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XIII. COLORANTS SULFCRÉS

La famille des colorants sulfurés est celle qui s'est le plus développée dans ces dernières années; en 1889, ^^^ ^^ contenait quun seul terme, le cachou de Laval; elle comprend, maintenant, un nombre sans cesse croissant de termes et particulièrement de colorants noirs qui présentent un grand intérêt dans la teinture du coton non mordancé. La découverte des premiers colorants de cette nature a été le signal d un grand nombre de recherches sur un terrain absolument nouveau; on leur doit, ainsi qu'à l'intérêt qui s'attache à ces substances, les rapides progrès que la question des colorants sulfurés a faits dans ces dernières années.

Quoiqu'on ne sache rien ou presque rien au point de vue de la constitution des colorants sulfurés pour coton, ces produits n'en appartiennent pas moins, et par leur origine et par leurs propriétés générales, à une même catégorie de substances dont le type est le cachou de Laval, le premier en date (1878, Saint-Denis).

Cette commune origine des colorants sulfurés pour coton , c'est la réaction , à des températures plus ou moins élevées , du soufre et des sulfures alcalins sur des matières organiques diverses, mais présentant toujours les fonctions hydroxyle ou amidée, ou les fonctions qui peuvent engendrer celles-là dans les conditions de la réaction.

C'est ainsi, par exemple, qu'en chauffant avec de la soude et du soufre des matières organiques d'origine végétale, comme le bois, l'écorce, etc., on avait découvert en 1878 un colorant teignant le coton en nuances cachou, c'est le cachou de Laval de MM. Croissant et Bretonnière.

C'est ainsi également qu ce en chauffant progressivement en vases clos une certaine quantité de pyrocatéchine , de qninone, d'hydroquinone ou de toluquinone avec du soufre et de l'ammoniaque ou une aminé grasse ou aromatique, on obtint une série de colorants dont la teinte varie suivant le mélange employé et la température à laquelle il est porté». (Brevet fr. a3 1 1 88 [M. Vidal].)

C'est ainsi, enfin, qu'en chauffant vers 180 degrés avec du soufre et du suUîire de sodium, soit le paramidophénol , soit la paraphénylèncdiamine , soit les substances qui sont capables de les engendrer par réduction , on obtint des colorants qui teignent le coton non mordancé, en nuances vertes qui prennent d'elles-mêmes sous l'action de l'air une belle nuance noire bleutée que l'on peut également leur donner par l'action d'un oxydant tel qu'une solution de bichromate et acide sulfurique. (Brevet fr. s3^âor> [M. Vidal et Société Saint-Denis].)

Ce procédé conduit à la réalisation pratique des premiers colorants noirs sulfurés pour coton dont l'apparition sur le marché, en i89&, provoqua une certaine sensation. (Noir Vidal et noire Saintr-Denis.)

Les chercheurs se mirent rapidement à l'étude de ce nouveau procédé et de nombreuses imitations de ces colorants noirs ne tardèrent pas à paraître; actuellement, c'est par centaines qu'on compte les brevets nouveaux pris pour l'obtention de colorants noirs sulfurés et on trouve un certain nombre d'entre eux sur le marché. Citons entre autres :

Noir Vidal et noir Saint-Deuis. (Saint-Denis.)

Noir immédiat, dérivé de la diuilrooxydlphéQylamiue. (Cassella.)

Noir sidfaniline. ( Kalle. )

Bleu kati^ène. (Bayer.)

H faut rattacher à cette catégorie les produits que l'on obtient en traitant par des sulfures alcalins ou des sulfites les dinitronaphtalines ou dinitroanthraquinones et particulièrement les :

Noir solide, obtenu au moyeu de diniù^onaphlaliiie 1.8. (Badiscbe.)

Noir anthraquiuone obtenu au moyen de dinitroanthraquinones (Badische).

Le même procédé de chauffage avec soufre et sulfure de sodium a produit, outre la découverte des colorants noirs, celle de toute une série de colorants de même nature jaunes , bruns et bleus. U a suffi pour cela d'employer de nouvelles matières premières ; c'est ainsi, par exemple, que l'emploi de p. diamines acétylées, au lieu de p. diamines a fait découvrir des colorants qui teignent le coton en un très beau jaune, ou en jaune orange et qui sont connus sous le nom de Thiocatéchines. (Brevet fr. 28971/1 [Saint- Denis].) Conune l'apparition des noirs, celle des thiocatéchines a suscité de nombreux imitateurs et conduit à l'obtention de colorants de cette nature. Panni ces produits, on trouve dans le commerce, entre autres, les thiocatéchines, de la Société de Saint-Denis, le brun katiguène et le brun sulfaniline.

Il faut signaler encore avant de terminer cette énumération la découverte qui a rendu possible en impression l'emploi de ces colorants sulfurés; on a constaté que les colorants sulfurés précipités de leurs solutions acides sont solubihsés par le bisulfite de soude; il se forme une combinaison que le vaporisage détruit en fixant sur fibre le colorant sulfuré appliqué sous cette forme transitoire. (Brevet fr. a44585 [Saint-Denis].) Noir Vidal S et thiocatéchines S.

Quant aux propriétés générales qui nous ont permis de ranger dans une même catégorie ces substances de même origine, mais de nuances si divei'ses, ce sont :

L'insobubilité absolue dans l'eau même à l'ébullition;

L'insobubilité absolue dans les acides étendus;

Un solubihté extrêmement faible, et la plupart du temps nulle, dans les alcalis étendus ou les carbonates alcalins;

La solubilité considérable dans les liqueurs de sulfures alcalins même froidos;

Et, enfin, l'affmité très marquée pour le coton non mordancé surtout en bain de sulfures alcalins, et l'obtention par teinture de nuances parfois bien 'différentes, mais Gn. XIV. — Cl. 87. — T. H. 7

iUl'IllUEMB SATIOMILI.

qui toutes sont influencées dune façon plus ou moins profonde par des solutions oxydantes ou par des solutions de sels métalliques, comme les sels de cuivre ou les bichromates.

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