‹ Les inséparables, comédie-vaudeville en un acteChapitre 5 sur 24 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

Les Précédens, AMÉLIE et MARGUERITE.

AMÉLIE

Mon père , mon père , si vous saviez ce qui vient d'arriver ! . .

m. de verneuil.

Serait-ce mon gendre ?

AMÉLIE , apercevant Saint- Ange

Que vois-je !.. M. de Saint- Ange, Tarai d'Edouard !

Lui même, qui est plus diligent qne ton prétendu ; car il arrive de Strasbourg pour ta noce , tandis que M. Edouard , qui habite la rue de Granimont, a rais plus de deux jours pour faire le voyage.

AMÉLIE

Oh! ne lui en voulez pas: il vient de m'envoyer une corbeille magnifique. . . ( Montrant un écrin garni de bijoux. ) Y oyez plutôt les beaux, diamans.

MARGUERITE

Je le crois bien : Edouard est si généreux.

AMÉLIE

Et une lettre charmante, où il m'explique sonabsenee d'hier. . . Lisez plutôt.

M. DE VERNEUIL

Voyons donc quelle excuse il nous donne. ( // lit. ) « Ma chère Amélie, ma jolie cousine, ma femme, je » t'aime , je t'adore. »

AMÉLIE

J'étais bien sûre qu'il ne pouvait pas être coupable.

MARGUERITE

Et moi aussi Un enfant que j'ai élevé.

M. DE VERNEUIL , continuant la lecture de la lettre.

« Dans un instant je serai près de toi, et ce n'est pas ma s faute si je n'y ai pas été plus tôt. Ton mari , Edouard.»

AMELIE.

Vous voyez bien.

M. DE VERNEUIL

Je vois je vois je ne vois pas du tout qu'il se

justifie.

AMÉLIE , prenant la lettre.

Air : Je sais arranger des rubans ( du Frère Philippe )

Quoi! vous n'êtes pas satisfait?

De mon cœur la crainte est bannie ; Relisez plutôt ce billet :

« Ma femme, ma chère Amélie; »

Voyez, « je t'aime » en commençant, Et « t'adore » au bas de la page ; Il faut mon père être bien exigeant, Pour en demander davantage.

MARGUERITE

Quant à moi, il ne me reste pas le plus léger doute.

AMÉLIE

Nia moi non plus.

M. DE VERNEUIL

Pourquoi n'est-il pas venu hier ?

AMÉLIE

Mais puisqu'il vient aujourd'hui , il nous expliquera tout.

D'ailleurs , îl le dit en toutes lettres : « Ce n'est pas ma » faute. » Il me semble que c'est écrit.... et je ne vous ai jamais vu ainsi.

C'est que tout cela n'est pas naturel Je suis négociant -, j'aime, avant tout , la franchise , l'ordre et la bonne

conduite j'ai surtout horreur des dettes ; et quelque

avancé que soit son mariage, s'il m'était prouvé qu'Edouard

AMÉLIE

Puisqu'il vous a donné sa parole.... et si vous en doutez encore , venez voir ma corbeille. . . . Quel goût !. . . quelle richesse ! . . . . Ce n'est pas quand on a des dettes qu'on peut faire de pareilles dépenses.

AMÉLIE

AlR : de Cendrillon.

Venez , mon père , ah ! vous serez rarî t Car c'est vraiment une merveille.

M. DE VERNEUIL

Allons , ma chère , allons voir la corbeille, En attendant qu'arrive le mari.

AMFLTE.

Edouard au moins , a de l'ordre à présent.

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