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Les contre-indications.
Les rayons ultra-violets, durant de longues années, ont joui d’une réputation d’innocuité absolue. Mais la grande diffusion des traitements par ces radiations, leur emploi fréquent a provoqué dans le monde médical une vive réaction contre cette thérapeutique employée d’une manière peut-être excessive.
Pech, de Montpellier, a donné l’alarme et, dans quelques articles, a indiqué les dangers de la photothérapie. Avec son ancien collaborateur Lagriffoul, il a injecté les mêmes doses de bacilles de Koch à quatre lots de cobayes et en conservant un lot comme témoin, a irradié dans des conditions différentes les trois autres. Tous les animaux moururent avec les mêmes symptômes et dans le même temps.
Chez les témoins, on constatait de nombreux ganglions en divers points du corps, des tubercules multiples et des granulations dans le foie, sur le péritoine et sur les poumons. Les animaux irradiés avaient des lésions plus discrètes, mais la rate était hypertrophiée et présentait des granulations avec tubercules. Pech conclut : « Cette diminution de la résistance des organes hématopoiétiques, visà-vis de l'infection après irradiation générale par les rayons ultra-violets, me semble exiger un peu de prudence et de modération dans l’empoi de cette thérapeutique chez les jeunes enfants, surtout si on prolonge durant un temps assez long ».
Dans un autre article, il dit : « J’ai eu deux fois le regret de voir succomber sous l’action d’un traitement général
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par les rayons ultra-violets des malades traités pour des affections compatibles avec une longue existence et chez lesquels l’action inconsidérément prolongée de ces rayons abiotiques a précédé le dénouement fatal. Il est regrettable que souvent la plus élémentaire déontologie nous interdise de publier les accidents que pour des raisons multiples leurs auteurs ne divulguent point. »
Plus loin le même auteur écrit : « Voici quelques faits cliniques capables je crois de justifier mon opinion : j'ai eu l’occasion de voir des enfants traités par les rayons ultraviolets pour adénopathies diverses (surtout trachéo-bronchiques) consécutives à des rougeoles. Rapidement améliorés, tous sont devenus des sujets dont l’appareil respiratoire fragile présente des bronchites à répétition.
» La coqueluche au début est rapidement atténuée par un traitement à la lampe de quartz. Postérieurement les sujets ainsi traités, s’ils ne recourent point à la cure climatique, sont plus fragiles que ceux chez qui l'affection a évolué normalement.
» Chez une série d'enfants en traitement dans mon service pour causes diverses et recevant régulièrement des rayons ultra-violets, une épidémie de coqueluche et une autre de rougeole ont sévi autant que sur des sujets non irradiés.
» Durant la guerre de 1914-1918, l'hôpital d'évacuation dont j'étais le radiologiste utilisait sur les grands blessés, porteurs de plaies très étendues, l'héliothérapie. Une lampe quartz fut mise en service. Je ne traitais que des plaies trop étendues rendant trop difficile l'évacuation du blessé.
» Localement, les résultats obtenus par la photothérapie furent au moins égaux à ceux obtenus par la cure solaire; néanmoins, j’abandonnais rapidement la nouvelle technique. Un pourcentage considérable de blessés firent des rougeoles et des scarlatines, alors que ces affections restaient ignorées des blessés plus graves, mais non irradiés, placés dans les mêmes salles, »
L'action de l’actinothérapie dans les nombreux cas de tuberculose a fait naître souvent beaucoup de discussions. Quoiqu'il en soit, la majorité des auteurs est du même avis et pense que la thérapeutique ultra-violette a d’heureux effets dans le traitement des tuberculoses en général.
Dans quelques cas les lésions bacillaires réagissent mal et provoquent soit des incidents, soit des accidents qui aboutissent à trois sortes de phénomènes.
1° La réactivation d'une lésion qui sommeille ou même éteinte. — Il peut arriver qu’une lésion tuberculeuse guérie soit réveillée dans un organisme qui subit des radiations lumineuses destinées à améliorer une lésion bacillaire en évolution.
2° La réaction de foyer. — Prenons par exemple une adénite cervicale bacillaire soumise aux rayons ultraviolets, on s'aperçoit que la tumeur augmente parfois de volume, qu’elle se ramollit et devient fluctuante.
La suppuration a lieu à l’extérieur si une ponction n’est pas pratiquée assez tôt ; la température peut s'élever.
Les enfants qui présentent une importante adénopathie trachéo-bronchique et qui accusent de la fièvre soit intermittente soit continue, doivent être particulièrement surveillés ; on ne peut les irradier qu'avec la plus grande prudence et l’attention la plus soutenue.
Un foyer de tuberculose osseuse réagira quelquefois sous l'influence de la photothérapie. Cette réaction prend de l'importance surtout lorsque la lésion traitée est située dans le voisinage d'organes délicats tels que le médiastin.
Nous remarquons quelquefois la présence d’hémoptysies survenues chez des malades atteints d’ostéites bacillaires des côtes et du sternum et traités par l’actinothérapie.
3° Généralisation tuberculeuse par essaimage de bacilles. — Il existe des cas que mentionne la littérature ou que des médecins ont découvert dans leur clientèle, dans lesquels il est permis de reprocher dans une certaine mesure aux
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rayons ultra-violets d’avoir provoqué des généralisations tuberculeuses.
Il est possible de dire que les radiations lumineuses ne semblent pas avoir agi autrement que comme n'importe quelle autre thérapeutique dans ce cas. Il s’agit là de la confirmation de données de pathologie générale bien connues en matière de tuberculose.
Nous savons, en effet, que certaines tuberculoses sont sensibles à l’acte chirurgical, et qu’on peut facilement rétablir l’analogie avec les poussées de granulie consécutives à la cure chirurgicale de certains abcès et de certaines fistules chez les tuberculeux.
Les règles des contre-indications des rayons ultra-violets chez les tuberculeux en activité ont été formulées d’une manière précise par Jeanneney et Mathey-Cornat : « Tout tuberculeux évolutif suspect de bacillémie, tout tuberculeux congestif et fébricitant doit être résolument écarté des rayons ultra-violets. Il faudra suspendre les séances de photothérapie chez les tuberculeux qui présenteraient, des poussées de température après chaque séance de rayons ultra-violets » ; chez les enfants atteints d’adénopathie trachéo-bronchique et qui ont une fièvre continue sous l'influence des radiations ; chez les malades ayant une tuberculose sternale ou costale qui souffrent au niveau de leur lésion et font de la température.
Pendant le traitement actinothérapique de certaines tuberculoses chirurgicales, il est nécessaire de suivre de près les tuberculeux et employer une technique correcte.
Enfin, les tuberculeux osseux et ganglionnaires qui seraient atteints de tuberculose pulmonaire à évolution rapide, à forme congestive, ou de tuberculose miliaire, et qui seraient soumis aux rayons ultra-violets, seraient exposés aux plus graves complications ; ce sont là des contreindications absolues.
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