CONCLUSIONS
Nous avons essayé de montrer l’immense bienfait apporté à la chirurgie par la méthode des inhalations carboniques.
1° Ces avantages sont basés sur les propriétés physiologiques multiples du CO?. L’universalité de son action lui confère un rôle stimulant et régulateur de la fonction respiratoire, une action tonique puissante sur la circulation et l’oxygénation des tissus.
L'acapnie, carence du CO? sanguin, est la preuve lumineuse de son action sur l’organisme et lexistence de ce syndrome justifie à elle seule le bien-fondé de la thérapeutique carbonique.
2° Les services que cette méthode peut rendre à la chirurgie sont de deux ordres.
CO? est l’adjuvant et le correctif de la narcose par inhalation.
Pendant l’anesthésie, il est la médication respiratoire par excellence ; l’hyperventilation pulmonaire qu’il provoque entraîne en même temps qu’un sommeil rapide la diminution de la quantité d’anesthésique nécessaire ; dans la période de début, il supprime
l'agitation, l’apnée émotive et réduit ainsi la part du facteur nerveux.
Il est l’arme la plus efficace dans la syncope respiratoire où l’acapnie joue un rôle si important et manifeste sa supériorité sur les autres médications dans l’ensemble des accidents respiratoires de l’anesthésie.
A la fin de l'anesthésie, son emploi permet la rapidité du réveil, la suppression des nausées et des vomissements.
3° I} joue un rôle de premier plan dans /a thérapeutique post-opératoire.
A la lumière des travaux américains, nous avons insisté sur la notion pathogénique de l’atélectasie dans la production des pneumopathies post-opératoires ; elle confère à CO? une importance primordiale.
Si la diminution de la capacité pulmonaire et l’obstruction bronchique sont les facteurs principaux de l’atélectasie, CO? en activant la ventilation pulmonaire en réveillant les moyens de défense des poumons, se montre le préventif de choix des complications pulmonaires post-opératoires.
4° Le rôle de l’acapnie mis en lumière par Henderson dans la production du choc opératoire (qui traduit cliniquement le collapsus circulatoire périphérique) explique tout l'intérêt du CO? dans le traitement de ces états.
En relevant le tonus musculaire, le CO2 lutte contre la stagnation périphérique. En produisant l’hyperven-
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tilation pulmonaire, il active la circulation veineuse et favorise l’hématose.
5° Ressource précieuse dans les différents modes d'anesthésie chaque fois qu’apparaissent des phénomènes d’inhibition des centres respiratoires et des troubles hypotensifs, il trouve plus particulièrement sa place comme correctif de l’anesthésie rachidienne
et des anesthésies de base.
6° Nous avons décrit la nécessité d’une fechnique rigoureuse, indispensable pour se mettre à l'abri d’incidents qui relèvent toujours d’une administration excessive de CO?.
L'emploi du carbogène que nous préconisons garantit la sécurité de la méthode ; il permet de connaître la concentration exacte du mélange inhalé. Il remédie à la fois à la carence de l’oxygène résultant du trouble de l’hématose et à celle du CO? dans les tissus et dans le sang.
La technique que nous avons suivie sur les conseils de notre Maître, le Docteur Louis Bazy, utilise lappareil à inhalation de Cot, dont la simplicité et la mobilité permettent. non seulement les inhalations à la salle d’opérations, mais au lit du malade.
Les quatre-vingt-trois observations que nous avons recueillies confirment les heureux résultats de la méthode. La plupart concernent des interventions importantes où le carbogène a été administré à la fin de l’'anesthésie ou dans la période post-opératoire. L’hyperventilation et la rapidité du réveil, la suppression
des nausées et des vomissements, l’action sur la tension artérielle et le choc opératoire, la prévention des complications pulmonaires nous apparaissent les principaux avantages d’une méthode destinée à rendre à la
chirurgie les plus grands services.
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Le Doyen, Le Président, Roussy. PROUST.
Vu et permis d'imprimer : Le Recteur de l’Académie de Paris, S. CHARLETY.