La Bénédiction papale
II est question ici tout d'abord delà bénédiction que donne le Saint-Père lui-même aux grandes solennités, comme le Jeudi saint et le jour de Pâques dans la basilique de Saint-Pierre, à la fête de l'Ascension dans celle de LaLran, et le jour de l'Assomption de la très sainte Vierge, à Sainte-Marie-Majeure.
C'est du haut du balcon de ces églises que le Souverain Pontife bénit alors la foule immense des Romains et des étrangers réunis en plein air et pieusement inclinés sous sa main : spectacle émouvant et grandiose entre tous ceux que l'on voit dans la ville éternelle. Les pieux pèlerins qui en ont été témoins, ne sauraient jamais l'oublier.
Tous les fidèles qui reçoivent cette bénédiction après s'être approchés des sacrements, gagnent une Indulgence plénière. Malheureusement, depuis près de vingt ans, le Souverain Pontife, prisonnier au Vatican, ne peut plus donner ainsi la bénédiction papale C/V6iei Or6i, à la ville de Rome et au monde catholique.
Comme toutefois aux époques mêmes où le Saint-Père jouit de sa pleine liberté, un petit nombre seulement des fidèles peuvent faire le voyage de Rome, les Souverains Pontifes ont souvent communiqué à d'autres le pouvoir de donner en leur nom la béiiédiciioa papale, avec l'Indulgence qui y est attachée. Ainsi la bulle de Clément XIII Inexhaustum du 3 septembre 1762 [Decr. auth., p. 456) nous apprend qu'avant ce temps déjà, les princes éloignés de Rome se faisaient transmettre la bénédiction papale par des délégués, et qu'on accordait fréquemment à des prédicateurs de pouvoir faire participer à cette faveur insigne les foules qu'ils évangélisaient. Cependant, différents abus s'étant produits peu à peu, le même pape révoqua tous ces pouvoirs spéciaux concédés individuellement à des prêtres séculiers ou réguliers 1 , et décréta qu'à l'avenir, de droit, ordinaire les seuls patriarches, primats, archevêques et évêques, ainsi que les prélats qui ont Vusus Pontifioalium et un territoire propre, pourraient donner solennellement la bénédiction papale avec
1. Les facullés accordées à certains ordres religieux comme tels n'ont paa été révoquées.
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l'Indulgence plénière, après en avoir, au préalable, demandé le pouvoir au Souverain Pontife. Ce pouvoir obtenu, les patriarches, primats, archevêques et évoques, peuvent la donner deux fois l'an, à Pâques et à une autre fête solennelle de leur choix, toujours après la grand'messe; les simples prélats dont nous avons parlé, une foïs seulement chaque année, à l'un des jours où Vusus Pontificalium leur est permis.
La manière dont les évêques et prélats doivent donner cette bénédiction, est réglée jusque dans ses moindres détails par la bulle mentionnée ci-dessus. Voyez la formule de bénédiction dans lallle partie.
Quant aux pouvoirs accordés à certains ordres religieux, le même Pape déclare les leur maintenir ; mais il ajoute quelques prescriptions, relatives à l'usage de ces pouvoirs. D'abord, les supérieurs de ces ordres doivent employer et faire employer la formule de bénédiction déjà donnée par Benoît XIV dans son encyclique Exemplis prœdecessorum, du 19 mars 1748 [Decr. flMi/i.,p.485);— cette formule se trouve aussi dans la III^ partie.) Ensui'te les religieux ne peuvent jamais user de leur pouvoir pour la bénédiction papale aux deux jours de fêle auxquels l'évêque du diocèse la donne \ En ouire, ils ne doivent pas faire usage de leur pouvoir, ni même annoncer la bénédiction papale, slins avoir auparavant obtenu par écrit la permission de l'évêque du diocèse. Ce dernier point a été prescrit par Clément XIII, dans la bulle Decet romanos Pontifîces, du 30 août 1763. — Enfin, la S. Congrégation avait déjà décidé précédemment (4 févr. 1754) que les rehgieux ne peuvent donner la bénédiction papale que dans leurs propres églises et non dans celles où sont établies des confréries dirigées par eux, ni dans les églises des religieuses soumises à leur ordre ou à la juridiction des évêques. {Decr. auth., n. 199).
V Indulgence plénière ^m\.^\xt gagnée par tous les fidèles qui, s'élanl approchés des sacrements, reçoivent la bénédiction papale et prient pour l'Église, pour son chef et pour l'évêque officiant. Lorsque l'évêque donne la bénédiction hors de l'église, en plein air, ceux qui y assistent du haut des fenêtres dans
1 Ce dernier point a été recommande aux religieux encore tout récemment par Sa Sainteté le pape Léon XIII (bref du 7 juillet 1882)qu. leur prescrit d>' ne donner la bénédiction papale que deux fois l an, et jamais au même jour ni dans la même localité que levèque du diocèse. (Decr. auth. p. 491).