‹ Les industries chimiques et pharmaceutiquesChapitre 135 sur 160 · ROUMANIE · texte numérisé non relu

ROUMANIE

Le savon et la bougie étant devenus des objets de première nécessité pour toute nation civilisée, il est tout naturel que, suscités par la loi pour l'encouragement de l'industrie nationale, dont nous avons signalé les avantages dans le chapitre ce Grande industrie 99, les Roumains se soient mis en situation de créer et de faire prospérer des savonneries, des stéarineries ainsi que d'autres industries qui alimentent ces dernières.

Ces industries ne sauraient sans doute avoir le développement que possèdent leurs similaires en France, en Autriche, en Allemagne, en Angleterre, mais leur production semble suffire à la consommation de la population, qui serait de 5, 919,690 habitants, d'après le recensement de 1899.

Les principaux exposants sont :

MM. AssAs [Georges) frères, à Bucarest.

Cette maison a été fondée en i853 , par M. 6. Assan. A sa mort elle fut dirigée par sa veuve, qui la céda, en 188&, à ses deux fils. On s*occupa au début exclusivement de Textraction des huiles végétales par expression, puis par la benzine. La production atteint actuellement 1,900,000 kilogrammes d'huile et 9, &oo,ooo kilogrammes de tourteaux. En 1893, la maison s'adjoignit une fabrique de couleurs, de vernis et de laques qui concoiu^nt avantageusement avec les produits étrangers.

M. Babad [Jacob) ^ à Galatz (Corvurlui).

Expose des bougies et des cierges.

MM. Ionesco (Sor/a), à Braila; Môsnbr et Morsino, à Galatz (Corvurlui); NicoLAEVici (/.) FRÈRES, à Braila.

Ont montré divers spécimens de savons et de bougies stéariques.

Stella [La fabbiqve), à Bucarest.

Cette maison a exposé au pavillon de Vincennes. Ses produits , bougies stéariques et savons , étaient présentés avec une certaine élégance et ne le cédaient en rien comme qualité aux produits similaires des autres pays.

RUSSIE

Si , panni les nations productrices , au point de vue spécial de la stéarinerie et de la savonnerie, la Russie est une des dernières qui fût entrée en lice, il ne faut pas se dissimuler qu elle a su s'organiser grandement et mettre à profit tous les progrès qui ont été réalisés par les industriels des autres nations. On peut même dire que par l'installation de laboratoires scientifiques annexés à quelques-uns de ses établissements, et par l'appel que ces établissements ont fait aux lumières des hommes de science des universités russses , ils ont singulièrement devancé la plupart des autres nations européennes. C'est en vain qu'on chercherait, en effet, un établissement quelconque soit sur le continent, soit ailleurs, dans lequel on ait pris à tâche de contribuer, par des recherches purement scientifiques et désintéressées, à la connaissance des corps gras.

Parmi les maisons qui ont exposé nous citerons :

M. Kâmtchàtoff [Michel), à Perm.

Cette maison a montré des savons à Tanis, des savons jaunes et des savons marbrés.

MM. Kbkstovnikofp frères, à Kazan.

Les usines de la Société industrielle Krestovoiioff frères ont été fondées à Kazan en i85S, dans le but de fabriquer des bougies stéariques , des savons , de la ^ycérine et tous les autres sous-produits.

Elles occupent actndlement q.qoo ouvriers.

Ces usines sont munies de 9 autoclaves , 1 o appareils pour la distillation , s 8 chaudières de 1 ,&oo chevaux-vapeur, 16 machines de &00 chevaux-vapeur, 36 presses hydrauliques, a chaudières à évaporalion dans le vide, 1 o chaudières pour savon et 300 machines à couler les bougies. La Société possède aussi les chambres de plomb nécessaires pour produire annuellement -i.ooo tonnes d*acide suliurique; une scierie ponr confectionner des boites; une tonnellerie où Ton fait des barib; des ateliers mécaniques pour construire et réparer les machines et les chaudières ; une usine à gaz ; des réservoirs pouvant contenir i3,o/lo,ooo kilogrammes de naphte et un laboratoire d'essais et de recherches.

A ces établissements se trouvent attachés un hôpital de 90 lits, des dortoirs pour 1,000 ouvriers, une cuisine et une école pour les enfants.

La manufacture fabrique annuellement :

Bougies stéariques 9,1 a8,ooo kilogr.

Savon (marbré, dur, savon de glycérine et savon parfumé de Kazau) 3,960,000

Oléine neutre (trioléine) 5oo,ooo

Acide olëique 3,586,ooo

Acide sulfurique 9,000,000

Glycérine distillée , chimiquement pure â 89,000

Glycérine blanche, raffinée .... 396,000

Glycérine jaune, non raffinée 659,ooo

La Société produit aussi accessoirement :

De rhuile dégraissage; du iypogène ou lypogénine; de Tacide éiaïdique. La production totale est évaluée à 6,000,000 de roubles annuellement.

À c^té de ces indications, que la Société donne dans une élégante brochure de i&o pages, rédigée Gi.XIV.--Gi..87. — T.II. 95

lUI-RIULniE KATIOSALK.

en russe et en français , die nous expose les travaux d'ordre scientifique qui ont été exécutés dans ses propres laboratoires, sous la direction de M. Constantin Saytzeff , ex-doyen de chimie de l'université de Kazan, assisté de M. le docteur Michel Saylzeff, licencié es sciences chimiques de la même Université, et dans ceux de M. Alexandre Saytzefl*, professeur de chimie organique à T Université de Kazan, dont la Société s*est assuré la collaboration. Comme le dit la brochure, dont nous respectons, à dessein, la rédaction I trOn a eu pour but, non seulement de bien édairer, par ces Iravaux de laboratoire, les procéda chimiques qui se font dans les transformations des substances mentionnées, mais on a cherché aussi à en obtenir des données nouvelles pour définir la constitution chimique des combinaisons explorées. Ces travaux ont été érigés au sol (sur une base) exclusivement scientifique, ce qui a été provoqué par la persuasion ferme que ce n'est que cette voie qui puisse servir d'un vrai progrès pour l'industrie. 9) Suit un exposé historique, qui remonte jusqu'à Chevreul, de la chimie des corps gras, et puis une série de seize mémoires purement scientifiques, ayant trait aux travaux exécutés pai* MM. Saytzeff, pendant une période de vingt ans, sur les acides oléique, âaïdique, érucique et brassique, ainsi que sur deux isomères, l'acide isooléique et l'acide isoérucique obtenus dans le cours de de ces recherches.

Ce programme, exclusivement scientifique et dégagé de toute considération d'ordre utilitaire, a été fidèlement rempU jusqu'à présent, et a donné les plus heureux résultats. C'est grâce à MU. Saytzefi que la chimie des corps gras a fait de très réels progrès dans ces dernières années et que bien des points restés longtemps obscurs ont pu être élucidés. Est-ce à dire que toutes ces recherches n'ont pas eu leur répercussion sur l'industrie qui les a sollicitées? Il est probable qu'elles n'ont pas été stériles, même à ce point de vue purement militaire; dans tous les cas, elles font honneur à l'esprit élevé des chefs d'industrie qui les ont provoquées, et aux hommes de science qui les ont conçues et menées à bonne fin.

La belle qualité des produits exposés, et la prospérité de la maison KrestovnikoiF frères, témoignent d'ailleui's suffisamment de l'influence féconde qu'exerce la science bien comprise sur la marche de leur industrie.

Outre les produits dont l'énumération a élé faite plus haut, la maison a exposé de très beaux échantillons d'acides oxystéarique, élaïdique, dioxystéarique, oléique cristallisé, palmitique, isooléique, stéarique, etc. . ., de le cire synthétique, tous produits témoins des travaux délicats et laborieux dont il a été question.

M. Lachine [Wladimir)^ à Koursk.

Expose différentes variétés de savons marbrés bleu et rose.

M, Mâtchikhinb [Jban)^ à Saint-Pétersbourg.

Celte maison a montré une très belle collection de bougies de paraffine et de bougies sléaiûques.

M, PsTRBNKo, à Kharkoff.

Cette maison s'occupe, à proprement parier, surtout du lavage en grand des laines, et ce n'est qu'accessoirement qu'elle fabrique, avec le suint qu'elle purifie, de la lanoline, du savon de lanoline et un certain noinbre de produits à base de lanoline pour le graissage des harnais, des chaussures, des sabots de chevaux, etc.

Elle possède l'outillage nécessaire pour fabriquer 3,ooo briques de savon par jour.

ARTS CfflMIQLES ET PHARMACIE. 387

M. Sbukoff (A.-M.), à Saint-Pëlersbourg.

Cette maison, qui s'occupe aussi de la distillation des pétroles, a ëlë fondée en i8&5. Me se livK aux exploitations suivantes qui occupent 800 ouvriers :

Une savonnerie, où elle fabrique annuellement 8 millions de kilogrammes de savons différents et principalement des savons marbrés dits d'Eschwege ; elle relire , d autre part , la glycérine de ses lessives.

Une stéarinerie, pour laqudle seuls les suifs inférieurs (suifs d*os) sont employés.

Une huHerie, où elle traite plus de 1 1 ,5oo,ooo kilogrammes de graines oléagineuses , qui produisent environ 8,5oo,ooo kilogrammes d'huile.

Les principales huiles fabriquées sont : Thuile de ricin, de coco, de lin et les huiles lampantes mixtes.

Une distilierie de pétrole, où elle traite 1 â,6oo,ooo kilogrammes de pétrole brut, en vue delà fabrication d'huiles lubréGantes et de vaselines liquides et concrètes.

La Société possède un laboratoire central annexé à ses usines.

Son exposition comprend différentes variétés de glycérines, de suifs, d*huiies, de vaselines, de paraffine, de savons marbrés, résineux, etc. Elle a, en outre, moulré des acides naphténiques , provenant des résidus du traitement alcalin des pétroles (voir chapitre pétrole) des savons naphténiques et de lacide oxystéarique.

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