Les Oblats séculiers de Saint-Benoît
Le mot « oblat » vient du latin oblatus, qui signifie « offert » ou « présenté ». Par Oblats séculiers de Saint-Benoit on entend donc des personnes pieuses, vivant dans le monde, qui se sont présentées ou consacrées à saint Benoît ou à son Ordre.
Outre les Oblats cloitrés ou réguliers, qui vivaient dans le couvent même ou à proximité du couvent sous l'obéissance de l'Abbé, ou qui, dans une maison à eux, gardaient la vie de communauté sous la règle d'un Ordre, il y avait, autrefois déjà, de pieux tidèles qui se vouaient eux-mêmes ou offraient une partie de l^urs biens à un couvent et, tout en demeurant chez eux, en étant même mariés, disposaient leur vie conformément aux règles de l'Ordre. On les nommait Oblats séculiers. Il y en avait chez les Bénédictins, les Hospitaliers, les Chanoines réguliers, etc.
Du temps même de saint Benoît et de saint Maur, des personnes d'une haute condition avaient établi ces liens de véritable confraternité avec l'Ordre de Saint-Benoit. LOrdre se propageant, ces sortes de confréries d'Oblats séculiers se répandirent partout. Elles devaient leur origine d'une part à la sainteté de saint Benoit et de ses fils, à leur sollicitude pour le salut des gens du monde; et, d'autre part, à l'amour et à la
. Oblalorum meculariian Ord. S. Bened. Slalula, Ritus ri Indulgentim^ Mechlinur, 1891 ; Studien und Mitlheilungen ans dem Benediktiner — und dem Cistevcienser — Oi'den, VI, 349 sqq; IX. &48; XVI, 43!); XIX, 530; Analecla ecclesiaalica (Romae), nuv. 18'JO, UJ.
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confiance que ces fidèles avaient pour les moines et pour leur glorieux patriarche. Sainte Gudule (-j- 712) et l'empereur saint Henri y Iniiî sont d'illustres modèles des Oblats séculiers.
Durant tout le moyen âge et même jusqu'à la Révolution française,
ces pieuses associations subsistèrent et comptèrent un grand nombre de saints évêques, de princes, de personnages éminents, dans les diverses Congrégations qui fuient comme les rameaux de l'Ordre bénédictin, comme les Camaldules et les Olive tains ; sainte Françoise Romaine f 1440 fut. pendant longtemps, Oblate séculière des Olivélains.
Quand la tempête révolutionnaire fut calmée et que les couvents se rouvrirent, l'Institut des Oblats séculiers reparut peu à peu en Belgique, en Allemagne, en Autriche, etc., et, plus spécialement, dans toute la Congrégation bénédictine du Mont- Cassin, de Subiaco (ou de la primitive Observance); les statuts et les rites de la vèture et de la profession des Oblats furent établis d'après les anciennes règles et, pour ladite Congrégation de Subiaco, approuvés par l'assemblée générale de 1884 et confirmés par le Saint-Siège (décrets de la Congrégation des Rites du 24 juillet 1888 et de la Sacrée Congrégation des Evoques et Réguliers, du 16 janvier 1891). Voici le résumé de ces statuts :
Les Oblats de saint Benoit sont de pieux fidèles vivant <lans le monde, qui se consacrent à I>ieu et à l'Ordre de Saint-Benoit et qui s'engagent à travailler à l'amendement de leur vie d'après les enseignements contenus dans la règle de saint Benoit.
Celui qui veut s'attacher à un couvent en qualité d'Oblat doit être âgé de vini.rt ans au moins, mener une vie irréprochable et jouir dune bonne réputation. Trois mois après la première demande d'admission, les candidat- doivent être revêtus du scapulaire noir; un an après celle vêture, ils sonl admis à l'oblalure. Celle-ci consiste en un acte de consécration conformément au rite spécial de l'Ordre*, mais elle n'a point les effets d'un vœu, et elle D'obligé
•1. Pour toute la Congrégation du Mont Cassin, de' Subiaco. la Sacrée Congrégation des Rites a approuvé, le 24 juillet 188S, un rite propre pour la vèture et pour la profession des Oblats: il se trouve dans le Manuel cité en premier lieu dans la note précédente.
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point sous peine de péché. On devient l'Oblat d'un couvent déterminé, au service duquel le fidèle se voue. De son côté, le couvent regarde les Oblats comme des fils adoptifs de saint Benoit, et les admet dans sa communauté comme les frères des moines. Les noms Ses Oblats sont inscrits sur les registres du couvent, et les Oblats ont part, à tous les biens spirituels des moines.
Dans les conseils /ionr l'amendement de la vie, on recommande aux Oblats la pratique de la perfection évangélique, la pénitence, l'humilité et surtout l'amour de Dieu et du prochain; de la sorte, ils uniront leur cœur au Cœur sacré de Jésus, ils vivront de la vie de l'Église qui est l'Epouse de Jésus-Christ et ils prendront intimement part aux souffrances et aux joies de l'Église et du Pontife romain. Ils assisteront volontiers aux offices du culte et, aux cérémonies ecclésiastiques, etc. Ils auront à cœur la conversion des pécheurs et la délivrance des âmes du purgatoire.
Tous les Oblats auront en grande estime l'office du chœur, bien qu'ils ne soient point tenus à cet office ; ils y assisteront autant que possible ou, du moins, ils s'uniront d'esprit au chant des moines.
Les Oblats qui ne sont obligés ni au bréviaire ni au Petit Office de la Très-Sainte-Vierge, et qui n'assistent pas à l'office du chœur des moines, c'est-à-dire au moins à une des Heures canoniques, doivent réciter, chaque jour, au moins cinq dizaines du rosaire; s'ils en sont empêchés ils doivent, en s'unissant d'esprit au chant du chœur des moines, réciter pieusement 7 fois le Notre Père, la Salutation angélique et le Gloire soit au Père... Le matin, ils doivent, à l'exemple de ■tinte Gertrude, offrir à Dieu toutes leurs actions aux intentions du Cœur de Jésus, et ils feront, chaque soir, l'examen de leur conscience.
Chaque semaine, ils consacreront le mardi à saint Benoît et du moins ce jour-là, ils assisteront à la sainte messe.
Ils doivent porter toujours la médaille de saint Benoit, prier pour l'Ordre bénédictin et travailler, suivant leurs forces, à son progrès.
Chaque mois, ils feront une heure d'adoration devant le Saint Sacrement', et ils feront la sainte communion en réparation pour les offenses commises contre le Saint Sacrement, comme aussi pour jla conversion des pécheurs. Ils prendront part aux réunions mensuelles.
Chaque année, ils renouvelleront leur consécration, en la fête de a Présentation de la très Sainte Vierge (21 novembre), fête princi-
1. Pour cette heure d'adoration, le dernier bref d'Indulgences, du •7 juin 1896, a accordé une double mitigation, comme on le verra plus oin dans le sommaire des Indulgences (n. III, 3).
inoi un a es. — n. — 33
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pale des Oblats. Hs devront aussi solenniser les fêtes de l'Ordre bénédictin et celles de leurs patrons spéciaux, surtout les fêtes de l'empereur saint Henri I lii juillet) et de sainte Françoise romaine
'.i mars).
Du reste, les slaluts n'obligent pas sous peine de péché. — La devise des ôblats est : Que Dieu soit glorifié en toutes choses!
Par rescrit du 15 janvier 1895 (Acla S. Sed., XXVII, 440), la Sacrée Congrégation des Indulgences a déclaré que les Oblats séculiers de saint Benoît doivent être assimilés aux tertiaires séculiers des autres Ordres et que, par conséquent, ils ne peuvent être ni devenir tertiaires d'aucun Ordre, ni vice versa. Il faut donc appliquer ici les décisions relatives au tiers Ordre en général, que nous avons rappelées plus haut (p. 493 .
Bien qu'en diverses contrées les Oblats séculiers de saint Benoit soient appelés, de fait, tertiaires, il faut s'en tenir au nom d' Oblats parce que, après un an de probation, ils font réellement une oblation, c'est-à-dire la profession et qu'ainsi ils sont, en vérité, voués aux offerts; et, en outre, ce nom a toujoursété en usa^- dans l'Ordre bénédictin. On ne les a point appelés « tertiaires », parce que saint Benoît n'a fondé ni un second Ordre, ni un troisième Ordre, mais un Ordre unique; de même qu'il n'a pas écrit trois Règles différentes, mais une seule Règle d'après laquelle tous ses fils et toutes ses filles spirituelles, comme aussi tous les Oblats, cher' lient à pratiquer a perfection évangélique.
Pour les Oblats séculiers de toute la Congrégation du Mont- Cassin de Subiaco, le pape Léon XIII. par rescrit de la Sacrée Congrégation des Indulgences, des 4 juin 1888, 27 avril 1893 et 29 juillet 1896, a accordé un grand nombre d'Indulgences et de privilèges. Ces Indulgences et privilèges ont été réunis par le bref du 17 juin 1898 (Analecta èccles., I. c), augmentés encore et étendus aux Oblats séculiers de toutes les Congrégations bénédictines. Les voici :