RENTE
des effets créés, alors que les autres courbes donnaient une idée de leur négociation et de leur liquidation.
Compensations. — Les banques elles-mêmes balancent régulièrement les crédits et les débits qu’ont occasionnés dans leurs comptes ces effets de commerce ou les virements, en les compensant dans les Chambres de compensation (Clearing Houses). Il est donc possible de surveiller le montant des effets présentés à la Chambre de compensation, et d’en dresser un indice reflétant assez exactement le mouvement du commerce intérieur.
Cette institution des Chambres de compensation a vu le jour en Angleterre et aux Etats-Unis. Elle a pris dans ces pays un développement beaucoup plus grand que dans le nôtre. Par ailleurs, la Chambre de compensation des banquiers de Paris ne fait guère que des compensations se rapportant à des opérations financières, notamment à des transactions sur valeurs mobilières; elle ne peut donc pas servir à représenter l’activité du commerce.
Il en est de même, dans une certaine mesure, du chiffre des comptes courants de la Banque de France à Paris: cet indice est plutôt financier que commercial. Par contre, dans les succursales de province de cet établissement, les opérations qui mouvementent ces comptes courants sont bien commerciales et sont un bon indice du commerce.
Applications.
Commission des crises. — Un indice sur huit : les mouvements du portefeuille commercial de la Banque de France. Etude de M. Julin. — M. Julin a eu l’ingénieuse idée de donner des indices de 1° La circulation postale (revenu total):
2° Le nombre de télégrammes échangés, dans la Bourse des valeurs et la Bourse du commerce.
et Re
Ses autres indices sont 3° Montant des effets escomptés par la Banque nationale de Belgique;
4° Montant des effets postaux en circulation;
5° Recettes réalisées par la poste sur les envois de fonds;
6° Taux moyen de l’escompte (Cet indice mériterait une place à part, en raison de son importance);
Nombre des faillites;
8° Prix des produits agricoles (On s'explique assez mal
Le]
leur présence dans ce groupe).
Comité Harvard.
1° Chiffre mensuel des opérations des Clearing Houses, de New-York. Source : The Commercial and Financial Chronicle, qui donne les valeurs du mois correspondant au moins pour les trois années antérieures, avec une revision des chiffres de l’année précédente. Depuis l'inauguration du Clearing du Federal Reserve Board, l'indice des opérations des Clearings de New-York a perdu beaucoup de sa valeur symptomatique.
Cet indice suit une tendance séculaire assimilable à une droite. Sa variation saisonnière consiste en une diminution de juillet à septembre, une augmentation d’octobre à Janvier, une diminution de février à juin.
Le mouvement du cycle commercial est assez régulier, 6 varie de+2,5 à— 2,5, mais on relève quelques fluctuations exorbitantes (+ 20,3);
2° Chiffre mensuel des opérations des Clearings des banques, excepté celles de New-York. Même source que l'indice précédent. Le Commercial and Financial Chronicle reçoit ces données par poste et télégraphe des directeurs des Clearings, ou les puise dans les journaux locaux. L'indice comprend tous les Clearings, même les plus récents.
Mais l'introduction du système de compensation du Federal Reserve Clearing a diminué singulièrement l’importance de cet indice. Si l’on pouvait engager les banques du Federal Reserve System à publier le chiffre total des chèques tirés et payés par elles, ces chiffres remplaceraient convenablement, d’après le Comité Harvard, l'indice des Clearings. Les Américains attachent une très grande valeur à ces indices du « mouvement du commerce ». « Theses figures, dit le Comité Harvard, are of tremendous value to Banks and public. » Aussi, deux agences, celle du Federal Reserve Board et The Clearing House Section of the American Banker’s Association, ont-elles entrepris la tâche, chacune de leur côté, de réunir des chiffres de toutes les opérations de toutes les banques. En août 1918, on annonça qu'un plan était adopté par le Federal Reserve Board, d’après lequel allaient être réunies, par l'entremise du Federal Reserve System, « des données méritant toute confiance, et offrant un index du volume du commerce bancaire ». À chaque Clearing, on allait demander de « donner chaque semaine à la Reserve Bank du district le chiffre total des chèques tirés et payés par elle, en distinguant les chèques tirés parles individus, par les sociétés, les corporations, le Gouvernement, d’une part, de ceux tirés entre banques d'autre part ».
Ces rapports devaient être compilés par le Federal Reserve Board. Une pareille organisation aurait fourni de meilleurs indices que celui utilisé actuellement et exposant seulement le montant des chèques qui traversent les Clearings et ne comprend pas le gros volume de ceux réglés directement entre les banques du Federal Reserve System.
La tendance séculaire de l'indice est assez adaptable à une droite pour 1903-1916, La variation saisonnière accuse
Ne
une diminution de mars à octobre, une augmentation plus forte d’octobre à janvier, et la réadaptation au cycle saisonnier de janvier à mars. Les cycles commerciaux sont réguliers et à faible amplitude. & oscille entre+1,5 et — 3,0.
3° Nombre mensuel de faillites commerciales. C’est l’indice de Bradstreet’s. Il se rapporte uniquement aux faillites commerciales” et écarte les déconfitures d'hommes de profession libérale : cette distinction est plus difficile à poser aux Etats-Unis que chez nous. La statistique est présumée complète. Des correspondants en envoient les données, puisées dans les statistiques officielles des faillites et assignations.
Comité de Londres et Cambridge.
1° Montant des opérations des Clearings de Londres;
2° Montant des opérations des Clearings de province.
Valeurs totales, en millions de livres, des effets présentés dans les Clearings du London County, et de Birmingham, Bristol, Liverpool, Manchester, et Newcastle. Chacune de ces séries est publiée non ajustée, puis ajustée à une tendance séculaire très marquée.
Institut de Statistique de Paris.
1° Comptes courants de la Banque de France, dans les succursales, débits et crédits réunis, par jour. Le compte courant est une institution à laquelle le commerce a constamment recours, et l’on peut présumer que ce chiffre est moins affecté en province qu’à Paris par les grands courants de spéculation et par la tenue en Bourse des valeurs mobilières.
Ce total des débits et crédits ne nous dit pas dans quelle mesure le commerce fait appel au crédit, ou se constitue un avoir auprès de la Banque. De plus ses oscillations sont très capricieuses. Aussi doit-on lui juxtaposer l'indice suivant :
Liege
2 Solde des comptes courants privés à la Banque de France, et tenir compte, surtout, du rapport de 1° à 2°, exprimé par :
3° Rapport du montant total des comptes courants privés de la Banque de France au solde de ces comptes (en pourcentages);
4° Montant des chèques postaux, débits et crédits réunis. La valeur de base a été prise arbitrairement. L'institution du chèque postal est en voie de développement : les augmentations de sa courbe ne sont donc pas très représentatives, puisqu'elles indiquent plutôt une augmentation du nombre des usagers: que des sommes versées par chacun d'eux. La moyenne par titulaire d’un compte postal aurait bien plus de signification;
5° Produit de l’impôt sur le chiffre d’affaires. Cet indice est réduit pour tenir compte des changements de tarifs, mais ces corrections ne sauraient envisager toutes les modifications législatives sur le mode de perception et l’assiette de l’impôt, qui n'a pas toujours été la même. Il a donc une valeur représentative moindre que celle que l’on croit pouvoir lui attribuer au premier abord;
6° Montant des effets de commerce timbrés (d’après le produit du timbre). Les oscillations de cette courbe semblent assez fidèles à celles de la courbe des opérations des bourses de commerce. Cette covariation de deux indices différents doit augmenter la confiance que nous pouvons leur donner;
7° Montant des effets en porteleuille à la Banque de France, vers le milieu du mois (pour éviter l'influence des échéances de fin de mois). Cet indice a été jugé très représentatif par maints auteurs, en raison de la nature du papier escompté par la Banque. Pour Clément Juglar et M. Van Berchem, il est le meilleur indice du volume des affaires;
do 7e
8° Opérations des bourses de commerce, d’après le produit de la taxe qui les frappe. Indice réduit, pour tenir compte des changements de tarifs.