I.r plaisir nous rassemble
Chantons tous aujourd’hui.
On doit fêter ensemble La noce d un ami.
*Pour rcndr’son sort prospère,
Trinquons en son honneur ;
Et buvons à plein verre,
Le vin porte bonheur!
( Tous élevant leurs verres en voyant entrer Jean Lenoir armé d'un broc , et imrtant le Iwuquel au côte': )
A la santc de Jean Lenoir !
JEAN LRNOIR.
Pour célébrer mon mariage.
U MAOASIN THEATRAL.
V U du vin qu’vous aim’rc*, je page;
Sod bouquet doit mettre en gaité
Tous ceux qui comra* vous , dans l’vitlage ,
C matin vont boire à ma santé-
TOUS. A sa santé ! à sa santé ! *
Le plaisir noos rassemble, etc.
jean lenoir. Ah ça! vous autres , pendant la cérémonie , n’aller, pas oublier les bouquets , les rubans , les violons , les pétards et les coups de fusils... J’ai de l’ambition , moi , et je veux que mon mariage fasse du bruit dans le pays.
Bertrand. Il a raison!,... quand on épouse la nièce d’un bailli . . .
jean LENOIR. J 'crois ben.;, sajts compter que mon épouSe va-t-ôtte couronnée rosière à ce matin. ..cl n’y a plus riïp à dire sur la vertu d'une fille , une fois qu’elle a été visée et paraphée par toutes les autorités de l’endroit.
Bertrand. Ça n’cmpcchc pas que si Lisette n’avait été protégée par son oncle...
jean lenoir. Monsieur Bertrand, vous êtes une mauvaise langue. . Lisette avait ses titres en règle , puisqu’elle est portée sur le registr e de la paroisse comme ayant assé trente nuits près de la vieille Micliene , sa graud'mère , et comme lui ayant fait des infusions de fleurs de sureau et de la tisane de bourrache, d'après l'ordonnance du médecin , qui tenait à la faire suer, c’ te pauvre femme.... bref, il l’a tant fait suer qu’elle eu est morte ! ... Que voulez- vous ? c’est un malheur!....
mais Lisette ne s’est pas moins conduite comme une brave et digue fille.
TOCS. C’est vrai.,., c’est vrai !
Bertrand. Après tout, c’est pas une si belle affaire pour toi que ce mariagelà.... T’as un beau cabaret, bien achalandé , et elle n’a pour dot que ce qui revient à la rosière.
jean lenoir. Je sais bien. .. . mais une fois son mari, je peux succéder à sou oncle... devenir bailli...
Bertrand. Oui, joliment.... tune sais seulement pas lire.
JEAN LENOIR. Ah ! par exemple , en v’iù une bêtise.... Comme si on avait besoin de savoir lire pour être fonctionnaire....
une fois qu’on est nommé à la place , v’ià l’essentiel ; après ; si on a le teins ,
on va à l’école ou bien on dit
qu’on a la vue basse... et si vos administrés se moquent de vous, on les fait coffrer donc.... Ça serait joli s’il n’y avait que les gens instruits qui aient le droit d’être
quelque chose les ignorons ne seraient jamais lien ça ne peut pas
marcher comme ça... il faut une justice pour tous.
Bertrand. T’as raison. .. Les hommes doivent être «gaux.... même quand ils ne le sont pas.
jean LENOIR. Certainement... excepté quand ils ont des protections , comine moi... car vous n’ignorei pas qu’on m’a assuré dernièrement que j’avais l'honneur d’être cousin, à la mode de Bretagne, avec M. Lenoir, le fameux heu tenant de police du royaume.
Bertrand. Oui , mais tu n’en es pas sur.
jean lenoir- J’ n’en suis pas sûr, c’est vrai... parce que je ne descends de la famille que du côté des femmes... ça u’empêche pas que quand on porte le nom d'un homme, on doit être son parent, surtout quand cet homme est grand seigneur et qu’on n’est que paysan. Mais , chut ! j’entends M. Durand et ma prétendue qui sortent de la maison du bailliage avec les notables et les jeunes filles... Attention, votas autres...
o oos s woooeoaeao o soooaooooaoaoaoaaocoasoaBO»