‹ Les inhalations carboniques dans la pratique chirurgicaleChapitre 11 sur 65 · ACTION DIRECTE · texte numérisé non relu

ACTION DIRECTE

Les travaux récents d'A. Meyer nous font entrevoir l'intervention du CO? dans le métabolisme des tissus. Ceux de P. Portier nous montrent le CO2 stimulant l’activité créatrice de la cellule vivante.

Déjà Raoult, Paul Bert avaient enregistré une diminution des échanges respiratoires chez l’animal qui reçoit du CO? en inhalation.

Il résulte des expériences d'A. Meyer sur la souris que l’inhalation de COZ2, après suppression de son action bulbaire par curarisation de l’animal, détermine toujours un abaïssement des échanges, proportionnel à la tension dans l’air inspiré. La consommation d’oxygène, la production de CO? peuvent tomber au tiers de leur valeur quand ce gaz atteint dans Pair 13 à 14 %. Cette diminution des échanges traduit une action importante sur le métabolisme des tissus. « Dès que le centre respiratoire devient moins excitable, le rôle général de CO2 apparaît et c’est un rôle analogue à celui des anesthésiques » (Meyer). Cette théorie expliquerait que l’usage de CO? diminue la quantité

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d'anesthésique nécessaire pour provoquer la narcose; il ne faut l’admettre que sous les plus grandes réserves.

P. Portier, en 1928, insiste sur le rôle de CO? dans les phénomènes de synthèse et de régénération.

Il a constaté que les milieux, où les organismes sont en voie de croissance rapide, sont précisément très chargés en CO? et il cite l'exemple du fœtus dont le sang est beaucoup plus riche en CO? que l’organisme adulte grâce au court-circuit artério-veineux dû au trou de Botal.

Chez l'adulte, les organes sièges de phénomènes de synthèse particulièrement importants, tels que le foie et le rein, sont vascularisés par un système-porte où le sang est plus riche en CO? que dans le reste du corps.

Les tissus les plus aptes à se régénérer, tissu épidermique et tissu nerveux en particulier, ne sont que peu ou pas vascularisés, donc très riches en CO?.

Il serait intéressant de rechercher dans quelle mesure l’inhalation de CO? modifie cette action cellulaire.

Quoi qu’il en soit ces nouvelles théories doivent convier les physiologistes à des recherches dont l’intérêt ne saurait leur échapper ; elles font entrevoir luniversalité du pouvoir physiologique de COZ.

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