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Les infâmes! [microforme]

J'ai reçu ta lettre et les cent mille piastres qu’elle nous envoyait afin d'acheter des armes pour nous défendre contre la Corporation. Si la Corporation avait persisté dans son idée tyranni-

que, barbare, inhumaine, de nous forcer à la vaccination, et de

venir, comme un vampire, arracher à nos foyers, nos femmes, nos enfants, nos frères !

J'ai fait distribuer cette somme aux quatre comités, et si dans les lâches tu ne vois rien de cela, ce n’est pas du tout de notre faute, mais bien celle de Poligraphe, qui a égaré le manuscrit que le Comité Central lui avait envoyé sur mon ordre.

Nous te remercions tous de ta généreuse initiative ; et surtout de nous dire qu’au besoin les compatriotes des Etats viendraient à notre secours, non seulement par l'argent, mais pour nous défendre avec leurs bras !

Ami, la cause du peuple est toujours la cause de la justice ; mourir en le défendant, s’est se grandir autant que ses tyrans s'abaissent.

Plus de viogt mille hommes à Montréal pensent comme nous: à l'heure voulue, ils le prouveront.

Va, ne désespère pas, ami! Jamais, non, jamais la Cité Montréalaise ne verra une pareille profanation de là liberté des citoyens !—Jamais une clique sordide, mesquine par son nombre autant que par sa moralité, ne décrétera la violation du domicile,

cu Lu

le droit de raps, d'empoisonnement, de mort contre ses conci toyens, tant qu'il restera dans les poitrines canadiennes un peu de ce feu sacré qui fait les hommes libres !

Les infâmes ! les peureux, les crétins qu'ils sont ! N'’ont-ils pas cru qu’en posant des fils télégraphiques pour faire ariver toute la police en cinq minutes, ils en imposeraient à la foule ? N'ont. ils pas cru que le peuple scrait aussi lâche qu'eux ?...

Arrière ! arrière, mécréants, voleurs, poltrons, arrière |

Vous êtes donc bien plats, bien vils, bien bêtes, messieurs de la Corporation, pour croire qu’un maire qui revient des eaux salées, et qui fait un discours stupide, dépourvu de toute règle de bon sens, mais qui découvre une peur pyramidale—pour: croire, dis-je, que ce discours venant des eaux sulées, sufhira pour faire taire tout le monde !

A quelle espèce appartenez-vous donc, puisque vous n'êtes pas des hommes ? Parlez, membres de la Corporation, car nous pourrions faire mentir Cuvier, si nous parlions pour vous.

Tu nous a envoyé des piastres, cher Toiuon, pour acheter desarmes ; si cela ne te fais rien, nous allons acheter des balais... non pour balayer les rues, qui pourtant en ont bien besoin, mais simplement pour balayer cette Corporation Amphibie-hermaphrodite, puante d’atrocité, effroyable de bêtise, de barbarie !

A propos, le Conseil-de-Ville s'est réuni mercredi, 18 courant, à 34 heures : près de cent homme: de police gardaient les abords et l’intérieur du Marché Bonseeours ; quelques rares citoyens sont entrés dans la sall:, et encore était-ce pour se garantir de la pluie. D'autres, plus délicats, ont préféré se mouiller jusqu'aux os que d'aller recevoir l'averse d’injures, de calomnies, de mensonges, que du haut de son fauteuil le grand papa des papa, vomissait d’une voix émue contre tous les citoyens.

La police en a été pour ses frais ; on a trop de mépr's centre

la Corporation pour lui faire une seconde algarade, lui donner

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ane deuxième leçon. Ces messieurs ont donc agi tout à leur aise.

Son Honneur a commencé ainsi :

« Messieurs, j'ai honte de revenir des eaux salées, etc.,ete..

Puis, il a repris :

« Vous avez été forcés de plier devant la violence d'une POPULACE, ete., etc.

Comme c'est flatteur !—Son Honneur vraiment nous fait beaucoup d'honneur.

Je demande qu'on le moule en moutarde pour qu’il puisse se garantir contre les vers et passer à la postérité, pour un si beau langage.

Après avoir dit que les mesures excessivement énergiques vont être prises contre ceux qui ne voulaient pas se laisser empoisonner ou payer quarante piastres, le même être reprend :

« Je dis qu'un père de famille qui aime son enfant, qu'une « mère qui les chérit et qui pense que de vacciner son enfunt ex- « pose sa vie, ont droit de ne pas le laisser vacciner, et s'ils ne « le faisaient pas, ils ne seraient pas de bons prrents ! »

Quelle grâce ! quelle éloquence dans ce style ! — Lorsqu’en 1534, Jacques-Cartier découvrit le Canada, les Hurons et les T'oquois étaient capables de faire un pareil discours en FRAN- ÇAIS !!!

Enfin, Toinon mon ami, que dis-tu de cela ?—On ne peut être

ni bon père ni bonne mère si l’on fait vacciner son enfant, —et

quand tu protestes contre la vaccination-compulsoire, on prend

contre toi des mesures excessivement énergiques ! ! !

De pareils propos tenus dans un Conseil-de Ville, par la plus forte tête, un Docteur-docte, feraient rire si cela ne faisait pas gémir de pitié.

Et c'est le grand maire celui-là ! — si seulement on pouvait

se rattrapper sur le petit — car il y en a deux — mais pas du

tout : l’un ne vaut pas mieux que l’autre. Et à eux deux, que valent-ils ?...... Bien malin qui le découvrira.

Allons, messieurs de la Corporation, ce n'était pas la peine de nous dire que vous preniez des mesures excessivement énergiques. Il y a longtemps que tout le monde sait que vous en prenez souvent de ces mesures-là.

Oui, vous en prenez des mesures énergiques, pour faire rentrer l'argent dans vos poches au détriment des citoyens !

Trois membres ont dit que les procédés de la dernière séance devraient être déclarés illégaux : ce qui est illégal, ce qui est criminel, c’est de gaspiller les deniers publics, et pourtant vous le faites ! Messieurs de la Corporation |

Il y a des greniers d’abondance quelq:: part ; je connais un grenier où la peur, la honte, la spéculation se cachent, un grenier qui s’écroulerait de fond en comble devant un coup de pierre. Tout Montréal doit le connaître celui-là, mais moi j'en connais plus de vingt, oui, un peu plus, pareils à lui.

Si le publie ne me comprends pas—toi tu me comprends, cher Toinon,—alors qu’il prenne mon bâton que j'appelle bastien : ce n’est pas le bâton d'Ampédole mais il conduira sûrement au but, et l’on comprendra.

Il est brute, mon bastien, il est aveugle, mon bastien, et je ne

peux pas dire, comme une chanson française, communarde peut-

être, (car tout est à la communarde à ce qu’il paraît d'après une:

forte tête), non, je ne peux pas dire :

C’est qu’il a des bottes Bottes, boi‘es,

C'est qu’il a des bottes Bastien.

Non, il n’a pas de bottes, ni d’yeux, ni d'oreilles, ni de nez, ni de sens, ni de raison,—et je n’en finirait pas avec mes ni,—car

bastien frappe partout, à tort et à travers, comme une bûche

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