‹ Les infâmes! [microforme]Chapitre 3 sur 6 · CAMEL · texte numérisé non relu

CAMEL

IT

Que le lecteur nous pardonne cette si longue conversation avee notre associé de New-York, fier et noble Canadien-Français comme nous.

Nous n’avons rien de caché pour le public ; notre but étant au contraire de lui dé ouvrir tout ce qui est à notre connaissance, et qui peut l’éclairer, l’instruire en ce qui a rapport à ses intérêts, à sa dignité, son honneur, sa santé, sa liberté, en tant que citoyen de la ville de Montréal.

Le public intelligent nous a compris ; il a vu qu'il n'y avait pas de parti-pris chez nous ; que notre plume n’était pas trempée dans le fiel d’une haine personnelle. Nous ne sommes pas des vendus, et l’on ne peut pas nons acheter.

Nous sommes des hommes et non pas des machines, et nous attendons fièrement, avec calme les mesures excessivement énergiques que l’on pourrait diriger contre nous, comme contr: tous ceux qui n’ont pas craint de parler haut pour protester contre des infâmies proposées par des infâmes !

C’est peut-être un pléonasme vicieux qu'infâmie et infâme, mais nous n'essayons pas d’être puriste, nous voulons simplement

être dans le vrai.

Le peuple est un suprême juge ; c'est à lui que nous nous adressons pour nous condamner où pour nous applaudir.

Que l’on veuille bien se rendre compte des deux dernières séances du C'onseil-de-Ville. Le petit maire présidait celle du 9 août, l'homme des eaux salées présidait celle du 18.

La première assemblée, la plus sérieuse, avait à peine, pour décider en dernier ressort sur une questiou capitale, un tiers du conseil ; la deuxième, celle des eaux salées-retour, avait seize membres en tout, sans compter par exemple celui qui avait regret et honte..........…. ete., ete.

Done dans les deux réunions, à neuf jours d'intervalle, le conseil ne s'est pas réuni en entier ; et sur ces hommes, sur ces vingt-sept qui ont l'absurde prétention de nous faire croire que des vessies sont des lanternes, plus des trois quarts sont contre le malencontreux, l’effrayant, le tyrannique, le barbare pro;ct de la vaccination compulscire |

Mes phrases deviennent aussi peu claires que ce que l'on entendait au pied de la Tour-üe-Babel, je l'avoue ; mais ce qu'il y à oncore de moins clair que mes phrases, c'est le but de ces messieurs.

Quoi ! le gros président d'un conseil, puis le petit, le tout petit président, puis la majorité des membres déclarent qu'ils sont contre un projet inique, qu’ils n'en veulent pas, et quand la foule dit comme eux, ce même conseil, à l'unanimité déclare qu’il faut prendre contre cette foule, contre le peuple des tuesures excessivement rigoureuses |...

Qui done est roi ? Roi tyraunique, félon, canaille, bandit ?.…, Est-ce était fin—pour le peuple—d'avoir accepté cet odieux pro jet qui faisait frémir les trois quarts des vingt-sept qui ont l'insigne lîcheté de conserver leur sinécure de Conseiller de Ville ?...

Citoyens de Montréal, la Corporation ne s'entend pas sur la

à, À 4 EE

ous

ele NS

<üestion du règlement de la vaccination-compulsoire ; le pru;2t a été rejeté pour jamais, mais on veut faire retomber sur vous la honte des membres qui ont osé le proposer.

Citoyens de Montréal, on vous a traité de populace ; un gremier d'insultes s'est ouvert pour vous souiller, et maintenant on va poursuivre ceux qui ont parlé haut, ceux qui, avec la même majrrité de cet étrange, de cet infâme conscil, ne voulaient pas de quarante piastres d'amende ou la mort !

Citoyens de Montréäl, c'est assez de menaces faites, de hontes subies, d'humiliations endurées, d’injures adressées à votre bon sens, à votre esprit, oui, c'e * assez |

Il faut de suite demander . . Enquête, et si cette enquête n’a pas lieu sur tous les faits décrits dans nos pamphlets, et qui sont l'implacable vérité, alors, alors, citoyens, il ne faudra pas vous armeér ni de pierre, ni de bâtons, —mais vous prendrez des balais pour balayer les Ediles de la Cité !

On a osé dire que les infâmes qui ont suscité l’atroce idée de la vaccination-compulsoire s'étaient inspirés de ce aui se fait en France, en Angleterre, en Ecosse, aux Etats, et cela dans l'intérêt de tous.—Ceux qui ont dit cela ont mentis, oui, bien mentis, surtout en ce qui concerne la France, car dans ce pays, loin de décréter quarante piastres d'amende ou deux mois de prison, c'est au contraire le gouvernement qui paie denx schellings ov un éeu aux mères qui font vacciner leurs enfants !

On peut prouver le fait, si on ment si efontément pour la France, on peut aussi bien mentir quant à l'Angleterre, l'Ecosse ou les Etats-Unis.

Du reste nous attendons des renseignements oMci:ls de toute l'Europe.

On le voit, que l’on prenne la Corporation sur une chose ou sur une autre, on trouve toujours le mensonge, l'intrigue, la mauvaise foi, la spéculation.

Un de ses membres n’a-t-il pas osé dire à la séance du 18, que s'il avait protesté contre la vaccination-compulsoire, le 9 août, c'était la peur qui le lui avait fait faire |

Et ce lâvhe il a annoncé cela à ses confrères avec orgueil, comme un haut fait civique! Et ses confrères n’ont pas eu le cœur, le courage de le jeter à la porte |

Ils sont donc comme lui ?—Qui se ressemble s’assemble, dit un proverbe.

Ah ! il faut être un grenier de lâcheté, de crétinisme pour agir de la sorte,

Mais à propos de grenier, que le lecteur me permettre de lui traduire une chanson anglaise sur un certain grenier.

Il faut en pardonner le style pour n’en regarder que le fond.

Page 1