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LES SCAPULAIRES DU SACRÉ-CŒUR

de Jésus, et tout autour se lisaient ces paroles d'une sainteaudace : Arrête ! le Cœur de Jésus est là ! Une digne émule de la bienheureuse Marguerite-Marie, la vénérable Madeleine de Rémusat, à qui Notre- Seigneur avait révélé à l'avance et les ravages du fléau et le secours merveilleux que les Marseillais trouveraient dans la dévotion à son Sacré-Cœur, confectionna, avec l'aide de ses sœurs de la Visitation de Marseille, de's milliers de ces scapulaires, elles fit répandre à profusion dans la ville et dans les environs. L'histoire raconte que mainte et mainte fois le fléau destructeur s'arrêta comme par miracle devant cette armure victorieuse.

Depuis lors ce scapulaire s'est beaucoup répandu dans divers pays. En 1748, le pape Benoît XIV en envoya une grande quantité à la pieuse reine Marie Leczinska. Pendant les horreurs de la révolution française, les pieux fidèles aimaient à porter la sauvegarde du Sacré-Cœur. C'étaient, au dire de leurs bourreaux inhumains, les livrées du fanatisme, et Ton s'en servait, dans les tribunaux de ce temps, comme de pièce de conviction, ainsi qu'il arriva, entre beaucoup d'autres, pour l'infortunée Marie-Antoinette et pour la sœur Catherine Joussemet, de la Roche-sur- Yon, qui fut trouvée porteuse de deux cent cinquante de ces précieuses sauvegardes.

De nos jours, la dévotion au scapulaire du Sacré-Cœur s'est propagée avec une nouvelle vitalité, surtout depuis qu'on a vu en 1866, pendant les ravages du choléra à Amiens, à Roubaix, au Caire, etc., se renouveler des prodiges semblables à ceux qui s'étaient opérés durant la terrible peste de Marseille, depuis aussi que, dans la guerre de 1870. le scapulaire du Sacré-Cœur a servi plus d'une fois à nos soldats de sauvegarde miraculeuse conti'e les balles ennemies'.

Jusqu'à ces derniers temps cependant, il n'y avait aucune Indulgence attachée à ces petits scapulaires. Mais, le 18 octobre 1872, Pie IX, pour répondre à un pieux désir exprimé par son Éminence le cardinal CuUen, archevêque de Dublin, accorda une Indulgence de cent jours à tous les fidèles qui, portant suspendu à leur cou, à peu près à la manière des scapulaires proprement dits, le pieux emblème du Sacré-Cœur, tel que nous l'avons décrit ci-dessus, récitent d'un cœur contrit un Pater, un Ave et un Gloria. Le rescrit autographe par lequel Pie IX fît cette concession, a été r^.mis le 18 décembre 1872 à la S. Congrégation des Indulgences, conformément au décret du 14 avril 1856 (voyez ci-dessus, p. 101-102, n° 1).

Dans un bref daté du 28 mars 1873, et adressé à l'évêquede Ratisbonne, le même pape confirma pour tous les fidèles la concession que nous avons mentionnée.

i. Cfr Messager du Sacré-Cœur, t. XIX, p. 180; voir aussi dans le Monde n. du '20 décembre 1869, lettres du Fr. lldefonse et du Fr. Séraphin, frères de laDoctrine chrétienne.

416 II» PARTIE, Ilio SECTION — OBJETS DE PIETÉ

Il ajouta en outre que celle Indulgence serait applicable, par voie de suffrage, aux âmes du purgatoire.

Enfin, dans un autre bref, du 20 juin 1873, on trouve la réponse à deux questions relatives à cette petite image : 1° Ce n'est pas un scapulaire dans le sens strict du mot, mais simplement un emblème, une image [signum) du Sacré-Cœur. Par conséquent, les règles générales données plus haut pour les scapulaires proprement dits, ne lui sont pas applicables. Il n'est donc besoin ici ni de bénédiction, ni d'imposition, ni d'inscription des noms sur un registre ; mais il suffit de porter suspendu au cou et tombant sur la poitrine cet insigne fait d'une étoffe de laine blanche et représentant le Sacré-Cœur de Jésus. — 2° L'oraison jaculatoire : Arrête! etc., citée plus haut, n'est pas essentielle à ce petit scapulaire : on peut donc la conserver ou l'omettre à volonté ^.

Dans la section IV, quand il sera question des confréries, nous parlerons des trois autres scapulaires principaux, c'est-à-dire, des scapulaires de la Sainte-Trinité, de N.-D. du Carmel et de N.-D. des Sept-Douleurs.

Pour terminer ce que nous avons à dire des objets de piété, nous donnons ici une notice sur les Agnus Dei.

Il est vrai, et nous le faisons remarquer expressément, aucune Indulgence n'est attachée à ces pieux objets ; cependant on regretterait peut-êre qu'il n'en fût fait aucune mention dans le présent ouvrage.

Les « Agnus Dei» K

L'usage où sont les souverains pontifes de bénir et de consacrer certains médaillons de cire nommés Agnus Dei, est très

1. Le R. P. Ramière, de vénérée mémoire, a obtenu aussi, le 14 juin 1877, des Indulgences pour le scapulaire du Sacré-Cœur; mais, comme elles ne peuvent être gagnées que par les membres de l'Apostolat de la prière, nous n'avons pas à en parler ici (voyez sect. IV" : Apostolat de la prière. Indulgences du 1"' degré, n" 9). Nous ferons observer cependant que si la devise ordinaire du scapulaire : Arrête! etc., est facultative même pour les membres de l'Apostolat, il n'en est pas ainsi de l'inscription que le P. Ramière a fait ajouter au scapulaire des associés: Adveiiiat regnum tuuml a (Jue votre régne arrive ! » Cette demande du Pater doit de toute nécessité y être inscrite ; et chaque fois que les associés la répètent de bouche ou au moins de cœur, ils gagnent cent jours d'Indulgence, s'ils portent le sc:ipul3i'''5 sous leurs h?Mts, et sept ans et sept quarantaines, s'ils le portent ostensiblement, soit en assistant à des prières publiques, soit en adorant pendant une demi-heure le S. Sacrement exposé (Cfr Acta S. Sedis circa piam fœderationem Apostolatus orationis. Tolosx, editio altéra, 1888, apud direotorem Nuntii Cordis Jesu, pag. 33).

i. Cfr de la Dév.-)tion aux Agnus Dei, par le chanoine H. BAKBif:R deMon- TAULT. — Agyius Dei cereus pontificia benedictione consecratus, symbo-

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