‹ Les industries chimiques et pharmaceutiquesChapitre 124 sur 160 · DRS · texte numérisé non relu

DRS

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grasses et des matièi*es sucrées, telles que la mélasse et la glucose. Quand le mélange n'est pas suffisamment pâteux, on y ajoute des substances inertes pour lui donner un certain degré d'onctuosité et pour en faciliter l'étendage sur le cuir.

Quant aux encaustiques ce sont, ou bien de simples dissolutions de cires dans l'essence de térébenthine, ou bien des solutions d'ozokérite dans l'essence de pétrole.

FRANCE

Qu'il s'agisse de couleurs minérales, de laques, de vernis à l'huile ou à tout autre solvant, de couleurs au pinceau , d'encres et d'enduits, si la France n'a pas été l'initiatrice de toutes ces fabrications, elle en a conçu la plupart, a perfectionné les autres et a marqué tous ses produits d'un cachet propre qui fait qu'ils sont appréciés dans le monde entier et cpi'ils font l'objet de transactions très impoi'tantes avec l'étranger. Si l'on tient, en effet, compte des fluctuations inévitables qui reviennent pour ainsi dire par période fixe, on peut constater par les tableaux de nos exportations que celles-ci suivent une progression nettement ascendante et que cette progression va en s'accentuant depuis quelques années. Sans doute le tableau des importations révèle pour certains articles une augmentation parallèle, mais à envisager la situation dans son ensemble, on peut se rendre compte qu*elle est bonne et rassurante. Cela tient au soin , à la conscience et au souci permanent que mettent nos industriels à fabriquer des produits de première qualité et à l'abri de tous reproches. Ce sentiment du beau, du fini, qui anime la plupart de nos fabricants, trouve d'ailleure matière à s'exercer, puisque la plupart des articles qui font le sujet de ce chapitre, sont employés dans les arts ou servent à parer les objets qui nous entourent dans la vie courante.

MM. Bàrrielle st fils, rue Buffon, 1 5 , à Paris.

Fondée en 1 853, par M. E. Mathieu-Plessy, cette maison est dirigée depuis 1878 par M.Barrikllb. Dans ses quatre usines, dont trois situées à Paris et ia quatrième à Ivry, et occupant au total une superficie de 5,3 5 mètres carrés, elle prépare les matières premières, et en particulier les sels de fer, destinés à la fabrication de ses encres noires et à copier. Ces encres, inventées par M. Mathieu-Plessy et livrées au commerce sous le nom d* encres nouvelles, se distinguent des encres anciennement employées en ce qu'elles ne renferment pas de tartrate de fer, qu'elles ne déposent pas et ne jaunissent pas.

La marque Mathieu-Plessy est, en effet, universellement connue, aussi n'est-il pas surprenant de voir la production se doubler et monter de 3oo,i68 à 756,696 bouteilles de 1878 h 1899.

Outre des encres, la maison Bàrrielle et (ils a exposé du pyrolignitè de fer, du nitrate, du perchlorure et d'autres sels de fer.

MM. Benda [Georges) et frère, rue des Francs-Bourgeois, 2, à Paris.

Cette maison, créée en 1873, s'est occupée à ses débuts de la vente des couleui*s importées, et n'a fondé son usine de Montreuil-sous-Bois qu'en 1 883. Elle y fabrique tous les rouges remplaçant le vermillon, les jaunes de chrome et de zinc purs, les laques d'aniline el les couleurs pour papiers peinLn.

Parmi ces deraièi-es, elle a inventé le blanc métallique, matière produisant le luisant de la soie et qui est appliquée mécaniquement dans la Tabrication des papiers peints. La vente annuelle de ce produit atteindrait 1 00,000 kilogrammes.

MM. Bbitda febriquent ^dément le ehromin, nouveau produit pour le tannage dont la préparation a été brevetée tant en France qu'à l'étranger.

Ce ehromin (brevet allemand N" 10&979) est un chlorure de chrome basique Gr'( OH)* CP ou Cr* (OH)' Cl obtenu en réduisant le bichromate de potasse par de la glucose ou de la fécule en présence diacide chlorhydrique, et auquel on mélange des cUorures basiques de fer et d'aluminium, ainsi ([ue du chlorure de sodium. Ce produit jouirait vis-à-vis des peaux des mêmes propriétés que le tannin.

MM. Bernard (^Edmond et Georges) frères, rue du Faubourg-Saint-Denis, i48,

à Paris.

Maison fondée en i856 par M. Candlot Dans son usine de Pantin, elle s'occupait spécialement, à ses débuts, de la fabrication des enduits hydrofuges de Candlot. Ces enduits, très pénétrants et d*une adhérence parfaite, durcissent rapidement et sont très résistants à l'humidité.

Ils comprennent quatre types principaux : le ciment porcelaine anti-nitreux N' 1, nuance blanc porcelaine, destiné à être appliqué sous les peintures claires; le ciment porcelaine anti-nitreux A'" ù, nuance ffris pierre, applicable sous les peintures foncées, et les préservatifs de la peinture sur ciment et mortiers de chaux JV* 1 et N" u qui les préservent contre l'action caustique des mortiers.

Depuis 1899, la maison Bernard frères fabrique ^[alement des vernis en toujs genres, pour la peinture en bâtiment, qui font une concurrence sérieuse aux produits similaii'es de fabrication anglaise.

Cette maison a exposé une série de vernis pour le bâtiment et la carrosserie, ainsi que des spédmeas de ses enduits hydrofuges.

M. Besegher (^Adolphe), rue Beaubourg, 6a, à Paris. Son exposition comprenait des vernis à l'alcool, de diverses couleurs, transparents et opaques.

M. Bolloré-Soehsée (Léo.v), rue des Filles-du-Calvaire , 19, à Paris.

A l'époque où cette maison a été fondée (i8â8), le mode de production d'un bon vernis à l'alcool, solide et non cassant, n'était pas encoi-e trouvé. A la suite d'une série de recherches et d'essais, MM. Soehnée frères s'appliquèrent à résoudre le problème en mélangeant certaines variétés de gommes , préalablement blanchies et purifiées, k la sandaraque, exclusivement employée jusqu'alors pour la préparation des vernis à l'alcool, et parvinrent ainsi à préparer un vernis transparent, n'altérant en rien les nuances les plus délicates et doué d'une souplesse, d'une adhérence et d'une solidité remarquables. A cette qualité de vernis, ils en joignirent d'autres d'une composition variant suivait les usages auxquels ils étaient destinés.

En i858, l'usine de Paris, devenue trop petite, fut transférée à Ablon. Détruite en 1870, elle fut reconstruite et agrandie. Le succès de la maison s'aOïrmant de plus en plus , cette usine devint à son tour plus exiguë et un nouvel établissement fut édifié à Montreuil-sous-Bois, avec tous les appareils perfectionnés qu'exige une bonne fabrication.

Cette maison, dirigëe actaeliement par M. BoLLO]ii^.-SoEHif ^ , successeur de MM. Soebnëe frères, a expose :

Diflërentes variétés de vernis pour aquarelles; vernis à tableaux et à retoucher la peinture h rhuile; fixatif pour crayons et fusains, fixatif spécial pour pastels;

9" Vernis pour la photographie;

3* Vernis pour la pharmacie et la confiserie d une innocuité parfaite; ■ k"" Vernis de toutes couleurs pour pipes , fruits , fleurs et f^^uillages artificiels , perles en verre et oorozo ;

5' Vernis blancs, noirs et de couleurs pour la reliure;

6* Vernis pour cartes géographiques, pl^ns, gravures, étiquettes, lithographies et chromolithographies ;

7" Vernis pour rébénisterie et la tabletterie comprenant : vernis au pinceau blanc , noir, acajou , etc. ; vernis au tampon de difiérentes variétés; vernissage au tour;

8** Vernis imitant les bois; vernis : acajou, chêne, noyer, palissandre, bois noir brillant et mat; teintures cirées pour bois; vernis pour cannes, fouets, manches de parapluies et d'ombrelles;

9' Vernis de toutes couleurs pour la carrosserie et la sdlerie;

lo" Teintures pour galons et draps en nuances variées;

11* Vernis pour imiter Por et le bronze, pour instruments d'optique, pour verre, pour chaussures; vernis Martin; émaux à froid pour vélocipèdes.

MM. Boy SE VILLE ET C% boulevard Magenta, 5o, à Paris.

De date relativement récente (187&), cette maison s'est attachée à fabriquer toute une variété de vernis nouveaux en s'inspirant des travaux les plus récents qui ont été publiés sur la matière.

Son exposition résume, en effet, l'application industrielle des travaux de M. Livache sur le traitement des huiles siccatives par le plomb métailiq[ue seul , ou conjointement avec les sels de manganèse; de ceux de MM. Amsel et Weger, sur l'emploi des résinâtes et des oléates dans la préparation des siccatifs et des vernis, et de ceux de' MM. Zimmer et Schall sur le durcissement des résines. Les résinâtes employés sont ceux de plomb et de manganèse destinés à la préparation des siccatifs , et ceux de zinc et de chaux affectés à la préparation des vernis à base de résine. Une autre série de vernis exposés sont obtenus par la dissolution dans les huiles siccatives de résinâtes d'alcools ou éthers résiniques préparés par l'éthérification des acides résiniques (abiétique, sylvique, etc.) contenus dans les résines. Ces veiiiis présentent l'avantage d'être obtenus à basse température; la dissolution de l'éther se faisant dans l'huile à i5o degrés et Tadjonction de l'essence à une température encore plus basse. Ils peuvent d'ailleurs être rendus aussi durs que les vernis obtenus par fusion directe des gommes en substituant , en tout ou en partie , les gommes aux résines dans la préparation des résinâtes d'éthers.

Parmi les produits préparés d'après les méthodes que nous venons de signder, la maison a exposé ; une peinture émail (émail-faïence); — peinture radiante; — peinture électrique: — peinture noir âectrique ; — vernis rouge solide ; — vernis gras k dessiccation rapide.

A côté de ces produits figuraient : les peintures usuelles, les vernis ordinaires, h l'alcool, les couleurs obtenues par précipitation , les couleurs à base de résinâtes colorées , etc. . .

MM. Bonneville ont en outre exposé la peinture caséochrome, dans laquelle les couleurs opaques sont diluées et (ixées sur les supports à recouvrir par la caséine rendue soluble. Cette peinture, analogue auxpeintui^s à la colle, présenterait sur celles-ci l'avantage que la caséine nest plus, après dessiccation , soluble à l'eau , ce qui permet de donner plusieurs couches et de la soumettre au lavage.

L'usine occupe journellement a 5 ouvriers, et la maison accuse un chiffire d'affaires annuelles de plus d'un million de francs.

M. BooDOT [FERDiNÀHfD) Fuc du Plat, 1 a , à Lyon (Rhône).

C'est en 18&9 que le lyonnais J.-A. Buisson, ancien chimiste de la Manufacture de Sèvres, professeur de chimie, eut la pensëe d'utiliser les qudités d'imperméabilité et d'inaltérabilité cpie possède le sulfata de baryte. Il établit sa première usine sur le Rhône, à Veniaison, et arriva à produire par une série de broyages et de lavages méthodiques un sulfate de baryte absolument pur qu'il préconisa pour le coupage des couleura et la charge des papiers. Quelques années plus tard, il fut un des premiers à fabriquer le sulfate de baryte précipité ou blanc fxe, en transformant le sulfate en sulfure, puis en chlorure de baryum, qu'il précipita au moyen de l'acide sulfurique ou un sulfate soluble. A la mort de Buisson, son fils lui succéda et dirigea l'entreprise jusqu'en 1897, époque à laquelle H. BoDDOT en devint le possesseur.

Les produits de la maison Boudot sont vendus sous la marqne k Lim de Beifort.

Ils sont fabriqués depuis vingt-huit ans par les mêmes principaux ouvriers, ayant à leur tête le même contremaître.

La maison fabrique aunueUement 9,5oo à 3,ooo tonnes de sulfate.

M. Bourgeois (^Joseph) aîné, rue Croix-des-Petits-Champs, 18, à Paris.

Cette maison a expose une série d'échantiUons très variés de couleurs minérales fines , des laques , des oxydes et émaux , des vernis à l'alcool , des vernis gras , des siccatifs et des peintures et enduits divers.

MM. Brvzon [Joseph) et G*, à Saint-Cyr-sur-Loire, près Tours (Indre-et-Loire).

Fondée en i83i par M. A. Fallu, de Tours, qui coostruisit à Portillon, près Tours, une fabrique de céruse et de minium, cette maison fut d'abord exploitée de concert avec M. Fallu père, sous la raison sociale Fallu jeune et fils. En iSSg, elle fut transformée en société en commandite, dont M. Delaunay, collaborateur de MM. Fallu, devint gérant, et prit le nom de Delaunay et G'*. En 1869, M. J. Bruzon lui fut adjoint et, après en avoir partagé la gérance pendant plusieurs années , il en demeura le seul gérant en 1869.

Le procédé employé pour la fabrication de la céruse est cdui que Thénard imagina en 1801 et qui fut appliqué à Clichy.

La maison, désignée actuellement sous le nom de Société des Usines de Portillon, fabrique également du blanc de zinc.

L'extension prise par ces fabrications nécessita, en 1861 , une augmentation de la force motrice qui, de 90 chevaux, fut portée à 60 chevaux, et un agrandissement des ateliers. Les établissenie.ils fabriquaient, à cette époque, 1,900 tonnes de minium, 69 tonnes de céruse, 55 tonnes de mine orange, 35 tonnes de massicot et 3os tonnes de blanc de zinc, chiOres qui ont augmenté depuis.

Une caisse de retraite, une caisse de secours, un service d'hygiène, une caisse de prêts et une coopérative de consommation ont été institués en faveur des ouvriers par MM. Brdzon et G'% dont le chef, H. J. Bruzon, est mort en 1889.

MM. Bvjardet frères, rue de Lyon, 4^, à Paris.

Fondée en j838, rue Traversière, 78, pai* I^^^erret, cette maison eut successivement pour chefs, M. Bonnyaud (i85o), qui la transféra faubourg Saint-Antoine, 1 13; M. Bujardet (1869), qui ajouta

à la fabrication du veruis celle des colles et gëlatiDes, et fonda en 1868 l'usine d*AuberviIliers. En 1876, M. Bujar.let aîné cède à ses deux frères, François et Francis, la fabrication des vernis, produits chimiques^ et ïe négoce des colles et gélatines. En 1881, M. François Bujardet se relire et cède sn part à M. Alexandre Bujardet.

Depuis, MM. Francis et Alexandre Bujardet ont fondé, en 1883, Tusine de Montreuil et, en 1896, les immeubles abritant les bureaux et magasins, rue de Lyon, fij, et rue Lacuée, i3 et i5. En 1899, M. Francis Bujardet s'étant retiré, M. Alexandi'e Bujardet reste seul chef de la maison.

Outre les différentes variétés de vernis dont elle a introduit la fabrication et qui constituent de véritables spécialités : vernis ambre et mordorés pour vannerie; laques pour pianos et meubles de luxe: bruns pour cuves de brasseurs; enduits pour lils et câbles électriques; vernis mats divers pour chapeaux; blancs et couleurs pour bébés et soldats en carton p&te; apprêts pour feutres, laines, soies, crins, flanelles, cuirs à chapeaux, etc., — cette maison produit encore des colles et gélatines très appn^ciées par les fabricants de pianos, de meubles et de chaises, par les appréteurs, les chapeliers, etc.

De 70,000 litres de veruis qu'elle fabriquait en 1878, sa production a monté à 879,000 litres en 1899. ^^^^ V^^ P^"'' ^^ différents vernis à Talcool, elle a consommé, dans cette dernière année, *î,090 hectolitres d'alcool compté à 100 degrés.

Elle emploie en outre, pour cette fabrication, 1 Ho, 000 kilogrammes de gommes de toutes sortes.

Sa production en colles et gélatines atteint 3 â 0,000 kilogrammes par an. Elle ne blanchit pas moins de 9,000 kilogrammes de gomme laque qui est employée dans la fabrication des vernis conservateurs pour métaux et fixatifs pour iusain.

MM. Càlnan et JoBNsoiv, à Liancourt (Oise).

Cette maison a exposé une série de produits courants qui pouiraient figurer sous plusieurs m* briques. Ce sont des colles, du caoutchouc, des cirages liquides, des encaustiques, des noirs, des teintures, etc.

M. CàROiy [L.-C), rue du Cherche-Midi, 58, à Paris.

Fondée en 1820, par Peulvey-Chapelle , rue du Cherche-Midi, 46, celte maison fut transférée plus tard, par suite d'agrandissements, au n* 5^, et reprise, en 1869, par M. Léon Caron.

Jusquen 1873, elle ne s occupa que du commerce au détail, et ce n'est qu'à cette époque que fut fondée, au Petit- Van ves, une fabrique de siccatifs et d'enduits hydrofuges. La maison lança dors successivement un préservatif pour la peinture des murs humides , un liquide pour la neutralisation des sels calcaires dont se composent les ciments, l'enduit n° a ou émail blanc pour la peinture des plâtres frais , l'endnit n"* 5 ou préservateur transparent pour l'imperméabilisation des briques de façades, et le paranitre pour la peinture des fers de construction, la juxtaposition des tentures contre les miu*s humides, etc. . . Ce dernier produit, dont le véhicule est le toluène, est d'une couleur noire mate , il est imperméable et résiste aux acides, aux alcalis, à l'urine, à l'eau de mer et au salpêtre. D est de plus antiseptique.

Outre ces enduits hydrofuges, la maison a exposé de la peinture ardoisine pour tableaux d'école, du mordant ronge-peinture pour l'enlèvement des vieilles peintures et des vernis , et des peintures laquées.

MM. Chalmel [Gustave) fils et gendre, avenue Daumesnil, 39, à Paris.

Ancienne maison qui , pendant de longues années , s'occupait exclusivement de la fabrication des vernis à l'alcool. M. G. Chalmel a même publié sur cette fabrication un manuel pratique destiné aux

élèves des écoles professionnelles , où Tauteur a clairement et généreusement consigné toutes les observations faites sur ce sujet durant sa longue carrière industrieUe.

Depuis quelques années, M. Chalmel H*esl appliqué à étudier l'emploi industriel de Talcool comme agent d'éclairage, de chauffage et comme source de force motrice. A la suite d'une mission en Allemagne qui lui fut confiée par le Ministère du commerce et de Tindustrie, et celui de lagriculture , il a consigné dans un rapporVtrès documenté les observations et les renseignements qu'il a pu recueillir sur la production de Talcool en Allemagne , la l^slation qui régit son emploi et les divers usages industriels auxquels nos voisins ont réussi k l'appliquer.

Une suite de tableaux statistiques, sur les consommations respectives en France et en Allemagne, terminent ce travail et montrent a quel point, grâce k des mesures fiscales assez élastiques, l'emploi industriel de Falcool est répandu et facilité dans ce dernier pays. En 1896-1897, il consommait, en effet, 867,458 hectolitres de produit dénaturé, alors que la France n'en employait que i48,539 hectolitres.

Ce rapport conclut k une série de mesures h prendre pour propager l'emploi de lalcool en France , tant comme agent d'élairage que comme source de force motrice. L'auteur s'est d'ailleurs efforcé d'apporter une solution au problème et a présenté , à TExposition , des produits à base d'alcool et de carbures qu'il préconise sons le nom d'Alkolumine pour alimenter les lampes aux lieu et place de pétrole , dont il ne possède pas les inconvénients. Un autre mélange, dénommé Alkomoteur, est destiné à remplacer l'essence de pétrole dans les moteurs.

MM. Chapelle fbères, ruo des Rosiei-s. 96, à Pnris. Exposition de vernis à l'alcool.

M. CoppjN [Henri), rue Lallier, 8, Ji Paris,

Sous le nom de eréosotyks cette maison a exposé un produit pour la conservation du bois. Elle a également montré un encaustique pour l'entretien et l'assainissement des parquets et dont l'emploi se recommande spécialement dans les casernes, les hôpitaux et les divers établissements publics. Il obstrue les rainures des parquets, imperméabilise leur surface, et évite la production des poussières.

M. Chaules (^Eigène), a Toury (Vonno).

.M. Cmahlis a montré diverses variétés d*ocres manufacturées.

MiM. CttUfARDET FRÈRES, iiic Lcpcu prolongée, 17, à Paris.

Cette maison a été fondée par M. P. Cbinardet (grand- père des propriétaires actuels) en i834. Elle s'est spécialisée dans la fabrication de tous les genres de noirs , et a exposé des noirs de charbon de bois, des noirs minéraux, des noirs de vigne, noirs d'ébène, noir de fer, noir de peuplier, noir

d*ivoire, noir d'os, noir de lampe, etc utilisés dans diverses industries : peinture, cémentation

de Tncier, fonderie de fer et de cuivre, cirages, cii-es, papiei*s, bâches, caoutchouc, clarification des vins, sucrerie, etc.. .

MM. Daniel et G", avenue Victoria, 7, à Paris. Exposition de cirages, d'encre» et de crèmes noirs.

M. Dàvignon {^Ernest) ^ boulevard de la Villette, 'ioa, à Paris.

Établissement qui fabrique spécidémeni du cirage pour harnais et des produits pour nettoyer. li a expose du brillant pour les cuivres, de la pâle à fourneaux, des cirages, etc. Ses marques sont : fÉtincelant, cirage à brosser; ridéal, sans frotter.

MM. Delagb et George, Grande-Rue, 100, à Montrouge (Seine).

Cette maison, qui a pour marque le Lion noir, a exposé du cirage, du noir chevreau, de la pâte à polir et une spédalitë appelée teinture de Linnai.

M. Delestre (^Alexandre), rue du Rendez- Vous, 45, à Paris.

Cette maison, fondée en i856 par MM. Charles et Alexandre Delestre, exploite actuellement trois usines. L'usine de Paris, située rue du Rendez-Vous, qui est la plus ancienne, est placée sous la direction immédiate de M. A. Dblbstrb, fils de Tun des fondateurs. E31e s'occupe spécialement de la fabrication des laques et des couleurs fines, et a été une des premières à appliquer h la fabrication d^ couleurs rinvention si pratique des filtres-pi-esses , de Tair comprimé et des injecteurs.

L*usine de Chadeine (Puy-de-Dôme), destinée à Torigine à la fabrication du sulfate de baryte, des terres colorées et des bruns van-dyck, produit aussi, depuis quelque temps, des couleurs vertes et bleues. Son matériel se compose de broyeurs dégrossisseurs et de six meules de 1 m. 60 de diamètre, pouvant produire journellement A, 000 kilogrammes de couleurs. La force motrice lui est fournie par une turbine Lampérière et une machine à vapeur.

Enfin Tusine de la Marge (Puy-de-Dôme), la plus récente, est spécialement installée pour la préparation des bruns van-dyck. Elle possède également un outillage des plus perfectionnés.

Depuis longtemps la maison A. Delestre a assui'é ses ouvriers contre les accidents sans retenue de salaire, et les principaux ouvriers de ses usines d'Auvergne sont logés dans les bâtiments mêmes de Tusine , chauffés et éclairés gratuitement.

MM. Deschamps frères, à Vieux-Jeand'heurs (Meuse).

Cette maison, fondée en i856 par MM. Jules Deschamps, Louis-Narcisse Deschamps el Paul Deschamps, est actuellement en la possession de M. Frennd-Deschamps.

Elle possède une usine à Vieux-Jeand'heurs, qui date de la fondation, et une autre située à Renesson (1867), à deux kilomètres de la première, dans lesquelles on produit des outremers de différentes couleurs, des bleus fixes a base d'indigo, du bleu ^yptien dit Vestorien et des encres poui* écrire. Depuis sa création, cette maison s'est signalée par une série de perfectionnements qu'elle a introduits dans la fabrication de ses outremers, améliorations qui ont eu pour résultat non seulement

de produire les couleurs daus de meilleures conditions et avec un meilleur rendement, mais encore den augmenter les qualités essentielles pour son emploi en industrie, c'est-à-dire la finesse, Tëclat, la résistance et la régularité.

A la fabrication en pots, qui est sujette à bien des fluctuations, M. Freund-Deschamps a substitué celle en moufles, qui lui assure une production plus r^[ulière et en même temps un bleu plus pur et plus riche. La finesse des bleus, obtenue jadis au détriment de Téclat, s'acquiert maintenant par des procédés spéciaux, h la fois chimiques et mécaniques qui permettent de conserver à la couleur toute sa pureté.

Indépendemment des bleus résistants , la maison Deschamps FRèass fabrique des bleus bleus et clairs, aussi bien queJes verts d'outremer, et des boules d'outremer pour l'azurage du linge.

Concurremment et en même temps que la fabrique de Nuremberg , MM. Deschamps frères avaient réussi h produire d'une façon régulière et industrielle le violet et le rouge d'outremer, qui n'avaient été obtenus jusque-là que dans les laboratoii-es et accidentdlement dans les usines. Une entente intervenue entre les df ux maisons leur assura la fabrication de ces nouveaux produits.

Ces violets et rouges d'outremer résistent bien à la lumière, au savon, aux alcalis, aux acides étendus et à l'alun. Ik ne coagulent pas l'albumine et s'impriment facilement. Us sont principalement employés en impression sur tissus, en papeterie, en droguerie, pour papiers peints ou de fantaisie. En dehors de leurs recherches sur les procédés particuliers de fabrication, MM. Deschamps frères se sont occupés d'améliorer la situation de leur personnel en lui assurant gratuitement les bienfaits d'une société de secours mutuds, qui les met à l'abri du besoin en cas de maladies, d'infirmité ou de vieillesse. Ils ont, de plus, assuré contre les accidents de travail et à leuris frais, à la compagnie la Prévoyance, tous leurs employés et ouvriers.

La qualité supérieure des produits fabriqués par les usines, ainsi que ta bonne gestion de la maison sous son chef actuel , ont eu pour eflet une augmentation considérable dans la production et dans la vente en France et à l'étranger. Ce sont en efiet les produits Deschamps frères qui contribuent, pour la meilleure partie, à grossir nos exportations sans cesse croissantes en outremers de toutes sortes. Nous en avons donné les chiffres au début de ce chapitre.

lia production de la maison a atteint les proportions suivantes :

ponci

OUTRBMBlt. nOMBBK MOTBICB.

— »«oirvtin8. —

kilogramnm. — cher. vap.

1 862 95,000 a5 Uo

1867 Aoo,ooo 100 i35

1892 1,000,000 300 /îoo

1900 1,350,000 900 /ioo

Les bâtiments des deux usines réunies couvrent une superficie de 35, 000 mètres carrés.

M. DsTouRBB [Maurice)^ rue Saint-S(^verin , 7, à Paris.

Cette maison, qui fabrique des vernis gras, des vernis à l'alcool, des peintures vernissées, des encres d'imprimerie, des couleurs et des laques, a exposé un spécimen de chacun de ses produits.

M, DvPoDR [François), rue de Lagny, 193, à Montreuil-sous-Bois (Seine). S'occupe de la fabrication de vernis et de siccatifs à l'alcool, ainsi que d'alcool dénaturé.

M. DuMOLiN, rue de Colombes, 71, à Asnières (Seine).

Cette maison exposait de la pâte flamande pour l'entretien et le nettoyage des fourneaux de ctiisine, poêles mobUes, tabliers de cheminée, tuyaux et ustensiles de construction en fonte lisse ou moulée, tôle lisse ou brûle, etc. Elle a obtenu un brevet pour son produit.

MM. Expert-Bezançon et 0% rue du Château-des-Rentiers, 187, à Paris.

Cette maison , qui est une des plus importantes parmi celles qui fabriquent de la céruse et les diverses variétés d'oxydes de plomb, a pour ancêtre M. Bezançon, de la Société Bezançon et Simon, n^ociants en couleurs , rue Saint-Denis.

C'est en eflet son gendre, M. Ameline qui, en achetant, vers 18&0, une petite fabrique de céruse, sise à Courbevoie, fonda la maison actuelle. En iSAs, il s'adjoignit un jeune beau-frère M. Eugène Bezançon, poiu* lui gérer son usine. Celui-ci en constata bien vite les défauts économiques, mais il fut surtout épouvanté du sort des ouvriers, et des accidents auxquels donnait lieu la production de la céra«e en poudre.

A la suite d'une étude approfondie de la fabrication , étude faite tant en France qu'en Hollande , en Belgique, en Angleterre et en Allemagne, M. Ameline et ses parents délibérèrent sur cette situation et formèrent la société Eugène Bezançon et C'\ pour la création et la fondation d'une usine en vue d'une fabrication toute différente. On acheta des terrains dans le quartier d'ivry (alors hors Paris), à la barrière de Fontainebleau, quartier de l'industrie de la tannerie, dont on devait utiliser la tannée au lieu et place du fumier. L'usine commença à fonctionner en i8^j5, et exploita le procédé hollandais tout en substituant la tannée au fumier.

L'usine fut d'abord organisée très vaste et sans étage. On prit, de plus, la résolution de ne livrer que de la cérase broyée à l'huile à l'état de pâte, et on réalisa ainsi, dès ce moment, un progrès considérable en mettant tous les ouvriers peintres à l'abri des dangers de la manipulation des céruses en poudre.

De 1865 à 1 853, la maison eut à lutter contre la routine et les habitudes invétérées du commerce, mais finit par entrer dans une ère de prospérité sous la raison sociale de MM. Bezançon frères, grâce à la perfection de ses méthodes de fabrication et à la bonne qualité de ses produits.

Bien que les progrès réalisés en faveur des ouvriers eussent été considérables, eu égard à la situation qui leur était faite vingt ans auparavant , MM. Bezançon n'en cherchèrent pas moins à encore amâiorer cette situation , et trouvèrent un nouveau perfectionnement dans la fabrication. Dès que le carbonate de plomb est séparé du plomb non transformé , il est d'ordinaire broyé avec de l'eau sur des meules; mais avant de pouvoir être mis en pâte avec de l'huile, il fallait le sécher, ce qui exigeait une manipulation de plus et qui n'était pas sans danger pour les ouvriers. Le nouveau procédé imaginé par MM. Bezançon permet actudlement, par une seule opération dans un pétrin mécanique, d'éliminer l'eau et de lui substituer l'huile. Cette opération dure une demi-heiu« et supprime tout danger dans Fa manœuvre.

En 188 5, la maison Bezançon frères est devenue la maison Ch. E^lpert-Bezançon et C'*.

En 1889, la fabrication du minium a été jointe à celle de la céruse. Produite d'abord par l'ancien procédé au four, cette couleur est fabriquée depuis 1889 en partant du plomb et du nitrate de soude, de sorte que l'établissement est devenu un grand producteur de litharge, de minium et d'azotite de soude.

En 1893, MM. Ch. Expert-Bezançon et C'* ont acheté la maison L. Faure, de Lille, fondée en 1819, et qui possède une des marques de céruse les plus réputées. Les usines de cette maison , qui avaient par conséquent quatre-vingts ans d'existence, viennent d'éti*e remplacées (1900) par le nouvel acquéreur, et constituent actuellement de véritables usines modèles.

Les chifires suivants permettent de se rendre compte des progrès sans cesse croissants qu a faits la maison Expert-Bezançon et C'% depuis son origine jusqu'à nos jours :

Eu i8&5, la maison febriquait 600,000 kilogrammes de cëruse; en 1867, 1,000,000 kilogrammes; en 1893, 9,5oo,ooo kilogrammes.

En 1893, la maison Faure, de Lille, fabriquait 9,000,000 de kilogrammes de cëruse.

En 1900, les deux maisons réunies ont fabrique : 6,000,000 de kilogrammes de cëruse; â,&oo,ooo kilogrammes de minium; 600,000 kilogrammes de nitrite de soude.

Tous ces produits sont principalement consommés en France, Texportation ne comportant qu'une faible partie.

En 18&&-1845, 80 ouvriers étaient nécessaires pour produire A 00,000 kilogrammes de céruse, et ils étaient exposés aux plus grands dangers.

En 1900, 100 à lao ouvriers sui&sent pour fabriquer 6,000,000 de kilogrammes, et ces ouvriers manipident dans les meilleures conditions hygiéniques. M. Expert-Bezançpn, Clément soucieux de la santé de son personnel a en effet organisé son usine de façon à réduire , autant qu'il est possible, la manipulation des matières plombiques susceptibles d'émettre des poussières. En ce qui concerne en particulier la céruse , nous avons déjà relaté les diverses manipulations auxquelles elle est soumise, pour qu'à aucun moment de cette série d'opérations l'ouvrier ne soit exposé à une intoxication. L^usine ne produit d'autre part pas de céruse en poudre, celle-ci devenant d'une appliclation de plus en plus restreinte.

Quant au minium et à la litharge, les différents traitements qu'ils subissent se font toujours dans des appareik ou des hottes en communication avec de puissants aspirateurs, et les poussières entraînées se rendent dans les collecteurs où, grÂce à une ingénieuse disposition, elles sont précipitées par un jet de vapeur d'eau.

Ajoutons enfin que chaque ouvrier reçoit deux fois par jour gratuitement un bol de lait et que, dans l'usine même, sont aménagés des salles de bain et des lavabos où il est tenu, matin et soir, de se laver et de changer de costume.

Les soins médicaux et pharmaceutiques sont donnés gratuitement aux ouvriers qui reçoivent, en outre, une indemnité journalière pendant toute la durée de leur maladie.

M. Falk-Roussel, quai Jemmapes, 900» à Paris.

Cette maison, dont l'usine se trouve au Bourget, s'occupe principalement de la fabrication des encres et produits iK>ur Fimprimerie. Elle a exposé des couleurs , des vernis , des huiles et du papier pâte à rouleaux.

MM. Galdrillat et Lefebvre, rue du faubourg Raines, 55, à Dijon (Côte-d'Or).

Cette maison fondée en iSSy par M. Robelin est devenue, depuis 1896, la propriété de ses neveux MM. GiDDiuLLAT et Lefebvre. Ce dernier Ta du reste géré pendant la période qui s'est écoulée de 1879 ^ 1896.

L'usine d'exploitation occupe une superficie d'un hectare et emploie un personnel de ^o ouvriers et 6 employés.

Primitivement on n'y fabriquait que les bleus ou verts d'outremer pour la peinture, l'azurage du linge et du papier, les encres lithographiques et typographiques. Mais depuis quelques années la maison a entrepris la fabrication du violet de Leykaiif, ou violet de Nuremberg, et a réussi à produire sous le nom de «t violet de Bourgogne ^^ un pigment qui serait absolument différent du violet de l'auteur allemand. D'après MM. Gaudrillat et Lefebvre, le violet de Nuremberg est difllicile à trouver

dans ie commerce et soo prix atteint 3o francs le kilogramme. Le violet de Bourgogne beaucoup plus pur et plus beau, peut être livre actudlement à un prix de i a à i5 francs le kilogramme, et les auteurs espèrent encore en diminuer le prix. Ce violet, dont il sera question plus loin, serait demande d*une &çon suivie par les grands fabricants de couleurs , et son emploi est courant pour la peinture des signaux indicateurs de direction de chemins de fer.

La maison en préparerait actuellement environ 60 kilogrammes par jour.

La maison Gaudrillat et Lefebvre a exposé outre des ëchantSlons de son violet, des spécimens de toutes les variétés d outremers en usage dans l'industrie.

M. GovssARD [Emilb), Tue de la République, 58, à Mon treuil.

M. G0U88ÂRD possède un certain nombre de spécialités, parmi lesqudles nous citerons des siccatifs en poudre et liquides, du blanc express Goussai-d, etc. U fabrique en outre des couleurs et des vernis, et son exposition comprenait du vernis^mail, de la vernilline pour travaux intérieurs et extérieurs, du blanc en poudre, de Tenduit contre Thumidité, du mastic-minium et métallique pour joints à vapeur, etc.

M. Gderillot {Emile) ^ rue Saint-Denis, 206, à Paris.

Son exposition compraiait de la mixture à dorer, des vernis, de la pâte anglaise et d'autres produits appartenant à la classe des enduits.

M. GuiMST [Emile), à Fleurieu-sur-Saône (Rhône).

Cette maison a pour fondateur J.-B. Guimet, dont le nom demeure attaché à la découverte et à la fabrication industrielle de Toutremer, pigment bleu qu'on ne connaissait avant lui qu'à Tétat naturel (lapis lazuli) et dont seule la formation accidentelle avait été observée dans des fours à soude et k sulfate.

La priorité de cette découverte ayant été contestée à J.-B. Guimet par un certain nombre d'auteurs allemands qui Tattribuent k Gmelin^^^ chimiste de grand talent et un de leurs compatriotes, nous croyons, dans Tintérét de la vérité historique, devoir résumer encore une fois, en quelques lignes, tous les documents établissant d'une façon irréfutable les droits que possède le savant français à cette priorité.

Tous ces documents ont été rassemblés et reproduits dans un mémoire que M. Loir, professeur honoraire de chimie à la Faculté des sciences de Lyon, a publié dans le 9 3* volume des Mémoires de l'Académie des sciences , belles-lettres et arts de Lyon ( iSgS).

La composition de Toutremer naturel ou laxulite a été établie par les analyses de Desormes et Clément, qui publièrent leurs résultats en 1806 , dans les Annales de Chimie.

En 181 â, Tassaert a retiré des fours à soude de la manufacture de Saint Gobain, une matière bleue, analysée par Vauquelin, matière qui possédait les mêmes propriété que Toulremer naturel. Kuhlmann de Lille fit la même remarque dans les fours à calcination du sulfate de soude.

Ces observations amenèrent dans certains esprits la conviction que l'outremer pouvait être fabriqué

t^^ Si nous revenons sur celte question de priorité, im Auftragedes Vorttandes der Deutschen chemischen

qui devrait être vidée depuis la publication des do- Ge9êll»chafi,éâîiéekVocc98\ondeVExpmûonàeî^oo^

cuments que nous venons de ciJer, c^est parce que et qui a fignnl à la section allemande, attribue encore

M.M^icbelhaus, àansVopuscule Hittoritche Aiutêlluug la découverte de Toutremer artificiel a Gmelin.

artificieUement; aussi en 189&, la Société d'encouragement pour Tindustrie nationale a-t-elle fondé un prix de 6,000 francs pour la fabrication d'un outremer artificiel réunissant toutes les qualités de celui qu'on retire du lapis laamli.

A cette époque J.-B. Guimet était commissaire surnuméraire adjoint des poudres et salpêtres à Paris. H fut nommé Tannée suivante ( 18 mai iSaS), commissaire adjoint titulaire à Toulouse. Le ao du même mois, il épousait à Paris M"* Zéiie Bidoult, fille d'un peintre du Midi, fixé depuis quelque temps à Lyon. Héritière des goûts artistiques de son père. M"* Zâie Guimet poussa son époux à orienter ses recherches vers la découverte sollicitée ^^K

Guimet se mit à Tœuvre, et comme l'attestent les notes inscrites pages ai et 96 de son caliier d'expériences de 1836, conservé religieusement par M. Emile Guimet, l'outremer était trouvé dès le mois de juillet de cette année.

A la page 89 du même cahier, oq trouve un brouillon de lettre demandant à M. Bérard, de Marsdlle, 600 kilogranmies de sel de soude, 5oo kilogrammes de sulfate et 100 kilogrammes de carbonate. Ce projet de lettre n'est pas daté, mais avant on trouve des expériences du 98 octobre i8a6, et après des expériences du 99 du même mois. C'est donc au mois d'octobre 1896 que J.-B. Guimet est entré dans la période de fabricdtion industridle de l'outremer.

Malgré les résultats positifs obtenus, Guimet conserva le secret de sa découverte, tout en fabriquant son bleu.

ffll le fit même essayer par plusieurs artistes qui trouvèrent Toutremer Guimet aussi beau que celui qu'ils retiraient d'Italie. On raconte même, qu'Ingres chargé de représenter l'apothéose d'Homère sur le plafond d'une des salles du Musée Charles X , l'employa poiu* peindre la draperie de l'une des principales figures et dans aucun autre tableau on ne vit un bleu si éclatant. t)

Assuré dès lors du succès, il envoya le résultat de ses recherches à Gay Lussac qui en fit l'objet d'une communication à l'Académie des sciences dans sa séance du U février 1898. Il annonç4i en ontre sa découverte à ta Société d'encouragement pour l'Industrie nationale qui , à la suite d'un rapport très élogieux de Mérimée ^'^ lui accorda le prix qu'elle nvait institué quatre années auparavant.

La réclamation de priorité de Gmelin et les insinuations qui l'accompagnaient, insinuations qui avaient déjà été rdevées par Gay Lussac, inspirent au rapporteur les paroles suivantes :

(T 11 est des époques ou certaines découvertes sont en quelque sorte mûres , et par cette raison ont lien à la fois dans plusieurs endroits : cette circonstance s'est produite à Tégard de l'outremer artificiel. Dans le même temps que M. Guimet en faisait la découverte, un professeur de chimie de Tubingue, M. Gmdin trouvait un procédé pour faire cette belle couleur.

ff L'annonce du succès obtenu par le chimiste français nyant été faite à l'Institut, au mois de février dernier, parvint bientôt en Allemagne. M. Gmelin, désappointé par un événement qui lui enlevait une priorité d'invention sur laquelle il comptait, crut pouvoir la ressaisir en publiant son procédé et en insinuant que la découverte dont la France se glorifiait pouvait avoir été amenée par l'indiscrétion qu'il avait commise en annonçant à Paris , l'année précédente , qu'il était convaincu de la possibilité de faire de l'outremer de toutes pièces.

irll est étonnant que M. Gmelin se soit persuadé qu aucun de nos chimistes ne poavait en avoir )eu la conviction. Il dédare cependant que la sienne était principalement fondée sur la formation d'une belle couleur bleue dans Tâtre d'un four où l'on fabriquait de la soude. M. Vauquelin , qui en fit l'analyse, jugea qu'elle ne différait en rien de l'outremer. Le mémoire que notre savant chimiste publia est terminé par cette phrase remarquable : «rOn doit espérer de pouvoir imiter la nature dans la prorrduction de cette précieuse couleur, n D n'est pas moins étonnant que M. Gmelin n'ait pas eu connaissance de votre programme, pubUé il y a quatre ans; les journaux scientifiques d'Allemagne ont dâ en faire mention.

^'^ Notice sur J.-î{. Gumot par E. Mnlsanl, membre de rAcadémic de Lyon. — ^*^ Bulletin de la Société ttênemragement, t. XXVII, i8a8, p. 3U à 3/19.

ffQuoi cpi'il en soit, nous ne contestons pas à M. Gmelin sa découverte; nous désirons même qu'il perfectionne son procédé , au point d en retirer d'aussi beaux produits que notre compatriote. Nous nous flattons que de son côté il désavouera les insinuations peu obligeantes auxquelles il s'est laissé aUert>).«

L'ensemble des témoignages que njous venons d'invoquer ne laissent donc aucun doute sur la priorité de la découverte de Guimet. Nous pouvons donc conclure avec M. Loir :

1* En i8ai, la Société d'encouragement reconnaît la possibilité de faire l'outremer de toutes pièces et elle propose un prix de 6,ooo francs pour la découverte de l'outremer artificiel :

3*" En 1 836 , J.-B. Guimet obtient au mois de juillet l'outremer artificiel ;

3** La même année, au mois d'octobre, J.-B. Guimet produit industriellement l'outremer qu'il livrait aux artistes dès cette époque;

li° En 1837, Gmelin reconnaît la possibilité de faire l'outremer de toutes pièces — ce qui avait été présumé trois ans avant parla Société d'encouragement;

5** En 1838, Gmelin obtient de l'outremer artificiel, ce qui avait été obtenu deux ans auparavant par J.-B. Guimet;

6" Au mois de décembre 1838, la Société d'encouragement décerne à M. J.-B. Guimet le pn'x proposé;

7** En i83i, selon M. Loir, ou en i834 d'après M. E. Mulsant, J.-B. Guimet, après avoir donné sa démission de commissaire à Toulouse (5 juin i834), revint à Lyon fonder son établissement de Fleurieu-sur-SaAne, qui a été toujoura en s'augmentant et n'a jamais cessé de livrer des outremers au commerce depuis cette époque.

De toute cette discussion il ressort donc que J.-B. Guimet et Gmelin ont cherché presqu'en même temps, mais indépendamment l'un de l'autre, k résoudre le problème de la reproduction artificielle de l'outremer et, si Guimet est incontestablement arrivé le premier au résultat visé, tant au point de vue scientifique qu'au point de vue industriel , Gmelin a également le mérite d'avoir trouvé une solution à la question.

J.-B. Guimet, loin de se reposer sur ses lauriers, s'évertua dans la suite à améliorer son bleu et à en abaisser le prix de revient, de façon à en généraliser l'emploi ^^^ A sa mort, survenue en 1871 , son fils , M. Emile Gdim et lui succéda dans la direction de son usine et en conserva les traditions. S'entourant de collaborateurs et de chimistes, MM. Plicque, Th. Morel et Guiilochin, il sut mettre a profit les découvertes faites au laboratoire, introduisit une meilleure utilisation des matières premières, des températures et des procédés d'oxygénation, et obtint à son tour des qualité plus belles et d'un coût sensiblement moindre.

Selon les besoins, on fait des bleus pour les papiers couchés, pour les encres d'impression, pour les carreaux de ciment, pour les raOineries de sucre.

Les bleus de papeterie, déjà rendus très résistants à l'alun par l'emploi du silicate de soude (procédé Wagner), le sont devenus davantage encore.

Le fabrication des verts et des roses, également découverts par J.-B. Guimet, s'est développée considérablement.

Enfin les aspects nouveaux sous lesquels la consommation du bleu pour l'azurage du linge réclame les produits: boules, cubes, rectangles, cylindres, ovales, ce que Ton pourrait appeler la biscuiterie de l'outremer, ont amené, à côté de la grande fabrication, la création d'une usine spéciale avec ses presses, fours, empaquetenses , etc., destinés à présenter au public la marchandise sous une forme attrayante.

M. Emile Guimet s'est aussi essayé à faire des outremers dans lesquels le soufre ou d'autres âé-

(') Nous apprenons qu^il les a ilésavouées (Note de Mérimée). -- (') Les premiers outremers Guimet vendus au public se payaient q5 francs Tooce soit 600 francs la livre, contre 3,000 à 5,ooo francs que valaient les outremers naturels. Actuellement les plus beaux o:itron)ers colent à peine 9 francs à 9 fr. 80 le kilogramme.

ments ont été remplacés par leurs congénères. Parmi les découvertes faites sous son inspiration , nous ne citerons que celle des outremers cristallisés par M. de Forcrand , et celle des outremers sâéniés et teliuréspar M. T. Morel.

L'exposition à^h maison Guimet comprenait des outremers bleus, verts, roses et violets; des ou* tremers de substitution au sélénium et au tdlure : dans ces outremers la forme rouge vif du produit au sélénium et le spécimen vert au tellure correspondent avec le bleu d*oulremer au soufre. Figurait, en outre, de Tindigo en tablettes, médailles, pastilles, etc., pour Tazurage du linge.

MM, HardT'Milori bt C", rue de Paris, a6i, à Montreuil-sous-Bois (Seine).

C'est à rinitiative de M. S. Milori que cette maison doit d'avoir été créée en i8ao. On y fabriqua à rorigine une série de couleurs minérales comme des jaunes de chrome, des bleus de Prusse et d'autres produits usités en peinture. Le carmin de cochenille (ut aussi l'objet d'une exploitation.

La maison fut reprise plus tard par M. 6. Hardy-Milori, puis par MM. E. Hardy-Milobi, C. R^hond et C'* qui la dirigent actndlement.

Au fur et à mesure de l'évolution que subit la CEibrication des pigments et des laques , la maison a ajoute à la préparation des couleurs minérales celles des laques diverses , obtenues en Gxant sur de l'alumine ou d'autres oxydes des principes colorants extraits des bois ou des matières colorantes artificielles. C'est ainsi que les diverses marques d'alizarine, de purpurine, de bleus d'anthracène, et en général de toutes les couleurs organiques qui se fixent bien sur les oxydes de la forme M*0', sont employées dans la préparation de ces laques.

En résumé sa fabrication comprend actuellement : iries couleurs communes pour la peinture en bâtiments et la peinture des voitures, les couleurs pour la lithographie et les peintures fines, les couleurs pour les papiere peints et pour les fleura artificielles. Sa fabrication atteint annuellement 5 millions de kilogrammes de coulenra n.

La maison a exposé ses principales spécialités et en particulier trses bleus et ses verts Milori» qui sont universellement connus.

M. Hartog {^Gbobges) et G*, rue de Londres, i5, à Paris.

Cette importante maison fabrique surtout des vernis et des peintures laquées. Elle possède deux usines dont l'une est située à Auberviliiera et l'autre à Saint-Denis (Seine). Pour sa fabrication elle exploite les procédés Georges Hartog et Robert Sugham Clark and C*.

L'exposition de M. Habtog comprenait une très belle collection de gommes les plus diverses employées dans la fabrication des vernis. Y figuraient paiement des vernis pour voitures, bâtiments et industries diverses; des peintures laquées, Chine, et des vernis émail pour voitures et bâtiments.

M. Hatton (£.), rue de la République, 36 et 38, à Montreuil-sous-Bois (Seine).

Cette maison donnait l'exposé d'un procédé spécial de &brication et d'application de peintures à la colle.

MM. Jacques Sauce et C*% boulevard de Charonne, i33, à Paris.

Possesseur d'une des plus anciennes fabriques de couleurs de la région, celle maison a été fondée en 1807 P^^'* produire des couleurs en pâte et des laques pour papiers peints. En i858 elle a absorbé la

Gi. XIV. — Cl. 87. — T. 11. ao

IHlPmtlUUB SATIORAU.

maison Thouvenin et a entrepris la fabrication du cannin de cochenille, des laines en poudre ponr papiers veloutés et, depuis quelques années, elle produit en outre les couleurs sèches pour la peinture et le décor, ainsi que les encres d'imprimerie pour typographie et lithographie. En 1897, elle a lrau<;féré ses usines de Paris et de Bry-sur-Mame , aux Mureaux (Seine-et-Oise), sur un vaste terrain de â 5,000 mètres carrés de surface, qui touche à la Seine et est reUé à la voie ferrée de Paris au Havre, par un embranchement particulier. Ses usines utilisent une force motrice de 1 00 chevaux répartie dans les difiérents ateliers par transport électrique. La puissance des générateurs est de 3oo chevaux, la plus grande partie de la vapeur produite étant utilisée directement pour la teinture des laines, la dissolution des produits chimiques et l'extraction des matières colorantes des différents bois de teinture.

La maison exposait des codeurs en pâte k Teau, des couleurs sèches et terres broyées pour papiers peints et papiers de fantaisie, pour le décor, les jouets, les fleurs artificielles, la confiserie, etc. Des couleurs en pondre pour impression sur étoffes, les papiers veloutés, les fleurs artificielles, etc., des encres d'imprimerie pour lithographie et typographie, etc.

La maison ayant aussi introduit, depuis peu, dans la fabrication du papier peint la soie coupée en longueur r^pilière, elle a également exposé des spécimens de papiers et de teintures exécutées avec ces soies en poudre.

M. Laflèche-Bréham [Ernest)^ rue de Tournon, la, à Paris.

Cette maison s'occupe de la fabrication de couleurs , de vernis et d'encres d'imprimerie , produits dont elle a exposé divers spécimens.

MM. Lafois et Cottais fils, rue du Dôme, 26, à Billancourt (Seine). Exposition de siccatif, de mastic de vitrier et de quelques échantillons de couleurs.

MM. Lagèze et Cazes, rue des Quatre-Fils, 18, à Paris.

Cette maison date de 1876. En 1880 elle a fondé à Aubervilliers une usine pour la fabrication des couleurs et des vernis, à laquelle elle ajouta en i885 cdle des encres d'imprimerie. En 1888, MM. LAckzB ET Cazbs succédèrent à M. H. Schmitt comme fabricants de pAtes k rouleaux d'imprimerie, et s'annexèrent en 1897 une autre usine située avenue de la République, 67 , où ils installèrent spécialement la fabrication des couleurs sèches. En 1898 ces industriels firent l'acquisition des usines de la Société française de blanc de zinc, céruse et minium de Montdidier (Somme), dont ils augmentèrent le matériel en utilisant les derniers perfectionnements.

La maison dispose de 8 voyageurs, 16 employés et 60 ouvriers. Son chiffre d'affaires a progressé depuis 1876 à 1899 ^^ 80,000 francs à 3,1 a5,ooo francs.

M. Lefebvre [Maurice), avenue Charcot, 7, à Asnîères (Seine)- •

Maison toute récente, puisque sa création date seulement de 1896. Elle fabrique avec & ouvrierti et ouvrières quelques spécialités comme l'encaustique franco-américain , de la crème pour chaussiu^ , du noir chevreau , de la pâte à fourneaux et de l'insecticide Lefebvre. La plupart de ses produits étaient exposés dans sa vitrine.

MM. Lbpèyre et C**, boulevard National, io4, à Clichy (Seine).

Beaucoup de produits de cette maison ont pour but d'enlever les peintures ou vernis, les encaustiques, des surfaces qui en sont impr^nëes. C'est ainsi qu'elle a expose une prc^paration à enlever le vernis , la cire et les papiers vitraux ; une autre servant à dépouiller les peintures à fond , à la remise à neuf des parquets , à Tenlèvement des tacbes. Elle a en outre montre une peinture hydrofuge pour ciment et parties salpétrées, de la peinture-ëmail contre la rouille, une peinture spéciale résistant à la cbaleur, un produit dénommé «peinture^xyde» pour la marine, du minium hydrofuge antirouille, etc.

M. Lefrànc et 0% rue de Valois, 1 8 et rue de Seine, i a , à Paris.

Une des plus anciennes et des plus réputées maisons fabricant des couleurs et encres d'imprimerie. Sa fondation jdate en effet de lyyS. Son si^e social est situé rue de Valois, i8, et son usine occupant une superficie de i5,ooo mètres, est établie à Issy-les-Moulineaux. En 1900, elle possédait une force de 100 chevaux qui devait être portée à i5o.

Le nombre des employés et ouvriers attachés à la maison s'élève à 3 00 personnes, et le chiffre d'affaires dépasse h millions de francs.

Les produits multiples que fabriquent MM. Lefrang et G'* se divisent en trois branches qui , bien distinctes, se tiennent étroitement : les couleurs , les vernis et les encres d'imprimerie.

Les couleurs de la maison Lefranc, et en particulier celles destinées à la peinture artistique, ont une renonmi^ universelle, qui est justifiée par leur édat, leur finesse et aussi leur solidité, qualité indispensable, étant donné l'usage qui en est fait.

Ses jaunes de chrome, et en particulier son jaune de chrome léger, dont l'invention est due à M. Spooner, ses verts irlandais, son noir d'ivoire, obtenu par la calcination des déchets d'ivoire, son noir de Grenelle, sorte de noir de fumée, ses jaunes de cadmium, de Naples, d'antimoine, son bleu Pompéi, intéressant comme reproduction du bleu antique, sou violet minéral oa violet de Nuremberg^, sans doute analogue an violet de Bourgogne déjà cité, intéressant parce qu'il possède presque l'éclat des violets d'aniline sans avoir leur fragilité à la lumière, son jaune de zinc, son vert de Scheele, son vert de chrome, etc.; ses laques de garance préparée avec la purpurine extraite de la garance naturelle par le procédé Kopp qui, seul, peut donner, pour la peinture artistique, des tons frais et délicats qu'on n'a pu encore obtenir avec l'alizarine artificielle avec laquelle la maison fabrique aussi certaines laques, ses carmins et ses laques carminées, ses laques jaunes, laque de Gaude, stil de grain brun et jaune, etc., constituent une palette des plus riches, où figurent tous les tons et toutes les nuances qu'exige la peinture artistique.

A côté de ces fabrications, l'usine est installée pour la purification, la calcination, la pulvérisation de certains produits naturels , tels que : le jaune indien , le bistre, le bitume, lemouné, le vert malachite, les ocres, les oxydes, les terres de toutes sortes, etc.

A ses nombreuses spécialités, la maison a ajouté la fabrication des couleurs vitrijiables qui sont ensuite pulvérisées par un procédé breveté, qui leur donne une grande quaUté de finesse.

MM. liefranc et G" fabriquent enfin deux produits, ï assiette et la miœture pour la dorure, qui constituent des spécialités très répandues, tant en France qu'à l'étranger.

Le compartiment des vernis n'est pas moins riche en articles les plus divers et s'adaptant aux besoins les plus variés. Cette fabrication a pris une grande extension depuis 1889.

En dehors de la production des vernis pour le bâtiment, Vexlerieur et ïiniérieur, la maison a inti'oduil dans une large proportion ses vernis spéciaux, à teinter, à polir et à finir les caisses dans toutes les grandes Compagnies de chemins de fer français et étrangers.

Pour d'autres industries, sont (paiement apprtkiés : les vernis pour le four, la tôle, les hoîles de

conserve, les vernis pour papiers peints, les laines de tissage, pour le meuble, les toiles cirées, linoléum, pour navires, yachts et embarcations.

Citons enfin les vernis à tableaux, àretoacher, à peindre, les vernis à pétrole de J.-G. Vibert, et une nouveauté de Tannée, les vernis colorés, d*une grande solidité à la lumière, et dont l'emploi a donné d'excellents ràultats dans la peinture sur verre, sur cuirs, sur métaux , etc.

Quant aux encres d'imprimerie, leur fabrication est intimement liée aux précédentes, ces encres étant en effet des mélanges intimes d'une couleur quelconque avec des vernis appropriés. C'est une industrie qui a pu jusqu'à ce jour, grâce à la bonne &brication des maisons françaises, dont lanuiison Lefranc et C** est une des meilleures, lutter contre l'éti'anger.

Parmi ces encres, notre attention a été appdée sur les encres métalliques, dont l'emploi très intéressant est venu ajouter encore aux nouveautés de l'imprimerie.

Signalons enfin les recherches fructueuses qu'à Giiles la maison dans la préparation de Yaluminitim pour le remplaeemetU des pierres lithographiques, si encombrantes, si fragiles et si coûteuses dans les grandes dimensions.

Les épreuves tirées sur aluminium sont bien supérieures à cdles qu'on obtient sur le zinc.

MM. Lefranc et C", désireux de taire participer leur personnel aux bénéfices, ont institué une Caisse de prévoyance , à l'aide de prélèvements faits sur ces bénéfices. Sur une somme de a 1 3, 1 18' Sa* ainsi thésaurises, la caisse a déjà distribué, depuis sa fondation, 67,789 fr. 78 , et il reste disponible 165,399 fr. 09. Cette mesure sage et prévoyante témoigne de l'intérêt et de la sollicitude éclairée que la maison porte à ses collaborateurs qui , en retour, s'attachent à contribuer, dans la mesure de leurs forces et de leurs moyens, au succès de l'entreprise.

M. Lbnglbt (Edmond) f route d'Albert, 68 et 70, à Amiens (Somme).

L'industrie exploitée par M. Lenolet a été créée par lai en i883. Elle comporte la mise en valeur du graphite et son adaptation aux usages les plus variés. lia principale spécialité de la maison, celle qui eu pour efiet de prendre possession définitive du marché français, voire même des marchés étrangers, est une préparation de mine de plomb particulière, destinée à l'industrie du tulle, de la dentelle, des guipures et des rideaux. Suivant l'auteur, on obtiendrait par l'emploi de ce produit comme lubrifiant un dévidage parfait des bobines, tout en préservant les métiera de l'usure et de la rouille. Il jouierait paiement de l'avantage de ne jamais encrasser, car il s'use sans laisser aucune trace. La maison possède plusieurs types de cette mine. Le type G. A. S. (graphite argenté supérieur) s'emploierait de préférence pour les métiers à guipures , rideaux et broderies.

Le type A. G. G. (argenté gris glacé) serait préférable pour les métiers à tulles et dentdles.

La qualité M. A. V. sert pour tous les genres de métiers articles blancs.

Outre ces produits fins el de choix, M. Leng^et a créé des types spéciaux pour la galvanoplastie, pour la fabrication des crayons , pour noirs de fourneaux , pour la confection des creusets , pour les fonderies, pour la préparation de certaines graisses à voiture et enfin pour la fabrication des baguettes pour dynamos.

LsROY ( Veuvs Ch.) bt C", rue Goliange, 10, à Levallois-Perret (Seine).

Exposition de cirages onctueux, de crèmes et cirages onctueux noirs et de couleurs, de noir chevreau mat et d'encaustiques.

MM. Levasseur [Gustave) et C'% boulevard des Filles-du-Calvaire , a 2, à Paris.

Celte maison, qui possède une usine et un entrepôt à Draveil (Seine-et-Oise) , fiit créée en 18^7 pai* M. Ad. Dida, ingénieur-chimiste.

En 1877, M. L. Dida succéda à soa père, et au bout de douze aus de coDaboration, elle passa entre les mains de M. G. Levassbub, ingénieur des arts et manufactures qui procéda à de nouvdles installations et introduisit de notables perfectionnements dans Toutillage.

La maison occupe actuellement 1 9 ouvriers et produit annuellement 68,000 kilogrammes de vernis de tontes qualités et de toutes nuances : verois à lalcool, transparents sans couleur, marque A'* Dida, transparents de couleur, vernis mats, vernis émaux opaques et transparents, vernis opales, vernis à reflets dits mordoré», vernis à la xyiine, vernis pour bronze et dorure, vernis pour optique, horlogerie, instruments de précision , vernis pour bois, pour cuirs, rdiure, maroquins, carrosserie et sellerie, etc.

M. Lhommb-Lbfort , rue des Alouettes, 38, à Paris.

Cette maison exposait son mastic pour greffer à froid les arbres, arbustes et cicatriser leurs plaies, vieille préparation sanctionnée par la pratique et dont tous les arboriculteurs font usage.

MM. LoRiiLBVx (^Charles) bt G*, rue Suger, 16, à Paris. Société en commandite au capital de q millions de francs.

Maison très ancienne et très importante , qui a des ramifications dans le monde entier. E31e possède, en effet, des usines en France, à Puteaux et à Nanterre, pi^ès Paris; en Italie, à Dergano, près de Milan; en Espagne, à Badalona, près de Barcdone: en Hollande, à Bennekom, près d'Amsterdam.

Ses succursales et ses principaux dépôts, dont plusieurs comportent des ateliers pour répondre aux demandes urgentes, s*étendent dans les principales villes de France, d'Allemagne, d'Angleterre, d^Autriche, des deux Amériques, de Belgique, de Bulgarie, d'Italie, de Russie, de Turquie, d'Australie, etc.

G^est grAce k l'esprit entreprenant et au courage qu'dle a montrés en créant ses usines et atdiers succursales, qu'die a pu continuer de fournir les marchés acquis autrefois par l'importation dé France, marchés qui, sans cette organisation nouvdle, lui eussent été fermés, peu à peu, par l'âévation des tarifs douaniers adoptés par les différents États.

Cette maison, aujourd'hui si importante, a débuté fort modestement; elle a, en effet, été fondée en 1818, par M. Pierre Lorilleux, qui faisait partie à cette époque du personnel de l'Imprimerie royale.

Frappé de l'obligation dans laquelle se trouvaient les imprimeurs de fabriquer leurs encres euxmêmes et de l'irrégularité de composition qui en résultait , M. Pierre Lorilleux installa un atelier h Paris, me Suger, 16, dans une des dépendances de l'immeuble occupé encore aujourd'hui par la maison. Les premiers essais ne tardèrent pas à réussir, et le local devenant insuffisant, il dut établir une première usine à la Maison-Blanche, sur la Bièvre. Vu le développement que prirent les affaires , la nécessité s'imposa bientôt de créer un établissement plus grand au moulin à vent de Chante-Coq, sur les hauteurs de Puteaux (5 mai iSaâ). En i843, il s'adjoignit son fils, M. Charles Lorilleux, dont il fit son associé en i85i, et qui resta seul chef de la maison en 1866. C'est sous l'impulsion de M. Ch. Lorilleux que la maison prit le développement qu'elle a acquis aujourd'hui. L'extension donnée à l'usine primitive de Puteaux date de l'année 1870; cet agrandissement Ait bientôt suivi de la création d'une seconde usine sur le territoire de la commune de Nanterre, à peu de distance de la première, pour ramener en France une des branches importantes de sa fabrication, celle des noirs defîimée, restée jusqu'alors en Belgique, à Charieroi.

En 1877, M. Charles Lorilleux confia k son fils, M. René Lorilleux, la direction de ses usines, et

trois ans plus tnrd, en 1880, il constitua sa maison en société en commandite par actions au capital de deux millions, en conservant la gérance avec son (ils et avec son gendre comme sous-gérants. C'est à partir de ce moment que la maison prit une sâîeuse extension au dehors, et qu^on commença à créer les usines succursales à Tétranger.

Les deux usines de Puteaux et de Nanterre couvrent une superficie d'environ ao hectares, où se trouvent groupées , à Nanterre , la fabrication des noirs de fumée , celle des huiles de résine et des encres à journaux, à Puteaux, la fabrication des couleurs, celle des encres typographiques et lithographiques, etc., celle des pfttes k rouleaux, celle des différents vernis utilisés dans Tindustrie et des produits spéciaux utilisés par toutes les branches des industries graphiques. Ces deux usines possèdent de vastes laboratoires , agencés non seulement dans le but d'essayer la pureté de toutes les matières premières mises en œuvre, mais encore pour Tétude de tous les procédés nouveaux qui surgissent chaque jour à Thorizon des arts graphiques.

Toute invention, tout perfectionnement qui se produit dans les arts est, de la part de la maison Ix)rilienx, l'objet d'une étude approfondie. Elle se livre aux essais les plus divers dans ses laboratoires et dans les atetiers modMes qu'elle a établis dans ce but à l'usine de Chante-Coq-Puteaux ; elle cherche quels sont les produits propres à donner, dans le cas pai*ticulier, les meilleurs résultats , et fort souvent, par sa grande expérience, évite les insuccès aux novateurs.

Parmi les nouveautés qui figuraient à TExposilion , on peut citer la gamme des pigments noirs et de couleur mis en usage par les procédés de la phototypogravure ; ces nouveaux produits n'ont pas seulement été présentés tels quels, mais encore dons leurs applications sous la forme d'un album tout à fait artistique, dont les planches avaient un cachet spécial et ont été très remarquées.

Les recherches continuées dans cet ordre d'idées ont abouti plus tard à la réalisation des trois couleurs, dites ^maires, dont l'usage permet à l'imprimerie de produii^e, avec trois tirages, des planches qui exigent couramment de six à dix-huit couleurs. Nous devons ajouter que des procédés du même genre sont employés , depuis longtemps , dans l'industrie des toiles imprimées.

La préparation des pigments exigés par la pratique courante de ce procédé a été très dâicate , car ces pigments doivent s'unir par superposition sur le papier et non se mêler dans la vraie acceptation du terme; de plus, la fraîcheur des tons à obtenir exige une grande transparence alliée à une intensité ^aussi étendue que possible.

Ces couleurs doivent de plus répondre à toutes les exigences du métier d'imprimeur, ne pas réagir chimiquement les unes sur les autres, de façon à ne pas se dégrader d'elles-mêmes; elles doivent être résistantes à la lumière et s'il se produit une atténuation des colorants sous l'influence d'une exposition prolongée aux rayons lumineux, il faut cpie cette atténuation soit aussi égale que possible pour chacun des tons primaires, nfîn que l'épreuve conserve une allure générale uniforme.

Cette action de la lumière a préoccupé vivement MM. Lorilleux et C'* en ce qui concerne les colorants employés pour l'impression des affiches ; ils sont parvenus , en développant le colorant au sens de la masse on le support est lui-même en formation , à produire une gamme de couleurs assez fixes pour que leur ton soit à peine atténué après un mois d'exposition en vive lumière.

Par tout ce qui précède on peut se rendre compte de la tâche que se sont imposée MM. Lorilleux et C**, des difficultés qu'ils ont surmontées pour arriver au résultat cherché et pour maintenir leur réputation de maison pleine d'initiative dans la voie du progrès et des nouvelles applications.

M, Marque (i.), me de la Tour-d'Auvergne, 16, à Paris.

Sous le nom deparoïd, marcoîd, glacéro^d, M. Marque a exposé des peintures de diverses couleurs h base d'huile de lin, des vernis encaustiques antiseptiques et de la poudre impalpable (glacéroïd), destinés les premiers à recouvrir les parois extérieures des constructions , façades en plâtre et ciment.

les seconds à donner aux parquets l'aspect d*nn parquet cire tout en ëtant antiseptiques, et enfin la troisième, au nettoyage des glaces, vitres, ainsi que de Targenterie, Torfèvrerie, les bronzes, etc.

La composition de tous ces produits se rapproche probablement de celle de tous les produits similaires employés à ces usages , les différences résidant sans doute uniquement dans les noms dont ces mixtures sont parées.

La maison Marque possède deux usines situées, Tune à Nogent-sur-Mame, destinée k la fabrication des produits hydrofîiges et des encaustiques, et la seconde k Montreuii-sous-Bois, où Ton s'occupe de ta préparation de couleurs poiu* peinture.

M. Ménéthel [Ali^bbd), k Maizières, par Gheviilon (Hauto-Mai'ne).

A montré des encaustiques dits brillants à la ménagère, fabriqués en dix teintes pour la mise en couleur des parquets et meubles, etc. , des cirages exeeUior, pour cuirs noir et jaune , harnais , chaussures.

M. MéNéTBEh (Léon)^ me des Petits-Champs, 5i, à Paris.

Indépendamment de cirages, de cire, M. MisiciTEBL a encore exposé diverses couleurs, des vernis brillants, encres, noirs de Chine, etc.

MM. Navton {^Georges et Henri) ^ rue Bleue, 8, à Paris.

Cette maison a présenté une très grande variété de produits bien préparés et ayant bonne apparence. Elle possède quelques spécialités de siccatifs, les siccatifs Aubert et Ardent, des vernis spéciaux pour équipages, bâtiments et industrie.

ËQe a aussi montré des matières premières entrant dans la composition de ses vernis, ainsi que des huiles, gommes, résines pour peintures.

M, NicABD'FoRTiBR, Hie de rOuest, i4o, à Paris.

Maison préparant, sons les noms de Bossu et de Nieardine, des mixtures pour le nettoyage et Tentretien des ciîivres et des métaux blancs, et de la pâte pour la conservation et l'entretien des po^lps et fourneaux.

NvRïAN Mànupàctvring COMPANY , HiB d'HauteviUe, 23, à Paris.

Celte société prépare, dans sa fabrique située à la Plaine-Saint-Denis , des cirages spéciaux pour chaussures et harnais.

M. Paret, boulevard de Ménilmontant, 33, à Paris. Exposition de teintures et vernis ainsi que de divers produits pour le nettoyage.

Pervs (^Yeuve Jules) et C'% me Pierre-Legrand, 368, à Fives-Lille (Nord).

Maison qui possède à Lille une fabrique de cëruse et de minium. Son exposition comportait principalemenl de la céruse dans les différents stades de sa fabrication , depuis le plomb en nature jusqu'au produit marchand.

MM. PioT ET C% rae Poulaiiierie, i3, à Lyon (Rhône).

Cette maison, fondée en 1798 et portant le nom de Piot depuis 1899, fabrique toute la gamme îs vernis employés dans l'industrie. Elle accuse la production suivante :

iau galipot Go,ooo kilogr.

â la gomme laque 4o,ooo'

divers 90,000

gras au Gopal 35,ooo

à Teasence 1 5,ooo

Siccatif liquide ; 3o,ooo

Huile de lin cuite 5o,ooo

Couleurs broyées à Thuile 90,000

Siccatif en paquets .* 5,ooo

Son chiffre d'aflbires actud serait de 780,000 francs et aurait triplé depuis dix ans.

M. RicHTER (F.), à Lille et Loos-lez-Lilie (Nord).

Créée en 18A9, cette maison fabrique non seulement les différentes sortes d'outremer, mais encore la plupart des autres couleurs minérales. Elle possède deux usines , Tune à Lille où la production annudie en outremer bleu, rouge et vert, s*élève à 600,000 kilogrammes, et Tautre à Loos, où Ion fabrique &oo,ooo kilogrammes, soit un total de 1 million de kilogrammes d'outremers.

La force motrice nécessaire à cette fabrication est de s 5o chevaux et la surface occupée par les deux usines est de 7,000 mètres carrés è Lille, et de 18,000 mètres carrés à Loos^les-Lille.

Le personnel occupé dans ces deux usines est de 160 hommes et de 5o è 60 femmes.

Une partie de la production est exportée dans tous les pays d'Europe et dans la plupart des pays d'outre-mer.

L'exposition de la maison comprenait des échantillons de choix de toutes les couleurs dont il a été question plus haut.

MM. RiNOADD [Ernest) et Meter [Charles)^ rue Grange-^ux-Belles , 33,

à Paris.

Fondée en i83o, cette maison a exposé un ensemble de couleurs sèches pour la peinture, l'impression lithographique , l'impression des tissus et les papiers peints. Elle a également montré des couleurs spéciales pour cires à cacheter, toiles cirées, etc.

M. Robin (Camille) et C**, à Saint-Genou (Indre).

Dans son usine k vapeur de Saint-Genou (Indre), M. Robin fabrique un ensemble d'articles k polir et h nettoyer les mëtaux : Tripolis légers de diverses nuances « tellurures, poudres sâënites, brillant argendor, la Reme de$ çoehen, etc.

RoMMÈL (M"* YEVVE Édocard) ET C*, fue dcs Quatre-Fiis, 8, à Paris. Exposition de bean vermillon et de carmin de cochenille ainsi que de diverses laques.

RoouuD (Af"* VEUVE Hippoltte)^ rue Boursault, 60, à Paris. M** RocLAUB a montré ses spécialités de cirages et produits h nettoyer et polir les métaux.

M. Sàkcy [Emile), boulevard Richard-Lenoir, 83, à Paris. Celte maison a exposé divers spécimens de vernis émail et de peinture émail.

M, Sapieha [Jean), route de Vitry, 3, à Ivry-Port (Seine).

M. Sapichà a pris la succession des anciennes maisons A. Regnault (1856-1887), Vaquier et L. Chauveau (1 887-1 898 ) , et possède , à Ivry-Port , une fabrique de vernis pour Tindustrie , la carrosserie et le bâtiment.

La superficie de Tusine est de &,ooo mètres carrés, et la force motrice employée de 3o chevaux, ^e occupe a a personnes y compris le personnel technique et les employés.

La maison a exposé des vernis gras , à Talcool , ainsi que diverses couleurs.

MM. ScsoMBovRGER FRÈRES, Tue des Cités, 65, à Aubervillers (Seine).

Cette maison s*occupe également de la fabrication des vernis gras spéciaux , pour carrosserie et bâtiments et en a montré divers spécimens.

M. Sevin (£.), rue de Turbigo, 17, à Paris.

Cette maison a une spécialité de couleurs pour peinture décorative sur tissus, pour dorure au pinceau , etc. Ces couleurs contiendraient un fixatif, susceptible de s'allier à Teau , qui les empêche de couler, lorsqu'on les étend sur tissu.

M. SiLVESTRE [Achille], à Montbard (Côte-d'Or). Exposition d'encaustiques et de cirages de couleur.

su EXPOSITION UNIVERSELLE INTERNATIONALE DE 1900.

Société anoisymb française de la Peinture Email bygiéniqve la Pastorinb, rue Lafayette, 56, à Paris.

Les usines de celte Sociëtë, qui date de i885 , sont situées à Saint-Denis, route de la Révolte.

La spécialité de la maison est la peinture émail dénommée, depuis 1896, Pastmne, Ce produit est un mélange de vernis gras et d'une couleur; la Société le vend en soixante-sept nuances qui, par des mélanges convenables donnent à volonté tons les tons intermédiaires.

11 s*applique sur le bois, le plâtre, la pierre, les métaux et y forme une couche imperméable et hydrofuge, susceptible d'être lavée à Teau simple ou tenant en dissolution un antiseptique.

La production joumdière de cet enduit serait de i,5oo kilogrammes.

La Société a en outre exposé des vernis gras, des siccatifs, des hydrofuges pour la carrosserie, le bâtiment, l'industrie, etc.

Société anonyme française de Peintures et d'Enduits le Ripolin, place de Valois, 7, à Paris.

Cette Société bien connue par la grande publicité qu'elle a faite pour son produit, a exposé, outre la peinture dite Ripolin, des enduits dits Rieps. Elle a été fondée en 1 897, au capital de s,5oo,ooo francs pour l'exploitation de la peinture k Ripolin de M. Gustave Briegleb, d'Amsterdam, et des Laques françaises de MM. Lefranc et C**, qui ont été les premières peintures laquées employées dans les grandes compagnies de chemin de fer.

La Société possède deux usines, celle d'Issy-les-Mouiineaux (Seine) dont le personne! est de 99 ouvriers et employés, et celle située à Hilversum, près d'Amsterdam (Hollande), avec Ao ouvriers et employés.

La production en France pour l'année 1899 a été de 5o3,ooo kilogrammes et le chiiTre totri des afiaires de la Société s'est élevé pendant cette même année à 9 millions de francs, dont i,5oo,ooo francs en France et 5oo,ooo francs à l'étranger.

Là, Ripolin, connu par ses qualités hygiéniques et sa résistance à tous les lavages, est adopté dans tous les hôpitaux, hospices, sanatoriums, dispensaires, ouvroirs et services administratifs, en un mot dans tous les établissements réunissant un nombreux personnel.

Quant aux enduits sous-marins, se vendant sous le nom de Rieps, ils sont destinés à protéger les carènes des bateaux contre les incrustations , herbes et coquillages. Ils comprennent le Rieps I anticorrosif et le Rieps II antifouling et sont employés pour navires en fer et en acier. Le Lithoehrome T, ou Tontine, composition vert de cuivre, sert aux navires en bois. En 1899 la Société a peint les carènes de 961 bâtiments avec ces dernières spécialités.

Tout en étant distincte de la maison Lefranc et C'*, la Société le Ripolin a établi une entente entre la Société de secours mutuels des ouvriers de l'usine Lefranc et C* et ses propres ouvriers, de tdle sorte que ces derniers ont été admis à faire partie de cette Société et bénéficient par suite des institutions de prévoyance fondées par MM. Lefranc et C**.

Société anonyme le SrfGANOL, cours Richard- Vitton , 76, à Lyon-Montchat (Rhône).

Société au capital de 600,000 francs, fondée, en 1898, par MM. François Vindry et Antoine Lavocat, inventeur du Stéganol, pour la fabrication de vernis spéciaux et peintures vernissées, dites Lyonnaises

La matière, appelée Stigaml, tpii a donne son nom à la Sociëtë et qui sert de base à la fabrication (ia Cristallol, serait an produit essentiellement v^ëtai , isomère de la substance chlorophylienne des plantes, conservant une fois isolée tontes ses propriétés physico-chimicpies. U donnerait au Cristallol (vernis, peinture vernissée) élasticité, adhérence, imperméabilité d'où son nom de Stéganol, du grec : Stéganos (imperméable, impénétrable), qui indique ses qualités essentielles. En outre le Crisialhl résisterait à Tair, à Thnmidité, au froid, à la chaleur, etc. D*oà ses applications multiples sur pifttres frais ou humides, ciments lisses ou graines, mortiers, bois, constructions métalliques, tuyaux de vapeur et appareils de chauffage, cuves et barques de teinturiers, fabrication des toiles cirées, toilescuirs, bâches, comme isolants pour les caisses d'accumulateurs, comme enduit sous-marin, etc.

Les d^agemenls d'hydrogène sulfuré, de chlore , d'acide sulfureux ou d'acide hypoaxotique seraient sans action sur le Cristallol.

L'usine située à Montchat, route de Gênas, occuperait une superficie de 3,4oo mètres carrés et serait en mesure de fabriquer de i,oooà i,âoo kilogrammes de Cristallol par jour.

Elle comprend une chaudière multitubuiaire de &5 mètres cari'és de surface, une machine h vapeur Compound de 35 chevaux , une dynamo de 900 volts et 5o ampères , trois malaxeurs, cinq broyeuses , une tamisseuse, deux grands double fonds en cuivre, un mélangeur pouvant contenir 1,000 kilogrammes de vernis émail.

Un laboratoire d'essais et d'études techniques est annexé à l'usine.

Les produits se vendent actuellement dans toute la France, en Suisse, en Italie, en Espagne, en Belgique, en Russie, dans nos colonies, Indo-Chine, Ceylan, Amérique du Sud, etc.

SociéTÉ GÉNÉBALB DES CiRAGBS FRANÇAIS, Fuc Beaurepairc, 1 1, à Paris.

Cette puissante Société, au capital social de 8 millions de francs, est née de la fusion des deux plus importantes maisons de cirage en France : celle de MM. E. Berthoud et C'*, successeur des marques de MM. Jacquand père et fils, fondée en i8a5, et celle de MM. A. Jacquot et C", fondée en i8s8.

Propriétaire des forges et aciéries de Lochrist et de Kerglan, près d'Hennebont (Morbihan), où elle fabrique l'acier, les tôles et le fer blanc, elle possède en outre des usines à Saint-Ouen, Lyon, Moscou, Odessa, Santander et Stéttin où l'on produit les bottes eu fer blanc, les tableaux réclames et les articles les plus divers en ferblanterie, dont le total atteint près de 35o millions d'unités par an.

Chacune de ces usines fabrique également les cirages, les encres, les encaustiques, les pommades pour métaui , etc. , qui rentrent dans la catégorie des produits chimiques.

Cette fabrication des cirages qui tenait au début la place la plus importante , est toujours restée l'âme de la Société.

Elle s'est développée parallèlpmment à la fabrication de la ferblanterie, les diverses usines réparties en Europe exportant dans le monde entier les marques très appréciées de la Société.

Une production aussi intense n'est réalisée que par un puissant outillage , malaxeurs , broyeurs , appareils de bluterie , tous mus à la vapeur. L'emplissage des centaines de mille boites qui sont emballées quotidiennement dans les usines de ia Société est obtenu par une série de pompes mécaniques, chargeant automatiquement les bottes, distribuant à chacune d'elles la dose qui lui convient, et les amenant toutes remplies et égalisées devant les ouvrières chargées dfi les empaqueter.

Les principales marques qu'exploite la Société sont :

Les cirages en pâte, Végétal, Jacquand père et fils, Jacquot et C% Dubois et C^, Populaire, etc. ; les cirages liquides, lustre indien; les encres : industrielle, communicative, orientale, ménagère (de diverses couleurs); encaustique végétal; le brillant cuivre, pommade magique , /uij^or^ bloc h polir national, etc.

La Société fabrique en outre des vernis, noirs et enduits pour entretenir la chaussure, du blanc de

guêtre, de la cire à giberne, de la cire à cacheter, de la poudre à couteaux et tous les produits génëralement employés pour astiquer les équipements militaires, les harnachements, les voitures, parquets , etc.

Il convient encore de citer qu*à Tusine d*Hennebont on produit environ &9,ooo kilogrammes d acide stannique par an, rien qu en désétamant, par un procédé spécial, les rognures étamées provenant des déchets de fabrication.

La Société occupe en tout, dans ses diverses usines, 5,5oo ouvriers travaillant sans aucun chômage, dont près de 3,ooo pour les usines françaises.

Une caisse de secours et de retraite fournit gratuitement aux employés et aux ouvriers malades les soins du médecin, les médicaments et une indemnité journalière ; elle leur assure, en outre, une retraite après 95 ans de travail.

Nous nous plaisons à signaler que par son activité et sa très intdligenle administration, M. Bertin- Mourot, ingénieur des arts et manufactures, et un des administrateurs déliés de la Sociâé, a puissamment contribué au dévdoppement et an succès des divers établissements tant français qu'étrangers qui font partie de cette maison. Suivant les dires du Conseil d'administration, depuis son entrée dans la Société en i&88, le chiffre d'affiiires aurait passé de lo millions à 19-30 milUons en igoo. Ces chiffires justifient d une façon édatante la haute confiance que lui tânoignent ses collées du Conseil.

Société dbs Peintures françaises Bengalines, rue de la Ghaussée-d*Antin, 68, à Paris. Société anonyme au capital de 5oo,ooo francs.

Cette maison fabrique une série d'enduits et de peintures hydrofuges et inoxydables, à base de goudron rectifié, pour la conservation des métaux et des bois exposés aux fortes intempéries, aux émanations acides et alcalines. Ces enduits sont livrés en 3o teintes différentes.

Tbibavlt [Antoine) 9 rue de Flandre, 96, Paris.

Deux usines. Tune cité des Flamands, à La Villette, et l'autre à Villers^aint-Sépulcre (Oise) , contribuent à la fabrication des produits de cette maison.

L usine de Villers-Saint-Sépulcre, fondée en 1880, par la Compagnie générale des produits antiseptiques, après de nombreuses vicissitudes, fut achetée par M. Thibacdt en 1897.

Il y a quelques années, la France était tributaire de TAllemagne pour la fabrication de lazotile de soude.

En 1888, la Compagnie des produits antiseptiques fait les premiers essais; le etnuartiufn qu'elle forme ensuite avec la Société pour le travail électrique des métaux et la Société centrale des produits chimiques, les continuent sans succès. Us sont repiîs par Une nouvelle société, la Saturnine, qui se heurta aux mêmes difficultés : conversion insuffisante , épuisement incomplet du nitrite de la litharge, difficulté de séparer le plomb métallique de Toxydc, etc. , et qui fut obligée de liquider à son tour en

L'usine était abandonnée et le syndicat allemand devenait entièrement maître du marché français.

Reprise, en 1897, par M. Thibault, il modifie appareils et procédés et réussit k opérer la conversion du nitrate dételle façon, qu'il la porta de 80 à 93-9& p. too avec une alcalinité presque nulle. Des amâiorations introduites dans Tépuisement de la litharge produite dans laction du plomb sur Tazolale de soude, dans la séparation du plomb non oxydé, et enfin dans la fabrication de la mine

orange, ont fait que cette maisoii a lai^gement oontribaë^ non seulement à reconquérir le marché français, mais encore à bire de TexportalioD en Allemagne, en Suisse et en Belgique. Nous donnons ci-dessous la marche progressive de la production de la maison.

NITRITI mmuM ,

Dl SOVDI. LRlilOB, ITC.

kilogrammes. kilogrammes.

1893. s 10,000 i,o5o,ooo

1895 i5o,ooo 760,000

1896 u il

1897 3o,ooo 1 5o,ooo

1898. 800,000 i,5oo,ooo

1899 • Aoo,ooo 9,000,000

A la fabrication du nitrite de soude, M. Thibault a ajouté celle du chlorure de plomb, de la mine orange et de la litharge en paillettes.

Depuis le i*' avril 1886, date de sa foudation, la maison Thibault fabrique du mastic an minium qui est livré aux principales maisons de construction françaises et étrangères.

MM. Toussaint bt Chbvallibr, h Saint-Denis (Seine).

Cette maison dont les usines sont situées, 4â , boulevard Omano, à Saiot-Denis, fabrique des enduits hydrofuges liquides qui pénètrent les plâtres et les mortiers, et ne se bornent pas à constituer h la sur&ce des pellicules plus ou moins épaisses.

Suivant que ces enduits sont destinés à combattre la salpétration ou à sécher les plâtres neufs, leur composition varie. L'enduit B est spécialement r^rvé aux plâtres neufs encore frais et qu'une nécessité oblige à peindre avant leur séchage complet. L'enduit N s'emploie toutes les fois qu'il y a à combattre une forte humidité et la présence du salpêtre.

La maison prépare en outre des peintures hydrofiiges qui sont basées sur les mêmes principes que les enduits, des peintures hydrofuges vernissées et du minium hydrofuge pour métaux, bois de construction, clôtures, etc.

M. TniBouiLLBT (Acuillb), rue de Gand, 89, à Tourcoing (Nord). M. TauoonjJET a montré divers échantillons d'encaustiques et de pâte à polir.

M. ViLLBMOT (^Claudb-Alexis) , HIC Malher, i4, à Paris.

M. ViLLEHOT a débuté en 1879 par des affaires de commission et de représentation. Ces affiiires prirent un essor suffisant pour permettre d'acheter, en i885 , l'usine du Bateau Broyeur, située à Aubervillers, pour le broyage et la préparation des couleurs à l'huile, la fabrication du mastic de vitrier, du mastic de minium pour joints à vapeur, des couleurs siccatives à base de vernis à la benzine. A ces fabrications M. Villemot a joint celles des peinfu-^s sous-marines, puis celle des vernis gras.

L'emploi de plus en plus répandu des couleurs en poudre à base d'oxyde de fer, pour le décor, la

peinture en bâtiments, les papiers et cartons. Ta ensuite amené k s^occnper du traitement et de la préparation de ces produits, dont il vend annuellement 600 tonnes.

Son chiffre d^afiuires a augmenté en proportion de toutes ces fabrications, car de â5o,ooo francs qu'il était lors de Tachât de son usine, en i885 , il s'est élevé en 189g, à 1,700,000 francs.

La division du travail-ainsi que les compétences sont bien réparties dans cette maison. M. Villemot s'est en effet adjoint comme collaborateurs ses deux fils dont l'un, licencié en droit, pour la partie commei-ciale, et l'autre, ingénieur des arts et manu&ctures, pour la partie technique. Un ingéniear chimiste est en outre attaché à la maison.

MM. Webger aîné et ses fils, rue Saint-Martin, 3 9 9, à Paris.

Fondée en 177&, cette maison est dirigée, depuis 1860, par M. Henri Wbeger qui a pris comme collaborateurst ses deux 61s, dont l'un pour la partie technique, et l'autre pour la partie commerciale. Avec un pei'sonnel de 33 employés et ouvriers, cette maison produit annudlemeot: Vernis gras à l'alcool, 1 00,000 litres ; huile cuite et forte pour tous usages, quantité variable; siccatifs liquides, 5oo,ooo litres; siccatif en poudre, â5,ooo kilogrammes; céruse à l'huile, 35o,ooo kilogrammes; blanc de zinc h l'huile, Ao.ooo kilogrammes; ocres à l'huile, i95,ooo kilogrammes; couleui-s diverses à l'essence, 1,000 kilogrammes; Fixoid breveté S. G. D. G. (liquide aqueux et incolore donnant aux peintures à la colle la solidité des peintures à l'huile), 1,000 kilogrammes, etc.

Elle vend, d'autre part, annueQement 3oo,ooo kilogrammes d'essence de térébenthine; 360,000 kilogrammes d'huile de lin; 60,000 kilogrammes d'huile de pavots, etc.

Son chiflre d'affaire s'élèverait annuellemement à 1 ,900,000 francs.

M. WoLF (^Alfred)^ boulevard Beaumarchais, 56, à Paris.

Sous le nom de Chrytalide fluide pour la métallisation , de Chrysalide semi fluide pour la décoration brillante , de Chrysalide pâteuse pour la décoration mate , la décoration viennoise et la décoration modem style, M. WoLF a exposé des vernis spéciaux, dont l'application judicieuse communique aux moulages (en plâtre ou en tout autre matière poreuse) l'aspect du bois, de l'ivoire, du bronze, du marbre, de l'étain, du fer, du grès, etc.

Tous ces vernis possèdent la propriété de sécher instantanément, et de ne pas empâter les finesses d'un moulage comme le ferait un produit gras. Ils servent principalement aux reproductions artistiques.

ALLEMAGNE

Ainsi que le montrent les statistiques qui, dans notre introduction, figurent sous les rubriques, huiles de résines y vernis, laques, et matériaux de peinture, encres, couleurs en général (celles-ci comprenant à la fois les couleurs minérales et les matières colorantes artificielles), l'exportation allemande de ces produits, suit une progression très accentuée. La fabrication des pigments minéraux, des laques, ainsi que celle des vernis et des siccatifs, continue, en eflet, à se développer dans l'empire allemand, non pas, il est vrai, par les améliorations que les industriels y introduisent , mais en vertu d'une sorte d'entratncment, d'une corrélation étroite qui existe entre toutes les branches de l'industrie chimique.

A part la préparation du iithopon, l'Allemagne a peu contribué vers la fin du siècle dernier aux progrès concernant Tart de produire les couleurs minérales. On ne saurait , en effet, considérer comme un progrès réel cette extension donnée à la fabrication des laques, connues depuis longtemps (lacpies de cochenille ou carmin, laques de garance), et qui consiste à charger l'alumine, ou d'autres composés minéraux, de matières colorantes artificielles, comme les couleurs azoïques, les éosines, les rhodamines, la coralline, Taurine, etc. , pour leur donner plus de vivacité et plus d'éclat, aux dépens de leur durée et de leur résistance à la lumière et aux agents atmosphériques. On enrichit sans doute ainsi la gamme des pigments minéraux, mais l'emploi de couleurs semblables doit souvent donner lieu à des mécomptes.

Quant aux vernis de toute nature, aux siccatifs, et aux encres d'imprimerie, les industriels allemands, grâce à leurs connaissances chimiques, s'efforcent, dans la mesure où les premiers s'y prêtent, à donner à leur préparation sinon un cachet scientifique, tout au moins une marche rationnelle.

Dans son ensemble l'exposition allemande des couleurs, vernis, laques et encres, ne le cédait en rien comme éclat aux autres expositions de l'Empire. Les maisons les plus anciennes et les plus renommées, comme aussi des établissements de date récente, ont apporté leur contingent d'efforts pour assurer à leur industrie le succès qu'ils briguaient.

M. A, Beriiuger. — Siège de la maison à Charlottenbourg. — Propriétaires : M"^ veuve Emilie Beringer, née Burckle, et Emile Beringer, conseiller du conunerce. — Succursales à Paris et à Moscou.

Le personnd de la fabrique se compose de : 3 chimistes, 3 surveillants, t& employés et environ 1 5o ouvriers.

Les matières premières employées, dans la fabrication, sont les suivantes : carbonate de baryum, bois de teinture, matières colorantes dérivées du goudron de bouille, alun, sulfate d'alumine, prussiate, soude, acides, etc.

Avec ces différentes matières la fabrique produit des couleurs pouvant être employées avec succès dans les arts décoratifs, la peinture artistique, la lithographie, la typographie, l'impression sur ferblanc, la fabrication de papiers peints et de fantaisie , l'impression des tissus de coton , elc.

L'exportation de ces produits se fait en France, en Angleterre et ses colonies, en Belgique, en Suède et Norvège , au Danemark , en Russie , en Autriche-Hongrie , en Suisse , eu Italie , en Espagne , au Portugal et en Amérique.

I^ fabrique est actionnée par 5 générateurs à vapeur et a machines, le tout d'une force de i4o HP.

Elle a produit la première dans de grandes proportions le blanc fixe , les laques de garance artificielle (laques d'alizarine synthétique) , les laques à base de couleurs azotées , les laques d'aurine et de coralline.

Parmi les diverses institutions de la fabrique pour le bien-élre de ses ouvriers, il faut mentionner une vaste salle à manger, des lavoirs et bains; les vêlements de travail sont délivrés gratuitement.

La fabrique, fondée le i" mai i85q par Christian- Auguste Beringer, prit un essor rapide par Piutroduction du blanc fixe dans le commerce.

A c6té du blanc fixe et des autres couleurs employés dans la fabrication des papiers peints et de fantaisie et dans l'impression des tissus de colon, l'usine a produit principalement des verts solides,

exempts d'arsenic, des laques à base de bob de teinture, de la condlme et de Taurine; ce dernier colorant eut un grand succès pendant les années i8So à 1861.

Le développement considérable de la fabrication des couleurs dérivées du goudron de houille engagea lusine à dévdopper la préparation des laques solides et surtout des laques d alizarine.

L'usine s'est beaucoup agrandie dans ces demièi^es années, h la suite de la nouvelle fabrication des couleurs azoïques.

Donner Bleiwbiss-vnd Fàrbbnpàbrik, 1/ Carl Ovbrhàg. — Siège de la maison : Bonn s/ Rhin. — Propriétaires : MM. D' Carl Overhage, de Bonn, et Wiliibald Schulte, à Siegen.

La fabrique est située à Duisdorf, près Bonn; elle occupe 6 employés et 45 ouvriers.

La matière première principde est le plomb ; les matières secondaires sont : l'acide acétique et l'huile de lin.

Les produits fabriqués par l'usine sont ; la céruse et le blanc de Krems. La fabrication de minium et d'autres couleurs est actuellement en installation.

L'exportation de ces produits a lieu dans tous les pays.

Il est nécessaire de relever, que la fabrique opère la pulvérisation de la céruse et sa mise en fûts avec des machines spéciales qui permettent d'éviter complètement la poussière et de diminuer ainsi considérablement la fréquence des coliques saturnines.

L'usine emploie une chaudière et une machine à vapeur de 70 HP.

La fabrique a été construite et mise en exploitation en 1898-1899. Elle est installée, avec les derniers perfectionnements, pour une production journalière de céruse de sa,ooo kilogrammes.

Gadbmann und O. — Siège de la maison, à Schweinfurt-sur-Mein. — Propriétaires : MM. C. F. Gademann et Alfred von Berg, conseiller du commerce. — Usines à Schweinfurt et à Niederwerrn, près Schweinfiirt.

La maison occupe, comme employés et ouvriers, plus de 100 personnes.

Les matières premières utilisées par l'usine sont : le plomb, le zinc, des sds de zinc, des acides, des sels de différentes sortes et divers bois de teinture qui entrent dans la composition des couleurs pour la peinture, la fabrication du caoutchouc, etc.

Produits de fabrication : blanc de lithopon (blanc au sulfure de zinc), blanc de baryte (blanc fixe), céruse, blanc de Krems, jaune de chrome, vert de chrome, vert de Schweinfurt, vert de zinc; rouge de Femambouc, vert à l'oxyde de chrome au moyen duquel Tusine prépare le vert Victoria et le vert permanent, qui sont des substituts non vénéneux du vert de Schweinfuii.

L'exportation a lieu dans tous les pays de l'Europe, au Levant, en Chine et au Japon.

Les forces motrices des usines se composent de 3 chaudières, de s machines à vapeur et de plusieurs turbines et roues à eau de la force de lao HP. Le transport intérieur de l'usine de Schweinfîu't se fait au moyen d'un chemin de fer à voie étroite.

La création de la fabrique remonte à 179Q ; elle fut la première fabrique de couleurs plastiques de la Bavière. Elle s'occupa en premier lieu de la fabrication de la céruse et du blanc de Krems ; plus tard, on ajouta le vert de Schweinfurt, des couleurs de chrome, des laques rouges et enfin le lithopon qui est actuellement uue partie très importante de la production totale.

Gbbr. Heyl vnd O, Société à responsabilité limitée. — Siège social, à Charlottenbourg, près Berlin. — Propriétaires : M. Hermann Stùcklen, en même temps chef de la maison, M°* veuve Hedwig Heyl, M. Cari Crûsemann. — Usine à Charlottenbourg et Réval (Russie), la dernière sous le nom de : Revaler chemische Fahrik, Richard Meyer, Société par actions.

Le personnel de la fabrique comprend h chimistes, i5 employés de commerce et lao ouvriers.

L^établissement emploie les produits les plus variés de Tinduslrie chimique, principalement des matièi'es colorantes dérivées da goudron de houille et des bois de teinture. Elle en prépare des pigments et des couleurs d'impression de toutes sortes pour la fabrication des papiers de fantaisie, des papiers peints pour la lithographie, Timprimerie et la peinture; elle prépare aussi des couleurs à Thuile pour la peinture artistique, du bianc-Gxe pour la fabrication des chromos et papiers photographiques et enfin quelques produits chimiques , tels que Thydrate d'duminium , les sels de manganèse, etc.

Ces produits sont écoulés en Allemagne et dans tous les pays étrangers.

L'usine dispose notamment, pour son exploitation, d'une machine à vapeur à triple expansion de 3oo HP ; ce moteur actionne, entre autres, une dynamo à courant polyphasé, pour la mise en mouvement d'installations mécaniques, et une dynamo à courant continu pour l'éclairage. La force motrice transportée par voie âectrique est d'environ 1 3o HP.

Parmi les institutions de l'usine pour le bien-être des ouvriers, il convient de citer des salles à manger spacieuses, des installations de bains, etc.

L'usine a été fondée en i833 par M. Ernst Eduard Heyl, propriétaire d'une ancienne maison de couleurs et de drogues, à Beriin; plus tard, la fabrique fut séjjarée de cette maison et transférée à Charlottenbourg. Après le décès du fils du fondateur de la maison, Georg Friedrich Heyl, conseiller du commerce, eUe fut transformée, en 1898, en une société à responsabilité limitée. La superficie de Fcxploitation comprend environ 3 hectares ; elle a été augmentée récenunent par suite de la construction de nouveaux bâtiments.

Kast DifD Ebinger, Société à responsabilité limitée. — Siège social à Stuttgart. — Propriétaires: Dr. G. von Siegle, Theodor Sproesser, conseillers du conmierce, et Cari Ostertag. — Usine principale à Feuerbach, près Stuttgard. — Agences à* New- York, Berlin, Cologne-sur- Rhin et Leipzig.

L3 total du personnel est de 58 employés et 90 ouvriers.

La fabrication comprend toutes les encres de l'industrie graphique (typographie, lithographie, phototypie en taille-douce, sur métaux et en couleurs pour relieurs, etc.), ensuite les vernis, pâtes à rouleaux, couleur autographique, encre autographique, encre lithographique en bâtons (Stuttgarter Tusche) , encre autographique en bâtons.

Les produits de la maison sont exportés dans tous les pays du monde.

La fabrique dispose, pour son exploitation, de 3 chaudières d'une surface de chauffe totale de 34 mètres carrés et de 3 machines à vapeur d'une force totale de 3oo HP. Un chemin de fer à voie étroite sert pour les transports à l'intérieur de l'usine.

La maison a inventé un grand nombre des laques qu'elle met en vente.

Elle a de plus créé les institutions suivantes pour le bien-être de son personnel :

1* Une indemnité de logement, de 60 à lao marcs par an, est accordée aux ouvriers mariés, et 90 marcs aux célibataii*es qui ont une année de service;

Gb. XIV. — Cl. 87. — T. IL 21

q' Des primes d'âge de a 5 marcs après un service de cinq ans; pour chacpie nouvelle période quinquennale, cette prime est augmentée de 9 5 marcs;

3** Subventions, en cas de maladie, aux femmes et aux enfants des ouvriers ;

4' Compte d'épai*gne pour les ouvriers ;

5° Allocation à chaque ouvrier qui a travaillé à Tusine, au moins dix années consécutives, d'une semaine de vacances par an, avec salaire complet et un supplément de ao marcs ;

6* Subvention aux veuves.

La maison a été fondée en i865 et transformée, le a8 mai 1898, en une société à responsabilité limitée.

KôLNBR RvssFABRiKEN AiBBRT Bentb. — Siège de la maison à Cologne. Propriétaire : M. Albert Rente.

Les fabriques sont situées à Porz-sur-Rhin , près Cologne ; elles occupent 3o personnes.

Les matières premières utilisées sont : la naphtaline, Thuile de goudron, le pétrole, les résidus d'anthracène et autres.

Elles servent à préparer la suie qui est employée à toute espèce d'^usages industriels.

Dans ces derniers temps, Tusine a réussi à fabriquer des produits particulièrement fins qui ont obtenu dans leurs différents usages un bon accueil. Une autre spécialité est cdle de suie pour la fabrication des charbons âectriques et galvaniques.

La maison expédie ses produits non seulement en Allemagne , mais encore en Autriche , Bdgique , France, Hollande, Angleterre, Russie, Suède et Norvège, Italie, aux États-Unis et en Asie.

L'usine a construit pour son personnel une installation de bains chauffés à la vapeur et de douches ; elle met gratuitement à la disposition des ouvriers des logements avec jardinets.

La maison a été fondée eu 1 898 et commença son exploitation avec une seule usine. La bonne qualité de ses produits amena une si grande vente qu'il fut nécessaire de construire d'autres fabriques; actuellement, k usines travaillent sans interruption, et on prévoit un agrandissement pour le printemps prochain.

Fbitz Schulz jun. — Siège de la maison à Leipzig. — Propriétaires : MiM. Friedrich Adolph Schulz et Gustav Adolph Philipp. — Fabrique principale à Plagwitz- Leipzig. — Succursale à Eger (Bohêuie), et usines de craie siliceuse à Neubourgsur-Danube. — Bureau central à Leipzig, kaiser Wilhelmstrasse 43/44.

La maison occupe environ &o employés et 600 ouviiers.

Elle tire la matière première de ses propices usines de craie sihceuse de Neubourg-sur-Danube pour fabriquer les substances à polir les métaux.

Les produits de la maison sont : substances pour polir les métaux (extrait à polir, marque Le Globe, pâte à pohr, poudre à polir, pommade à polir), amidon brillant, vaseline, pommade à polir les fourneaux, graisse pour Tentretien du cuir, mentholine, savon à dégraisser, savon minéral, politure pour meubles, ^fanztne, poudre de savon.

Ces produits sont exportés dans les pays civilisés du monde entier.

Panni les moyens d'exploitation dont dispose la maison, il faut citer h chaudières à vapeur de 370 HP. Une machine à vapeur compound à condensation de ia5 HP, alimentée par a chaudières à vapeur d'une surface de chauffe totale de 160 mètres carrés, actionne une dynamo, à courant continu, pour l'éclairage, et une dynamo, à courant polyphasé; celle-ci fournit le courant à 16 moteurs électriques, d'une force totale de 1 13 HP, qui actionnent i3o machines diverses. L'établissement de

Plagivitz est relié à la voie ferrëe du chemin de fer royal de Saxe. Les usines de Neubonrg sont desservies par un chemin de fer sur plan incline à traction automotrice.

Les premiers articles produits par la fabrique, sur une grande échelle, sont : lamîdon brillant et lextrait à polir, marque Le Globe, [.a maison a fait protéger par la loi ses produits ; ses marques de fabrique sont déposées en Allemagne et à Tétranger.

Hlstorionie. — La maison Friz Schulz jun. , à Leipzig, fabrique de produits chimiques-techniques , a été fondée au commencement du mois de juillet 1878 par M. Friedrich Adolph Schulz, co-propriétaire de lusine. Au mois de septembre 1881, son beau-frère, le commerçant Gustav Adolph Philipp, entra dans la maison comme associé.

La fiibrique, sise à Neubourg, sous la raison sociale : Vereinigte Neuburger Kreidewerke Sckulz und Philipp et fondée en 1893 a, ainsi que la succursale d'Eger, son bureau central à Leipzig ; elle est l'attachée aux usines de craie siliceuse desquelles on retire la matière première pour la préparation des substances à produire la marque Le Globe. Cette craie siliceuse est réduite , sur l'emplacement même de la mine, en une poudre très pure et d'une finesse irréprochable au moyen de machines de la plus récente construction.

Le grand établissement TiCipzig-Plagwitz , construit récemment, comprend, à côté de la fabrique de produits chimiques, une installation conséquente pour la fabrication des boites en fer-blanc qui permet de produire les ho millions de boites, que demande la production annuelle de Tusine; elle renferme encore une fabrique spéciale de cartonnages et de caisses pour couvrir les besoins de Tusine.

(r. SiEGLE u\D C", Société à responsabilité limitée. — Siège social à Stuttgart. — Propriétaires : MM. Dr. G. von Siegle, Theodor Sproesser, conseillers du commerce, et Cari Ostertag. — Usines à Stuttgard et Feuerbach. — Agences à Berlin, à Cologne-sur-Rhin, Leipzig, Paris et Vienne.

Le personnel des usines et agences comprend 44 employés et 166 ouvriers.

Les matières premières employées dans les usines sont les suivantes : alun, sulfate d'alumine, clilorure de baryum, chromâtes, sel de Glauber, sel de cuisine, chlorure de chaux, sulfate de fer, pmssiates, mercure, sels de plomb, d'élain, de zinc et de cadmium, soufre, acide borique, huile de ricin, alcool, acide acétique, alcalis caustiques et carbonates, acides minéraux, couleurs d'aniline de toutes sortes, cochenille, garance, gi*aine de Perse, indigo, bois tinctoriaux.

Les pi-oduits fabriqués sont : les carmins, laques calaminées, laques géranium, laques brillantes, laques écariates, rouge solide, laques Crimson, purple lake, laques César, laques de Florence, rouge turc, vermillons, rouge permanent, carminette, vermillons factices, rouges opaques , rouge de chrome, laques de garance, laques d'alizarûie, rouges nouveaux, laque amaranthe , violet brillant, violet nouveau et violet solide, bleu de cobalt, carmin bleu, laques bleues, bleu de gentiane, bleu de Prusse, bleu d'Anvers, bleu d'Orient, laques vertes, laques viridine, vert émeraude, vert soie, vert Victoria nouveau, vert solide, vert de zinc, vert ohve, vert de chrome, vert cinnabre, vert permanent, vert Victoria , laques jaune solide , laques jaune clair, laques brunes , carmin brun , brun sépia , laque orangé solide, jaune de cadmium, jaune indien, jaune de Perse, jaune de Naples, jaune de zinc, jaune de chi'ome, jaune de Paris, ocres, leiTe de Sienne, terre d'ombre, brun soluble, oxyde de fer, laques noires, noir d'ivoire, noir de Paris, noir de fumée, noir de Vigne, blanc de Krems, blanc pour impression, blanc de céruse, blanc de zinc, blanc de métal; toutes les couleurs pour litho et typographie, peinture, papier, papieis colorés et papiers peints ; couleui-s non vénéneuses, pour confiserie, jouets , papiers pour fleurs , couleurs pour fleui*s artificielles. Couleurs d'aniline , huile pour rouge turc pour teinlui-e et impression, couleurs pour impression sur étoffes, couleurs solubles dans les corps gras.

Ces produits sont exportés dans tous les pays du monde.

Le matériel de Tusine comprend entre autres : 5 chaudières d'une surface de chauflfe totale de 6 00 mètres carres et 2 machines à vapeur d'une force de 6o HP. Llntërieur de Tusine est desservi par un chemin de fer électrique à voie étroite.

Toute une série de laques d aniline et de laques de garance artificielle, ainsi que le vert oxyde de chrome, ont été pour la première fois produites en grandes quantités par la maison.

Dispositions en faveur des ouvriers : la maison accorde aux ouvriers mariés une indemnité de logement annuelle pouvant s'élever de lao à aoo marcs. Elle paye des primes d'ancienneté pour longs services consécutifs, savoir: 95 marcs après un service ininterrompu de cinq ans, et a 5 marcs en plus après chaque autre période quinquennale. Il existe une caisse de secours pour maladie , pour les ouvriers et leurs familles, ainsi qu'une caisse d'épargne pour les ouvriers. Un congé annud de huit joiu^ est accordé à chaque ouvrier ayant ti*availlé à la fabrique pendant dix ans et plus. Pendant ce temps, on lui donne sa paye hebdomadaire et, de plus, un supplément de qo marcs. La maison accorde des secours aux veuves des ouvriers. Elle fournit aux ouvriers l'occasion d'acquérir une maison dans des conditions particulièrement avantageuses.

La fabrique, fondée en i8â8 sous le nom Heinrich Siegle, a été réunie, en 1878, à la Badische Anilin und Soda-Fabrik et dirigée comme succurssde de celle-ci jusqu'en t889 ; ®^^® ^^' redevenue indépendante à cette époque sous la raison sociale G. Siegle und C"*, et a été transformée, en une société à responsabilité limitée.

M. ScHWÀRz [Hbrmann)^ à Magdebourg.

Cette maison, fondée en 1861 par le propriétaire actuel, s'occupe principalement de la fabrication des vernis de tous genres employés , soit dans la peinture en bâtiments , soit dans la carrosserie : vernis pour voitures et wagons, vernis spécial pour locomotives, vernis flatting, etc., vernis pour bâtiments , vernis pour industrie, vernis spéciaux au four pour l'industrie, vernis pour boîtes en fer-blanc fi'appées , vernis noir Japon au four, etc. La plupart de ces produits ont pour base l'ambre jaune ou le copal.

M. TiEDEMANN [Chàrles) , à Dresde.

Cette maison , qui date de 1 833 , outre une grande variété de vernis et de laques de toutes nuances , fabrique encore un chromo-siccatif à l'ambre pour planchers. C'est un vernis gras préparé à l'andbre jaune ou Karalié le plus dur et à l'huile. Ce produit jouit de la propriété de sécher en toute saison, même en hiver, dans l'espace d'une nuit, et reste intact sous la pression de la chaussure. Préparé ea toutes nuances , il peut aussi servir pour enduire les murs , les pierres , les portes , fenêtres , etc. Il suffirait d'un kilogramme de produit pour couvrir une surface de 1 5 mètres carrés.

Dr. DiETRica UND Brockbues, Vereinigte Schwarzfàrbwerke. — Siège de la maison à Oberwalluf (Province rhénane). — Propriétaire : M. Hermann Brockhues. — Fabriques à Oberwalluf, Erpolzheim (Palatinat bavarois) et à Dûrkheim-sur-H.

Le personnel de la maison d'Oberwdluf se compose de 6 employés, 6 chefs de fabrication et 70 ouvriers.

Les matières premières sont : déchets d'ivoire et d'os , marc et lie de vin , sarments et lignite.

Les jjroduits fabriqués sont : couleurs noiiiss, noir d'ivoire, noir de Paris, noir d'os pour cirage, noir de vigne, noir pour ciment, noir minéral.

Ces différents articles sont exporta dans tous les pays.

La fabrique d'Oberwalluf possède : i chaudièro à vapeur, i machine à vapeur.de laS HP, i machine hydraulique de A o HP ; la fabrique de Dûrkheim : i chaudière à vapeur, i machine h vapeur de 60 HP et 1 machine hydraulique de 3o HP. Les trois fabriques communiquent avec le chemin de fer; la maison d'Oberwalluf possède , en plus, un débarcadère pour les bateaux. Les marchandises des fabriques de Dûrkheim et d'Erpolzheim sont transportëes par eau, à partir de Ludwigshafen. Dans rintérienr de l'exploitation, on se sert de chemins de fer à voie étroite pour le transport des ma tériaux.

MM. Dîetrich et Brockhues ont réuni, sous la raison sociale de Veretnigte Schwarzfarbwerke , les fabriques d*Oberwalluf , Zumstein de Diirkheim , Zumstein d'ErpoIzheim et du Dr. Stutzmann de Birkenau, près Weinheim (grand duché de Bade).

Adâlbert Vogt vnd (y. — Siège de la maison à Berlin O.-Friedrichsberg. — Propriétaires : MM. E. Hergersberg, F. Hergersberg, F. F. Hergersberg, P. Hergersberg, M. Hergersberg. — Fabrique à Friedrichsberg, près Berlin.

Le personnel se compose de 1 9 employés et environ 100 ouvriers.

On produit des substances pour nettoyer les métaux, des graisses pour le cuir, des cirages pour foiuneaux et d'autres compositions de ce genre.

L'exportation de ces produits a lieu dans tous les pays du monde.

On se sert, pour Texploitation , d'une chaudière de a HP et d'une dynamo.

La pommade rouge qui sert à nettoyer le métal est une découverte de la Société et a été mise par die pour la première fois dans le commerce.

La maison a été créée en 1 869.

Dr. F. WiLHELMi. — Siège la maison : Leipzig-Reudnitz. Propriétaire : M. le Dr. F. Wilhelmi.

La fabrique se trouve à Reudnitz ; elle occupe 6 employés et 9 5 ouvriers.

Les matières premières employées sont les suivantes : soude, cai^bonate de potasse, soufre, litharge, pyrolusite, des végétaux, des résines, des huiles grasses, particulièrement l'huile de lin.

Les produits fabriqués par la maison sont :

i*" Des matières colorantes v^étales : alcannine, chlorophylle, bixine ;

9" Tous les suintes, en particulier : métasulfite de potassium , sulfite de sodium, sulfite de calcium;

3' Des siccatifs : résinâtes et linoléates, en particulier le résinate de manganèse, le linoléate de manganèse, extraits siccatifs, siccatifs liquides, siccatifs en poudre et tous les sels de maugauèse;

4* Divers : essence d'amandes amères, acétine, palmitate d'alumine, résinate de cuivre, Plastilina.

L'exportation de ces produits a lieu dans presque tous les pays de l'Europe.

Deux chaudières de 100 HP fournissent la vapeur pour la cuisson, pour actionner les machines à vapeur et autres, et pour produire de l'électricité.

La maison a trouvé une méthode industrielle de fabrication de l'essence d'amandes amères artificielle (benzaldéhyde) et du linoléate de manganèse.

Le bien-être du personnel est assuré par différentes institutions.

La fabrique de produits chimiques Dr. F. Wilhelmi a été construite en 1869 ; elle est dirigée encore actuellement par son fondateur.

L'usine s'occupa, en premier lieu, essentiellemeiit de la fabrication de l'huile d'amandes amères artificidle (benzaldéhyde), préparée avec le chlonire de benzyle par une méthode spéciale. Le sulfite

de sodium employë dan . ce procëdë fut bientôt produit dans lusine même , et on rattacha h cette fabrication celle d'autres sulfites et bisulfites. Le chlorure de manganèse, sous-produit de la transformation du tolnène en chlorure de benzyle et provenant de Taclion de Tacide chlorhydrique sur la pyrolusite, entraîna la fabrication de préparations de manganèse; comme on sait, ces préparations sont employées en grandes quantités comme siccatifs, dans la fs^brication des vernis. Indépendamment de ces fabrications, on entreprit, en 1876, Textraction de colorants naturels; on commença aussi la préparation de Talcannine, l'extrait rouge de la racine d'orcannette, puis vinrent la curcumine et la bixine, et enfin la chlorophylle. La maison a encore plusieurs spécialités, racétine,ie palmitate d'alumine, les résinâtes de chrome, de bismuth, de zinc, de fer, de cuivre, le palmilate et le stéarate de cuivre et le produit Plastilina , qui est un succédané de Targile plastique employé par les sculpteurs sur pierres, bois et métaux.

AUTRICHE

D'après le docteur Priwosnik, directeur général des essais à la Monnaie, à Vienne ^^^ « c'est dans la richesse minérale de lempire austro- hongrois et dans Tardent désir d'utiliser ce trésor, qu'il faut chercher les motifs de l'impulsion donnée à la préparation des couleurs minérales naturelles qui, au fond, n'exigent qu'une préparation mécanique, ainsi qu'à la production des couleurs minérales artificielles basée sur des réactions chimiques, préparation et production qui, de tout temps, ont eu eu Autriche un succès généralement apprécié, n

Le savant auteur passe ensuite en revue toutes les découvertes qui ont été faites, toutes les grandes usines qui ont été fondées en vue de la fabrication de ces couleurs. Introduction à Klagenfurt, en 1769, par François-Paul baron de Herbert de la préparation du blanc de plomb par le procédé hollandais ; en 1818, de la fabrication du même blanc par la méthode autrichienne , allemande , carinthienne ou de Clichy ; perfectionnement, production, hygiène des ouvriers; apparition de la céruse du Tyrol, <jui n'est autre chose que du blanc fixe ou sulfate de baryte; introduction en i8do, à Péterswad, puis en Galicie, de la fabrication du blanc de zinc, etc. A propos de la rivalité des deux blancs, de céruse et de zinc, qu'il nous soit permis de reproduire la réflexion suivante de M. Priwosnik ; elle ne manque pas d'actualité : « La lutte qu'avait à soutenir un peu partout l'industrie de la céruse, soit contre la police sanitaire, soit contre l'industrie du blanc de zinc, particulièrement en France, se voit dans le fait suivant : En 1 845 , le Jury de l'Exposition française a non seulement proposé l'inventeur du blanc de zinc pour la plus haute distinction , mais il a pris môme l'initiative de demander au Gouvernement de prohiber l'emploi de la céruse. Par contre, le Jury de l'Exposition universelle en i855 réclama une distinction particulière pour la Chambre de commerce de Lille, en reconnaissance des luttes victorieuses pour le maintien de l'industrie du blanc de plomb. V

L'auteur continue ensuite à montrer que, de même que pour la céruse, les origines

^•^ Catalogue de la Section autrichienne de V Industrie chimique.

ARTS CimfIQUES ET PHARMACIE. 327

(le la fabrication de la litharge et du minium remontent à la plus haute antiquité. Les efforts en vue d'employer les plombs de la Garinthie pour ces fabrications ne laissèrent pas d'exercer une grande influence sur le développement de l'industrie du verre et de celle des allumettes chimiques.

Cette fabrication du massicot et du minium fut encore introduite à Klagenfurt (Carinthie) en i 789 ou 1 790, et ne cessa de prospérer depuis lors.

Il en est de même de la préparation du cinabre , au moyen des minerais d'Idria en Camiole qui , d'après une communication officielle de la Direction impériale royale datée du 9 1 février 1 898 , aurait même été produit artificiellement pour la première fois en 1587. Quant au vermillon, son apparition daterait de 1780. M. Priwosnik fait ensuite l'histoire du vert de Mitis, sorte d'acétoarséniate de cuivre ; du bleu de Leithner, espèce de bleu de cobalt, qu'on obtient en chauffant à haute température du nitrate de^ cobalt avec de l'alumine, ou en précipitant des solutions d'alun et de cobalt par des alcalis, bleu qu'il ne faut pas confondre avec le bleu Thénard; du jaune de Naples (antimoniate de plomb), très apprécié pour la peinture à l'huile et sur émail, et qui. diffère essentiellement de la terre jaune safranée, exploitée à Naples sous le même nom; de la mise en œuvre du fer chromé de Kraubat en Styrie, pour la préparation des couleurs de chrome ; du colcothar, du minium de fer, obtenus primitivement avec le caput mortuum provenant des étabfissements de David Stark qui le premier fabriqua de l'acide sulfurique fumant ; de l'outremer qui fit son apparition en Autriche en i863 ; des couleurs d'urane extraites du pechuratie (^Pechblende), urane oxydulé, à lohachimsthal en Bohême, couleurs qui sont produites actuellement par une fabrique impériale royale installée près des gisements mêmes, qui fournit les matières colorantes pour l'industrie du verre du monde entier. Il n'est peutêtre pas inutile de rappeler que c'est dans les scories, les résidus de la préparation de ces couleurs, que M. et M"* Curie ont trouvé le radium.

Abstraction faite des nombreux petits établissements pour la fabrication des couleurs minérales, il y avait en Autriche, en 1 888, 3 3 grandes exploitations de couleurs métalliques et minérales, dont la production annuelle se montait à â 00,000 quintaux métriques, d'une valeur dépassant deux millions de florins.

Comme on le voit, les hommes de science et les industriels d'Autriche ont contribué de la façon la plus heureuse au développement de la fabrication des couleurs minérales; aussi est-il à regretter que de tous Jes grands établissements qui s'occupent de cette fabrication, il n'y en ait qu'un seul qui ait participé à notre Exposition. Il est vrai que la maison Herbert (François-Paul), à Klagenfurt, représentée depuis 1 891 par M. Ernest Herbert-Kerchnawe et le D*" baron Albin Spinette , est célèbre dans les annîjes de l'industrie des couleurs minérales. Elle fut fondée en 1 7 5 6 , selon les uns , et en 1 7 5 9 selon les autres , parle chevalier Jean-Michel de Herbert qui, ainsi que nous l'avons vu, introduisit en Autriche le procédé hollandais de préparation de la céruse. Par ordre de Marie-Thérèse, les usines de l'Etat fournissaient le plomb à la fabrique au prix de revient. Son fils François-Paul, tout en introduisant la fabrication du massicot et du minium à Klagenfurt en 1790, installa en 1799 une seconde fabrique de céruse à Wolfsberg, dans le

Lavanthal, en Corinthie. Le baron Ignace de Herbert, fils de ce dernier, continua en 1811 ia production des oxydes de plomb à Reifnitz, sur le lac Wôrth. Jusqu'alors rAutriche tirait la plus grande quantité de son minium d'Angleterre. Tout récemment la maison François-Paul Herbert a fusionné avec la Société, l'Union minière de Bleiberg, qui possédait d'importantes mines de plomb en Carinthie et fabriquait du plomb, de la céruse, du minium et de la litharge. La maison a exposé du blanc de céruse.

ÉTATS-UNIS

Les matières premières nécessaires à la fabrication des pigments minéraux et des vernis abondent aux Etats-Unis plus que partout ailleure et, comme les formules ou recettes de ces produits sont à la portée de tous et ne demandent pas des connaissances scientifiques profondes pour être appliquées, il en résulte que les Américains, grâce aux perfectionnements apportés aux machines, sont en mesure de fabriquer les articles les plus courants dans des conditions de bon marché telles, que les produits européens sont à peu près éliminés. On estime, en effet, que les couleurs minérales manufacturées aux Etats-Unis ont atteint, en 1889, *o3,q57 tonnes américaines, d'une valeur de 3,940,069 dollars et en 1900, 190,169 tonnes américaines, d'une valeur de 4,497, iâ3 dollars.

Pour ne citer que quelques chiffres, les Etats-Unis ont produit, en 1900, 17,015 tonnes d'ocrés, d'une valeur de 186,707 dollars; i,459 tonnes de terre d'ombre, d'une valeur de 96,927 dollai's; 2 3,9 18 tonnes de couleurs métalliques, d'une valeur de 26 1,83 1 dollars.

En ce qui concerne les couleurs plombiques comme la céruse, le minium, la litharge, on a remarqué que leur production a diminué notablement durant la dernière année , par suite de l'emploi croissant du blanc de plomb sublimé ou sulfate de plomb, et du blanc de zinc. On a, en effet, produit 47,947 tonnes de ce dernier oxyde, en 1900, contre 4o,246 tonnes en 1899.

En ce qui concerne les échanges internationaux, les statistiques accusent les chiffres suivants :

Couleurs (en dollars) 1,419,877 1,491,909

Vernis (sans indications)

Couleurs (en dollars) 1,1 19,198 1,978,198

Vernis (en gallons) 5 1 A, 535 619,407

Comme on peut s'en rendre compte, si les importations augmentent graduellement, les exportations les suivent de près. Il semble même qu'en ce qui concerne les vernis, l'Europe ne prend aucune part à la consommation de ces articles aux Etats-Unis.

Bien que la plupart des grandes villes américaines possèdent plusieurs fabriques de couleurs, quelcpes maisons seulement ont tenu à montrer leurs produits au Champ-de- Mars. Ce sont :

MM. BiNNEY BT Smith, Pearl Street, 267, à New-York. Cette maison a expose diverses spëcialilës de noirs : noirs de Aimée, noir de gaz, etc.

MM Yalentihe et C", Broadway, 67, à New- York.

Celte maison, déjà ancienne (i83â), est uoe des plus connues par le nombre des articles qaelle fabrique et par son chiffre d affaires qu'elle accuse être de plus de un million d ; dollars.

Elle produit toutes les variétés de vernis , et recommande particulièrement ses vernis pour voitures et wagons, son vernis émail, ses siccatifs, sa cx>Ile d'or, etc.

Parmi les couleurs, il but citer ses couleurs pour voitures, ses noirs superGns, ses couleurs pures à rhuile en tubes pour artistes, ses préparations pour impression et pour apprôt, etc.

La maison Valentinb et C'* occupe un personnel de 176 ouvriers dont 168 hommes et 8 femmes.

M. Blichert (P. i4.), Mànvfactvring Company, à Chicago. A montré divers spécimens de cirages.

M. FoEDERER [BoBERT. ff.), à Philadelphie (Pensylvanie). Avait une exposition analogue.

Jaenecke Printing Ink Company, à New- York.

Importante maison qui fabrique, et qui a exposé, toute Ja gomme des encres d'imprimerie noires et de couleur.

MM. Mathews {Wm. I.)et C' Limited, à New-York. Son exposition principale était du blanc de céruse.

MM. Muzzy BROTHERS, à Patorsou (New-Jersey).

Ont montré des couleurs à leau.

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