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SIXIÈME GROUPE

Easenoee reotiflées et spécialités de MM. de I.alre et G'* employées comme matières premières

en parfumerie, savonnerie, etc.

Bergamolp (de Isoive ri, C).

Eseeuce de etyi'ar.

Bouvardia.

HemcroCrfiile.

Caryophylline.

Hoialdéine.

Clématite,

ïraldéine.

Clymène,

Irolène.

Cuir de Rutêie,

Muguet.

Kpiuù blanche.

Narcéol,

( d'ani».

œillet (de Laire et C

1 de citron mm letpènen.

Orgeol.

Ennenre ( dp ritronnfille.

Quarantaine,

1 de girofli'.

Rubidéine.

\ de lemou fnr.xx.

Syringa.

MM. PiLLET ET d'Enpbbt, fuc Saint-Mem, 1 4 et 1 6, à Paris.

Cette maison, fondée è Grasse, en 1897, par M. Alphonse Isnard eut snccessivement comme chefs MM. Saujat et Fiengon (186a), M. Saujat (1871), MM. Saujat et Foucher(i874), et enfin les propriëtaires actaels (1897).

Elle possède une usine à Paris et emploie un personnel compose d*un directeur, d'un chimiste , de six comptables et employés, d*un contremaître, de sept agents pour la France et Tëtranger, de deux mécaniciens et de s 5 ouvriers dont huit femmes.

Dans Tusine de Paris, on distille des plantes recueillies dans les environs, car sous cette latitude, elles donnent des huiles essentielles qui difll^rent d'une façon notable des essences obtenues dans le Midi de la France on dans les pays étrangers. Il en est ainsi des huiles essentielles de lavande, de romarin, d'hysope, d'absinthe, de menthe de Paris, de sauge, de graine et de racine d'angélique, de matricaire, de sarriette, d'ache, de lierre terrestre.

La maison a, en outre, exposé une série d'huiles essentidles qui constitue la presque totalité des produits actuellement connus et vendus d'une façon h peu près courante ; puis une cpllection d'huiles extraites de gommes on de résines : encens, âémi, galbanum, opoponax, tacamahaca, etc.

EHe s'est aussi attachée à montrer à l'état pur, les constituants principaux des essences , qui donnent les parfums caractéristiques de chacune d'elles.

Anéthol Essence d'anis de Russie.

Aldéhyde rinnamique . Essence de cannelle.

Aldéhyde cuminîque.. Essence de cumin.

Aldéhyde benzoïque. . Essence d*amandcB amères.

Gilral Essence de verveine.

Garvone Essence de carvi.

Pulégone Essence de menthe Pou-

liot

Thuyone Essence d*absinlhe.

Fénone. Essence de fenouil.

Apîol Essence de persil.

Santalol Essence de santal.

Linalol Essence de linaloë.

Méthylnoiiylrélone . . . Essence de me.

Menthol Essence de menthe du

Japon.

Safrol Essence de camphre

brune.

Eugënol Essence de girofle.

Géraniol Essence de géranium.

Garvacrol Essence d^origan.

Thymol Essence d^ajowan.

Sous le nom de parfums purs , MM. Pillbt et d'Eittert ont enfin exposé des produits «rqui sont de véritables huiles essentielles, solubles à l'alcool, contenant cent pour cent de parfums débarrassés de toute impureté «. Ces parfums naturels concentrés sont obtenus par des procédés spéciaux à la maison qui a exposé ceux de violette , de jasmin , de cassie , d'oranger, de rose et de tubéreuse.

C'est aussi à M. Piilet et à ses collaborateurs MM. Charabot et Dupont que nous devons la mise au jour d'un très beau traité sur les huiles essentielles et leurs principaux constituants.

Ainsi que nous l'avons fait remarquer plus haut, eu égard à la présence, dans la Classe 87, de tous les producteurs étrangers de matières premières pour la parfumerie , qui ont pris part à l'exposition, nous serions incomplet si nous omettions de signaler les principales maisons françaises qui par la finesse et les qualités suaves de leurs produits, ainsi que par leur organisstion , méritent d'être mises en parallèle avec les meilleurs maisons étrangères à quelque nation qu'elles appartiennent.

Une des plus anciennes et des plus importantes est sans contredit la maison Chiris, à Grasse, ilont la fondation remonte à 1768, et qui poss^le dans le Midi une usine modèle. Elle distille toutes

les huiles essentielles qui sont d*un usage courant dans Tindustrie , importe celles qui sont produites à rëtranger ainsi que les autres parfums naturels comme le musc, la civette, etc.

Cessionnaire de la Société des parfums naturels de Cannes , elle a continué cette fabrication tout en Taméliorant et livre actuellement au commerce ces produits.

Plein d'initiative entreprenante, son chef, M. Antoine Chiris, mort en igoo,-a entrepris la culture, en Algérie, du géranium, de la cassie, de Torangeret de Teucalyptus, et a consacré 780 hectares à cette exploitation qui comporte , en outre , des distilleries et des usines pour la fabrication des huiles et des pommades parfumées.

MM. AuGiBR BT C% à Paris.

Fondée en 1846, cette maison s'occupe surtout de l'importation de bois, d'écorces, de semences, de plantes sèches qu'elle soumet à la distillation pour en extraire les huiles essentielles. C'est ainsi qu'elle a exposé des bois de jamaringha, de sassafras, de santal, de rose, ainsi que des essences de bois de rose fen\elle, de bois de rose mâle, de bois de bouleau, de girofle, de géranium de la Réunion, de poivre, de patchouly, du camphre de patchouly, etc.

Elle a également montré de très beaux spécimens de castoreum, de vanille, de musc, de labdanum, de fèves Tonka, de baumes de tolu et de styrax, de Topopanax, du benjoin, du macis, de l'oliban , de vétiver, des muscades, des feuilles de patchouly.

Comme produit à composition définie , elle a exposé du thymol cristallisé.

MM. BiNG FILS BT C", à Paris.

Cette maison semble aussi s'occuper uniquement de l'importation des produits exotiques. La collection qu elle a montrée à l'exposition a excité le plus vif intérêt. Ce sont d'abord des échantillons de musc en poches du Yunnam, de Birmanie, de Cabardin, de Sibérie, de Sawkan (peaux bleues) du Tonkin pile P peaux bleues, peaux grises, peaux naturelles.

Viennent ensuite divers spécimens d'ambre : ambre avec arêtes de sèches ( l'agglomération de cet obstacle, dans le gros intestin du cachalot, produit le calcul qu'est l'ambre gris); ambre noir venant de Provin-Cetown Mass. péché par un bateau bdeinier; un superbe échantillon d'ambre gris, péché en 1899 près de Saint-Domingue par un autre baleinier; de l'ambre trouvé à la côt€ des Somalis, en 1899. L'action du soleill'a rendu gris blanc.

Nous avons en outre remarqué de la civette domestique, de la civette sauvage des Pays Gallas, des essences de géranium Bourbon, de kananga du Batam, de patchouly de Singapore, de citronnelle de Java, d'ylang-ylang (et les fleurs), de citronnelle des Indes, de vétiver (avec l'herbe), de racines et feuilles de vétiver de Java, de vétiver de Bourbon, de palma rosa, de ladja-goa de Java, etc.

L'exposition comprenait enfin des clous de girofles, des épis d'andropogon , des (%ves Tonka, du vanillon, de l'nngoslura et divers bois aromatiques.

MM. BoYBR BT C*, à Gignac (Hérault).

L'exposition de cette maison comprenait l'ensemble des essences qu'on peut distiller avec les matières premières croissant dans le Midi : essences d'aspic, de lavande, de marjolaine, de menthe, de fenouil doiu, de romarin, de rue, de sabine, de sauge, de thym.

MM. BoYYBAU, SlTTLEH ET BaVBB, à GraSSG.

Aucieune maison fondée par M. Méro en i83a, et connue non seulement par ses produits mais encore par les contributions apportées par son fondateur à l'élude des falsifications des essences. Elle a montré toute la variété des essences courantes fabriquées dans le Midi, avec leurs constantes physiques, ainsi que des huiles parfumées, des extraits triples, des i)ommades, etc.

MM. Bruno-Covrt, à Grasse.

Celte maison a (paiement montré de très beaux spécimens d'essences du Midi extraites des fleurs, de l'essence concrète de violettes, de Teau de fleurs d'oranger, des pommades, de l'huile d'olive, etc.

MM, Jeancard et Gazas^ il Cannes.

Celle maison, fondée en i8q6, est une de celles qui sont entrées résolument dans la voie scicnlifiquc et qui soumettent leurs méthodes de fabrication , ainsi que leurs produits , à un contrôle suivi et permanent. Appliquant judicieusement les procédés connus pour la détermination des principes actifs contenus dans les huiles essentielles, les chimistes de la maison ont fait une série d'études sur les essences de lavande et les causes de variation de leur teneur en éthers, sur les essences de neroli, de petit grain, de jasmin, de thym, de serpolet, de romarin, etc., études dans lesquelles il ont confirmé des faits déjà connus et ajouté des contributions nouvelles.

Indé{)endamment des produits courants, essences du Midi, huiles parfumées, extraits, pommades, cette maison a encore montré de la résine d'iris et quelques beaux échantillons de principes constitutifs des essences : géraniol, anéthol, thymol, menthol, linalool, ainsi que quelques produits synthétiques : neroline , yara , terpine , jasmin synthétique , etc.

M. Lautier fils, à Grasse.

Une des plus anciennes maisons se livrant à la fabrication des matières premières pour parfumerie, puisque son origine remonte au siècle dernier. Comme ses émules , la maison Lautier s'est attaché un chimiste qui imprime a toute sa fabrication une direction scientiflque et lui permet d'offrir ses produits avec des teneurs bien déterminées en principes utiles.

En dehors des essences d'un usage courant , la maison Lautier fils fabrique encore des eaux parfumées, des essences naturelles concrètes, des pommades, de l'huile d'olive, etc., dont elle a montré de beaux spécimens h l'Exposition.

Les Parfumeries de SsiLiAi^fs (Var).

L'ex|)osition de cette maison comprenait des essences de lavande, d'eucalyptus, des extraits à la violette, à la jonquille, à la tubéreuse, au jasmin, des pommades, des eaux de rose et de fleur d'oranger.

M. Rapubl-Carbonbl, à Vailaui'is (Alpes- Maritimes).

L'exposition de cette maison comportait des essences de roses, de nëi-oii, degëraniuni, de lavande, de petit grain, de myrthe, de menthe, ainsi que des eaux parfumées et deTliuile d'amandes extraites des noyaux d'abricots.

M. RoBERTET ET C'% à Grassc.

A côté de la série des essences que toute maison du Midi fabrique , cette Société a montré quelques essences concrètes, de Tacide cuminique et quelques produits d'importation comme la civette, les fèves Tonka , le benjoin , etc.

M. Rovrb-Bbrtrand fils, à Grasse.

Cette maison, dn^nt la création, par M. Louis Roure, remonte à Tannée iSao, peut également être ]*angée parmi les étnblifsements les mieux dirigés et les plus prospères. Son organisation au triple point de vuescientiGque, commercial et industriel est en effet des mieux conçue.

Se rendant compte de la nécessité et des multiples avantages qu'il y avait pour leur industiie de lui donner nn caractère scientifique, MM. Roure-Bertrand et fils n'ont pas hésité à s'adjoindre des collaborateurs spécialisés de longue date par leurs études et leurs recherches personnelles dans le domaine des parAuus , et ont mis à leur disposition tous les éléments nécessaires pour âucider les problèmes complexes que présentent la culture et la fabrication des parfums naturels. Les très intéressantes recherches qui sont sorties de cette maison depuis quelques années, les profits qu'elle en a tirés moralement et industriellement témoignent de la justesse de vue de ses chefs.

L'impulsion scientifique donné à leur fabrication s'est ti*aduit à l'Exposition par la présentation d'une très belle collection des principes constitutifs des essences, géraniol , linalool, acétate de linalyle, et par celle èieMmees concrètes et d'essences solides obtenues en traitant les fleurs k parfum par des dissolvants volatils.

Outre ces derniers produits, qui présentent au point de vue de leur dissolution dans lalcool, des difficultés pratiques, la maison a réussi h isoler à l'état de parfaite pureté, et sous une forme soluble dans l'alcool , le principe odorant de chaque fleur. Ce but a été atteint par l'emploi de dissolvants convenablement associés , chaque fleur exigeant une association différente appropriée à la nature de son parfum. Les produits obtenus ainsi portent le nom d'essences absolues. L'organisation scientifique de la maison est enfin complétée par l'établissement de champs d'expérience destinés à fournir au laboratoire des maténaux de travail et à corroborer, par la pratique culturale, les résultats théoriques qui y sont obtenus.

Toutes les plantes à parfums ne pouvant être traitées dans l'usine , la maison a fondé divers établissements en vue de la fabrication des essences dans les pays de production des plantes. C'est ainsi qu'elle a établi dans le Dauphiné et dans les Alpes vingt-quatre postes pour la production des essences de montagne (lavande, aspic, thym); en Algérie et en Corse des distillations de géranium; en Guyane une installation pour la fabrication de l'essence de bois de rose.

Elle a en outre organisé une mission dans le but d'étudier, en Extrême Orient, les questions intéressant son industrie, en particulier la distillation sur place des essences de santal, de patchouly et d'ylang-ylang.

Ajoutons enfin que seule, jusqu'à présent, parmi les maisons françaises, la maison Roure-Bertrand fils publie deux fois par an un bulletin scientifique et industriel où elle fait connaître , d'une part , les résidtats obtenus dans ses labordtoii^es et dans ses usines, d'autre part les divei^ travaux effectués

daus le monde entier relatifs à llndustrie des parfiims et des huiles essentielles. Par Teusemble de son organisation et anssi par la finesse et la pureté de ses produits, cette maison se place au premier rang des établissements qui s'occupent de la fabrication des parfums natui^els et des huiles essentielles.

Société des pàrfvms du littoral, à Fréjus.

Outre quelques huiles essentidles courantes et des essences concrètes, cette Société a montré de très beaux spécimens de myrthol, de rosénol, de terpinéol, de citral, de menthol, vanillon, hélioli*opine, coumarine, etc.

MM. ToMBARBL FRÈRBs, à Gfasse.

Ancienne maison bien connue qui fabrique la plupart des matières premières pour la parfumerie ainsi que de Thuile d'olive. Gomme leurs concurrents , MM. Tombarel frères ont réussi , au moyen de dissolvants volatils, à extraire des plantes les parfums auxquels elles doivent leurs qualités, et les vendent sous le nom de parfums naturels. C'est ainsi qu'ils ont exposé des essences concrètes de roses , de jasmin, de violettes, de jonqiiiUe, de tubéreuse, de fleur d'oranger, etc.

MM. Wàrrick frères, à Grasse.

(/exposition de cette maison ressemblait à celle de plusieurs de ses concurrents et compi-enail des essences, des huiles parfumées, des pommades, des eaux parfumées, etc.

ALLEMAGNE

On ne saurait être surpris que l'industrie de ce pays ait essayé de cette branche de la fabrication et qu elle y ait remporté de notoires succès. Bien que le climat de TAUemagne ne se prête pas beaucoup à la culture des véritables plantes à parfum , il y a néanmoins des régions qui s'y adonnent et qui exploitent quelques rares produits adaptés au pays. Comme nous Pavons fait observer dans notre rapport de 1898, l'industrie allemande s'occupe surtout de la distillation des essences employées en pharmacie et dans la liquorerie. D'autre part , désireuses d'avoir sous la main des champs d'essai où elles cultivent à tour de rôle et suivant leurs besoins et aussi Porientation de leurs études , des plantes à essences les plus diverses , quelques grandes maisons ont acquis ou affermé de vastes domaines, où elles se livrent aux expériences que comportent les sujets qu'elles ont en vue.

A cette mise en valeur sur place des produits de leur sol, plusieurs industriels ont ajouté la distillation des semences, fruits, feuilles, racines, bois, etc. exotiques, ainsi que la vente des parfuQis naturels exploités dans les différentes régions du globe.

Avec ce merveilleux talent d'organisation qui les caractérise et cet esprit de discernement quils savent mettre aux choses praticpies, certaines maisons, et des plus importantes, ont su donner un cachet véritablement scientifique non seulement à leur manière de fabriquer, mais encore à la façon de présenter leurs produits au public.

Si les modes d'extraction des parfums qu'ils emploient ne se distinguent en rien de ceux qui sont usités en France , il en est autrement des moyens dont ils se servent pour capter la confiance des clients auxquels ils s'adressent. Ici encore , et nous ne saurions les en blâmer, c'est la science présentée sous son aspect utile qui fait les frais de la réclame.

Produits complexes, les huiles essentielles étaient jadis des articles de confiance. A part des falsifications grossières comme l'alcool, le pétrole ou d'autres dissolvants du même genre, il n'était guère possible de s'assurer de la présence d'autres corps étrangers, eu égard au peu de connaissances que nous possédions sur la composition des essences. Dumas, Schwanert, Gerhardt, Lallemand, Cahours, etc., avaient bien déterminé les principaux composants contenus dans quelques-unes d'entre elles, mais ces recherches étaient restées isolées et n'avaient pas la portée générale qu'ont eu dans la suite les travaux de Wallach, Semmler, Tiemann et leurs élèves, en Allemagne , et Bouchardat , Barbier et Bouveault , Gharabot, etc. , en France. Vu la cherté de la matière première et l'exiguïté des ressources dont disposent en général les savants des laboratoires officiels, il ne leur était pas possible d'en entreprendre l'étude sur une échelle un peu étendue. Seules des maisons puissantes, ne reculant devant aucun sacrifice matériel, disposant d'un outillage approprié et d'un personnel scientificpie accompli, étaient en mesure de mener cette tâche à bien. Il est juste de reconnaître que ce sont des maisons allemandes, à la tele desquelles il faut placer en toute première ligne la Société Schimmel et C", de Leipzig, bientôt suivie par la maison Heine, de Leipzig, qui, tirant parti des recherches publiées par les savants de tous les pays , ont entrepris l'étude systématique de toutes les essences dont la constitution était inconnue.

Ces recherches ont non seulement enrichi nos connaissances sur une foule de composés nouveaux auxquels les plantes doivent leur arôme , mais elles ont aussi permis de déterminer dans chacune des essences envisagées, le ou les principes dominants auxquels le parfum doit sa valeur. C'est ainsi qu'on est arrivé a démontrer que la dominante de l'essence de bergamote est Vacétate de lùialyle, que celle de l'essence d'anis est Yanéihol, que l'essence de citron doit son parfum au dirai (Schimmel), que celle de jasmin tire sa valeur de idi joâmone (Hesse), que la carvone est le principe actif de l'essence de carvi, etc.

De là à chercher des procédés permettant de doser ces éléments il n'y avait qu'un pas. Ces procédés existent actuellement pour la plupart des essences et si, pour certaines d'entre elles, ils n'ont pas encore ce caractère de rigueur que nous demandons à nos méthodes analytiques minérales, cela tient à la difficulté du sujet, et à la nature complexe des huiles essentielles.

Quoi qu'il en soit, ces méthodes se sont peu à peu imposées dans la pratique et les

résultats auxquels la plupart d'entre elles aboutissent font foi dans les transactions commerciales.

Produits ssmthétiques. — La fabrication des parfums artiG ciels en tant qu'industrie autonome a pris naissance en Allemagne. Elle date en quelque sorte de la découverte de la spthèse de la vanilline par MM. Tiemann et Haarmann. Sous l'impulsion du premier de ces savants qui, durant une période de plus de vingt ans, l'a inspirée et alimentée par un apport constant d'investigations ingénieuses et de travaux originaux, elle a pris un développement de plus en plus accentué et compte actuellement parmi les industries les plus captivantes, parmi celles qui exigent le plus de science et la plus grande sonmie d'efforts intellectuels.

Nous avons vu au commencement de ce chapitre la répercussion qu'ont eue les recherches d'ordre synthétiques sur les cours concernant les produits, d'une consonmiation courante, qui constituent les articles les plus saillants de ce genre d'industrie. Nous ne croyons pas devoir y revenir et nous nous bornons à donner un aperçu des transactions auxquelles donnent lieu en Allemagne le commerce des matières premières naturelles et artificielles servant de base en parfumerie, ainsi que les produits finis de cette industrie, comme les eaux et les savons parfumés.

DÉSIGNATION DES PRODUITS

Huiles essentielles

Essences de genièvre el de romarin

Huiles grasses parfumées

Ëanx parfumées non alcooliqaes

Parfums alcooliques el éthers. (Dentifrices, etc.).

Savons parfumés

Tous produits parfumés non spéciâés

marcs.

/^9,ooo 36otOoo

36,000 739,000 ai 3,000 533,000

marct.

39,000 399,000 3oi,ooo

a3,ooo

a,o66,ooo

Ge^jui frappe dans ce tableau, c'est l'augmentation à laquelle ont donné lieu, dans l'espace de dix ans, les exportations de savons parfumés, d'extraits alcooliques de toute nature et des parfums non spécifiés. Ces derniers comprennent, sans aucun doute, les pariums synthétiques, dont il se fabrique des quantités considérables en Allemagne.

ACTIBNGBSELLSCHÀFT PUR AnILIN FABRICATION.

Comme son nom rindîque, cette maison s'occupe principalement de la fabrication des colorants dérivés du goudron de houille. 11 en a d'ailleurs été question au chapitre des couleurs artfîcielles , où nous avons donné l'historique de la maison ainsi que les moyens dont elle dispose. Outre des couleurs, cet établissement fabrique encore quelques produits qui appartiennent au domaine de la pai'fumerie. Propriétaire des brevets du docteur Erdmann de Halle , elle fabrique spécialement de Tan-

G«.XIV. — Cl.87. — T.ll.

IHrmilkU HATIOVALB.

thranilate de méthyle, Tua des principes odorants caractéristiques de Tessence de Nëroli (fleurs d'oranger) et de quelques autres huiles essentielles appartenant à la famille des Rutacées.

Parmi les compositions qui ont pour base Tanthranilate de mëthyle, nous. citerons l'^Virolène, principe odorant artificiel de Fessence de fleurs d'oranger, destine à rehausser les parfiims des extraits et des eaux de toilette; â" Virolène pour savon, spécialement préparé pour la parfumerie des savons.

A ces compositions, la maison ajoute le narcéol, principe odorant de Thuile essentielle de jasmin préparé par voie artificielle; Yamanthol, qui n'est autre chose que de Tessenoe de mirbane (nitrobenzine) dépouillée des impuretés qui lui donnent une odeur parfois désagréable, et qui sert à la fabrication des savons à bon marché.

MM. BasBRiNGER ST FILS. — (Waldhof-Mannheim).

Cette maison , qui s'occupe surtout de la production des alcaloïdes et en particulier de la quinine , ainsi que d'autres produits pharmaceutiques , comprend aussi dans sa fabrication la eoumarine et le terpinéol, dont elle a exposé de très beaux échantillons.

MM. Haarmann et Rbimbr. (Société en commandite. )

Siège de la société à Holzminden a. W. (Brunswick).

Propriétaire : M. le docteur Wilhelm Haarmann.

La fabrique est située à Altendorf, près Holzminden; elle emploie 8 chimistes, 5 employés de commerce et 65 ouvriers.

On y fabrique des articles pour la parfomerie et la confiserie , principalement la vaniUine , Tionone , l'irone, l'hâiotropine, la eoumarine, le terpinéol, le linalol, l'acétate de linidyle, l'eugénol, Tisoeugénol, etc., leurs dérivés et produits intermédiaires.

L'exportation des produits fabriqués se fait dans tous les pays.

La fabrique utilise 3 chaudières, de Aïo mètres carrés de surface de chauffe totale, et 5 machines à vapeur d'une force totale de 6o HP.

Les produits découverts ou préparés pour la première fois industriellement par la fabrique sont : la vanilline (1874), l'héliotropine et la eoumarine (1878), le terpinéol (1889), l'isoeugénol (1890), le linalol et l'acétate de linalyle (1871), l'irone, l'ionone et ses homologues, par exemple le sapirone (1898).

Les inventions de la maison sont prot^ées par un grand nombre de brevets allemands et étrangers.

M. le docteur W. Haarmann a spécialement contribué à l'invention de la vanilline. C'est k M. le docteur Koeliler que la maison est redevable de l'application des procédés pour la fabrication de l'héliotropine et de la eoumarine et à M. le docteur P. Krûger de celle des procédés pour la fabrication du terpinéol, de l'ionone et de l'irone.

Les recherches scientifiques de quelques savants qui ne sont pas attachés à la fabrique de Holzminden lui ont été d'une grande utUité. Le professeur F. Tiemann a rendu, dès le début, les plus grands services comme conseil scientifique de la fabrique ; ses célèbres travaux sur la vanilline, l'eugénol , l'isoeugénol, l'ionone, l'irone et autres parfums artificiels et les terpènes n'ont pas seulement contribué à la prospérité de l'usine de Holzminden, mais encore à la création et au développement général de la chimie des parfums.

Les institutions créées par la maison pour le bien-être des ouvriers sont nombreuses : les ouvriers mariés sont logés dans des habitations saines, se composant de deux pièces pouvant être chauffées, de quatre autres chambres, d'une cuisine, d'une cave, d'un grenier, d'étables pour le bétail et d'un

terrain utilisable pour la culture et le jardinage ; le tout pour un loyer de peu d'importance. Certains ouvriers se sont rendus acquéreurs de terrains, grâce à Tappui de la maison. On délivre gratuitement, deux fois par jour, à tous les ouvriers, du café chaud. A Noël, on leur distribue des livrets de caisse d'épargne.

Historîcpie. — La fabrique a été construite en 1874 par M. le docteur Wilhelm Haannann à Holzminden, dans le but de Tiitilisation industrielle de l'invention de la production artificielle de la vanilline de MM. Tiemann et Haarmann. En 1876, H. le docteur Kaii Reimer entra comme associé; la raison sociale fut transformée en celle xle Haarmann et Reimer. E&e fut maintenue après le décès du docteur Reimer, en 188 3, et conservée lors de la création de la société en commandite, en 189Q, qui est dirigée personnellement par M. le docteur W. Haarmann. Pendant les quatre premières années, la fabrique ne produisait que de la vanilline à côté de produits d'un intérêt essentiellement scientifique. En 1878, on entreprit la fabrication de Théliotropine et de la coumarine; en 1889, celle du terpinéol et, en 1890, celle de Tisoeugénol. En 1893, la fabrique put fournir, grâce aux travaux scientifiques de MM. Tiemann et Krûger, Tirone, parfum de la racine d'iris à l'état pur et l'ionone , parfum des fleurs de violettes. L'iouone s'obtient par voie synthétique au moyen du citral , l'aldéhyde de l'essence de lemon-grass, suivant un procédé découvert par M. Tiemann. La maison se transforme ainsi , peu à peu , en une fabrique de produits synthétiques de toutes sortes pour les besoins de la parfumerie; elle les propage et les met dans le commerce dans un état de pureté absolue.

M. Heinrich Hàenssl. — Siège de la maison à Pirna-sur-Elbe (royaume de Saxe). — Propriétaire : M. Heinrich Gustav Haensel, Conmiercienrath. — Fabriques à Pirna (Saxe) et à Aussig (Autriche).

Le personnel de la maison se compose de â chimistes, 1 directeur, 39 employés de bureau et 3o ouvriers.

Les matières premières utilisées par la fabrique sont les plantes et des parties de plantes les plus variées, soit fraîches ou sèches. Elle en prépare une série d'huiles essentielles et d'essences pour l'usage de la parfumerie, de la fabrication de liqueurs , de la pharmacie et de la préparation des limonades gazeuses. L'usine sépare des huUes essentielles, par un procédé spécial, les principes aromatiques et oxygénés en éliminant les terpènes qui altèrent généralement leur parfum; elle donne aux produits obtenus le nom d^essenees déterpénées. Elle a été la première à produire ces essences perfectionnées et à les introduire dans le conunerce.

Les principaux articles de ce genre sont les suivants : essences déterpénées de cumin , de citron , de bergamote, de calamus, d'orange, de menthe poivrée, de sapin, de romarin, de lavande et nombre d'autres produits obtenus par les mêmes procédés. En mélangeant ces essences, on obtient les essences déterpénées composées pour l'usage de la parfumerie et pour la fabrication de liqueurs. L'usine ne se borne pas à la fabrication de ces essences déterpénées; elle produit également les essences commerciales; entres auti*es : l'essence de feuilles de buccu, l'essence de cardamone, de bois de cèdre, (le cubèbe, de galanga, de houblon, de livéche, de feuilles de laurier, de noix de muscade, d'opopDnax, de patchouli, de baume de Pérou, de baume de Tolu, de cannelle de Ceylan; les essences pour spiritueux et une grande variété d'éthei-s de fruits. Toutes ces essences sont très solubles et offrent par ce fait de grands avantages dans la distillerie , spécialement dans la fabrication du genièvre du whisky, du rhum et du cognac. La maison exporte ses produits, non seulement en France et dans les autres pays européens, mais encoi-e dans presque tous les pays du monde, principalement en Amérique, en Australie, dans le Midi, dans les colonies africaines allemandes et anglaises, en Asie Mineure, aux Indes, etc.

L'usine dispose, pour sou exploitation, de 3 chaudières h vapeur, d*une surface de chauffe de 4 10 mètres caiTës et de a machines à vapeur, d'une force totale de 8 s HP.

Historique. — La fondation de la maison remonte à i8&i ; mais ce n'est qu'après i86o qu'elle commença à fabriquer elle-même. L'usine actuelle a été construite en 1867; elle a étë considérablement agrandie en 1889. En 1898-1899, la maison établit une succursale à Aussig, en Autriche. En 1873, elle entreprit la fabrication des essences dëterpénées, concentrées et solubles; cependant, ce n'est que vers 1876 que cette méthode de fabrication fut généralisée et prit de l'extension, lorsque les produits commencèrent de tous côtés à être appréciés. *

MM. Heinb et C*. — Siège social à Leipzig.

Propriétaires : MM. Otto Steclie, Theodor Habenicht, le docteur A. Steche, Hans Steche.

Usine à Leipzig.

La fabrique, dont la fondation remonte à l'année 1 85 3, est une des plus anciennes et des plus importantes fabriques d'huiles essentielles qui existent. La maison possède un grand commerce d'importation; elle s'occupe de la fabrication des huiles essentidles de toutes sortes, de cdle des essences naturelles et artificielles, des produits chimiques pour la parfumerie et la pharmacie et, spéciadement, de la fabrication des parfums artificiels.

Pendant les dix premières années, la maison, qui débuta très modestement, s'était attachée à la fabrication rationnelle des huiles essentielles et à l'amélioration des appareils d'extraction et de distillation de ces essences.

En 1875 , elle commença à fabriquer synthétiquement l'essence de moutarde et entra, à partir de ce moment, dans la classe des fabriques de produits chimiques. Actuellement, l'usine a déjà produit 45,000 kilogrammes d'essence de moutarde artificielle , et l'adoption de cette fabrication dangereuse et éminemment désagréable a notamment contribué à consolider la renommée de la maison.

Une des grandes étapes du développement de l'industrie des huiles essentielles a été la séparation mécanique des portions principales des huUes brutes; on obtient, par cette méthode, l'anéthol, le menthol et le thymol dans un état de pureté supérieure c'est-k-dire déjà cristallisables. Ces produits eurent un accueU universel si favorable qu'on les exporta dans toutes les parties du monde.

Comme conséquence des travaux scientifiques de Wallach, Semmler, Tiemann et Baeyer, qui apportèrent la clarté scientifique sur la nature chimique des huiles essentielles, la maison fut amenée à s'occuper davantage de la séparation, par voie chimique, des autres parties constitutives importantes de ces essences.

L'usine dut ainsi augmenter le nombre de ses chimistes et créer d'autres laboratoires; il en sortit alors rapidement les produits suivants : le carvol, le citral, l'eugénol, l'eucalyptol, le géraniol (qui fut mis dans le commerce pour la première fois par la maison en 1899), le linalol, le terpinéol et le réuniol, enfm un nouvel alcool de la série des terpènes, possédant la formule G^^H'^O; ce corps, découvert par la maison, en 189&, dans les essences de rose et de géranium, est entré dans le commerce à cause de son odeur de rose thé.

En dehors de la séparation des parfums existant, tout formés, dans les essences naturdles, la maison s'occupa de la fabrication artificielle des principes parfumés précieux, comme la coumarine, l'hélioti opine, l'essence de cannelle, les essences de Niobé et de Wintergreen, ainsi que d'autres parfums , tels que la néroline , qui n'ont pas d'anadogue dans la nature.

Un résultait important, très favorablement accueilli, fut la déchloruration de la benzaldéhyde synthétique exécutée pour la première fois industriellement en 1 896; jusqu'à cette époque tous les essais dans cette voie avaient été infmctueux.

Les méthodes et les résultats certains que ces recherches multiples produisirent furent employés avec succès pour réaliser les perfectionnements dans les essences synthéticpies comme, par exemple, Tessence de rhum et les autres qui constituent les éthers de fruits artificids.

Après avoir séparé et reproduit, par voie de synthèse, les portions principales connues des huiles essentielles, la maison s'occupa d*un autre problème plus étendu, c'est-à-dire de découvrir et ensuite de produire les corps odorants existant en très petites quantités, mais dont l'intensité odorante constitue la valeur du parfum des essences considérées. Un des premiers travaux dans cet ordre d'idée fut l'obtention et l'étude des essences dites essences délerpênées spécialement des essences de Messine. I<es résultats obtenus par ces études donnèrent l'occasion d'améliorer les essences, facilement solu blés, employées dans la fabrication des limonades.

Depuis 1896, la production des extraits, au moyen de nouveaux appareils, essentiellement différents de ceux en usages jusqu'à cette époque, conduisit à l'étude approfondie d'une classe importante de parfums, celle des essences de cassie, de jasmin, d'orange, de réséda, de rose et de tubéreuse.

Le résultat le plus important de ce travail fut la préparation et l'obtention du principe odorant de la fleur de jasmin, sur lequel on a donné des études détaillées dans les journaux scientifiques. Pour donoer une idée de quelles dépenses et de quelles difficultés est accompagnée la venue d'une découverte dans le domaine de la chimie des paHums , il suffira de mentionner, que 1 ,000 kilogrammes de fleurs de jasmin ne contiennent que 9 5 grammes des deux corps odorants les plus importants du jasmin, c'est-à-dire la jasmone et l'indol.

Les conséquences pratiques de ces études scientifiques forent, la création d'extraits dits essences concrètes de fleurs Heine et (?,

Pour le contrôle des recherches faites avec des produits étrangers, et en même temps pour disposer pour ces travaux de matières premières, de provenance absolument certaine, l'usine créa des champs de culture de différentes plantes odorantes dans le domaine royal prussien de Schladebach , près de Leipzig. Elle y cultive principalement la rose, le réséda et la menthe anglaise, et elle y distille depuis des années cette dernière plante en grand.

La consommation croissante des huiles essentielles fines obligea la maison à travailler, scientifiquement, les essences de néroli, de cassie, d'ylang-ylang et de cannelle et de les fabriquer synthétiquement; en outre, depuis quelques temps, la fabrique travaille l'essence de bois de santal des Indes orientales et occidentales, et elle a greffé sur cette fabrication celle d'un produit pharmaceutique, très important, le GonorosoL

La consommation des matières premières est très considérable; l'usine, a par exemple, distillé, en 1899, 900,000 kilogrammes de semence d'ajowan, i5o,ooo kilogrammes de bois de santal des Indes orientales, 900,000 kilogrammes de racine d'iris, etc. Pour suffire aux besoins de la consommation, on dut agrandir l'usine successivement en 1876, 1887, 1896 et 1899, de telle sorte qu'nctudlement sa production a doublé.

Le matériel de l'usine comprend : 5 appareils à distiller à la vapeur d'eau, /i5 appareils de distillation en cuivre de toutes les dimensions depuis 5 litres jusqu'à 10,000 litres; ces appareils ont été construits en partie dans ses ateliers, en partie ailleurs, d'après les indications de la maison. Trois chaudières combinées, d'une surface de chauffe de 600 mètres carrés, fournissent la vapeur nécessaire à la distillation, à la force motrice, à 5 pompes à vapeur et à 9 pompes marchant par transmission qui donnent par jour 3, 5 00 mètres cubes d'eau, puisée dans les 9 puits de la fabrique et utilisée pour le refroidissement et tous les usages de l'usine. Une grande machine à glace produit le froid pour les divers procédés de cristallisation. L'usine possède encore 6 moulins de différentes constructions, des machines à tamiser, à couper les racines, des pompes à air, des compresseurs, des essoreuses, des machines à agiter et à sécher, des dynamos avec une batterie d'accumulateurs pour l'éclairage et la force motrice. Toute la fabrique est éclairée à l'électricité et chauffée à la vapeur. Le service des marchandises dans les divers étages de l'usine est assuré par 3 ascenseurs. Enfin , l'usine possède

1 chaudronnerie, i serrurerie, i atdier de charpente avec toutes les machines nécessaires pour la confection et la réparation des appareik.

Six chimistes sont occupés actuellement dans deux laboratoires scientifiques et dans deux laboratoires industriels. Dans un autre laboratoire, on fait Tessai des parfums et des savons fabriqués par une machine spéciale, pour essayer la solidité des nouveaux corps odorants dans leurs usages en savonnerie et en parfumerie.

Pour ses ouvriers, qui gagnent en moyenne i,soo mars par an, la maison a créé diverses institutions. C'est ainsi que les ouvriers logent, en partie, dans le voisinage de Tusine, dans des maisons appartenant à la Société ; celle-ci leur procure, au prix de revient, les combustibles, et elle leur fait des avances sans intérêt. En cas de maladie, le salaire est payé intégralement; pour la fête de Noël, elle donne des gratifications en argent, ainsi que pour les périodes de service militaire ; enfin , après un séjour de vingt-cinq ans dans Tusine, les ouvriers reçoivent la somme de i,ooo marcs. La maison donne encore des subventions pour les assurances contre les accidents et pour la vieillesse; elle possède, de plus, une caisse de secours entièrement alimentée par la générosité de la maison.

Ponr faire connaître davantage les produits de sa fabrication, la maison envoie fréquemment des prospectus; elle fait des publications dans ses prix couranfs qui paraissent régulièrement, dans des périodiques et des brochures; die a publié des notes scientifiques sur le réuniol, Tessence de jasmin et Tessence de bois de santal des Indes orientales et occidentales. Enfin, une quantité de brevets allemands et étrangers protègent la fabrication des produits spéciaux.

La maison exporte dans tous les pays du monde où elle possède loo représentants et 6 voyageurs.

ÉTATS-UNIS

Tout ce qui, dans le domaine de i agriculture, peut donner lieu à une exploitation rémunératrice , est immédiatement entrepris par les fermiers des Etats-Unis. Les pouvoirs publics ne manquent d'ailleurs pas de signaler aux cultivateurs les produits d'exportation étrangère, qui sont susceptibles d'être de quelque profit pour la production nationale.

Encouragé par l'extension qu'a prise l'industrie du sucre de betteraves, le Département de l'agriculture de Washington n'a pas manqué d'appeler l'attention des agriculteurs sur les bénéfices qu'ils retireraient de la production des huiles essentielles et des parfums naturels en général.

Dans une brochure, M. le professeur Steele a même invité les stations agronomiques des Etats-Unis à instituer des essais de culture des fleurs et plantes à parfum, et sur la manière d'en extraire les huiles essentielles, de façon à pouvoir, dans l'avenir, garder pour l'industrie nationale les sommes considérables qui sont exportées à l'étranger.

Nous avons déjà eu l'occasion de signaler l'exploitation des forêts et, en particulier, des conifères pour la production de l'essence de térébenthine et des résines. Coname nous le verrons plus loin , la culture de la menthe et son traitement au point de vue de Textraction de son essence, ont acquis aux Etats-Unis une importance considérable, à tel point qu'il y a eu, comme au Japon, une véritable surproduction. On ne saurait ignorer, d'autre part, qu'en Floride, en Louisiane, en Californie, etc., on cultive déjà en grand le citron et l'orange.

Pour le moment, nous le répétons, c'est la menthe surtout qui est l'objet d'une exploitation intensive. On estime, en effet, que, dans ces dernières années, les États-Unis ont produit de 190,000 à aoo,ooo livres d'essence de menthe. Cette production colossale se répartit pour les trois quarts dans l'Etat du Michigan, pour un dixième dans l'Etat de New-York et le reste dans différents autres Etats, et, en particulier, dans le nord de rindiana.

L'exportation de cette essence a subi les fluctations suivantes :

livret. lÏTres.

189/1 8o,Qa5

Outre cette essence, les États-Unis exportent encore quelques huiles, parmi lesquelles figurent celle de Gaultheria ou de Betula lenta, et d'autres de moindre importance. Mais les importations l'emportent considérablement sur les exportations, comme le montrent les chiffres suivants :

dollars. dollars.

Essences autres | Importations i,859,i84 1,858,953

que Tessence de menthe. ( Exportations i66,4â4 169,004

Ce chiffre énorme d'importation justifie les efforts que font les pouvoirs publics pour acclimater, aux États-Unis, l'industrie de ces produits.

GRANDE-BRETAGNE

Nous nous sommes déjà souvent exprimé sur l'art avec lequel les parfumeurs anglais savaient marier les parfums naturels pour composer des produits qui, s'ils n'ont pas la suavité ni la délicatesse des mixtures françaises , s'en rapprochent par la finesse et une sorte de distinction que ne possède aucune autre parfumerie étrangère.

Il ne semble toutefois pas que cette industrie, pas plus que celle des matières premières qui l'alimentent, ait pris un grand développement dans le Royaume-Uni, car les produits de sa fabrication ne figurent sous aucune rubrique dans les transactions avec les pays étrangers. Mais, si dans le domaine de l'industrie des parfums on ne connait, en fait d'essence d'origine anglaise, que les essences de Mitcham, nombreuses sont celles qui proviennent des colonies anglaises. D'autre part, grâce à la puissance de sa navigation commerciale , beaucoup d'entre ces produits , même de provenance étrangère, nous arrivent par des navires anglais. Eu égard à toutes ces circonstances, il eût été intéressant de voir réunis, dans une ou plusieurs vitrines, ces matières d'origine si

(»î Valeur : 90,898 dollars. — W Valear : 68,672 dollars.

variée et de propriétés si dissemblables. Malheureusement, ici encore, nous ne pouvons citer que deux exposants.

MM. Jackson [John) bt C% à Mitcham.

Les spécialités de cette maison, essences de lavande, de menthe, de romarin, sont connues de Jongle date et ont nne réputation universelle qui ne s'est pas encore démentie. Toutes les tentatives faites pour produire des essences identiques ont jusqu'à présent échoué. Emploi de semis d'origine, mises en œuvre des mêmes procédés de culture et de distillation, n'ont abouti qu'à donner des produits analogues mais non identiques. Sans doute, les essences préparées avec des lavandes croissant à certaines altitudes de quelques unes de nos régions particulièrement favorisées comme exposition et comme climat, peuvent être pr^érées, par suite de la même finesse jointe à une plus grande suavité, à l'essence de Mitcham, il n'en est pas moins vrai que celle-ci a un goût de terroir, un certain montant mitigé par une finesse, incontestable qui plait plus aux uns qu'aux autres. Ce sont là questions de goût sur lesquelles il serait oiseux de discuter. Nous en dirons autant des essences de menthe poivrée de la même origine.

L'exposition de la maison Jackson se composait d'abord : d'une série de tableaux donnant une image des difiérentes plantations faites par l'établissement, puis des essais de culture en caisses, de lavandes de deux ans et de trois ans, essais qui ont naturellement échoué, et enfin de produits fabriqués : essence de menthe blanche, verte et noire; essences de lavande et de camomille.

MM. SvTTON, Sons et O, G. F., Osborne Works, King's Cross.

Cette société a exposé, au pavillon des Indes anglaises, une collection très soignée d'huiles essentielles et d'autres matières premières pour parfumerie.

' Nous avons remarqué, dans sa vitrine, les essences d'anis, de cannelle, de citron, de café, d'orange, de myrrhe, de poivre, de roses, de cardamome, de bois de santal; de la vanille des Indes.

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