Chapitre IL
Hémocuiture chez des animaux bien portants ayant ingéré après jeûne une culture microbienne, et ponctionnés les uns, dans les quatre heures qui ont suivi l’ingestion, les autres, vingt-quatre heures, quarante-huit heures et même plusieurs jours après.
Dans cette série d'expériences 61 animaux, rats blancs, cobayes, lapins ont été ponctionnés.
Les germes ingérés ont été :
Baciile Eberth
» para-typhique B.
» pyocyanique Pneumocoque.
Ces germes furent mélangés à la nourriture des animaux, pain et son, soit dilués dans la gélatine ou du lait stérilisés.
La ponction fut faite à des intervalles variés après l'ingestion microbienne et que nous divisons ainsi :
a) Ponction pratiquée dans les quatre heures qui suivirent l’ingestion ;
b) Ponction pratiquée dans les vingt-quatre heures après l’ingestion ;
c) Ponction pratiquée dans les quarante-huit heures après l’ingestion ;
d) Ponction pratiquée dans les dix à quinze jours après l’ingestion.
Une fois seulement sur 6r cas, nous avons Cons-
taté dans l’hémoculture le germe ingéré.
ee He
Cette observation a trait à un jeune lapin d’un mois et demi ponctionné vingt-quatre heures après l’ingestion d’uné culture pyocyanique.
Ce résultat viendrait à l'appui des idées de Behring et Ficker, qui admettent que la muqueuse intestinale des jeunes animaux est perméable aux germes ingérés. Ficker, nous l'avons vu, accuse 8 résultats ‘positifs sur 10 jeunes lapins observés.
Nos recherches ont porté sur 12 jeunes lapins :
6 étaient âgés de 3 semaines
(ee
— de 1 mois 1/2
(et)
— de 2 mois.
Notre moyenne est donc bien inférieure à celle de Ficker et, dans le cas observé, la bactériémie ne fut que passagère ; une deuxième ponction pratiquée après un intervalle de six jours est restée négative.
Dans les 6o cas qui nous restent, dans lesquels nous n'avons pas trouvé le germe ingéré, nous eûmes © fois une hémocullure positive.
Les germes rencontrés furent chez :
1 tetragène.
2 lapins P 1 bacille prenant le Gram.
1 Streplocoque.
1 coccus (épizoolie).
2 rats
1 cobaye | 1 coli-bacille.
Reprenant les idées émises au chapitre précédent nous expliquerons les bactériémies dues au tétra-
gène (lapin), au streptocoque et au coccus (rats) par des contaminations antérieures résultant de recherches expérimentales faites dans ces mêmes cages et ayant échappé à la désinfection.
Quant aux deux autres germes, ces microbes faisant partie de la flore microbienne normale de l'intestin, une cause inconnue à pu déterminer leur passage.
Dans tous ces cas l’état extérieur de nos animaux nous parut excellent et il était impossible, de par l'observation seule, soit avant, soit après l'hémoculture, de soupçonner une septicémie.
Il ressort donc d’après ces différents résultats que:
1° L'organisme possède chez les animaux adultes et bien portants, pris dans des conditions normales, des moyens de défense tels, qu'il est généralement impossible à un germe ingéré de parvenir jusqu’à la circulation générale ;
2° Exception doit être faite pour les jeunes ani- Maux ;
3° La muqueuse intestinale intacte suflit-elle à cette tâche ? Doit-elle être secondée par des organes de deuxième ligne (ganglions mésentériques, foie, etc.) ? |
Nous ne saurions répondre à celte question.
4° Une bactériémie ne comporte pas toujours un pronostic sévère (témoin les septicémies rencontrées
chez des animaux en apparence bien portants aux
chapitres I et Il).
2 2000 ot/li101 A