‹ Les Indices du Mouvement Général des Affaires (Étude de quelques tentatives récentes)Chapitre 24 sur 53 · INDICES DU COMMERCE · texte numérisé non relu

INDICES DU COMMERCE

Ces indices ont pour but la représentation de l’activité commerciale, c’est-à-dire des entreprises dont le rôle est d'acheter pour revendre. On sait qu'il est difficile de distinguer les entreprises industrielles des entreprises commerciales, parce que les premières font des actes de commeree et que leurs achats de. matières premières ne sont pas exempts de soucis de spéculation; d’autre part, les secondes font souvent subir aux marchandises qui les traversent certaines modifications de nature industrielle.

Cette distinction présentera peu d'intérêt pour nous si nous avons pris soin de ne donner que des indices physiques de la production.

Ayant épuisé les indices des transports, il ne nous reste à envisager pour le commerce que des indices financiers, indices indirects, qui comprennent aussi la partie « commerciale » de l’activité des entreprises industrielles.

Tous les indices commerciaux seront donc exprimés en francs. Il serait impossible de suivre dans le commerce la marche matérielle des richesses; de plus ce serait sans intérêt, car les quantités produites nous ont fixé une fois

pour toutes sur l'importance des biens en circulation, surtout si nous avons complété leur statistique par une staüistique des stocks. |

L'activité commerciale ne variera pas nécessairement en concordance avec l’activité industrielle. Il en est ainsi dans le cas de surproduction. Le rôle de cette activité étant d’adapter la production à la consommation, c'est-à-dire de réaliser le difficile équilibre économique, son étude présente un très grand intérêt, intérêt général depuis qu'il est établi que tous les commerces sont solidaires (sans que cette solidarité soit aussi étroite, toutefois, que celle qui unit les productions).

Parce que l'indice de l’activité commerciale exprime l'équilibre général de l'Economie d’un pays, nous lui accordons, dans cette étude, une importance de premier plan.

Les indices des transports nous ont donné une idée nette du volume des marchandises en circulation; ils sont le trait d'union entre l’activité industrielle et l’activité commerciale, et obéissent à des causes particulières à chacune d'elles. Pour isoler l’activité commerciale et la mesurer à part, les auteurs ont eu recours aux statistiques du commerce extérieur, aux statistiques du commerce intérieur, aux statistiques des prix. Ces dernières seront étudiées dans la section suivante, nous en exposerons la raison.

Statistiques du commerce extérieur.

Leur importance. — Elles ont toujours été considérées comme très significatives, quelle que soit la politique douanière en vigueur. Nous ne les présenterons pas comme destinées à infirmer ou à approuver tel système libre-échangiste ou protectionniste. Certains auteurs impartiaux soutiennent d ailleurs qu’elleg ne peuvent fournir aucune

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preuve pour ou contre aucune théorie sur le commerce extérieur. Nous les envisageons simplement comme reflétant une partie importante de l’activité d’un pays.

Leur confection. — Le commerce extérieur est mesuré partout au moyen des statistiques douanières. Nous renvoyons le lecteur aux ouvrages spéciaux, en ce qui concerne l'élaboration compliquée de ces statistiques. On sait que les relevés sont envoyés périodiquement par chaque douane de terre ou de mer à l'Administration centrale. Ces relevés portent sur la nature, la qualité, le poids, la provenance et la destination des marchandises, suivant la distinction classique du commerce général, qui comprend le total des importations et des exportations, et du commerce spécial, qui ne tient pas compte des marchandises en transit.

Toutes ces données sont centralisées par la Direction générale des Douanes, qui les publie d’abord partiellement, puis en entier, après évaluation des valeurs.

Pour déterminer la valeur des marchandises du commerce extérieur, on a recours tantôt à la fixation officielle d’une commission spéciale permanente, tantôt aux déclarations des exportateurs et importateurs eux-mêmes.

L’Angleterre et l'Amérique adoptent ce dernier système. La France s’en tient à un système mixte : ses importations sont évaluées d’après les déclarations des importateurs et ses exportations d’après l’évaluation officielle de la Commission permanente des valeurs, mais cette évaluation est révisée mensuellement pour qu’elle reste en harmonie avec le taux des valeurs déclarées à l’importation.

C’est encore l’Administration centrale qui classe les marchandises en groupes homogènes, travail assez délicat, surtout si l’on a le souci d'arriver à une entente inter-

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