‹ Les insectes de la vigneChapitre 115 sur 187 · LE GRIB0UR1 OU ÉCRIVAIN · texte numérisé non relu

LE GRIB0UR1 OU ÉCRIVAIN

depuis un millim. jusqu'à 5 millim. de diamètre, j'ai mis ces racines el ci

larves, ainsi que des œufs, dans uti vase avec, de la terre arrosée. J'ai mis de plus, sur la terre, des insectes parfaits au nombre de onze, qui ont pondu de nouveaux œufs à la surface de la terre ou peut-être dans l'intérieur, ce que je n'ai pu constater.

Le 11 juillet, ayant versé le contenu du vase sur une grande feuille de papier, j'ai pris une des racines qui avait de 3 à -i millim. de diamètre, et j'ai vu de suite qu'elle avait été rongée sur plusieurs points. Il y avait sur ces points un sillon irrégulier, de 2 millim. environ de largeur sur 2 ou 3 centim. de longueur ; sur le trajet de ce sillon, l'écorce n'existait plus et la partie ligneuse était profondément entamée.

»En suivant un de ces sillons, j'ai posé la pointe d'un petit scalpel sur l'écorce, immédiatement après le sillon, pour voir si ce dernier ne pénétrait pas sous l'écorce au delà de sa portée apparente, et presque aussitôt une larve d'Eumolpe est sortie de dessous l'écorce. J'ai trouvé encore dans la même racine trois autres larves cachées comme la première. Les unes et les autres avaient environ 3 millim. de loni'ueur.»

L'expérieuce n'a, parait-il, pas été poussée plus loin par M. Vinas, mai? elle suffit pour établir la relation qu'il y a entre les larves issues des œufs de YAdoxus vltis et celles qui vivent dans les entailles des racines.

M. de Vergnette, de son côté, en cultivant des vignes en pots sous une enveloppe de gaze et en y plaçant de nombreux Ecrivains, a retrouvé, à l'automne, des larves fortement développées et qui avaient tracé le long des racines de nombreux sillons, assez profonds pour qu'elles puissent s'\ cacher.

Nous avons personnellement observé les larves1, à partir du mois d'octobre, sur des souches où de nombreux gribouris avaient été observés. Elles étaient engagées dans les sillons creusés par elles. Mises en terre avec des racines dans un vase à fleurs enfoncé dans le sol et laissées tout l'hiver de 1877-78 à l'air libre, nous les avons retrouvées (in mars, les unes encore dans les racines, les autres ayant déjà formé leur coque en terre pour se changer en nymphe.

Suivant le travail de M. Ilorvath-, celles qui ne se métamorphosent pas au printemps recommencent leur ravages et ne construisent leur coque que Un juillet, pour apparaître en août a l'état d'insecte parfait.

La nature, prodigue des individus, mais soigneuse de la conservation des espèces, nous offre ainsi souvent chez les insectes des éclosions tardives,

1 Ann. de la Soc. des Agric. de France, 1878.

2 Ann. de la Soc. Imp. Roy. Zool. Ilot de Vienne, 18Î •

328 LE GRIBOUni OU ÉCRIVAIN.

sorte de réserve dans le cas où quelque accident détruirait, avant la ponte, tous les individus éclos.

De cette larve adulte (PI. III, Qg. 8), nous donnerons la description suivante:

Corps rappelant par sa forme celui de la larve d'un hanneton, c'est-à-dire courbé comme celle-ci en forme de croissant. On peut encore, comme l'a fait M . Horvath, comparer sa forme à celle des larves de Cryptocephalus {xpunrôç caché, wy«Mj tête), genre voisin et dans lequel les auteurs du siècle dernier avaient compris notre insecte. La longueur est de 6 millim. et demi si la larve est recourbée, de 8 environ si l'on redresse le corps. Celui-ci est blanc, de consistance molle, excepté la tête, qui est d'un brun clair et plus chitineuse, muni de six pieds assez développés, composé de quatorze anneaux, y compris la tête et le segment anal, garni de cils espacés et jaunâtres, plus nombreux sur le dos que sous le ventre, surtout dans la partie thoracique.

La tête, saillante, d'un brun clair, arrondie, porte au sommet un léger sillon médian qui la divise en deux lobes. Les yeux sont nuls, les antennes très courtes, coniques, composées de trois articles, le premier le plus long, le troisième terminé par deux petites pointes charnues. Mandibules épaisses et cornées, d'un brun clair à la base, d'un brun de poix sur les bords et à l'extrémité. Mâchoires grandes, aussi longues que les mandibules, aplaties, demi-transparentes, cornées seulement sur les bords. Palpes maxillaires de quatre articles ; palpes labiaux d'un seul article.

Les pieds, relativement développés, 1 millim. et demi à 1 millim. trois quarts, transparents et pourtant assez consistants pour être propres à la marche, sont composés de quatre parties dont la dernière se termine par un ongle aigu d'un brun foncé.

Nymphe. — Après avoir quitté les racines, à la fin de mars généralement, la larve se pratique dans le sol, comme nous l'avons dit, une loge ovale en terre, aux parois fortement tassées, dans laquelle s'opère sa métamorphose en nymphe. A Montpellier, nous avons observé celle-ci fin avril.

Le corps est blanc, composé de douze anneaux, muni sur chacun de ceux-ci d'une rangée transversale de cils raides assez longs et de quelques poils épars plus courts. Les cils raides sont beaucoup plus longs sur la tête et le prothorax ; ce dernier en a deux rangées parallèles. La tête est fortement inclinée sur la poitrine, les parties de la bouche très visibles; les antennes, recourbées en arrière, passent derrière les deux premières paires de pattes, qui sont, ainsi que la paire postérieure, plaquées contre le corps. Les é/ytres et les ailes, assezdéveloppées. sont ramenées sur l'abdomen et

Page 1