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VERNIS

La fabrication des vernis est une industrie extrêmement développée en France, en Allemagne et en Angleterre et s'intronise peu à peu aux Etats-Unis et dans les autres pays civilisés. Elle doit son extension à une consommation sans cesse grandissante et aussi à une suite de perfectionnements dus à une longue pratique, où le talent d'observation et l'ingéniosité de chaque fabricant jouent le principal rôle.

Tous les vernis peuvent être considérés comme des dissolutions, voire même des combinaisons dans certains cas, de résines ou de gommes-résines, dans l'huile de lin cuite ou non cuite (vernis à l'huile) , l'essence de térébenthine , l'alcool , la benzine, le pétrole , etc. Bien qu'on préconise au lieu et place d'huile de lin, d'autres huiles siccatives, comme l'huile de bois du Japon, l'huile de coton, l'huile de graines de tournesol qui, utiUsée en Russie, donnerait de beaux vernis épais et hmpides, l'huile de maïs qui trouverait son emploi en Amérique pour la fabrication des vernis laques et des couleurs au pinceau, il semble que le produit tiré des graines de lin les dépasse encore toutes par l'ensemble de ses qualités.

Si la chimie des dissolvants que nous venons d'énumérer est faite, ou se trouve tout

au moins très avancée, on ne peut en dire autant de celle des résines les plus variées qui concourent à la préparation des vernis, ni de celle des vernis eux-mêmes.

Le jour où nos connaissances sur la constitution de la colophane, de la poix-résine, du galipot, des divers copals et autres résines comme le mastic, le damar, la sandaraque, le succin seront plus précises, nous pourrons peut-ôtre donner à la fabrication des vernis une allure plus scientifique et plus rationnelle.

Malgré la difficulté du sujet et le peu d'attrait qu'il présente pom* les chercheurs trop habitués à vouloir tout ramener à des combinaisons bien cristallisées et à point d'ébullition fixe, l'étude systématique des résines a cependant été entreprise dans ces dernières années par quelques savants, à la tête desquels il faut placer M. Tschirch, professeur à l'Université de Berne. Les résultats auxquels ont abouti des études effectuées sur les principales résines, ainsi que les méthodes employées par cet auteur et ses devanciers, ont été consignés dans un volume paru récemment sous le titre de : Die Harze und die Harzbehâlder.

Il nous est impossible de donner même un simple résumé de celte œuvre consciencieuse, et nous nous bornons à relever que, d'après M. Tschirch, la plupart des résines renferment des acides résiniques ou résinoliques qui se trouvent, soit à l'état libre, soit à l'état de combinaison avec d'autres produits oxygénés, les résinoh, qui jouent le rôle d'alcools. Outre ces acides, ces alcools et leurs éthers, dont la composition et la constitution varient suivant la nature et même l'origine des résines, celles-ci contiennent des terpènes, sesquiterpènes ou polyterpènes, ainsi que des composés oxygénés de fonction inconnue auxquels l'auteur a donné le nom de résènes.

Le fait qu'il existe des acides résinoliques dans les gommes-résines et les résines proprement dites, justifie la pratique introduite depuis quelques années dans la préparation de certains vernis à l'alcool, pratique qui consiste à éthérifier les résines en présence des alcools par les procédés ordinaires employés dans les laboratoires. Il permet également de donner une interprétation logique des phénomènes qui se passent quand, dans la confection de certains vernis, on emploie comme dissolvant des résines des corps tels que la monochlorhydrine ou l'épichlorhydi-ine de la glycérine. Il est facile de comprendre que ce dernier corps, par exemple, se comportera à l'égard des acides résiniques en donnant directement des éthers sels de la glycérine chlorée.

Outre les matières premières qui servent à la préparation des vernis divers que les exposants ont montrées dans leurs vitrines, il y avait un certain nombre de ces produits, inconnus pour la plupart, qui ont figuré dans les pavillons coloniaux. Quelquesuns ont été l'objet d'une description sommaire dans les bulletins éditas avec un soin particulier par le Commissariat général des colonies, tandis que d'autres n'ont été que mentionnés. Parmi les premiers, nous citerons une gomme-résine qui a figuré dans l'exposition de l'Institut colonial de Marseille. Cette matière, originaire d'Australie et cultivée avec succès à la Nouvelle-Calédonie et à la Réunion, provient de \ Araucaria Bidwili.

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