ans.

Angleterre. — 800 —

Belgli|ue... — 750 —

Allemagne. - 300 —

Kn \m I i'|iii'. à raison de 500 millions de tonnes annuellemeiil, les gîtes pourraient produire du charbon pendant 0,000 ans.

En un mot, était-ce un autre coin de ces riches Indes-Noires dont on l'appelait à faire de nouveau la conquête? il voulait le croire.

La seconde lettre avait un instant dérouté ses idées à ce sujet, mais maintenant il n'en tenait plus compte. D'ailleurs, le fils du vieil overman était là, l'atlendant au rendez-vous indiqué. La lettre anonyme n'avait donc plus aucune valeur.

A l'instant où l'ingénieur prenait pied sur le quai, le jeune homme s'avança vers lui.

«Tu es Harry Ford? lui demanda vivement James Starr, sans autre entrée en matière.

— Oui, monsieur Starr.

— Je ne t'aurais pas reconnu, mon garçon! Ah! c'est que, depuis dix ans, tu es devenu un homme !

— Moi, je vous ai reconnu, répondit le jeune mineur, qui tenait son chapeau à la main. Vous n'avez pas changé, monsieur. Vous êtes celui qui m'a embrassé le jour des adieux à la fosse Dochart ! Ça ne s'oublie pas, ces choses-là!

— Couvre-toi donc, Harry, dit l'ingénieur. 11 pleut à torrents, et la politesse ne doit pas aller jusqu'au rhume !

— Voulez-vous que nous nous mettions à l'abri, monsieur Starr? demanda Harry Ford.

— Non, Harry. Le temps est pris. 11 pleuvra toute la journée, et je suis pressé. Partons.

— A vos ordres, répondit le jeune homme.

— Dis-moi, Harry, le père se porte bien?

— Très-bien, monsieur Starr.

— Et la mère?...

— La mère aussi.

— C'est ton père qui m'a écrit , pour me donner rendez-vous au puits de Yarow?

— Non, c'est moi.

— Mais Simon Ford m'a-l-il donc adressé une seconde lettre pour contremander ce rendez-vous? demanda vivement l'ingénieur.

— Non, monsieur Starr, répondit le jeune mineur.

— B-ien! » répondit James Starr, sans parler davantage de la lettre anonyme. Puis, reprenant :

(' Et peux-tu m'apitrendre ce i\uv. me veut le vieux Simon? deujanda-t il au jeune honmio.

LA FOSSE DOCHART 21

— Monsieur Starr, mon père s'est réservé le soin de vous le dire lui-même.

— Mais tu le sais?...

— Je le sais.

— Eh bien, Harry, je ne t'en demande pas plus. En route donc, car j'ai hâte de causer avec Simon Ford. — A propos, où demeure-t-il?

— Dans la mine.

— Quoi! Dans la fosse Dochart?

— Oui, monsieur Starr, répondit Harry Ford.

— Comment ! ta famille n'a pas quitté la vieille mine depuis la cessation des travaux?

— Pas un jour, monsieur Slarr. Vous connaissez le père. C'est là qu'il est né, c'est là qu'il veut mourir I

— Je comprends cela, Harry... Je comprends cela! Sa houillère natale! 11 n'a pas voulu l'abandonner! Et vous vous plaisez là?...

— Oui, monsieur Slarr, répondit le jeune mineur, car nous nous aimons cordialement, et nous n'avons que peu de besoins.'

— Bien, Harry, dit l'ingénieur. En route! »

Et James Starr, suivant le jeune homme, se dirigea à travers les rues de Callander.

Dix minutes après, tous deux avaient quitte la ville.

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