‹ Les Indo-Européens avant l'histoireChapitre 193 sur 215 · PERSONNES EXPERTES · texte numérisé non relu

PERSONNES EXPERTES

Les féciauxC").

XLVIII. Les féciaux constituaient à Rome l'autorité chargée de tous les actes extérieurs du droit des gens : les revendications nationales à l'égard des peuples étrangers, la réception des prestations dues, et à leur défaut, l'acceptation du débiteur en otage [noxae dedilio); et, en sens inverse, l'exécution des prestations dues, ou l'abandon du débiteur au créancier étranger. Ils formaient une autorité purefiient executive, sans initiative propre. La décision de toutes les questions internationales appartenait au peuple, mais celui-ci, dans les cas douteux, demandait leurs conseils; leur nom les désigne comme des orateurs politi-

(^3 4) HuscHKB. Verfassung des Sei*viu8 Tullius^ p. 501.

(3ss^ [Il est à présumer que Jhbbino avait rintention de commencer ce chapitre important par quelques considérations générales].

(55 e) [Ce paragraphe ne paraît pas avoir été rédigé d'une manière définitive. Les féciaux font tout naturellement songer aux interprètes de l'époque primitive, qui étaient également des experts, et dont le peuple, pendant sa migration, ne pouvait se passer].

ques("'), c-à-d. des ambassadeurs. Les Romains considèrent cette institution commune à tous les peuples italiotes, comme un emprunt fait à l'étranger. Le nom de Aequicoli {gui aequum colunt) montre ce qu'il faut en penser. Qu'elle appartienne à l'époque primitive, cela ne peut, à mon avis, être douteux : nous avons déjà cité antérieurement la hache de pierre et la hasta praeusta, et on peut y ajouter comme troisième preuve, le rite de la deditio : le débiteur était dépouillé de ses vêtements et avait les mains liées sur le dos (TivE-LivB IX, 10). On comprend cette dernière précaution, mais pourquoi enlever les vêtements? Le motif est le même que dans la visite domiciliaire à la recherche d'objets volés (p. 14 ss.); les actes solennels sont accomplis d'après la coutume de Tépoque primitive, or les anciens Aryas ne connaissaient point de vêtements, et de là cet usage. Le dedittis est le débiteur du premier âge : l'homme à la colonne (p. 73 ss.), nu et lié. Les herbes sacrées [sagmina^ verbena) nous reportent également à l'idée aryenne de la sainteté de certaines plantes ('"). D'après tout cela il sera permis de conclure que les féciaux ainsi que leurs rites appartiennent déjà à la période de migration.

Page 1