‹ Les infidelites de Lisette dramevaudeville en cinq actesChapitre 31 sur 40 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

PROSPER, dans l’étude , CYPRIEN, en vieux militaire j chapeau à cornes , la croix d'honneur et une jambe de bois.

CYPRlEN.

Air : Bon voyage , cher Dumollet.

Viv* la guerre!

Joyeux troupier,

C'est un métier Qu’aux autres je preTère !

Oui, la guerre Est un beau métier,

Quanti on en r’vient sans se faire estropier, vieux fantassin, je n'suis plus très-ingambe Sur l’ champ d’bataiille autrefois j'allais mieux. J’viens d'faira pourtant cinu lieuesarecun’jambe Si j’ealcnr bien, c’est comm’ dix avec deux.

Viv* U guerre, etc.

(II regarde autour de lui.)

Ah ! me voilà donc dans le village que je n’ai pas revu depuis vingt-trois ans. . en en- Iront, le cœur me battait presque comme le soir où j’en suis parti pour aller rosser les Prussiens... c’est que, dans ce tcms-là, je laissais ici un bien que je n’aurais pas voulu perdre... même au prix de ma vie !

Kir : Te souviens-tu, Marie.

Il m'en souvient, Lisette,

Me Ht beaucoup souffrir...

Et pourtant je regrette .Ses maux qui font plaisir.

Si j'ai bonne mémoire,

Je pleurais nuit et jour.

Mais soudain la victoire Sut me plaire à son tour ;

Sans l'amour de la gloire,

Je serais mort d'amour.

Même air.

Quand je quittai Lisette,

J'arrivai dans les camps,

L’amitié fut parfaite

A vf r les lions enfans.

Aimant à la folie,

Los lauriers, le. tambour,

Maintenant je m'écrie Et la nuit et le jour :

Amour de la patrie,

El jamais d’autre amour.

Et cependant, malgré tous ces beaux pro jets-là , mon cœur est toujours reste fidèle à son chef de file... Le souvenir de Lisette me suivait partout! c’était comme l’aigle de mon drapeau., je ne le perdais jamais de vue... toujours prêt à mourir pour lui...

Mais, si je m’oriente bien , ça doit être ici la place où logeait ce diable de Jean Lenoir, le cabaretier , et qui doit être maintenant l’heureux époux de... H uni ! ce nomlà fait mal à prononcer... voilà encore son cabaret... (// lit. ) « Jean Leblanc. » Ce n’est pas ça... diable! il parait qu’il a vendu son fonds... est-ce qu’ils auraient quitté le pays?., il faut que je m’en informe... mais je ne vois personne à qui demander... ( Apercevant Prosper à la fenêtre.) Voilà un jeune homme... Eh ! dites donc , l’ami...

prosper. Plaît-il, monsieur?...

CYPRIEN. Venez un peu ici... ( Prosper entre.) Vous êtes de ce village... moi, voilà vingt-trois ans que j’en suis, parti... et j’aurais quelques renseignemens à vous demander sur un certain Jean Lenoir.

prosper. Jean Lenoir... vous êtes devant sa porte.

Air ; Tenez, moi, je suis sans malice.

Son cabaret est sur la place,

On l’aperçoit lorsque l’ua passe.

cyprihn , à part.

C’est toujours là... bon, j’ai l’espoir,

O Lisette, de te revoir.

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