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II. DEGRÉ DE CIVILISATION

débiteur qui est libéré, il suffit de retourner la question. Comment cette expression aurait-elle pu se former par application à la chose, puisque ce n'est pas elle, mais bien le débiteur qui se trouve lié ou délié? Ce sens matériel de l'expression (solvere rem) n'a été substitué que par l'usage postérieur de la langue au sens originairement personnel (solvere debüorem), comme il résulte de la formule de la nexi liberatio dans Gaius, III, 174 : quod ego..., me eo nomine solvo liber oque.

De même qu'en latin, la réminiscence linguistique de l'enchaînement du débiteur à l'époque aryenne préhistorique s'est conservée en allemand dans Verbindlichkeit (obligation), verbunden sein (être obligé), ainsi que dans les mots composés de lösen (délivrer) : ablösen (dégrever une charge de la propriété), einlösen (dégager un nantissement, délivrer un prisonnier), erlösen (racheter); l'idée chrétienne du sauveur (en allemand : Erlöser) qui a délivré le monde des liens du péché, en se chargeant lui-même de la faute, ramène en réalité et linguistiquement, à l'Aryas qui rachète (er-lösen) le débiteur du poteau, en le délivrant (ein-lösen). La remise de la dette (er-lass) implique également cette idée ; le débiteur se trouve renvoyé (ent-lassen) et par cela même sa dette se trouve remise (er-lassen) .

Le poteau aryen a donc laissé ses traces dans la langue jusqu'au jour actuel, de la même manière que la vie pastorale de l'époque primitive se reflète dans la signification métaphorique des mots treiben et zeichnen (p. 27 et 31). Le joug réel anciennement imposé aux époux, dans la cérémonie du mariage, se retrouve dans les mots latins jugum, conjugale, conjux et dans notre joug du mariage actuel. Pour comprendre nombre d'expressions du langage moderne, il faut remonter à un passé distant de plusieurs milliers d'années. J'en reviens au droit aryen. Non pour ajouter quelque chose, car j'ai réuni tous les maigres renseignements que j'avais à ma disposition, mais pour finir par ce qui seul m'in-

téresse : mon opinion sûr son degré de développement. Je la résume en ces termes: Le peuple père aryen n'avait pas dépassé les premiers rudiments du droit. Celui-ci du reste échappait à la compréhension de l'Aryas, dont les capacités étaient ailleurs; l'époque védique fournit un témoignage irrécusable de ce manque complet de dispositions pour le droit (87).

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