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CHAPITRE VIII

COLLES ET GÉLATINES.

Le peu ({ue nous connaissons de la constitution intime des colles et gélatines, malgré les beaux travaux de Schutzenberger et de ses successeurs, les difficultés que présente l'étude de ces substances, dont la composition peut varier non seulement avec la nature de la matière première et son état de conservation, mais encore avec le genre de procédés employés pour les produire, font que les améliorations dans la préparationdes colles et gélatines 'restent soumises à Thabileté personnelle de chaque, fabricant, depuis que les méthodes générales d'extraction sont connues. Aussi les perfectionnements introduits dans la fabrication de ces articles ont-ils principalement porté sur les appareils.

Nous ne saurions entrer ici dans les détails concernant la description de ces appareils et renvoyons le lecteur à un travail tout récent, paru dans le deuxième supplément du Dictionnaire de Wurtz, t. II, p. 6^9, sur les gélatines et colles. Ce mémoire, très bien ordonné , et documenté dans la mesure où des auteurs sont autorisés à Tétre quand il s'agit de ne pas porter préjudice à une industrie nationale, est dû à la plume de MM. J. Dupont et 6. Demoussy. Outre l'outillage de nos usines, les auteurs donnent encore une description sommaire des principaux procédés actuellement en usage.

I. Obtention du bouillon gélatineux au moyen de : a. Traitement des colles matières, tissus animaux, peaux, cartilages, tendons, etc. ; h. Traitement des os.

II. Traitement du bouillon gélatineux : évaporation, clarification et décoloration, moulage et séchage.

Cet article est complété par un aperçu sur les différentes variétés de colles et de gélatines, par une statistique de leur fabrication en France et en Allemagne, par les principales applications des matières envisagées et enfin par les méthodes chimiques et mécaniques qui sont en usage pour faire l'essai de tous ces produits.

Parmi les applications nouvelles de la gélatine, les auteurs n'ont pas manqué de signaler celle concernant la fabrication des plaques photographiques et des papiers au gélatinobromure d'argent, ainsi que plusieurs autres de date moins récente. Il en est une, cependant, qui mérite une mention spéciale, car elle a son importance.

D'après une série de brevets pris par la Cheraische Fabrik auf Aktien (vorm. Schering), on peut insolubihser la gélatine ^n la soumettant, sous la forme de plaques ou en solutions, soit à l'action des vapeurs de formaldéhyde , soit à celle d'une solution concentrée de cette aldéhyde. Le produit ainsi obtenu, tout en étant insoluble dans l'eau et dans la plupart des dissolvants, se prête facilement à la fabrication des objets les plus divers et, en particulier, à celle des écailles colorées et chatoyantes qui servent d'ornement aux toilettes féminines. (Brevets allemands 91,605 du 99 octobre 1898;

brevet additionnel 96,970 du 19 novembre 1898; 10/1, 365 du 97 février 189/I.) Dans deux autres brevets, les inventeurs prétendent que d'autres aldéhydes comme Tacroléine, les aldéhydes éthyUques, propionique, benzoîque, crotonique, exercent la même action que l'aldéhyde formique. (Brevet additionnel n*" 116, /1&6 du 19 octobre 1896; n'* 1 16,800 du i3 mars 1895.)

Rappelons enfin que de notables quantités de gélatine sont employées dans la fabrication des explosifs (gélignite, gélatine-dynamite, etc.).

Tous ces usagejs nouveaux expliquent suffisamment la consommation sans cesse croissante des colles et gélatines.

FRANCE

De tout temps, les div<M*ses variétés de colles, ainsi que les gélatines fabriquées dans nos usines, ont joui de la faveur générale tant en France qu'à l'étranger. Environ 4 9 établissements occupant i,&oo ouvriers se livrent à cette fabrication. La production dépasse notablement la consommation dans notre pays, si l'on s'en /apporte aux statistiques concernant nos exportations et nos importations depuis trente-quatre ans.

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