II. CIVILISATION DES ARYAS ET DES SEMITES
qui en est la base, comme pour toutes les mesures babyloniennes (2<n), tandis que l'Aryas avait originairement le système décimal, qui ne fut que plus tard en conflit avec le système duodécimal (*02). Grâce au rapport de l'argent avec le négoce, le soutènement que l'emprunt de cet étalon s'est fait par la voie du commerce ne pourra être l'objet d'aucune contestation.
3. Concordance du style architectural indien avec le style babylonien. Les plus anciens temples (Dagogs) des Indiens étaient à étages, complètement conformes à ceux des Babyloniens pour les six paliers inférieurs, et ne s'en écartant que dans les trois chapiteaux circulaires et la coupole qui les surmontent("03). Même dans les édifices religieux nouveaux (pagodes) se retrouve au-dessus des portes d'entrée une pyramide à plusieurs étages(2<M). Les constructions qui nous ont été conservées ne datent, il est vrai, que d'une époque assez rapprochée(205). Mais comme Babylone était depuis longtemps en ruine lorsqu'elles furent érigées, cela
(*• ') La mine se divisait en 60 schekel, celui-ci en 30 parties ; 60 mines font un talent.
(202) Johannes Schmidt, Die Urheimat der Indogermanen und das europäische Zahlensystem, Travaux de l'académie des sciences de Berlin, 1890, Philos, hist. Klasse. Abt., II, p. 24 ss. Il termine (p. 54) ses recherches par cette affirmation : « Là où le système sexagésimal avait trouvé accès « (surles Indiens v. p. 51 j, tout le reste de la civilisation ne peut être resté «devant la porte... on peut se demander dès aujourd'hui combien de « parties dll patrimoine commun de la civilisation européenne sont dues à i H;il>ylone ». C'est à la solution de cette question que j'ai consacré ce deuxième livre.
(,03) Schnaase. Geschichte der bildenden Künste bei den Alten, Berlin, 1843, T. I, p. 159 s. 11 rend l'impression de la construction en ces termes : « la pyramido toute entière.*., n'est qu'une colline entourée de murailks I Lièrei » — à Babylone la montagne, ici la colline !
(«•*) Schnaase, p. 165.
(*0&) Schnaase, p. 160.
exclut par le fait même l'idée d'une imitation des bâtisses contemporaines de cette cité, et nous sommes ainsi forcés d'admettre que l'emprunt du style babylonien a été fait au temps où les prototypes existaient encore. Les monuments indiens arrivés jusqu'à nous ont été précédés par d'autres, non conservés, copiés sur ces modèles anciens.
A la vérité il s'offre pour le passage du style babylonien chez les Indiens une autre voie que celle que nous venons d'admettre, à savoir la transmission indirecte par l'intermédiaire des Perses. Les grands édifices indiens trahissent une ressemblance étonnante avec ceux de Persepolis(*06). Mais ceux-ci eux-mêmes ne contiennent qu'une imitation, ou plus exactement un développement du style de la Mésopotamie. Ils ont évidemment été élevés par des architectes babyloniens ou par des indigènes formés à leur école. Pourquoi ne pas admettre la même chose pour les édifices indiens? Pourquoi recourir à une tradition de seconde main, là où la copie directe de l'original, la tradition de première main ne rencontre pas la moindre objection? En réalité c'est même trop peu dire, la deuxième alternative n'a non seulement rien contre elle, mais possède en sa faveur la plus grande vraisemblance. Les deux faits que nous venons de signaler établissent une indéniable influence des Babyloniens sur les Indiens, tandis qu'une action exercée sur ces derniers par les Perses ne se rencontre nulle part, sauf en matière d'architecture, et encore cela reste-t-il à prouver. D'ailleurs, il importe aussi de considérer que la voie de mer ouvrait au Babylonien une route incomparablement plus facile, plus commode, plus sûre que la voie de terre au Perse. Ce qu'était celle-ci, nous le savons par les récits de la marche d'Alexandre revenant de l'Inde en Perse; il ne ramena que le quart
(2 0 6) r# Pietschmann dans son remaniement de Perrot et Chiziek, Geschichte der hunst im Alter thumf Leipzig, 1884, p. 799.