CHAPITRE V Poussières
Les induslries produisant des poussières sont très nombreuses : ateliers de battage de tapis^ de cardage et d'épuration des laines^ de crins et plumes, fabriques de chapeaux de Jeutre^ de papier, piler ies mécaniques, ateliers de broyage du plâtre j delà chaux, du noir animal, des couleurs diverses, battoirs à écorces, usines de trituration du liège, etc.
Parmi les poussières industrielles, quelques unes sont simplement incommodes, la plupart plus ou moins dangereuses, un certain nombre toxiques. Elles sont d'origine minérale ou organique.
Poussières minérales. — Les unes sont toxiques; ce sont celles des dérivés du plomb (litharge, massicot, minium, céruse, elc), ou de l'arsenic {acide arsénieux, acéto-arsénite de cuivre^ du zinc, du mer^ cure) et d'autres produits chimiques minéraux. Les autres, qui ne sont pas vénéneuses comme celles du fer ou de la silice, sont dangereuses parce que leur dureté et leur forme occasionnent des déchirements du tissu pulmonaire qui expliquent la mortalité élevée par tuberculose atteignant les ouvriers employés dans ces induslries.
Poussières organiques. — [Elles se subdivisent en poussières végétales et poussières animales.
Poussières végétales. — Les poussières végétales {farine j amidon^ chanvre^ colon^ liège ^ bois^ elc,) — même celles qui semblent inoffensives— déterminent une irritation des muqueuses donnant naissance à des conjonctivites, blépharites, et à des inflammations des bronches (bronchite des mineurs, phtisie cotonneuse, etc). Certaines poussières, celles du charbon par exemple, s'incrustent sur les organes respiratoires, y produisent des lésions provoquant de la toux, des crachements de sang mêlés de charbon (pneumonie anthracosique, phtisie charbonneuse). D'autres peuvent véhiculer des germes infectieux et susciter diverses maladies, les poussières des chiffons entre autres.
Certaines poussières végétales très ténues, {bois^ liège) acquièrent la propriété de s'enflammer très facilement au contact d'un corps en ignition ; elles peuvent être la cause d'incendies.
Poussières animales. — Les poussières animales (os, corne y laine j soie y peaux ^ etc) présentent des inconvénients au moins aussi graves que les précédentes. Les poussières d' os y de nacre ^ de come^ déterminent parfois des troubles des organes respiratoires et des lésions oculaires analogues à ceux dont nous venons de parler au sujet des poussières minérales et végétales.
Les poussières produites dans le travail des laines, soies, peaux, etc., sont susceptibles, dans
certains cas, de propager les microbes pathogènes entre autres : le charbon et la tuberculose, et de produire de la pustule maligne ou de la tuberculose pulmonaire chez les travailleurs, appelés à trier ou à manipuler ces matières premières.
D'une manière générale, les poussières industrielles sont plus nuisibles aux ouvriers, vivant dans l'atmosphère où elles se répandent, qu'aux voisins qui en sont toujours plus ou moins éloignés. S'il est relativement facile de prendre des mesures permettant de supprimer l'incommodité des poussières pour le voisinage, il est beaucoup plus difOcile — et il est aussi beaucoup plus important — de veiller à ce que les travailleurs soient protégés contre leurs dangers.
Les procédés utilisés pour défendre les ouvriers contre les poussières présentent en général l'avantage de préserver également les voisins de leurs effets nocifs. Cependant le moyen le plus fréquemment employé, pour empêcher les poussières de se répandre à l'extérieur des ateliers, qui consiste à fermer toutes les ouvertures donnant sur les propriétés voisines ou sur la voie publique, n'a aucune efficacité pour soustraire à l'absorption des poussières ceux qui travaillent à l'intérieur des ateliers.
1^ Humidification. — Lorsque le travail le permettra, on devra avoir recours à l'eau qui, par son intervention, dans l'aiguisage^ le polissage par exemple, évitera le production des poussières.
Les projections d'eau, les lavages à grande eau
des aleliers contribueront à empêcher la propagation des poussières et diminueront la quantité qui en pourra vicier Tatmosphère.
2^ Vapeur (Teau. — Les projections de vapeur d'eau employées dans quelques ateliers ont donné d'excellents résultats.
3° Ventilation.— Une bonne ventilation des ateliers pourra diminuer, dans certains cas, les poussières ; mais on ne devra jamais perdre de vue que la ventilation peut également avoir pour résultat leur
dissémination.
« 4^ Ventilation localisée. — Ces procédés peuvent
suffire pour purifier l'air souillé par de faibles
Fig. 7. — Aipiration des poussière! par ventilation localisée.
quantités de poussières ; mais quand il s'agit d'industries qui en produisent énormément, il convient absolument de recourir à une ventilation localisée, c'est-à-dire limitée à chaque machine ou appareil. Celte ventilation doit être suivie d'une condensation des poussières et, lorsqu'on le peut, de leur combustion.
La ventilation locale se pratique, comme Tindi*
que le dessin (fig. 7), au moyen de ventilateurs qui aspirent les poussières et les dirigent soit dans des foyers, si elles sont combustibles, soit dans des chambres de condensation, au moyen d'une canalisation étanche. Ce dessin reproduit la coupe transversale d'un aspirateur Farcot, disposé de manière à aspirer les poussières d'une machine à carder et celles de deux meules.
Nous donnons encore (fig. 8) la coupe transversale d'une usine de trituration de ciments. Les
Fig. 8. — Coupo d'une usine de trituration de ciments munie d'aspirateurs Farcot.
poussières produites par les meules et les broyeurs, situés aux deux étages inférieurs et par les appareils de tamisage sont aspirées et dirigées dans des chambres à chicanes où elles se condensent.
5^ D'une manière générale, toutes les opérations de broyage, de pulvérisation, de tamisage, de bluîtage, d'embarillage doivent être effectuées mécaniquement dans des appareils hermétiquement clos. "Les industriels ont su trouver des dispositions per-
mettant de réduire au minimum les dangers résultant des poussières. Ils utilisent dans ce but des tambours ou autres récipients élanches qui enveloppent entièrement les outils producteurs de poussières et ne s'ouvrent qu'en cas de nécessité absolue.
6"* Précautions individuelles. — Malgré la mise en œuvre de ces différents procédés, les chefs d'industrie doivent prescrire à leurs ouvriers des précautions individuelles pour les soustraire à Taclion des poussières.
La plus simple consiste à appliquer sur la bouche et sur le nez un linge ou une éponge humide que l'on attache autour du cou ou de la tête au moyen d'un lien quelconque. On doit laver le linge ou l'éponge lorsqu'ils sont suffisamment chargés de poussières.
Ce mode de protection un peu élémentaire est avantageusement remplacé par l'emploi de masques ou autres appareils qui ne sont pas toujours acceptés par les ouvriers, parce qu'ils les gênent dans leurs opérations ou leurs mouvements et ne mettent pas entièrement obstacle à la pénétration des poussières.
Parmi ces appareils, dont il existe de nombreux modèles, nous adipuâ^^4?a\"e^^ croyons devoir citer le masque- S J?"tto Tut respirateur du docteur Détourbe ^;;î:\Sr4^-^2J^ qui peut garantir des poussières le hc^^J. ""5. \"e*lTer et nez et la bouche. Cet appareil, î^rt?emï^^^^^^^^^ (fig. 9) de forme triangulaire, est
22S INPDSTRIBS INSALDBRBS
en aluminium. Il se compose de deux parties articulées eulre lesquelles on peut placer une couche de coton de 4 à 5 millimètres d'épaisseur, à travers laquelle l'air doit passer avant d'arriver dans l'espace assez grand qui se trouve devant le nez el la bouche. Les bords du masque, qui louchent le visage, sont garnis d'une bande de feutre assurant l'application parfaite de l'appareil. Le masque est maintenu au moyen de deux bandes élastiques passant l'une au dessus, l'autre au dessous des oreilles.
Fig. 10. ^ Lunette contre lei pouttièrei, adaptéot au respirateur. — 1. Leur bâte d'application garnie de feutre.
2. Lcurécl)aocrurena!«alc,bor- (I4e de feu ire et ajustée k la moitié supérieure du rcapirateur. 3. (.harni^re du rcsuirattnr. 4. Partie moyenne ae la iiièoc médiane dcM lunette*.
5. LcTier du respirateur (sa courbe de fleiion est cachée par la paKie moyenne de la uièce médiane de« lunettes).
D.OriSses d'attache de la bande
éiasUque supérieure, enlevée. 1. Surface ajourée de la porte treilliasée. 8. Lan guette recourbée de la partie moyenne de fa pièce médiane des lunettes, mainte-
mainte-
nant la ligature qui reUe les deux appareils. 9. Bande élastique des lunettes. 10. Bande élastique inférieure du respirateur.
Le docteur Détourbe a également inventé des laneltes spécialesqui , portées en même temps que le masque respirateur, comme le montre le dessin ci-contre (lîg. 10), arrivent à protéger les yeux, le nez et la bouche de l'action pernicieuse des poussières •
Instruction du 23 décembre 1881 sur la fabrication rt la
MANIPULATION DU PLOMB ET OB SB8 COMPOSÉS (CoDSeil
d'bygièoe et de salubrité du déparlemeot de la Seine).
§ l*'. — Prescriptions el précautions relatives aua usines^ ateliers et chantiers oU Von se livre soit à la fabrication, soit à la manipulation du plomb et de ses composés .
A. Usines à eéruse, massicot et minium. — Les usines où Ton fabrique la céruse, le massicot et le minium doivent pouvoir être facilement ventilées, balayées, lavées à grande eau dans toutes leurs parties. Les opérations de Véeaillage^ de V éplucha ce et de V écrasage de la céruse et du massicot, doivent être faites sous IVau ou sur les matières sortant de Teau et ruisselantes. Les broyages et blutages de la céruse, du massicot ou du minium, seront pratiqués dans des appareils clos à parois de tôle rivée. Les raclages, cassages, broyages, moutures» brossages de ces substances, seront opérés autant que possible mécaniquement. Les manipulations directes avec jet à la pelle, les transports en cbarriots ou brouettes ouvertes sont interdits pour les matières sèches.
Les fours à calcinalion peuvent être construits dans les ateliers, à la condition qu^on prenne les moyens nécessaires pour que toute poussière ou fumée plombique soit entraînée au dehors .
Toutes les semaines, les charpentes, murs et planchers des ateliers doivent être lavés à grande eau pour enlever avec soin toutes les parcelles toxiques. Un tuyau de conduite d*eau muni d*un robinet au moins par trois hommes, se trouvera à la sortie des ateliers, pour que les ouvriers puissent, deux fois par jour, procéder aux soins de propreté indispensables à leur santé, soins dont il sera parlé au § II.
Les patrons et chefs d'atelier veilleront à ce que les blouses ou autres vêtements de travail restent à la fabrique pendant
que les ouvriers vont prendre leurs repas au dehors. Ces vêlements seront battus et brosses plusieurs fois par semaine liurs des heures de travail et loin des ateliers.
L'emploi de Thuile diminue d'une façon très efficace les inconvénients constatés dans la fabrication de la céruse à sec ou à Teau.
Un registre spécial, mis à jour à chaque visite par le médecin, indiquera Torigine de Touvrier, ses précédents pathologiques, ses occupations antérieures dans la fabrique, la nature de son travail actuel, son état de santé au moment de la visite hebdomadaire.
B. Ateliers et chantiers de peintres en bâtiments, broyeurs de couleurs, ponceurs, etc. — Les ateliers et chantiers doivent être bien aérés et largement ouverts partout où il peut se produîre des poussières provenant du broyage, ponçage et brûlage des couleurs et peintures plombifèrt* s. Les ouvertures doivent être laissées béantes toutes les fois que des peintures à la céruse seront apposées sur les murs, les meubles, etc., tant que celles-ci ne seront pas desséchées. Les blutages ou tamisages^ transvasements, mélanges de couleurs, ne doivent pas être fedts dans le local où séjournent habituellement les ouvriers. Tontes les parties de Tatrlier doivent être lavées à grande eau chaque fois que des poussières toxiques se seront produites et déposées sur les murs, les charpentes, le mobilier, etc.
Le patron ou, en son absence, le chef d'atelier est tenu de surveiller sévèrement la mise en pratique de ces précautions, et de s'assurer que ses ouvriers, avant d'aller prendre leur repas^ quittent leur blouse de travail et procèdent aux soins de toilette nécessaires.
On ne peut que désapprouver entièrement le broyage de la céruse S'èche à la main, et son mélange à l'huile au moyen de la molette. Cette pratique est la cause d'un grand nombre d'accidents. Il est de beaucoup préférable, pour broyer la céruse avec les diverses couleurs, de prendre celle qui a été préalablement mélangée à l'huile dans les fabriques.
C. Autres ateliers où Von manie le plomb et ses diverses -^préparations. — Partout où l'on manie le plomb, ses alliages
et ses autres préparations, les chefs d atelier doivent éviter tout ce qui pourrait mettre inutilement Touvrier en contact direct avec le plomb en nature et ses divers composés. Ils doivent veiller à la propreté minutieuse des ateliers et en exclure, par des lavages répétés, toutes les poussières plombiques. Ils doi* vent, autant que possible, éviter tous battages, pelletages, tré* pidations, etc., qui pourraient se produi)*e dans les pièces closes où travaillent les hommes ; ces opérations occasionnent et soulèvent des poussières plombiques dangereuses.
Dans aucun cas, l'ouvrier ne sera astreint à broyer ou bluter des préparations plombiques telles que : émail en poudre, cristal, potée d'étain, fards, cendres plombiques, couleurs en poudre à la céruse, etc., autrement qu'en vases clos. On ne doit pas laisser les ouvriers séjourner, et moins encore prendre leurs repas, dans des enceintes où se dégageraient notoirement des poussières contenant du plomb .
§ II. — Prescriptions et conseils relatifs aux ouvriers.
Les ouvriers qui manient le plomb sous toutes ses formes : métal, alliages, préparations solubles ou insolubles, doivent considérer comme certain que l'absorption du toxique peut se faire par le simple contact avec la peau, mais qu'elle a surtout lieu par la bouche, les narines et le jeu de la respiration. Ils sont, par conséquent, tenus dans l'intérêt commun, de prévenir tout dégagement de composés plombiques à l'état de poussières et d'éviter tout coiitacl direct inutile avec le plomb et ses préparations. La propreté de leur personne, de leurs vêtements, de leurs outils et en particulier de leurs mains, de leur figure, et plus particulièrement de leur bouche, au moment de leurs repas, est une condition indispensable de leur sanlé. Ces précautions jointes à uue boune alimentation, surtout si l'on évite tout excès, et en particulier l'abus des boissons, suffisent pour rendre leur travail à peu près inofTensif.
Tout ouvrier sortant d'une céruserie, plomberie, chantier de peiîiture en bâtiments, cristallerie, émaillcrie, etc., doit, par conséquent, se laver les mains, la face, les narines, et se rincer
la bouche avec le plas grand soin. Pour cela, après 8*êlre vivement frotté les mains, les avant-bras et les sillons des ongles avec du sable, ou de Taille mis à sa disposition par le patron, il se rincera dans Teau courante. Il devra procéder alors au lavage des narines, de la bouche, de la figure, épouseeter ses vêtements de ville, éponger ses chaussures, etc.
Tout ouvrier qui sort d*un atelier ou d*une fabrique ayant sur ses mains, sur ses bras, ses vêtements, des poussières ou des maculatures plombiques, s'expose à absorber le toxique, soit par les poumons, Foit par la bouche durant le repas. Aucun aliment ne doit être déposé ni consommé dans la fabrique ou Tatelier.
Les céruf^iers, peintres, émailleurs, auront soin, plus qu*aucun autre ouvrier, d'éviter toute cause d(^bilitante. La plus dangereuse est Tabus des boissons alcooliques.
Il est vivement conseillé au médecin de la fabrique de mettre momentanément au repos les ouvriers qui présenteraient le moindre liseré bleu des gencives, Tacidité fétide de l'haleine, l'insomnie, la colique sèche, la paralysie ou l'analgésie saturnines, et de ne les recevoir de nouveau que lorsque tous ces symptômes se seront parfaitement dissipés. Si une nouvelle attaque de saturnisme reparaissait, le médecin devrait prescrire, ainsi qu'on le pratique dans les usines les mieux tenues, le renvoi définitif de Touvrier reconnu incapable de reprendre ce dangereux travail. Les ouvriers, qui manient le plomb et ses composés, doivent recourir à une alimentation suffisante et aussi substantielle que possible, user largement de lait légèrement miellé, manger salé, et éviter les aliments acidulés.
Les bains sulfureux ou savonneux, pris toutes les semaines, sont fort utiles. Dès le début des accidents, l'ouvrier prendra conseil du médecin. Celui ci jugera des précautions à prendre et de l'opportunité de l'usage interne de ï'ioiiure de potassium, qui, prescrit avec prudence, produit les meilleurs résultats.
Ce médicament, qui est employé comme moyen préventif dans plusieurs fabriques françaises du Nord et de la Belgique, ne doit être pris que sur l'ordonnance et sous la surveillance du médecin. L'usage des boissons et limonades sulfuriques ne saurait être recommandé.
IflSTl^UCTIOn
Du 16 mai 1866 concernant les précautions à prendre par les fabricants et les ouvriers s'occupant de la préparation du tert de Schweinfurt . [Conseil d*hygiène de la Seine).
La préparalioD de celle substance loxique exige de la pari des fabricaDls et des ouvriers certaines précau lions jugées uliles pour éviter les accidents.
Le vert de Schweinfurt esl livré au commerce à l'état humide ou à Tétai sec ; dans ce dernier cas, on le tamise el on le met en baril ; ce sont deux opérations qui peuvent présenter certains dangers.
Tamisage et Emb^rillaqe
i* Pour les opérations du tamisage et de Tembarillage, les fabricants doivent mellre à la disposilion des ouvriers des masques recouvorls de gaze ;
Avant de se mellre au travail, les ouvriers devronl se couvrir les mains de poudre de talc ;
2* Le tamisage doit être fait dans un blutoir bien clos, lequel sera placé dans un lieu ventilé et isolé des autres parties de l'alelier ;
3* Les fabricants doivent avoir près de ces ateliers un baquet contenant de l'eau acidulée avec de l'acide chlorhydrique (une partie d'acide sur 15 parties d'eau) el ils doivent recommander à leurs ouvriers de ^e laver les mains dans ce baquet, puis à Teau pure avant de quitter Talelier et avant leurs repas.
Précautions Générales
1® Il doit être interdit aux ouvriers de déposer des alimenti? dans les ateliers el d'y prendre leurs repas ;
2<' Tous les ouvriers doivent avoir uo pantalon et une blouse de travail ;
3^ Ils doivent porter des sabots on de forts souliers, de préférence à de vieilles chaussures ou à des chaussures perniéables à la poussière arsenicale ;
^o D^g qu*un ouvrier aura une éruption sur les mains, la figure ou quelque autre partie du corps, dès qu*il se plaindra d*envie de vomir, de mal de télé ayant pour siège constant le front et les tempes, il devra cesser son travail et réclamer les soins d*un médecin ;
5® Il ne devra reprendre ses occupations que lorsqu'il ne présentera plus aucun des accidents ci-dessus indiqués ;
6** Il est recommandé aux patrons d'afficher ces iustrucliors dans leurs établissements.
Altéiratioû des esiux
Les industries qui produisent des eaux insalubres sont extrêmement nombreuses. Ces eaux présentent de très graves inconvénients : tantôtelles sont odorantes et chargées de malières organiques ; tantôt elles sont fortement acides ou alcalines ; tantôt enfin elles tiennent en dissolution des substances minérales ou organiques douées de propriétés toxiques.
Les eaux industrielles constituent l'un desinconvénients les plus sérieux des établissements classés. Elles incommodent le voisinage lorsqu'on les déverse dans les ruisseaux ou dans les rivières et elles peuvent être la cause de graves dangers pour la santé publique en polluant les cours d'eau ou bien en contaminant la nappe souterraine.
Nous ne pouvons, dans ce travail, étudier d'une manière complète les principes chimiques qui sont la cause de la pollution des eaux industrielles. Ils varient avec la nature du travail, avec les matériaux mis en œuvre et avec le traitement spécial qu'on fait subir aux eaux résiduaires.
Les inconvénients dus à l'altération des eaux par les industries classées ont depuis longtemps préoccupé l'Administration. Celle-ci oblige les
industriels à prendre de très sérieuses précautions pour qu'ils ne rendent pas les eaux insalubres, c'est-à-dire impropres aux usages domestiques, ni dangereuses par l'apport de germes susceptibles de propager certaines maladies.
Voici quelques exemples des inconvénients causés par les eaux industrielles :
Le rouissage du lin ou du chanvre produit une altération des eaux capable de tuer les poissons d'une rivière. A Roubaix, à Tourcoing, les eaux sont tellement infectées par le rouissage qu'on ne peut, en été, les utiliser pour l'arrosage des rues de '^'Cs villes.
Certaines eaux de rivière sont polluées par toutes sortes d'usines, à tel point qu'elles sont troubles, colorées, odorantes et se couvrent parfois d'une écume noire et infecte.
Les eaux résiduaires des teintureries contiennent souvent des substances toxiques, notamment des substances arsenicales, pouvant occasionner des empoisonnements. Elles communiquent aux cours d'eau différentes couleurs qui les rendent impropres à tout usage domestique.
Les féculerieSj les brasseries, les abattoirs, les ateliers d'équarrissage fournissent des eaux usées, chargées de matières organiques susceptibles d'infecter les rivières au point d'y détruire les poissons et les végétaux.
Les eaux des blanchisseries ou des lavoirs publics sont un mode assez répandu de propagation de certaines maladies microbiennes. M. Miquel a constaté que les eaux d'essangeage contiennent 26 millions de bactéries aérobies par centimètre
cube, alors que les eaux des égouls de Paris n'en renferment que 6 millions.
L'épuration des eaux industrielles peut se pratiquer de différentes manières :
1^ par des procédés mécaniques ;
2^ par des procédés chimiques ;
3^ par des procédés biologiques.