LES ACTIONS BIO-PHYSIOLOGIQUES DES ONDES COURTES
Il nous a semblé nécessaire de résumer ici ce que l’on peut dire à l’heure actuelle sur ce sujet, car c’est là que l’on trouvera le lien unissant entre elles les indications d'apparence extrêmement diverses de la thérapeutique par les ondes courtes, que l’on peut cependant ramener à quatre ou cinq principales.
On peut tout d’abord accorder aux ondes courtes deux séries d’action, l’une due à l’échauffement des organes soumis au traitement, l’autre due aux effets électriques spécifiques des ondes courtes. Dans la pratique, on peut utiliser ces deux effets selon des rapports variables ; mais s’il est possible d'éliminer l'effet chauffage, on ne saurait, inversement, employer les ondes courtes à des fins exclusivement thermogènes.
C’est ce qui explique que l’on ne peut comparer les résultats des méthodes pyrétothérapiques pures (bains chauds par exemple) avec les résultats de la pyrétothérapie par ondes courtes.
En tout état de cause, ces effets électriques, bien qu’encore incomplètement connus, semblent bien pré-
et
senter un gros avantage complémentaire dans toutes les indications de la pyrétothérapie.
Nous allons essayer d’exposer aussi simplement que possible, les éléments essentiels de ces deux effets, électriques et calorifiques.
À. -- Effets électriques
On peut actuellement les ramener à trois principaux si nous laissons de côté les modifications humorales, admises, mais encore mal connues. Ces trois principales actions sont :
a) UNE ACTION ANTIMICROBIENNE SECONDAIRE. — On lui donnait jusqu'ici le nom de microbicide. Cette dénomination n’était, à notre avis, qu’approximative car si maintes expérimentations ont conduit leurs auteurs à l’admettre, il nous paraît aujourd’hui certain qu’une telle action n’existe pas, en tout cas in vitro, en dehors d’un effet thermique suffisant. On a alors sur les cultures mises en expérience exactement le même effet que celui que donnerait n’importe quelle étuve.
Or nous pensons que les différences biologiques qui existent entre l’homme et ses microbes ne sont pas suffisantes pour permettre de stériliser ceux-ci par une chaleur inoffensive pour ceux-là.
SCHLIEPHAKE, SCHENCK, DE LENTZE, HICKS, SzyMaA-
NOWSKY, après avoir passé en revue tout ce qui s’était fait jusqu'alors sur cette question, après avoir con-
re
trôlé toutes les expérimentations précédentes et procédé à de très minutieuses recherches personnelles, arrivent à ces conclusions:
In vitro, en l’absence de tout effet thermique, les expériences se faisant rigoureusement à 37°, les ondes courtes n’ont aucune action sur les bacilles Typhiques et Paratyphiques, aucune action sur les Staphylocoques, ni sur les Colibacilles, ni sur le bacille .de la Diphtérie ; aucune action non plus sur le Tréponème.
NoGELL et BERGGREEN ont mis en expérience des cultures de Gonocoques ; c’est ce point qui a particulièrement retenu notre attention, car il est incontestable que, in vivo, le Gonocoque est le microbe le plus sensible aux Ondes Courtes. In vitro, ces deux auteurs ont fait leurs recherches sur deux catégories de cultures, l’une vieille, l’autre jeune. Ils les irradièrent toutes deux d’abord pendant cinq heures, avec des longueurs d’ondes variant de 4 à 15 mètres: les deux catégories de cultures avaient, à la suite de ce traitement, proliféré sensiblement de même manière.
Un deuxième essai mit sous l’action des ondes courtes des bouillons de culture pendant 24 heures de suite, les ensemencements étant pratiqués d’heure en heure.
Au bout de 6 heures, aucune modification.
Au bout de 24 heures, modifications du même ordre que celles observées sur les cultures témoins.
Enfin, en faisant intervenir l'élément calorifique
sur ces mêmes Gonocoques, LENTZE n’en observa la stérilisation qu’après une action minima de une heure à 42° effectifs et uniformes dans la masse du milieu de culture.
(Zur Einwirkung des Ultrakurzwellenfeldes auf Bakterien, par Hans-Georg FREIHERR SCHENCK Zu SCHWEINSBERG ; sous le contrôle de SCHLIEPHAKE (1938).
Peut-on penser arriver à donner à un malade cette température pendant ce temps suffisant, sans inconvénient ? En admettant même que l’on arrive à maintenir ces malades à une température de 42° rectale, cela signifie-t-il que l’on pourrait observer cette température dans tous les points de son organisme sans exception ?
A l’encontre de l’opinion généralement admise, c’est au contraire in vivo, que l’on peut observer une action d'atténuation de la virulence microbienne. Mais celle-ci n’est pas directe. Elle est secondaire à la modification électro-chimique du milieu et notamment à la variation du pH. Nous pouvons citer, à l'appui de notre point de vue, les travaux de LEROY et LE- CONTE DU Nouy, d’abord, concernant les variations du pH dont la tendance acide devient telle, sous l’action des ondes courtes, qu’elle substitue au milieu favorable, un milieu contraire au développement microbien, et ensuite, les récentes considérations de SCHLIEPHAKE, nOn encore publiées. SCHLIEPHAKE, un des premiers défenseurs de la théorie microbicide,