SOIE ARTIFICIELLE
Ainsi que ii(»us lavons fait observer plus haut, l'initiative prise par le comte de Chardonnet, et le succès qu'a eu sa soie artificielle, ont provoqué des essais dans différentes
('^ Brevet français n® 293988 (formule : 1,000 (grammes nitrocellulosc, 600 grammes alcool, 3oo grammes acétone et 100 grammes naphtaline).
voies, essais qui ont abouti à la découverte de plusieurs procédés, dont deux au moins, outre celui de M. de Chardonnet , sont exploités régulièrement.
Le principe de tous ces procédés est de faire une dissolution de cellulose dans un liquide approprié , et de forcer le liquide filtré à travers une filière à trous capillaires , dans un milieu qui absorbe ou qui décompose le dissolvant et cpii précipite, par conséquent, la cellulose ou son dérivé sous forme de fils. La ténuité de ceux-ci, et pour une bonne part, leur souplesse, dépendent de la dimension de l'orifice capillaire et de la concentration de la dissolution. Nous verrons tout à l'heure que pour un des procédés au moins, celui de Chardonnet, le passage du fil, dans un milieu absorbant ou décomposant le dissolvant de la cellulose, n'est plus nécessaire.
L'idée première de fabriquer des fils artificiels est très ancienne. Réaumur^'^ l'a déjà émise; Audemars, à Lausanne, a même pris un brevet, en i855, pour transformer de la nitrocellulose dissoute en fils fins, qu'il appelait soie artificielle ^^^
L'idée, néanmoins, ne prit une forme pratique que lorsqu'on commença à transformer diverses solutions de cellulose en filaments artificiels devant servir pour les lampes à incandescence.
Il convient de citer ici les noms de Swinburne^^^, Crookes, Veston ^*^, Swan^*^, Vynne et Powell^^^ Ce sont eux qui ont préparé le chemin suivi, depuis 1888, par le comte de Chardonnet avec un succès toujours grandissant. Les soies d'origine végétale connues aujourd'hui peuvent être groupées en quatre classes, suivant la forme sous laquelle la cellulose a été employée, ou le produit qui a servi à faire la dissolution de cellulose :