‹ Les Indo-Européens avant l'histoireChapitre 173 sur 235 · I. VER SACRUM · texte numérisé non relu

I. VER SACRUM

obtenir des morts et des vivants le pardon de toute faute, et ainsi s'explique comment février fut appelé le mois de la purification (297).

Au lendemain des Garistia (23 février), le calendrier romain place la fête des 2Jerminalia, « dans laquelle les voisins se réunissent pour sacrifier un agneau ou un jeune porc, et resserrer à la même table les liens de leur paisible voisinage »(298).

A l'époque primitive, c'était l'adieu aux voisins. La paix entre les membres de la famille repose sur l'affection familiale (caritas)y d'où le nom de caristia; le bon voisinage résulte du respect des limites (terminï), d'où l'expression : terminalia. A cette époque, on ne pouvait entendre par termini que les limites du territoire communal, car il n'y avait point de propriété privée des champs, et les pâturages étaient communs (p. 27). J'en conclus qu'avant de se réunir en assemblée joyeuse, les voisins parcouraient en cortège tout le territoire communal; cette hypothèse n'a rien que de vraisemblable; c'était l'adieu solennel au pays.

En les mettant en relation avec les circonstances du départ originaire, les trois fêtes dont nous venons de parler sont le souvenir d'un fait unique : l'adieu solennel aux tombeaux, aux parents, aux voisins, au pays. Cette unité accentue la valeur de chacune de mes interprétations isolées ; cela est d'autant plus évident que partout l'abandon définitif de la patrie est précédé d'un adieu — même sans le calendrier

(297) Attestations des anciens dans VaniÖzkk, II, p. 609: februare id est pura facere — id vero, quod purgatur, dicitur februatum. D'après Vaiiron, de L. L. VI, 34, quelques auteurs voulaient faire dériver le nom «lu moi8deceque: quod tum dits inferis parent atur ; lui -môme l'explique en disant: quod tum februntur populi i.e... lustratur (= purification, Vaniczkk, p. 851), en tout cas la signification ci-dessus admise, de février comme mois de la purification, est linguistiquement établie.

(*••) Marquardt, 1. c, p. 197.

romain, nous aurions pu arriver à cette conclusion pour les Aryas émigrants. L'intérêt de ce résultat consiste donc moins dans la révélation de la préhistoire de nos ancêtres que dans le jour nouveau jeté sur une partie du calendrier romain.

Les fêtes qu'il indique à la fin de février (*") n'ont aucun rapport avec la migration ; les cinq derniers jours étaient consacrés aux préparatifs du départ.

Page 1