COULEURS OU PIGMENTS MINÉRAUX
La plupart de ces pigments minéraux sont connus de longue date, et c'est à peine si la fm du siècle dernier a vu apparaître quelques nouveaux produits. Ils sont extrêmement nombreux et leurs nuances sont des plus variées. On peut néanmoins dire que ce sont les pigments blancs ou légèrement teintés en gris, bleu, vert et rouge, les pigments rouges et les jaunes, qui incorporés à l'huile, sont les plus employés.
Aux pigments blancs, céruse, blanc de zinc, lithopon (mélange de sulfure de zinc et de sdfate baryte, obtenu en calcinant dans des conditions et à une température déterminées le produit de la précipitation du sidfate de zinc par du sulfure de baryum) on accorde des qusdités indéniables, mais aussi certains défauts.
A la céruse, par exemple, qu'on reconnaît conmie le blanc couvrant le mieux, on reproche sa toxicité au point de la prohiber, sa sensibilité à l'acide sulfhydrique qui la noircit, ainsi que la propriété de hâter l'oxydation des huiles siccatives auxquelles on la mélange.
Au blanc de zinc on attribue le défaut d'être modifié par l'acide carbonique de l'air, de ne pas couvrir autant que la céruse, tout en étant inoffensif.
Le lithopon, le dernier arrivé, est accusé de prendre un ton verdâtre à la lumière et d'être encore inférieur au blanc de zinc quant aux propriétés couvrantes.
A côté de ces blancs, il convient encore de citer le sulfate de plomb seul ou mélangé
de borax, ce sel ayant pour effet d'augmenter ses qualités couvrantes; le blanc fixe, ou sulfate de baryte précipité, qui s'écarte beaucoup des produits déjà signalés, au point que son introduction ou son mélange avec d'autres pigments est considéré comme une falsification; le silicate de zinc, préparé par double décomposition entre l'acétate de zinc et le silicate de soude , et qu'on incorpore encore humide en même temps que de l'oxyde de zinc, à l'huile de lin; de la blende pulvérisée; le carbonate de chaux, la witherite ou carbonate de baryte naturel finement pulvérisé, etc.
Les noirs sont presque exclusivement constitués par du charbon à un état de division très avancé et portent, suivant leur origine, les noms de noir animal, noir d'ivoire, noir de lampe, noir de fumée, noir d'acétylène , graphite, etc.
Parmi les violets, il y a heu de citer le violet de Nuremberg, découvert par Leykauf en 1867 et dont la fabrication a été reprise et améliorée en France par MM. Gaudrillet et Lefebvre. Ce violet serait un phosphate double de manganèse et d'ammoniaque, auquel M. Pigeon attribue la formule Pho* Mn + Pho* H^ AzH\
L'outremer bleu, les bleus de Prusse, d'acier et de ThurnbuU, le bleu de cobalt ou de Thenard, fournissent les diverses nuances de bleu employées en peinture.
Le vert est représenté par les verts d'outremer, de Schweinfurt, de Scheele, de Guignet et certains tons s'obtiennent le plus souvent en mélangeant judicieusement des jaunes et des bleus, qui ne peuvent pas avoir d'action chimique les uns sur les autres.
Les chromâtes de plomb, les jaunes de cadmium (sulfure de cadmium) sont les représentants les plus attitrés de la couleur jaune. On peut y ajouter les ocres jaunes, produits naturels constitués par des mélanges en proportions variables d'oxydes de fer, d'alumine et de silicates.
Parmi les rouges enfin, citons le minium, les vermillons, cinabres, etc.
Depuis le développement donné à la fabrication des couleurs dérivées du goudron de houille et grâce à l'éclat, à la beauté et à la pureté des nuances que certaines d'entre ces matières possèdent, on a cherché à les incorporer, à les fixer sur certains pigments minéraux, pour en hausser la couleur, la rendre plus éclatante et aussi pour élargir l'échelle des nuances. C'est ainsi qu'on trouve dans le commerce , sous les noms les plus fantaisistes, des miniums colorés avec des éosines ou des rhodamines, d'autres pigments chargés de coralhne, de couleurs azoïques ou de matières colorantes dérivées du triphénylmétane. Il va sans dire que la soUdité des nuances ainsi obtenues dépend nécessairement de celle des colorants organiques ajoutés. Or, parmi ceux que nous venons de citer il en est peu, sinon pas du tout, qui résistent à la lumière. Ces sortes de produits ne peuvent donc être employés que pour des peintures éphémères et de peu de durée.