Bally, B. A. S. F
Bcmthsen et Julias^
P.Julius,B.A.S.F.
Orangé de pyramine
Noir palatin au chrome
Depuis sa fondation , la fabrique s'est impose la tâche de poui*voir au bien-être de son personnel de la manière la plus étendue , même au delà des prescriptions l^ales. Elle possède une cité ouvrière créée au moyen d'un capital de 3,i5o,ooo marcs, abritant 5&8 familles, soit plus de 3,ooo personnes. D'année en année, elle s'étend par de nouvelles constructions. Chaque iàmille possède son habitation séparée avec son propre jardin. Le coât du loyer est tel qu'il suffit à peine à couvrir U*s frais d'entretien. Pour les ouvriers habitant au dehors, on a installé un réfectoire et une cuisine ëconomique, pour le service de laqudle la fabrique contribue par un subside de s5,ooo francs par au. Celle installation procure aux ouvriers une nourriture analogue à celle du soldat, au prix de 3 5 centimes, ainsi qu'un demi-litre de café à s .5 centimes. — Pour les installations d'ateliers il a été largement tenu compte des exigences de l'hygiène. On compte dans toute l'usine 45 grands établissements de bains, renfermant en tout &G8 cabines-douches pour ouvriers. La fabrique accorde de son chef la moitié du montant légal de l'assurance obligatoire contre l'incapacité de travail par la maladie à tous les ouvriers tombés malades après six mois de service. Les familles d'ouvriers travaillant depuis plus de deux ans à l'usine de Ludwigshafen reçoivent des soins médicaux gratuits. Dans ce but, on a cré^ une infirmerie desservie par trois infirmières et deux aides-chirurgiens. Les installations médicales sont dirigées par trois médecins attachés au service de la fabrique. — Pour les tuberculeux , l'usine a con strnit en iSgS, à Dennenfels, au pied du Donnersbei*g (Palatinat) un sanatorium permettant l'admission de vingt malades à la fois. Sa création absorba la somme de 170,000 marcs. Jusqu'à la fin de 1899, 196 malades y ont fait un séjour équivalent à s 9, 5 00 jours desoins. — Annudlement, eu suite d'une généreuse dotation du directeur, M. le docteur Brunck, Conseiller du Commerce, 100 ouvriers environ, âgés ou convalescents, jouissent par groupes de huit à la fois, pendant quinze jours, des bienfaits d'un séjour de campagne gratuit dans les propriétés de leur bienfaiteur, à Kirchheimbolanden. Durant ce séjour, la fabrique continue de leur payer leur salaire habituel. — L'usine a également créé une série d'installations philanthropiques pour les femmes et les enfants de ses ouvriers. Ce sont particulièrement un établissement de bains visité journellement par 1 ko personnes environ , puis une maternité contenant 8 lits, qui reçoit et traite gratuitement les femmes d'ouvriers en service à la fabrique au moins depuis detix ans. Leur séjour dans cet établissement, auquel sont attachées deux sœurs infu*mières, dure jusqu'à leur complète guérison. En 1899, 169 femmes y ont été soignées. — Une école ménagère pour jeunes filles d'ouvriers existe depuis 1894. Sous la direction de 3 maîtresses pour 94 élèves à la fois, elles y suivent des cours annuels théoriques et pratiques pour tout ce qui concerne les connaissances et les travaux de ménage. L'instruction , le séjour et la pension à l'école sont gratuits.
Après cinq années de services, les ouvriers touchent des primes d'ancienneté renouvelées avec augmentation tous les cinq ans. La fabrique a , en outre , fondé une caisse de secours pour ouvriers qu'elle subventionne par des versements annuels prélevés sur les bï^néficps de la maison. I^ montant
de ce fonds a alteint la somme de i ,600,000 marcs. La société paie les intérêts de ce capital dont les revenus sont employa à venir en aide aux invalides ainsi qu'aux veuves et aux orphelins d'ouvTiers. Une donation de Tancien directeur de la fabrique , M. le docteur Glaser, Conseiller du Commerce , est destinée à soutenir, au moyen d'un assez fort legs en espèces , payé en une fois , les ouvriers que des raisons de santé obligent à chercher d'autres moyens d'existence. — La fabrique a encore contribué , PU 1888, à ta fondation d'ane caisse de pension pour ses employa par une dotation de aoo,ooo marcs. Elle y verse chaque année une somme équivalant à deux fois et demie le montant du versement total annuel des membres de cette institution dont le capital a atteint, à la fin de 1899, ^^ chiffre de a minions cinq cent mille francs envii*on. En 1899, on a construit un casino pour les employés; son afiectation est répartie entre le service proprement dit du casino d'une part, cdui d'une salle de lectui*e et d'une biUiolhèque pour les ouvriers. Cette dernière est un don de fen le directeur Hanser, Conseiller du Commerce.
En dehors de son propre champ d'activité, la fabrique exerce également son action philanthropique par des legs annuels aux nombreuses institutions de bienfaisance et d'utilité publique, à des sociétés p( à la commune de Ludwigshafen.
Les dépenses courantes incombant à la fabrique du chef de lexploitation des institutions ouvrières se soDt élevées, en 1899, à 389,800 marcs, sans tenir compte de l'intérêt du grand capital engagé. Li Badische Anilin und Soda-Fabrik a été fondée en 1 860 et avait son siège primitif à Mannhcini. L'extrême développement de cette ville nécessita bientôt, en 1867, un déplacement de l'usine qui, h cet effet, fit l'acquisition d'un terrain étendu situé au nord de Ludwigshafen , sur la rive du Rhin. Cest là que fut érigée la fabrique actuelle d'après un plan uniforme. En 1878 , la Badische Anilin und Soda-FabiâtL s'unit aux fabriques de Rodolphe Knop et Henri Siegle , k Stuttgard. Des usines succursales furent établies en France et en Russie. Dans le domaine des matières colorantes organiques , le premier succès de la Badische Anilin und Soda-Fabrik a été, sans contredit, la production indus- Irielle de l'alizarine synthétique, basée sur les remarquables découvertes de Graebe et de Liebermann et sur les travaux de Caro. Cet indispensable et très important colorant était tiré jusqu'alors de la garaoce.
La nombre de produits similaires suivirent bientôt de près l'alizarine. Par leur importance, nous nommerons au premier rang le bleu d'alizarine (1878) et spécialement sa forme soluble, le bleu d'alizarine S (Brunck, 1889); puis ses dérivés, le vert d'alizarine et le bleu indigo d'alizarine i.R. Bohn, 1888), et enfin le bleu d'anthracène (R. Bohn, 1891). Puis vinrent, en 1878, l'orangé (laiizarine (Caro); 1878, la galléîne et la céruléïne; 1886, le brun d'anthracène, la galloflavine (R. Bohn); 1887, le plus solide des noirs, le noir d'alizarine et le noir dalizarineS (R. Bjhn).
C'est égaiemeai la Badische Anilin und Soda-Fabrik qui, la première, a entrepris la fabrication des colorants solides sur mordants. Leur introduction dans la teinture de la laine, opérée par Brunck, a àé d'ane importance capitale pour cette industrie. Il y a encore à citer, comme colorants sur mordants de découverte plus récente, le jaune de carbazol (R. Bohn, 1889), le noir d'alizarine SRA (R. Bohn, 1897), le vert foncé d'alizarine (Bally, 1898).
La Badische Anilin und Soda-Fabrik a également étendu son activité sur toutes les autres branches de imdustrie des matières colorantes dérivées du goudron. En tête figurent les éosines , les premier représentants du merveilleux groupe des colorants de résorcine, dont la synthèse est due à Caro (187&). A ce groupe se rattachent la rhodamine, couleur d'une grande beauté, trouvée en 1887 par Cérésole, puis son dérivé, la rhodamine 6 G (Bemthson, 1892). En 1877, Caro procédait à la synthèse d'un des plus importants colorants artificiels pour coton , le bleu méthylène. La fuchsine acide (Caro 1877), le jaune naphtol S (Caro 1878), le vert lumière S (Kôhler 1879), le premier vert acide, qui suivirent de près, sont actuellement d'un usage indispensable au teinturier. L'introduction, ea 1883, de nouvelles synthèses de colorants à l'aide de l'oxychlorure de carbone, marqiie une nouvelle étape d'enrichissement de l'industrie. Les premiers fruits de cette brillante innovation furent le violet cristallisé , le bleu Victoria et l'important produit désigné sous le' nom d'auramine , préparés par
H. Caro et A. Kern (i883). Dans le cours des années suivantes apparurent consécutivement le violet acide (violet acide 7 B, 6 BN et 3 EN de G.-L. MuUer, le violet acide & BN de Schmalzigaug) , pnis le violet alcalin (G.-L. Millier) et le vert pour laine. Particidièrement importantes sont paiement les couleurs suivantes : le bleu d'acëtine (G. Schraube 1886), Tazocarmin (G. Schraube 1888) et la rhëonine (G.-L. MûUer 1 896 ). Nous citerons encore le bleu de Nil (Th. Reissig 1 888 ) , puis la flavindoline et i'ëcariate d'induline de G. Schraube (1894).
Un grand nombre de produits témoignent la pai*ticipation de la Badische Anilin und Soda-Fabrik à l'extension du domaine des colorants azoîques. Le rouge solide , Tun des plus anciens représentants de ce groupe, fut trouvé par H. Garo en 1878. Le bleu noir B, introduit en 188s, offre un intérêt tout particulier comme première matière coloranle azoîque noire. Bientôt suivirent le noir brillant (i885), important produit destiné à supplanter le bois de campéchedans la teinture de la laine, puis le noir palatin (G. Biilow 189s) et enfin le noir palatin au chrome (P.-Julius 1899). Parmi les récentes acquisitions de la fabrique , appartiennent une série de précieux colorants pour coton , avant tous le bleuindoïne (P. Julius 1891), puis le premier membre d'une nouvelle dasse décomposés, le rouge de uitrosamine (G. Schraube 1894). Ensuite, un grand nombre de colorants azoîques immédiats, tels que le noir-violet (G. Schraube 1887), le jaune pour coton G (G.-L. MCdler 1888), le jaune de carbazol (R. Bohn 1888), les couleurs oxamine (violet, bleu, rouge, marron, examine de Bernthsen et P. Julius 1893-1895), Torangé pour coton (G.-L. Millier 1893), le rouge et le brun dethiazine (G.-L. Millier 189&), Torangé pyramine (Bernthsen et Julius 1898). Puis viennent les colorants solides, désignés sous le nom générique de matières colorantes sulfiniqiies, tels que, par exemple, le noir solide (R. Bohn 1893), le bleu kryogène et le brun kryogène (R. Bohn 1898), ainsi que le noir d^anthraquinone (M. Isler 1898).
La dernière, mais de toutes la plus importante des acquisitions de la Badische Anilin und Soda- Fabrik, est Taccomplissement de la synthèse industrielle de Tindigo. Elle constitue le couronnement de longues et patientes recherches dont le début fut marqué par Tachât, eu 1880, des brevets de Baeyer relatifs à la préparation synthétique de Findigo. Parmi les différents produits décrits dans ces patentes et caractérisés par la propriété de se convertir en indigo par décomposition nette , un seul , Tacide orthonitrophénylpropiolique, finit par acquérir un emploi technique, bien que dans de minimes proportions. Gependant ce succès relativement faible n*empéche pas la fabrique de poursuivre sans relâche ses travaux sur Tindigo. Bientôt elle complète la série de ses méthodes par l'acquisition des brevets de Henmann ainsi que de celui de Dorp pour la préparation de lacide anthranilique au moyen de la phtalimide. L'étude poursuivie de ces procédés autant que la découveile de plusieurs méthodes faciles et rationnelles pour la production des matières intermédiaires indispensables, permirent enfin k la Badische Anilin und Soda-Fabrik d'entreprendre et de se livrer, dès 1897, à la fabrication industrielle de Tindigo synthétique sur une grande échelle. En juillet 1897, ce produit fit son apparition sur le marché sous le nom d'indigo pur BASF. L'indigo artificiel est, à tous points de vue, appelé à entrer en concurrence avec l'indigo végétal qui risque d'être supplanté par le produit artificiel si son mode d'exploitation n'est pas amélioré à bref délai.
Leopold Càssellà und Ù. — Siège de la maison à Francfort-sur-le-Mein. — Propriétaires : MM. Fritz Gans, Dr. L. Gans, A. Gans, Dr. Ad. Weinberg, C. Weinberg. — Usine principale à Mainkur, près Francfort-sur-le-Mein. — Usines succursales à Lyon et à Riga.
Le personnel de l'usine de Mainkur se compose de 80 chimistes et techniciens, 170 employés au service commercial et 1 ,800 ouvriers.
I^ maison fabrique des matières colorantes artificidles et des produits intermédiaires de l'industrie des colorants dérivés du goudron de houille.
L'exportation a lieu dans tons les pays commerçants.
Parmi les moyens d'action dont dispose Tusine il faut citer : 3a chaudières d une surface de chauffe de 5,000 mètres carres et &8 machines à vapeur de la force totale de i,3oo HP.
Les chiffres du personnel et les moyens d'action industriels des usines de Lyon et de Riga ne sont pas compris dans cette énnmëration.
L'usine de Mainkur est reliée au chemin de fer Francfort-Hanau ; des wagons spéciaux servent au transport des marchandises. Les communications à Tintérieur de Tusine se font au moyen d'un chemin de fer h voie étroite. •
NOM COMMERCIAL