D'ENTOMOLOGIE
ORDRE
DES
La distinction de ce groupe d'insectes broyeurs en ordre spécial est due à de Geer (1773), qui en composait un sous-ordre parmi les Vaginés, sous le nom de Dermaptères, en raison des pseudélytres ou élytres demi-membraneuses, moins parfaites que chez les Coléoptères et recouvrant les ailes. Ils se placent naturellement à la suite des Coléoptères, auxquels ils ressemblent, à l’état adulte, par les pièces buccales et l'appareil digestif; mais ils s'en éloignent beaucoup par le mode de développement, car ils n'ont que des métamorphoses incomplètes. Linnæus, trompé sans doute par l’analogie de développement et par certaines ressemblances extérieures assez grossières, les réunissait aux Hémiptères, dont les pièces buccales sont si différentes; il en exceptait le genre Forficula, qui, par une analogie réelle avec les Staphyliniens, terminait ses Coléoptères. Geoffroy ne faisait de l’ordre entier qu’une section des Coléoptères, qu'il appelle Insectes à étuis durs qui couvrent tout le ventre. La forme des élytres, qu'il considère seule, lui fait opérer d'assez singuliers mélanges. Après les Staphylins et les Nécydales, il place la Forficule, puis le Méloé, la Blatte, le Thrips, d'un ordre tout différent ; ensuite les Grillons, les Criquets, les Sauterelles, les Mantes, après lesquelles il introduit sa seconde section, celle des Hémiptères ou insectes à demi-étuis.
Plus tard Fabricius forma avec l’ordre qui nous occupe sa seconde classe sous le nom d'Ulonata, et enfin Olivier changea le nom de Dermaptères en celui d'Orthoptères (ailes droites), qui à prévalu, bien que plus récent.
GIRARD, Ho—1
Un grand nombre d'entomologistes étrangers ont complétement remauié et modifié l’ordré d'Olivier. Ils en constituent un véritable ordre de résidu, composé, comme l'indique M. H. Huxley (An Introduct. to the Classif. of Anim., London, 1869), des Orthoptères propres, des Dermaloptères ou Forficules, des Rongeurs ou Termitines, des Perlides, des Éphémérides et des Libellulides. IL est certain que ce groupement est très-philosophique à deux points de vue, l'analogie des pièces buccales et l'absence de métamorphoses complètes; que l’ordre suivant, les Névroptères ou Neuroptera, devient plus homogène et n'offre que des insectes à métamorphoses complètes. Mais il arrive ici ce que présentent toutes les classifications. L'homogénéilé, bien plus grande à beaucoup d’égards, disparaît en partie dans ces nouveaux Orthoptères sous le rapport de l’aspect général et des formes extérieures, bien qu'une analyse attentive et les passages nombreux rétablissent l'homologie. Si nous n'adoptons pas cette classification, que nous approuvons, c'est uniquement par cette raison qu'elle établit une rupture {rop marquée avec les classifications usitées en France, et que dans un ouvrage où l'utilité des applications doit passer avant tout, il est nécessaire de ne pas créer de difficultés aux débutants; l'intelligence du lecteur remet facilement les êtres à leur groupement naturel. Telle est la nécessité que subissent toutes nos classifications, sous peine d'émietter en quelque sorte Les êtres en groupes de même valeur, mais d’une multiplicité désastreuse pour la mémoire. Il faut se contenter de l'à-peu-près, et placer en première ligne la biologie et les questions d'entomologie pratique.
Un accord des naturalistes de tous pays, fondé sur la plus juste observation, nous amène à séparer en deux sous-ordres les Orthoptères, Oliv., l’un sous le nom de Labiduroïdes, l'autre d'Orthoptères propres. Le premier correspond aux Labidoures de C. Duméril et L. Dufour (queue en pince), aux Dermaptères, Leach, Kirby, Stephens (on devrait dire plus exactement Dermoptères), aux Dermatoptères, Burmeister, Huxley, aux Euplexoptères, Westwood, E. Blanchard (4845), aux Harmoptères, Fieber. Nous devons encore faire remarquer, comme pour ajouter à la confusion, que Leach avait aussi nommé ces insectes Orthoptères proprement dits à cause de la suture droite de leurs élytres, tandis qu'il appelait Dictyoptères les autres Orthoptères d'Olivier, où les élytres se croisent, Audinet-Serville, adoptant les idées d'Olivier et de Latreille, ne laisse subsister qu'un seul ordre, les Orthoptères, Oliv. Il les divise en deux sections : les Coureurs, comprenant les Forficulaires, les Blattaires, les Mantides et les Phasmides; les Sauleurs, constitués par les Grilloniens, les Locustaires et les Acridites. Il n'avait pas compris, comme on le voit, l’avantage du principe de l’uniformité des terminaisons.
Le second sous-ordre, les Orthoptères, Oliv. (sauf les Forficuliens), répond en partie aux Dermaptères de de Geer, aux Ulonates de Fabricius. M. E. Blanchard à repris pour eux seuls, dans sa seconde section des Orthoptères, le nom de Dermaptères,