‹ Les industries chimiques et pharmaceutiquesChapitre 141 sur 160 · SPECIAL · texte numérisé non relu

SPECIAL

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i,o58,i39 i,5o3,oi4 i,58i,435 3,948,070

Si Ton examine attentivement les chiffres concernant les divers produits qui figurent dans ce tableau, on remarcpe qu'à part la colle de poisson, les importations concernant la colle forte et la gélatine augmentent dans des proportions plus considérables que celles des exportations, bien que celles-ci restent toujours supérieures à nos entrées.

La situation n'est, certes, pas mauvaise, mais elle mérité cependant d'être prise en considération.

Il en est, il est vrai, des colles et gélatines comme de tous les articles dont la préparation industrielle est simple et n'exige pas une science profonde ni des appareils compliqués; la plupart des nations soucieuses de se suffire à elles-mêmes cherchent aies fabriquer chez elles, tendance qui se manifeste surtout quand les matières premières nécessaires à ces fabrications sont à leur portée et constituent en quelque sorte des déchets domestiques et de tous les jours.

Aussi , en l'occurrence , notre industrie n'a d'autres ressources , pour assurer son avenir, qu'à perfectionner encore ses procédés, qu'à produire sur une plus grande échelle, de

façon à diminuer ses frais géoëraux , et de chercher de nouveaux débouchés dans nos colonies.

Il importe, en outre, que nos fabricants ne se laissent pas distancer par leurs concurrents étrangers, lorsque, sous l'impulsion d'une autre industrie, comme celle des plaques photographiques, par exemple, il devient nécessaire d'élaborer un nouvel article n^pondant aux exigences de cette industrie. H est vraiment regrettable que parmi le grand nombre de maisons françaises qui s'occupent spécialement de la fabrication des gélatines fines, il n'y en ait pas une qui soit arrivée à fabriquer le produit spécial qui convient le mieux pour la confection des émulsions pour plaques photographiques, et que les fabricants de ces plaques soient obligés de s'adresser à l'Allemagne ou à l'Angleterre pour obtenir leur matière première.

Des essais ont été tentés, il est vrai, par plusieurs maisons, mais soit faute de soins, soit faute de persévérance, les produits livrés à la consommation ne possèdent point, d'après les fabricants de plaques, les qualités des gélatines spéciales livrées par l'industrie allemande et l'industrie anglaise.

Nous ne saurions trop insister sur ce point, étant donné que c'est en France que la fabrication de ces matières a été l'objet des plus grandes améliorations et que nos autres variétés de gélatine et de colles restent encore, même en Allemagne, parmi les plus appréciées. Nous importons, en effet, encore près de 800 tonnes de colle forte et fkO'j tonnes de gélatine (chiffres de 1899) dans l'empire allemand.

M. Artus (Coivsr^ivr), rue iMontmartre, i3, à Paris; usines : Abattoirs de la Villette et rue de Landy, 58, à la Plaine-Saint-Denis.

Cette maison exposait des suifs, des huiles, des matières premières pour colles, gâatineries et savonneries , ainsi que des colles et des gélatines fabriquées.

Elle utilise les déchets des abattoirs de la ville de Paris. A cet effet , elle s'est rendue adjudicataire pour douze années, moyennant une redevance annuelle de 126,075 francs payés à la ville de Paris, de rétablissement qu'elle occupe encore actuellement aux abattoirs de la Villette. Cet établissement est pourvu d'un matériel spécial pour l'extraction des huiles animales provenant des pieds de bœufs, de moutons et des viscères des bestiaux. On y traite les pieds de a, & 00, 000 moulons et de 80,000 bœufs. Une partie de ces marchandises va à la consommation et l'autre partie est traitée industriellement à l'usine de Saint-Denis. L'huile sert au graissage des machines de précision à grande vitesse. La peau sert à la préparation de la colle gélatine.

Les os sont vendus à la tabletterie et les onglons expédiés en Espagne et dans le midi de la France, pour y servir à la culture de la vigne et de l'oranger.

L'usine de Saint-Denis date de 1886, celle de Courneuve, que possédait la maison, étant trouvée trop exiguë.

Elle occupe une superficie de 5, 000 mètres et renferme un outillage très complet de lavage de laines, d'extraction et de décoloration des corps gras. On y travaille annuellement a,&oo,ooo têtes de moutons, desquelles on retire : de la laine (environ 100 tonnes) qui est lavée et traitée mécaniquement pour être livrée au peignage ou à la carde; de la peau qui, après diverses préparations, est transforma en 1,900 tonnes de colle gélatine servant à l'apprêt des tissus et à la fabrication des paillettes, des cornes utilisées dans la tabletterie (environ 3 00 tonnes).

L'ossature de la tête, privée de la peau, est cuite. On en retire le suif qui, après décoloration et

épuration, est livré à la savonnerie (environ aSo tonnes). Les os et la viande servent à la fabrication des engrais (environ 3,ooo tonnes). Les eaux résiduaires de Tusine fournissent encore un appoint d'engrais renfermant is p. loo d'azote.

La maison Artus emploie 3ao ouvriers et ouvrières.

M. Bourgeois (Edmond), boulevard Sadi-Carnot, à Ivry-sur-Seine (Seine).

L'utilisation des matières d'origine animale, comme le sang, présente de nombreuses difficultés quand il s'agit de concilier im traitement rémunérateur des produits avec les préceptes d'une saine hygiène.

Avant M. Bourgeois , plusieurs tentatives ont été faites pour tirer industriellement parti du sang (les abattoirs , sans incommoder les régions avoisinant les usines oiIl se font les opérations.

Après de multiples essais, dont les premiers datent de i85o, essais qui ont été faits d'abord à Gentilly , puis à Créteil , M. Bourgeois obtint finalement, en 1876 , de la Préfecture de la Seine, un , terrain de 1,000 mètres carrés, aux abattoirs de la Villette, où une construction impoi*tante fiit faite pour le travail du sang , par un procédé approuvé par le Conseil d'hygiène.

Ce procédé consiste à mélanger le sang avec du sulfate de fer, de l'acide azotique et de l'acide sulfurique. Dans ces conditions , le sang est parfaitement coagulé , désinfeclé et facilement transportable.

En 1876, ce procédé fut appliqué en grand. Le transport du sang à l'usine de Créteil fut supprimé, et le sang coagulé dans tous les abattoirs (ut amené, sous forme d'une masse terreuse, dans des tombereaux , td que cela se pratique encore aujourd'hui.

M. Bourgeois continua ses études pour perfectionner son industrie et chercha un moyen pratique de dessiccation du sang.

Les grands séchoirs à plaques et à tourailles ne lui ayant pas donné de bons résultats, il monta à son usine d'Ivry un four tournant (four système Rolland), pour sécher ce produit. Les inconvénients qu'au début cet appareil offrait, en brûlant quelquefois la matière, ont maintenant disparu. Le foyer se trouvait sous l'appareil , aujourd'hui le chauffage a lieu par l'amenée de gaz chauds produits en dehors du four dans un foyer spécial. Les gaz à leur sortie sont condensés et brâiés.

Cet appareil peut sécher 1^,000 kilogrammes de sang égoutté par vingt-quatre heures.

En 1878, l'usine de Créteil fut démolie et, depuis cette époque, la dessication est faite à l'usine d'Ivry et à l'usine d'Aubervilliers, cette dernière construite depuis deux années seulement. A la fabrication de sang desséché d'Ivry s'est adjointe une fabrication d'engrais.

La consonunation du sang liquide par les raffineries étant jadis très importante, M. Bourgeois chercha et trouva un procédé de conservation complet pour pouvoir effectuer le transport de ce produit sans inconvénient.

L'addition, dans la proportion de 1 p. 100, d'un antiseptique conserve le sang pendant une période qui peut aller jusqu'à deux ans, sans altération aucune et sans atténuation de sa couleur. Ce produit a reçu un emploi très important dans l'industrie des tannins et dans celle des papiers.

En i8go, la maison trouva, dans la préparation du sulfate ferrique acide, au moyen des résidus de pyrite et d'acide sulfunque, un moyen simple et peu coûteux de coaguler le sang.

Depuis quelques années, M. Bourgeois a ajouté, dans quelques usines, des installations d'équarrissage ou la destruction des cadavres a lieu , soit dans des autoclaves fermées et d'une disposition spéciale, soit par application du procédé Aimé Girard.

Les procédés de M. Bourgeois sont installés dans la plupart des grandes villes de France et même à l'étranger. Il en est ainsi de Lille, Roubaix, Tourcoing, Béthune, Lens, Liévin, Boulogne-sur- Mer, Armenlières, Calais, Nancy, Le Havre, Rouen, Bordeaux, Agen, Dijon, Grenoble, Nantes, Genève, Moscou , etc. Il y a, de plus des installations en cours à Manchester, Saint-Pétersbourg, Limoges, etc.

ARTS CfflMIQUES ET PHARMACIE. 395

Voîci, par oat^ries, les quantilës produites :

Sang liquide (employé dans différentes industries) û6,o i o kilogr.

Sang cristallisé (employé dans différentes industrieset destiné à Texportation). 9 so,ooo

Albumine de sang (employée dans les impressions sur étoffes) 1 19,000

Poudre à vins (collage des vins) 5,ooo

Pondre d'albumine de sang 3,ooo

Sang desséché pour engrais. /i,o 1 0,000

Viande desséchée pour engrais. 11 0,000

Poudre d'os dégélatinés et non dégélalinés 180,000

Superphosphate d'os 4,ooo,ooo

Superphosphate minéral 19,000,000

Engrais composés 600,000

Huile de cheval 35,ooo

Huiles et graisses ^7,000

La maisoD emploie 3s5 ouvriers et une force de 3ào chevaux.

Malgré les difficultés nombreuses avec lesquelles il a été aux prises, grâce a la ténacité et a Yingé-

niosilé qu'il a déployées, M. Bourgeois a réussi non seulement è résoudre les problèmes complexes qui se sont présentés à lui, mais encore h propager ses procédés en France et à l'étranger. Il a créé ainsi une industrie importante, rémunératrice, tout en satisfaisant aux règles les plus sévères de l'hygiène.

M. BvjARDBT {Edmond), rue du Vivier, 1 16 et 1 18, à Aubervilliers.

Fondée en 1869, par M. J.-B. Bujardet, la maison est actuellernent dirigée par son fils, M. Edmond BUJARDBT.

La superficie de Tusinc et de ses dépendances, qui était de 1 1,000 mètres carrés en 1869, est aujourd'hui de 17,000 mètres carrés.

Les principaux articles fabriqués sont :

1* Les gélatines comestibles;

9** Les colles gélatines pour l'apprêt des étoffes et des dentelles, pour les rouleaux d*imprimerie , pour les chapeaux de paille, etc.;

3* Les colles fortes de nerfs pour Tébénisterie, les pianos, etc.

Les différentes opérations de cette fabrication de gélatine donnent lieu à une production importante de sous-produits. Ceux-ci sont récupérés et transformés en matières utiles pour l'agriculture et l'industrie. Les principaux de ces sous-produits sont : les marcs de colle, le phosphate bicalcique précipita et les marcs de cliaux.

L'usine a, de plus, une production assez considérable de graisses très estimées par les savonniers et par l'industrie. Elle met en œuvre et transforme annuellement de 3,5oo,ooo h /î,ooo,ooo de kilogrammes de carnasses fraîches, 5oo,ooo kilogrammes de dentelles d*os, cornillons et os divers acidulés, et sa production de gélatines et colles s'élève à environ 5 00,000 kilogrammes par an.

La vapeur nécessaire aux différentes opérations industrielles est fournie par une batterie de quatre chandières semi-tubulaires, ayant une surface de chauffe de 3oo mètres carrés. Le mouvement est donne aux appareils laveurs, aux pompes, aux presses et ventilateurs, etc. . ., par une machine de 100 chevaux de force.

Tous les ateliers et les appareils sont soigneusement désinfectés au sulfate de zinc, dont l'usine consomme qo,ooo kilogrammes par an, ainsi que quelques autres désinfectants : sulfate de peroxyde de fer, bisulfate de soude.

La consommation des acides salfuriques est de 5oo,ooo kiioj^mmes, de Tacide chlorhydii(pie de 100,000 kilogrammes, du gaz sulfureux de io,ooo kilogrammes.

L'usine est dirigée par M. E. Bujardet, aide par un directeur, ingënieuiM^himiste, trois contremaîtres et un personnel ouvrier, tant hommes que femmes, de 8o à loo personnes, suiviml les saisons.

Plus de la moitié de la production de Tusine est exportée en Allemagne, en Angleterre, au Canada, aux États-Unis, en Suisse, en Australie, etc.

BvjARDBT FRÈRBS, Fue dc LyoD, 17, à Paris.

Cette maison, tout en exposant des colles et gélatines de différentes sortes, semble piut6t s'attacher h la fabrication des vernis , dont elle présente toute une série d'échantillons variés. ( Voir sous la rubrique Coukurs et vemU. )

M. Cailar (^Maurice) f rue Barbes, ig , au Petit-Ivry (Seine).

L*usine, située rue Barbes et rue du Milieu, au Petit-Ivry, près de la porte de Paris, occupe une superficie de 1 hectare et demi. Le personnel comprend une centaine d'employés et ouvriers.

Quatre chaudières à vapeur, de 100 chevaux chacnne, servent à la production de la vapeur nécessaire à la force motrice, ou k Temploi direct dans la fabrication.

L'usine produit Télectricité nécessaire ë son éclairage.

La quantité d'os traités par jour, en vue de Textraction des graisses et de la gélatine, est de 10,000 kilogrammes.

La production de la colle d'os varie selon la qualité des os traités, entre i,3oo et i,5oo kilogrammes par jour.

Les déchets sont transformés en superphosphates.

Les pieds de bœufs et de chevaux sont traités au point de vue de l'extraction de l'huile, et la corne (ergot et sabot) est ensuite torréfiée dans des fours, moulue et livrée comme engrais à là p. 100 d'azote. On torréfie également, pour le même usage, des déchets de cuir, i,5oo tonnes par an. On retire encore environ 5oo kilogrammes de colle spéciale, de qualité supérieure, des nerfs, tendons et patins.

Le cuir des vieilles chaussures, torréfié jusqu'à la presque carbonisation, constitue une matière très appréciée pour la cémentation des aciers, et est livrée aux grandes compagnies de chemins de fer, aux constructeurs et mécaniciens, etc.

M. Choisy [Auguste) i rue des Jeûneurs, i4, à Paris.

Usine à Chevrières (Oise), de fondation récente. Produits exposés : colle forte, colle gélatine, gélatine, phosphate d'os précipité, poudre d'os gélatinisée, cuir torréfié moulu, plâtre phosphaté, acide sulfureux en solution, acide phosphorique brut, acide pur à &5 degrés, suif d'os, engrais composé, feuilles de gélatine pour paillettes pour imagerie.

Ancien élève de Frémy , c'est grâce à ses connaissances chimiques que M. Choisy a pu monter et organiser selon ses idées propres , l'usine qu'il exploite et où il occupe cinquante ouvriers environ , hommes, femmes et enfants.

Les géDérateurs ont loo mètres carrés de sarfiice de chauffe pour la production de la sapeur nécessaire à Tusine et pour assurer le fonctionnement d'une machine à vapeur de 35 chevaux.

La production est de 700 à 800 kilogrammes de gélatine et colle gélatine par vingt-quatre heures.

MM. CoiGNET ET C\ boulevard Magenta, iiA, à Paris, et 3, rue Rabelais, à Lyon (Rhône). — Société en commandite par actions, au capital de 3,5oo,ooo francs. — Gérants responsables : MM. Jean Coignet et A. G. de Ronnard. — Usines à Saint-Denis et à Lyon.

La Société existant actuellement sous la raison sociale Coignbt et C'' a été fondée en 1818 par M"* veuve Dupasqoier, son fils Laurent Dupasquier et son gendre Jean-François Coigaet.

Cette sodété fut fondée pour Texploitalion du brevet N* 886, du 3 3 octobre 1818, décrivant la fabrication de la colle d'os, en plaques, dénommée OstéocoUe et extraite des os au moyen de Tadde chlorhydrique.

Continuée h partir de i8â9, à la suite de la retraite de M"* veuve Dupasquier, par MM. Laurent Dupasquier et Jean-François Coignet, la Société joignit aux fabrications précédemment indiquées, celle de la colle forte extraite des os par la marmite de Papin, et parvint la première à obtenir, par ce procédé , de la colle prenant en gelée et pouvant par conséquent se sécher.

Le 3 1 octobre 1 837 , M. Laurent Dupasquier se retira à son tour.

M. Jean-François Coignet s'associa alors deux de ses fils, MM. François et Stéphane Coignet qui partageaient ses travaux depuis plusieurs années.

Ce fut à cette époque que la Société joignit à la fabrication de la coite d'os obtenue par les deux procédés ci-dessus rappelés, celle de la colle de peaux, et en i838, elle entreprit également la fabrication du phosphore blanc.

En 18&6, à la suite du décès de M. Jean-Françob Coignet, ses enfants contractèrent une société suite de la précédente, dans laquelle, outre MM. François Coignet et Sthéphane Coignet, déjà nommés, associés en nom collectif, intervint le troisième fils , M. Louis Coignet, à titre de commanditaire.

La nouvelle société continuant h exploiter les diverses fabrications précédemment indiquées dans les deux usines qu'eUe avait créées à Lyon, y ajouta la fabrication du phosphore amorphe.

En 1 85 5, les trois frères François, Louis et Stéphane Coignet transformèrent la société existant entre eux en société en commandite par actions sous la raison sociale Coignet père et fis et CJ', dont ils furent les trois associés en nom collectif, gérants responsables.

La Société, qui possédait déjà deux usines à Lyon, créa à Saint-Denis une nouvelle fabrique qui devait devenir ultérieurement un de ses principaux établissements.

En 1857 , MM. Coignet entreprirent, à Lyon, la fabrication des allumettes au phosphore amorpbe, appelées aujourd'hui allumettes suédoises , et qu'ils répandirent dans le pubhc sons le nom d'allumettes hygiéniques de sûreté.

Ils fondèrent pour cette industrie une société spéciale sous la raison Comnet frères et C", qui fusionna en 1 867 avec la société Coignet père et fils et C''.

Le 1*' novembre 1866 survint le décès de M. Stéphane Coignet, à la suite duquel MM. François et Louis Coignet continuèrent k exercer seuls la gérance de la société.

En 1 869 , la société entreprit la fabrication des allumettes au phosphore blanc , et cette même anné^eile rétablit sur une très grande échelle dans ses usines de Saint-Denis et de Lyon , la fabrication de la colle extraite des os traités par l'acide chlorhydrique, qui avait été l'industrie de la fondation en 1818 et avait été abandonnée vers 18&0.

Cette fabrication, reprise avec de grands perfectionnements, devint une des branches principales

de la Société qui fut pendant longtemps ia seole à fabriquer les gélatines et colles-gélatines par ce procédé.

Le 5 mars 187 a survint le décès de M. Louis Coignet. M. François Coignet continua alors à administrer seul la Société.

En 187a, rÉtat finançais ayant pris le monopole de l'industrie des allumettes, la Société dut forcément abandonner cette fabrication.

Elle dévdoppa alors celle des colles, gélatines, phosphores et engrais chimiques et fut rinilialrice en France de la fabrication du superphosphate d*os.

En 1878, M. François Coignet, qui exerçait seul la gérance depuis 187a, s'adjoint comme cogérants MM. Alphonse Coignet son fils, Eugène Yung son gendre, de Bonnard, ingénieur des arts et manufactures et Jean Coignet, ancien élève de TÉcole polytechnique, fils de M. Stéphane Coignet, qui entrèrent en fonctions le 1*' janvier 1879.

MM. Yung et Alphonse Coignet se retirèrent de la Société en 1881 et, à partir de 188a , la Société fut administrée par trois gérants: M. François Coignet, dernier fondateur survivant, MM. de Bonnard et Jean Coignet.

Dès ce moment , MM. de Bonnard et Jean Coignet prirent la direction effective de tous les établissements dépendant de la société qu'ils continuent à gérer depuis le 3o octobre 1888, date du décès de M. François Coignet.

Tel est rhistorique de la société Coignet et C", qui a été la créatrice en France des industries de la colle d'os extraite , soit par le procédé de l'autodave , soit par celui de l'adde chlorhydrique , des phosphores blanc et amorphe, des allumettes suédoises et des superphosphates dos.

Ces industries qui devaient naturellement, une fois les procédés tombés dans le domaine public, donner lieu à la création de nombreuses usines similaires, ont toutes pris naissance dans la société Coignet. Elle peut donc aujourd'hui , à juste titre , réclamer pour elle le mérite de la priorité de la création d'une branche d'industrie où la France a une supériorité incontestée.

U reste à insister particulièrement sur les progrès réalisés par la Société, du 1*' janvier 1879, date de l'entrée en fonctions des gérants actuels, jusqu'à 1900, et spécialement pendant la période 1889-1900.

Pendant cette période, la société a considérablement perfectionné l'installation mécanique de ses usines , en poursuivant toujours l'amélioration de la qualité de ses produits tout en accroissant sans cesse la production.

Elle a en quelque sorte reconstruit ses usines, atelier par atelier, tant à Saint-Denis qu'à Lyon.

La production des colles et gélatines de toutes espèces a subi dans la période 1879-1900, une augmentation de plus de ao p. 1 00 et cdle des superphosphates et engrais a été quadruplée.

Ces quantités considérables de superphosphates et engrais ont été obtenues exclusivement avec las phosphates d'os dont la société Coignet et C'** s'est fait une spécialité, n'ayant pas voulu exercer en même temps l'industrie des superphosphates minéraux.

Afin de pouvoir accraitre continuellement la fabrication de ses produits dans ses diverses usines , la société Coignet et C" adû songer à développer ses moyens de vente : elle a, à cet effet, créé, tant en France qu'à l'étranger, un nombre considérable d'agences dans les principales villes du monde, et a ouvert dès 1 884 une agence à New-York.

A la même époque, elle fondait à Londres une maison de vente qui, par le développement rapide qu'elle a pris, lui a permis d'augmenter dans de larges proportions, son commerce d'exportation.

C'est ainsi que le chiffre de ventes générales de la Société qui était en 1878 de 5, 000,000 de ffancs, s'est successivement accru, d'année en année, pour arriver à être , en 1889, de 7,aii,5a9 fr. 6& et en 1899, de 9,aoo,5a3 fi*, ho, sur lesquels 5,ooo,ooo de francs représentent le chiffre d'exportation hors de France.

ARTS CfflMIQUES ET PHARMACIE. 399

La fabrication de la Sociëtë est représentée, à cette henre, par nne production annnelle de :

Gélatines, colles-gélatines, colles fortes 3,8oo,ooo kilogr.

Suif d*os 600,000

Phosphore blanc et phosphore rouge, sesquisiilfure de phosphore s5 0,000

Superpbo^hate d'os, phosphate précipité, engrais composés divers, plâtre

phosphaté s5,ooo,ooo

Nous allons maintenant entrer dans quelques considérations, sur la fabrication du phosphore et de quelques-uns de ses composés , qui forme aujoard^hui une des branches principales des industries de la Société.

Phosphore. — La Société a consacré de grands efforts pour mettre son industrie du phosphore au niveau des progrès de la science.

Elle a résolu complètement le problème .hygiénique de la suppression de la nécrose phosphorée, en adoptant le procédé de moulage à froid du phosphore blanc par pression hydraulique.

Le phosphore étant un corps mou, on le force avec une pression de i5o k 9 00 kilogrammes par centimètre carré, à passer k travers une filière qui donne passage à des bâtons d*un calibre déterminé. Ce progrès date de 1891.

La Société a réussi à obtenir du phosphore complètement pur avec les phosphates minéraux. C'est la seule fabrique de France ayant obtenu ce résultat, qui présente un intérêt économique important.

Primitivement , à partir de 1 838 , le phosphore se faisait avec des os calcinés.

Un grand progrès avait consisté, en 1869, à leur substituer le phosphate précipité des os. Cela supprimait, en effet, la calcination des os, opération qui, malgré toutes les précautions, répandait des odeurs désagréables dans le voisinage.

Mais le phosphate précipité des os étant soluble dans le citrate d'ammoniaque, peut être employé directement par Tagriculture.

G*était donc rendre un service k cette dernière, que de lui rendre Ténorme quantité de phosphate précipité qu'absorbait la fabrication du phosphore.

La sodété Coignet et C'* a enfin, par f application des fours Siemens, abaissé considérablement le prix de revient du phosphore , ce qui lui permet de lutter contre la concurrence étrangère.

U est possible que cette industrie subisse à bref délai une transformation par Tadoption de procédés électriques.

U ne suffit pas d*adopter purement et simplement le chauffage électrique pour obtenir le résultat théoriquement indiqué.

La Société Coignet et C" poursuit des études, déjà fort avancées, pour être prête à établir ce nonveau procédé, dès qu'il sera démontré qu'il est plus avantageux.

Ces progrès dans l'industrie du phosphore, ont permis d'augmenter considérablement la fabrication qui a subi un accroissement de 5o p. 100 depuis 1888.

Adde phosphorlque. — La Société a imaginé un nouveau pix)cédé de purification de l'acide phosphorique, obtenu par la réaction de Tacide sulfurique sur le phosphate précipité des os.

Cet acide purifié ne renferme plus que quelques millièmes d'impuretés, consistant en acide sulfurique, chaux, oxydes de fer et de cuivre. Aussi lend-il à remplacer, dans la plupart de ses emplois, Tacide phosphorique pur obtenu par l'oxydation da phosphore et dont le prix de revient est beaucoup plus élevé.

PhoBphnre de cuivre. — Ce pioduit a reçu aujourd'hui de nombreuses applications par suite de son emploi , notamment pour la fabrication des bronzes phosphoreux.

La Société est arrivée à le fabriquer d'ane manière r^tilière et h obtenir un phosphure parfaitement défini et très beau, renfermant i5 p. loo de phosphore.

£tesqui8ulfare de phosphore. — Le problème industriel le plus difficile qu*ait résolu la société Coignet et C'*" depuis quelques années, est la fabrication en grand du sesquisulfure de phosphore, employé aujourd'hui par les manufactures de TÉtat, pour les nouvelles allumettes, et que , jusqu'ici , la société Coigoet et C'' a été seule à fournir à TEtat.

Ce corps, signalé par Berzélius, étudié par Lemoine, qui en a montré un très bel échantillon cristallisé à TExposition centennale, n'avait jamais reçu d'application, lorsque MM. Sévène et Gahen, ingénieura des manufactures de l'Elat, découvrirent qu'il pouvait servir à préparer une pâle d'alumetteà s'enflammant partout.

MM. Coignet et C" entreprirent des essais pour arriver à un3 production industrielle.

La grande difficulté est que la réaction qui donne naissance à ce composé se produit avec une véritable explosion. Après des essais qui n'ont pas été sans danger, MM. Coignet et C'' sont arrivés à produire ce corps d'une façon absolument régulière.

Ce corps est d'un maniement dangereux, puisqu'il s'enflamme aux environs de gS degrés. En outre, son contact est très irritant, et sa fabrication, faite sans précautions, occasionnerait des maladies graves aux ouvriers, maladies qui auraient remplacé la nécrose que donnait le phosphore aux ouvriers des manufactures de l'État.

MM. Coignet et C'' ont réussi à éviter tous ces inconvénients, el livrent aux manufactures de l'État le produit en poudre fine, prêt à être incorporé dans la pâle aux allumettes.

La Société Coignet el C'* ne s'est donc pas contentée d'être l'initiatrice d'une industrie prospère en France. Elle reste à sa tête par son importance toujours croissante.

La société Coignet et C'' n'a jamais cessé de se préoccuper d'améliorer la situation de ses ouvriers.

Elle a, bien avant la loi de 1898, pris à sa charge complète , les frais de maladie provenant d'accidents quelle qu'en soit la cause.

Elle a établi è Saint-Denis une caisse de secours en cas de maladie; à Lyon, une société de secours mutuels, une boulangerie et une épicerie coopératives, entièrement et librement administrées par ses ouvriers.

E3le encourage enfin, par des subventions, ses ouvriers à prendre des livrets à la Caisse nationale des retraites.

Dans sa longue existence, qui embrasse une période de quatre-vingt-deux années, la Société n'a jamais eu de grève dans son personnel.

M. Collette [Paul)^ à Nevers (Nièvre).

L'ancienne maison G. Valette , fondée en i864, reprise par M. Paul Collette , le 1" janvier 1896, forme aujourd'hui un groupe de quatre usines comprenant :

1** Usine d'acide sulfurique produisant ââ.ooo kilogrammes par jour:

ù" Usine d'engrais produisant annuellement ao millions de kilogrammes;

3** Usine de colle forte produisant annudiement i,aoo,ooo kilogrammes;

/i° Usine de gélatine produisant annuellement Sao.ooo kilogrammes.

Ces établissements occupent une superficie de 60,000 mètres carrés, dont & 0,000 métros sont couverts.

La force motrice nécessaire pour alimenter ces usines est fournie par 1 1 générateurs et 5 machines à vapeur, formant un total de 1,600 chevaux.

La consommation de charbon est de 3o,ooo kilogrammes par jour. Le personnel comprend 36o ouvriers et ouvrières.

M. Desrubs [Ernbst)^ à Pont-Audemer (Eure).

Cette maison, fondée en 1780, a exposé des colles et collettes pour apprêts, des gélatines, des colies^latines, des graisses et des phosphates.

Réorganisée en 189S, cette usine travaille avec 3o à 35 ouvriers et ouvrières, et possède deux générateurs de 5o chevaux chacun.

La production annuelle est de i5o,ooo à 35o,ooo de kilogrammes de gâatines, colles gélatines et colles pores, matière pour apprêts et autres usages. Ces coOes et gélatines sont fabriquées avec les dédiets de cuirs des tanneries de la région.

Les sons-produits se composent de graisses employées généralement par la savonnerie (60,000 kilogrammes environ par année) et de marcs de colles (i5o,ooo kilogrammes environ), dosant 3 à 3.5 d'azote et qui servent d'engrais.

L'usine produit aussi environ 5o tonnes de phosphate de chaux titrant 36 à 38 p. 100 d'acide pbofiphorique soluble dans le citrate, et qui provient de l'acidulation des cornillons, entrant dans la fabrication des colles, surtout pendant les chaleurs.

MM. HuyarihMarmillon et C% à Bordeaux (Gironde). — Société en commandite.

Capital : 1,600,000 francs.

La maison Huvârd, Marmillon et G'* n'est que la continuation sur les mêmes bases, mais avec un capital augmenté, de la maison Tessier, Augard et C'*, formée, en i885, par la réunion des deux maisons Tessier et Huyard et MarmiUon, dont la fondation remonte au premier quart de ce siècle.

Les établissements et les bureaux couvrent une superGcie de 10,000 mètres carrés. Ils occupent environ ia5 employés, ouvriers et ouvrières, touchant un salaire annuel de 180,000 francs.

Les appareils de vaporisation sont au nombre de cinq et présentent une surface de chauffe de âao mètres carrés. Trois machines à vapeur, dont une grande machine Piguet à condensation, développent environ 160 chevaux de force.

La maison s'éclaire elle-même à l'électricité.

Qle a exposé des colles gélatines , colles fortes, de la collette de Flandres, de la gélatine pour clarification des vins , des huiles de bœuf et de pieds de moutons, du suif d'os, des suifs fondus de boucherie, de l'oléomargarine , des bougies de différentes marques, des engrais, du noir animal, du sulfate d'ammoniaque, des compositions diverses pour la clarification et le traitement des vins , etc.

M. Jacquànd et C% rue d'Algérie, a 3, à Lyon''(Rhône).

Cette maison a exposé des gélatines, colles gélatines, colles fortes, phosphore blanc, phosphoi-e amorphe , phosphates et superphosphates pour engrais , phosphate de soude , phosphate d'ammoniaque, acide phosphorique, suif d'os, engrais chimiques, en un mot, tous les produits qu'on peut retirer des os.

Gi. XIV. — Cl. 87. — T. II. aO

IHFRIHfeUB KATIUMAU.

MM. JouDRÀW BT C% avenue Victoria, 181, à Paris. — Usines à Ivry (Seine).

Jusquen 1889, cette maison, qui a [jour but l'utilisation et la transformation de toutes les matières animales, s'occupait seulement de la fabrication de colles d'os diverses, collettes, colle de matière, gélatines, colle de lapin, suif d'os à l'eau, os d^latinë, os verts en poudre, noir animal.

Depuis l'Exposition de 1889, ^^ ^ doublé l'usine et installé, à Ivry, la fabrication de cuir torrâié, corne torréfiée, acide sulfurique, superphosphates d'os, superphosphates minéraux.

Actuellement, la superficie de l'usine est de près de quatre hectares, dont trois sont couverts/

La production de vapeur correspond h une force d'environ 700 chevaux, les machines à vapeur à celle de âSo chevaux.

L'électricité nécessite ko chevaux.

Il est employé annuellement environ 10 millions de kilogrammes d'os.

La production annuelle est de :

Colles et gélatines 1 ,3oo,ooo kllo|[r.

Suif d^os 5oo,ooo

Superphosphates d^os 6,000,000

Superphosphates minéraux 1 a,ooo,ooo

Acide sulfurique 8,000,000 à 9,000,000

Corne torréfiée i,5oo,ooo

I^e chiffre d'aflhires atteint & millions de francs pour les produits manufacturés. A ce chiffre, il convient d'ajouter environ i,5oo,ooo francs, représentant le commerce des différentes matières premières d'importation pour engrais, telles que le sang, le nitrate de soude, le sulfate d'ammoniaque, etc.

M. Laprévotb [Simon) et G*, rue de Béarn, 3, à Lyon (Rhône).

L'usine de Saint-Fons a été acquise par la maison en i865. ESle n'était alors qu'un établissement peu important où l'on ne traitait annuellement, d'une façon sommaire, que 870,000 kilognunmes d'os et de déchets de peaux , pour la fabrication exclusive des colles fortes.

La préoccupation immédiate fut d'amâiorer les moyens de fabrication des colles fortes, afin de pouvoir développer cette industrie, et c'est ainsi que, notamment, la Société a, la première, appliqué les appareils d'évaporation dans le vide à triple effet à la concentration des bouillons gélatineux. Réalisée dès 1873 , cette inovation constituait un important progrès pour cette industrie.

Ce procédé a été, depuis , utilisé par de nombreuses maisons concurrentes.

A la fabrication des colles fortes, on ajouta, en 1868, celle des gélatines et colles-gélatines, résultant du traitement chimique des os par les acides et des déchets de tannerie frais et secs.

Les développements soutenus de la production , depuis 1 865 , sont à signaler :

En 1878, treize ans après l'acquisition de l'Usine, on traitait A,8ooo,ooo kilogrammes d'os et auti*es matières, soit 5 fois plus qu'en i865.

En 1889, 9,âoo,ooo kilogrammes d'os et autres matières furent traités, soit le double qu'en

Actuellement (1899-1900), i3 millions de kilogrammes d'os et autres matières sont mis en œuvre.

La production a donc presque triplé depuis 1878 et, depuis 1889, elle a augmenté de près d'un tiers.

Depuis 1889, ^^^'* Lapbiîvotb et C'* se sont appliqués à la préparation des engrais, cette branche étant le complément naturel de leur fabrication.

Le tableau ci-dessous rend compte du développement progressif de la consommation et de la production de cette maison.

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